Showing posts with label CAQ. Show all posts
Showing posts with label CAQ. Show all posts

Friday, April 22, 2022

Si Geneviève le dit

 



« Bien qu’elle soit encore en réflexion pour rendre permanent le projet-pilote de concertation communautaire des policiers de Longueuil, appelé RESO(pour Réseau d’entraide sociale et organisationnelle), la ministre de la Sécurité, Geneviève Guilbault, martèle que cette approche représente le futur du métier de policier.[…] la pratique policière a tellement évolué. C’est devenu complexe. Il y a maintenant des enjeux auxquels nos policiers doivent composer même, si à la base, c’est une formation en gendarmerie qu’ils reçoivent» affirme Geneviève Guilbault, qui a octroyé 3,6 millions de dollars en juin 2021 pour que le Service de police de l’agglomération de Longueuil (SPAL) détache des appels d’urgence 911 une vingtaine de ses agents.
«Il faut repenser l’intervention policière. Il faut sortir de la mentalité stricte de la répression.»
 
 

 
Geneviève Guilbault, ministre dela Sécurité publique

«Ce qui fait la différence, c’est d’avoir du temps à donner à des gens qui ont besoin au lieu de toujours courir après des appels d’urgence» a indiqué une policière à Geneviève Guilbault. 
«Mais vous aimez ça? Votre mandat est différent maintenant» a relancé la ministre dans un échange de gré à gré. «On est autant accaparé par le travail, mais différemment. Chaque cas individuel peut prendre beaucoup de temps pour s’en occuper, pour éviter que ça tourne en intervention au 911» a répondu une autre collègue. (Toute à son opération de relations publiques, Geneviève Guilbault n’a pas songé à répondre à cette policière que le temps qu’elle consacrait à jouer les psychoéducateurs et les travailleurs sociaux, ne la voyait pas sur le terrain à protéger les citoyens lambda de Longueuil, NDA) C’est l’objectif visé par le directeur du SPAL, Fady Dagher, de combattre la criminalité par la prévention en amont.
Comme la détresse psychologique implique près de 7 appels d’urgence sur 10, le chef de police fait le pari que ses policiers pourront éviter la répression policière en désamorçant des situations pendant qu’elles sont encore maîtrisées.» (Le modèle de Longueuil représente le futur de la police, dit la ministre Guilbault, Radio Canada, 20 avril)
Au centre d’accueil pour sans-abri Chez Lise, les deux propriétaires ne s’en cachent pas : l’absence de leur policière RESO, Marylène Vandal, pour des vacances bien méritées, se fait sentir chez leur résidents.[…] La policière désormais sa place dans la salle à manger parmi tout le monde. Elle fait de tout. Ses tâches sont aussi variées que tempérer les crises qui éclatent chez certaines personnes vulnérables ou accrocher des rideaux dans les chambres,». Il faudra prévoir une formation sur les rideaux dans le cours de techniques policières dispensé au Cégep à moins qu’il ne faille le dispenser à l’école nationale police à Nicolet. 
Nul doute que l’arrivée éventuelle de policiers RESO ne dissuade les excités de la gâchette qui sont à l’origine des fusillades qui troublent la paix des citoyens montréalais depuis quelques mois, n’attendent l’arrivée de ces policiers RESO pour remettre spontanément leurs armes achetées illégalement à ces policiers. L’avenir saura nous dire si nous pouvons tourner le dos «à la mentalité stricte de la répression» et aux policiers formés aux tâches de gendarmerie. Souhaitons aux Geneviève Guilbault et Fagy Dagher de ce monde que Mafiosi, membres des gangs de rue de Montréal et Hell’s Angels soient des incompris qu’une longue conversation avec un policier RESO ramènera dans le droit chemin.

Wednesday, March 9, 2022

La vraie bévue

 



La presse écrite nous apprend que Benoît Charette aurait commis une bévue lors du Gala Dynastie (le Gala Dynastie vise à récompenser des personnalités issues des communautés noires qui illustrent dans les domaines des arts et de la culture et dont les réalisations et les accomplissements méritent d’être reconnus. ref.: site du Gala Dynastie).
 

 
 
Le ministre responsable de la Lutte contre le racisme y a déclaré que que l’artiste Lamine Touré était décédé. Le hic c’est que Lamine Touré était présent dans la salle: «Lamine Touré recevait samedi le grand Prix Dynastie, un hommage  visant à souligner l’ensemble de sa carrière, M. Touré a notamment lancé le Festival international Nuits d’Afrique.»(Benoît Charette annonce à tortilla mort de Lamine Touré… devantLamine Touré, Le Devoir, 8 mars) Incident sans importance et immédiatement oublié, Benoît Charette s’est confondu en excuses, excuses acceptées par M. Touré. Là n’est pas la vraie bévue; la vraie bévue réside dans la présence du ministre de la Lutte contre le racisme flanqué de son adjoint parlementaire, Christopher Skeete, à un gala organisé pour saluer l’excellence noire et la seule excellence noire. faut-il conclure qu’aux yeux de Benoît Charette, il y a un racisme acceptable, le racisme noir dans ce cas.  Si c’est le cas, pourquoi entretenir cette fiction d’un ministère de la Lutte contre le racisme.

Saturday, November 13, 2021

Loi 202


Devant le recul du français au Québec et particulièrement dans la région métropolitaine; la modernisation de la loi 101 apparaît essentielle. La réponse du gouvernement Legault est jusqu'ici la faible loi 96, alors que nous aurions besoin d'une vigoureuse loi 202. L'un des problèmes soulevé par les tenants d'un resserrement de la loi 101 est le rôle joué par les Cégeps anglophones dans l'anglicisation des étudiants francophones. Problème grave certes, mais qui n'a pas convaincu le gouvernement Legault d'étendre la loi101 aux cégeps.
S'il ne le fait pas pour les francophones, le gouvernement Legault le fera peut-être pour les allophones? Un nouveau rapport révèle en effet que: Des cégeps anglophones accueillent désormais une majorité d'étudiants allophones. Cette situation préoccupe certains élus caquistes, qui plaident à l'interne pour imposer la loi 101 aux cégeps après avoir entendu les craintes des démographes. [...] Au cégep Vanier, dans le nord de Montréal, 52% de la clientèle était allophone en 2020, selon des données provisoires.Lui aussi dans la métropole, le collège Marianopolis compte 53% d'étudiants qui n'ont ni le français ni l'anglais comme langue maternelle.[...] En fait la part d'étudiants allophones dans le réseau collégial de langue anglaise est en progression depuis l'an 2000, passant de 30% à 38% cette année.
(une majorité d'allophones dans plusieurs cégeps anglos, Journal de Montréal, 10 novembre ) Ce sont les enfants de la «loi 101» qui passent ainsi à l'anglais rendant, dans les faits, inutile la loi 101 à l'école primaire et secondaire. En toute logique, il faudrait supprimer l'application de la loi 101 au primaire et au secondaire. L'édifice n'ayant visiblement aucun sens s'il n'est pas couronné par l'application de la loi 101 au niveau collégial. «Pour le démographe de l'Institut national de la recherche scientifique qui a compilé les données  obtenues par notre Bureau parlementaire, le réseau collégial anglais participe à l'anglicisation des allophones.» «les allophones, c'est un groupe très hétérogène, avec beaucoup de langues communes, souligne Patrick Sabourin. Dans ce sens-là, le cégep anglais est une espèce de lieu de socialisation ou le point commun est la langue anglaise.» 
Plus qu'un lieu de socialisation, le cégep anglais est aujourd'hui un champ de bataille ou se joue l'avenir de la communauté anglophone du Québec; sans le sang neuf que constitue les allophones, la communauté anglo-québécoise ne pouvant compter que sur sa démographie, est condamnée à une lente extinction. Cela, les anglophones l'avait compris dès 1968 en voulant scolariser les italophones de Saint-Léonard. C'est pour cela que les anglophones du Québec ne peuvent accepter l'idée d'un accès limité aux cégeps anglophones aux seuls étudiants anglophones issus de la «minorité historique» anglo-québécoise.
La CAQ osera-t-elle légiférer en sens? «La question d'étendre la loi 101aux cégeps fait d'ailleurs à nouveau l'objet de débats au sein de la Coalition Avenir Québec (CAQ), selon nos informations , au moment ou débutera bientôt l'étude article par article u projet de loi sur la langue du ministre Simon Jolin-Barrette. Le premier ministre avait fermé la porte avant le dépôt du projet de loi96, mais il devra trancher à nouveau sur cette idée d'interdire l'accès aux cégeps en anglais aux jeunes francophones et allophones, souligne une source, Les démographes ont notamment souligné que le projet de loi ne permettra pas de renverser le déclin du français, tandis que le sociologue Guy Rochera mis son poids dans la balance en faveur de la loi 101dans les cégeps. Une «aile économique»est toutefois plus sensible aux arguments du monde des affaires, qui craint un impact du projet de loi 96 sur l'attrait et l'intégration des immigrants selon nos sources.»




Le «nationalisme» de François Legault, si soucieux défendre notre langue et notre culture prévaudra-t-il sur cette «aile économique» ? À moins que François Legault ne fasse lui-même parti de cette «aile économique»? Entre la nation et l'économie, faut-il conclure que François Legault n'ait déjà fait son choix.

Saturday, May 8, 2021

Le marché comme seul horizon

 


Le roi est nu. Ceux qui voulait voir en François Legault un chef nationaliste n'ont guère eu le choix de déchanter au cours des derniers mois (Création du groupe d'action sur le racisme, tergiversations sur le dépôt d'une loi 101 «musclée», etc.). Ce n'est pas seulement la nudité de François Legault qui inquiète, mais celle de son gouvernement. Ainsi, «Pour être plus compétitif, Québec envisage de modifier sa grille de sélection et d'abaisser le critère de la connaissance du français pour les travailleurs qualifiés de certains secteurs. Rappelant que l'immigration doit répondre aux besoins du marché du travail, la ministre de l'immigration, de la Francisation et de l'Intégration. Nadine Girault a reconnu que pour attirer certains talents, les programmes devront s'ajuster.» (le critère du français pourrait être abaissé pour certains immigrants au Québec, Le Devoir, 5 mai).  Il faut remercier Nadine Girault pour sa franchise est lui savoir gré de nous appeler le véritable horizon du gouvernement caquiste et de François Legault, horizon qui se résume au marché du travail, mais nous ne devons pas être dupes, il ne s'agit pas seulement du marché du travail, mais plus généralement du marché, les caquistes sont manifestement insensibles à l'idée d'une société civile obéissant à d'autres règles que des règles économiques et comptables. En matière de nationalisme avec François Legault, il semble que nous soyons bien loin du compte, silence radio en effet sur l'enracinement, l'histoire, l'identité, considérant probablement avoir réussi son examen de passage avec la loi 21 sur la laïcité, François Legault semble confortablement assis sur ses lauriers et avoir adopté une tranquille vitesse de croisière devant le conduire vers la fin de son mandat. cette vitesse le conduira-t-elle à la réélection?
 

 

Saturday, April 24, 2021

Le poids d'un mot

 


«Accusé d'avoir réservé des «miettes» pour lutter contre la violence conjugale en pleine crise des féminicides, le gouvernement Legault répond par des investissements importants de l'ordre de 223 millions $ sur cinq ans. Cette somme, annoncée vendredi par la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, comprend un montant de 90 millions $ destiné aux maisons d'hébergement pour femmes.[...] Le budget total dédié à la lutte aux violences conjugales s'élève donc maintenant à 425 millions $ sur six ans. Après avoir déploré les délais pour le décaissements des sommes - des millions annoncés dans le budget de 2019 n'avaient toujours pas été reçus par les organismes un an plus tard-la Fédération des maisons d'hébergement pour femmes (FMHF) s'est réjouie vendredi de ce revirement de situation». (Québec double d'urgence le budget pour lutter contre les violences conjugales, Journal de Montréal, 23 avril). 
 

 
 
 
Déblocage sur fond de crises de féminicides.  Il ne s'agit pas de nier l'importance de cette crise, mais nous pouvons nous demander si ce déblocage aurait eu lieu si les média s'étaient contentés de parler de meurtres de femmes, meurtres qui auraient probablement été confondus avec avec les autres meurtres commis au Québec. Le recours au terme féminicide est beaucoup plus percutant, tant par sa parenté avec le terme génocide, il évoque une menace pesant sur l'ensemble des femmes du Québec, des femmes qui ne peuvent être menacées que par «les» hommes du Québec.  Alors que nous sommes en présence d'autant d'affaires distinctes. les voilà opportunément regroupées sous le vocable féminicide.

Monday, March 22, 2021

À chacun sa liste


«Les Jeunes caquistes s'inquiètent de la popularité de Netflix et de l'»hégémonie culturelle américaine». Pour inciter les élèves à troquer Stranger Things pour un livre comme Maria Chapdelaine, ils demandent au gouvernement Legault de charger des experts de créer une liste de livres québécois incontournables à lire dans les écoles primaires et secondaires. Avant de partir en croisade pour faire lire les jeunes Québécois, les jeunes caquistes devraient apprendre à ne pas comparer pommes et des oranges; en opposant une émission de télévision comme Stranger Things et une oeuvre littéraire comme Maria Chapdelaine, c'est exactement ce qu'ils font.
 

 
 Une idée étudiée par le ministre de l'Éducation, Jean-François Roberge (idée étudiée ou télégraphiée par le ministre de l'Éducation).  Prudents et ne voulant pas prendre de risques, les jeunes caquistes proposent de confier à des experts, la préparation de cette liste. Qui seront ces experts et surtout d'ou viendront-ils? la vraie question étant, comment seront-ils choisis? Le premier débat autour de «la»liste  sera probablement celui du choix des experts (critiques littéraires, professeurs d'université, etc.) À quelles exigences devra répondre «la» liste, car il s'agira probablement moins de savoir s'il faut faire lire que , que faut-il faire lire ? 
Exercice qui passe nécessairement  par l'identification de «classiques» québécois. La Presse a demandées à ses lecteurs de se prêter à l'exercice: « Le coup de sonde n'a rien de scientifique, mais il est éloquent. Bonheur d'occasion de Gabrielle Roy , qui dépeint la vie dans le quartier ouvrier de Saint-Henri au début des années 1940, se classe au premier rang des oeuvres que les jeunes Québécois devraient lire au secondaire, selon la compilation près d'une centaine de courriels de lecteurs de La Presse qui ont répondu à un appel à tous lancé jeudi. Il est suivi de près par Kukum, de Michel Jean, lauréat du prix France-Québec et l'un des romans les plus vendus l'an dernier au Québec, considéré par plusieurs comme un portrait essentiel des réalités autochtones. Anne Hébert figure aussi parmi les auteurs les plus cités (pour son roman Kamouraska d'abord, puis pour les Fous de Bassan).Le prolifique Michel Tremblay se classe sans surprise parmi les plus nommés avec ses Croniques du plateau  Mont-Royal (La grosse femme d'à côté est enceinte et Thérèse et Pierrette à l'école des Saints-Anges surtout), mais aussi pour plusieurs autres oeuvres, dont des pièces de théâtre comme Les belles-soeurs. [...]  Si de nombreux classiques sont vantés, comme Agaguk d'Yves Thériault, les Plouffe de Roger Lemelin ou Trente arpents de Ringuet, des noms moins attendus figurent aussi parmi les suggestions. On pense entre autres aux oeuvres de l'anthropologue Serge Bouchard et à Mordecai Richler (L'apprentissage de Duddy Kravitz). Des auteurs très en vogue comme Patrick Sénécal (Le passager) et David Goudreault (La bête à sa mère) sont aussi cités plusieurs fois. Maria Chapdelaine, emblème du roman du terroir donné titre d'exemple par Keven Brasseur des jeunes caquistes, est cité par plusieurs lecteurs de La Presse comme le livre à ne pas faire lire au secondaire puisqu'il a «mal vieilli» pour d'autres, instaurer une telle liste de lecture constitue une forme d'ingérence dans le travail des professeurs. 
 

 
 
«Les enseignants de français ont plusieurs cours de littérature à l'université. S'ils ne sont pas bien placés pour choisir les livres qu'ils feront lire aux élèves, ça ne va pas bien» , fait valoir Jonathan Savoie, qui s'inquiète aussi de la politisation d'une telle liste.»(Gabrielle Roy et Michel Tremblay, auteurs essentiels), La Presse, 19 mars)  Une telle liste sera necéssairement politique car elle donnera au final une représentation historique et politique du Québec. 
 

 
 
À ce chapitre, On peut ainsi songer à une liste de la diversité, avec Dany Laferière, Kim Thuy, Michel Jean, lectures obligatoires au nom du vivre-ensemble. Richard Martineau, ce matin, dans sa chronique télévisée sur les ondes de LCN  pointait  notamment du doigt, Menaud maître-draveur et souhaitait que cette liste si elle devait un jour prendre forme ne soit pas  une liste de la littérature du terroir serait ainsi persona non grata, Menaud maître draveur et probablement Le Survenant. il faut d'ores et déjà considérer que les romans de l'abbé Lionel Groulx (comme L'appel de la race et Au cap Blomidon) ne soient jamais proposés aux élèves québécois. Pourquoi s'arrêter en si bonne voie et ne pas envisager d'ajouter à cette liste quelques classiques de la littérature française. Toute la littérature française ne nous appartient-elle pas? , c'est notre droit le plus strict de revendiquer Molière, Alexandre Dumas et Victor Hugo, droit le plus strict, que dis-je? Plus qu'un droit, c'est un devoir! Pourquoi les élèves québécois devraient se priver des aventures des Quatre Mousquetaires et celles du fils de d'Artagnan, dans Vingt ans après ? Vol de nuit et Le Petit Prince de Saint-Exupéry peuvent encore interpeller le jeunes de 2021. Déjà, certains se demandent si la lecture des ouvrages apparaissant sur cette liste devrait être obligatoire ou laissée facultative.  À partir de mon expérience personnelle, j'opte pour des lectures facultatives. J'ai développé mon goût de la lecture à la lecture de Bob Morane en me passionnant pour sa lutte conte l'Ombre Jaune, ce n'est que plus tard que je suis passé à la lecture de Jules Vernes. L'imposition d'une « liste de lectures » obligatoire correspond-elle d'ailleurs à la psychologie des jeunes lecteurs visés par la mesure?

Friday, February 26, 2021

Conseil des ministres, voici venu le temps des couples

 


François Legault vient de procéder à la nomination de Benoit Charette à titre de ministre responsable de la lutte au racisme, affirmant réaliser ainsi l'une des recommandations du Groupe d'action contre le racisme. La nomination de Benoit Charette a surpris: «On s'attendait à Nadine Girault ou Lionel Carmant. Mais un ministre responsable de la lutte contre le racisme n'a pas à être une personne issue d'une minorité, estime le premier ministre François Legault [...]. (La nomination de Benoit Charette accueille en demi-teinte , La Presse, 24 février). «Mercredi, François Legault a expliqué qu'il a eu des «discussions» avec Mme Girault et M. Carmant sur le sujet et qu'il a conclu que les deux ministres étaient déjà fort occupés. «Ce n'est pas parce que quelqu'un fait partie du groupe qui est victime que c'est nécessairement la personne la mieux placée pour lutter» contre le racisme, selon lui. En pensant ainsi et en mentionnant expressément Nadine Girault et Lionel Carmant (pour le racisme anti noir), François Legault  accrédite l'idée qu'il n'y a qu'un racisme et que subsidiairement le racisme anti blanc ne saurait exister. Dans ce combat, «on s'adresse entre autres aux personnes qui font partie des Québécois qu'on appelle Blancs ou de souche», «une minorité qu'on doit faire changer faire changer d'idée» a-t-il relevé. Pour ce que nous en sachions, les Québécois Blancs et de souche sont encore une majorité. La minorité qu'il évoque est peut-être constituée de la minorité plus éveillée, plus identitaire en un mot, Le premier ministre est aujourd'hui sur une corde raide; trop d'actions et une volonté trop empressée de «faire changer d'idée» ces «Blancs et de souche» pourrait provoquer un backlash et convaincre un nombre croissant de Québécois à se méfier des initiatives antiracistes. Ce que François Legault nous annonce c'est surtout une véritable «rééducation» des Blancs et et des «de souche» nous voilà prévenus, nous devons «changer d'idée». N'en déplaise à François Legault, cette «idée» est aussi mon identité et je ne compte pas en changer 
 

 
 
Il a choisi Benoit Charette parce qu'il «a le dossier à coeur», qu'il est «la meilleure personne pour faire reculer le racisme» et poser des actions rapidement». «En aucun cas la couleur de la peau ne doit être un argument pour disqualifier quelqu'un»a fait valoir de son côté Benoit Charette. Il dit avoir « une sensibilité à la base au sujet des relations interculturelles, notamment parce qu'il a déjà travaillé à l'étranger.
Sa conjointe est d'origine haïtienne et ses trois enfants sont métissés. Ils ont vécu «différentes expériences»au cours desquelles ils ont été victimes de racisme , de façon «subtile»ou «directe.» Nous voilà à l'heure des couples au Conseil des ministres.
Les prochains titulaires du ministère devront-ils présenter un(e) conjoint(e) racisée, un amant (il ne faut pas exclure l'hypothèse de la ministre responsable de la lutte au racisme ou une maîtresse racisée constitueront-ils une carte de visite suffisante, à défaut de quoi de quoi sera-t-il possible d'évoquer d'éventuels contacts avec  une «belle de nuit» pour prouver son «ouverture» à l'Autre. Que faut-il conclure de la «profondeur» (pour emprunter un terme au vocabulaire sportif) du caucus caquiste lorsque le premier ministre doit recourir aux services de son ministre de l'Environnement pour occuper ce nouveau maroquin ministériel

Saturday, October 10, 2020

Entre deux chaises

 



Nous avons souligné l'indifférence de François Legault à tout ce qui peut apparaître comme de la métapolitique.  Visiblement pour lui, le combat politique se limite à la joute parlementaire et aux affrontements électoraux. Il en donne une nouvelle preuve à l'égard du «racisme systémique», pour l'instant, il refuse encore de reconnaître l'existence du racisme systémique. Il entrouvre la porte en se montrant prêt à reconnaître l'existence de la «discrimination systémique » à L'endroit des autochtones». «Selon une source gouvernementale, il y a de «l'ouverture» pour reconnaître la discrimination systémique, plutôt que le racisme. Un débat agite le gouvernement sur le sujet, et il y a une tendance en faveur d'un appui aux mots utilisés par le rapport Viens.
 

 
 
Mercredi matin, le chroniqueur politique du 98,5, Bernard Drainville, témoignait du débat en cours au gouvernement au sujet du racisme systémique. Il rapportait que de plus en plus de députés et de ministres sont prêts à reconnaître le racisme systémique envers les autochtones,» (Québec ouvert à reconnaître la «discrimination systémique», La Presse, 7 octobre ). Pour la sagesse populaire, une porte ne peut être ouverte ou fermée en même temps, François Legault semble croire le contraire. À qui fera-t-il croire qu'il pourra tenir longtemps cette position alors qu'il s'en trouve déjà au Québec pour tenir l'affaire Joyce Echaquan pour notre affaire Georges Floyd.C'est le cas du sagace chroniqueur Richard Martineau qui écrit:»on l'a beaucoup répété ces derniers jours, et c'est vrai: l'affaire Joyce Echaquan est notre affaire George Floyd.» (Le racisme ordinaire, Journal de Montréal, 4 octobre). Les professionnels de l'anti racisme ne se satisferont pas longtemps de cette «discrimination systématique» et ils voudront passer au «racisme systématique». Ils considèrent probablement déjà «la «discrimination systématique» à l'endroit des autochtones comme une première étape vers l'acquiescement du gouvernement Legault à la thèse du racisme systémique de la société québécoise. Le gouvernement Legault pense probablement gagner du temps en tournant autour du pot (pour ne pas évoquer des activités contre nature sur des chiens) en parlant de «sécurisation culturelle» des Autochtones. Beau principe tiré des travaux de la Commission Viens justement qui constataient que «les Premières Nations, les Inuit ne se sentent pas en sécurité lorsque vient le temps de mettre leur santé entre les mains des services publics. La sécurisation culturelle, c'est un message fort, un geste très fort qu'on peut poser, aux lendemains des excuses qui ont été prononcées pour montrer que, oui, on est en action [...] et qu'il va y avoir donc de, réelles, réelles  conséquences très concrètes au décès de Joyce Echaquan», a expliqué» a expliqué la députée Véronique Hivon. Selon elle,  l'adoption de ce principe «ça veut dire des formations, du personnel qui connaît les réalités(appel du pied sans subtilité à embaucher des infirmières et des préposées aux bénéficiaires autochtones, NDA), des interprètes [...]et ça veut dire qu'on vient de reconnaître qu'il y a des différences», a -t-elle énuméré. On demande par ailleurs que la pièce législative soit rédigée en collaboration avec les Premières Nations.»(La Presse). À la position « assis entre deux chaise de François Legault, on préférera la position claire de Mathieu Bock-Côté: «  Mais la théorie du racisme systémique est d'une tout autre nature. Elle repose sur une thèse étrange: même si les individus ne sont pas racistes, la structure sociale serait fondamentalement raciste.[...] la théorie du racisme systémique est donc paradoxale: même s'il n'y avait aucun raciste au Québec, il serait quand même raciste. Le concept de « racisme systémique » chez ces promoteurs , relève de la foi. Comme les croyants voient Dieu partout, les théoriciens du racisme systémique, quelles que soientles circonstances, voient partout la preuve de son existence. ils adhérent à cette théorie religieusement et s'offusquent qu'on en doute. Ceux qui la critiquent sont traités en hérétique.» (Le racisme et les Autochtones, Journal de Montréal, 7 octobre). Voilà qui a le mérite de la clarté. Souhaitons que François Legault continue de résister à ces députés et ministres prêts à jeter l'éponge et à accepter l'idée d'un Québec systémiquement raciste et qu'il continue à refuser de faire sienne cette théorie du racisme systémique. 



Wednesday, June 10, 2020

Maurice sort de ce corps



Excès de confiance, candeur, mémoire courte, difficile de trancher relativement au sujet du projet de loi 61 (Loi visant la relance de l'économie du Québec et l'atténuation des conséquences de l'état d'urgence sanitaire déclaré le 13 mars 2020 en raison de la pandémie de COVID-19).  Il semble que pour François Legault la relance de l'économie du Québec passe par la relance des circonscriptions caquistes:» Le premier ministre François Legault reconnaît que les 200 projets d'infrastructure dans le projet de loi 61 ont été répartis en fonction du poids électoral de son parti au Québec. Il y a 60% des projets qui sont dans des circonscriptions caquistes a-t-il déclaré jeudi en conférence de presse, »ce qui représente à peu près la répartition du nombre de députés, quoiqu'on voudrait en avoir plus que 60%, donc , il ne faut pas négliger les autres comtés.» (Les projetsd'infrastructures calculés: selon le poids électoral de la CAQ, La Presse, 4 juin ). Étrange mesure par laquelle François Legault semble faire une croix sur les circonscriptions non-caquistes. 
 
 
 
Il faut que François Legault soit extrêmement confiant en son actuelle majorité pour tourner le dos 40% des circonscriptions québécoises (ce qui inclut notamment Montréal et Laval). Exclusion qui impliquera compte tenu de l'importance de Montréal dans l'économie du Québec, l'adoption de programme et de crédits supplémentaires. François Legault et les ministres et députés qui retourneront dans leurs circonscriptions pour couper des rubans ont-ils déjà oublié le sort du Part libéral de Philippe Couillard, heureusement pour le Québec victime des 3 C (Collusion, Corruption, Construction). L'électorat québécois pourrait rappeler à François Legault et à la CAQ qu' «Il n'y a pas loin du Capitole à la Roche Tarpéienne». Souhaitons qu'il y ait dans l'entourage de François Legault des conseillers capables de lui rappeler cette maxime.  
Plusieurs journalistes et éditorialistes ont noté à quel point la CAQ pouvait évoquer la défunte Union nationale de Maurice Duplessis par son nationalisme conservateur, cet aspect de la CAQ ne m'indispose pas, le retour du patronage, oui. Le projet de loi 61 les confortera les journalistes dans ce sentiment que l'Union nationale est de retour avec son «votez du bon bord».

Thursday, April 16, 2020

Son pire ennemi


François Legault serait-il son pire ennemi?  Celui qui s'est imposé comme une figure rassurante au cours des premiers jours de la crise du Covid-19 a-t-il atteint ses limites? Ces apparitions quotidiennes ont-elles pressées le citron? Ce rythme est-il excessif.? J'en veux pour preuve  le recours à un langage belliqueux, nous sommes en guerre contre le virus et nous dépendons des intervenants de première ligne qui sont au front pour nous. En respectant les directives, nous «sauvons des vies», cette réthorique guerrière est-elle nécessaire? non que je recommande de négliger les sages recommandations du docteur Arruda et de la Santé publique, que serait d'ailleurs François Legault dans cette crise sans la présence d'Horacio Arruda? Prenons acte de l'efficacité de ce haut fonctionnaire dont le nom demeurera dans les mémoires bien après que celui de Danielle MacCann ne soit lui oublié. 



Pourquoi tenir un point de presse quotidien lorsque ledit point de presse sert fondamentalement à nous informer du nombre de décès depuis la veille? Pourquoi ne pas nous avoir plutôt à chaque jour donné le nombre des décès et le pourcentage des décès sur l'ensemble de la population québécoise. L'effet sur les auditeurs aurait été moins spectaculaire, mais justement nous nous serions peut-être convaincus que la mise sur «Pause» du Québec ne s'imposait pas. L'idée que François Legault est peut-être son pire ennemi a pris forme lorsqu'il a affirmé répondant à la demande d'une fillette de 7 ans que la fée des dents était un service essentiel, volonté de faire familier et «humain» Les déclarations insensées se sont multipliées depuis, dernière manifestation en date de ces dérapages. L'appel aux médecins et personnes disposant d'une formation médicale à offrir leurs services dans les CHSLD «manquant de bras»et d'organisation surtout, étonne, si jamais les médecins devaient répondre en nombre à cet appel à notre grande surprise, ne devrions nous pas croire  qu'ils seraient plus utiles ailleurs. Pourquoi d'ailleurs limiter l'appel, j'ai en poche la carte d'un vieux cours de premiers soins, ne devrai-je pas me porter volontaire pour cette Totale Krieg à la Covid-19? À ranger au chapitre des faux-pas, cette intention de réouvrir rapidement les écoles? À ranger au chapitre du gaspillage de salive les déclarations sur la possibilité de faire appel à l'armée pour remplacer les «bras manquants» dans les CHSLD. Ces «bras militaires»  seront bien assez vite requis pour les inondations printanières.
Legault devrait peut-être quitter l'avant-scène avec un dernier point de presse dans lequel, il nous dirait, que les mesures de confinement et la discipline manifestée par les Québécois nous ont permis d'"aplanir la courbe", je vous laisse entre les mains d'Horacio Arruda et de Danielle McCann, nous nous retrouverons à l'antenne pour un événement important, pour l'heure , je me retire pour préparer le déconfinement. Il est temps que François Legault se souvienne que la parole est d'argent, mais que le silence est d'or.

Wednesday, March 4, 2020

De l'importance des symboles


Il ne faut jamais cesser de rappeler l'importance des symboles en politique.  La dimension métapolitique de l'action politique échappe manifestement à la Coalition Avenir Québec (CAQ). Dernière manifestation de cette indifférence, l'annonce de la désignation d'Olivier Lejeune à titre de personnage historique. «Olivier LeJeune est la première personne noire de l'histoire du Québec à avoir cette désignation officielle. C'était à la suggestion du rappeur Webster, a expliqué la ministre Nathalie Roy. Olivier Lejeune est le premier esclave africain qui est arrivé au Québec en 1629. Webster parle du jeune homme originaire de Madagascar dans son livre Le grain de sable. Olivier Lejeune est arrivé dans la ville de Québec à l'âge de 10 ans. Il est la première personne d'origine africaine qui a habité le Canada. Le nom d'Olivier Lejeune est maintenant au Registre du patrimoine culturel du Québec, qui sert notamment à choisir des noms de lieux publics, a expliqué la ministre Nathalie Roy à la foule réunie au théâtre Maisonneuve de la Place des arts, dimanche soir , pour le Gala Dynastie. Cette désignation «met en lumière la présence des Noirs sur le territoire québécois depuis près de quatre siècles, a souligné la ministre de la Culture et des Communications par communiqué. Ce geste nous rappelle un pan plus sombre de notre histoire qu'est l'esclavagisme à l'époque coloniale, et il nous permet de rendre hommage à cet homme pour ne jamais oublier son histoire.» De nombreux politiciens ont assisté au Gala Dynastie, dimanche sir, Nathalie Roy était accompagnée de ses collègues ministres Lionel Carmant et Nadine Giraut. La mairesse de Montréal Valérie était aussi présente.» (Une première personne noire désignée personnage historique, La Presse, 2 mars).  La ministre de la Culture et des Communications a visiblement tout faux, Il semble qu'Olivier Lejeune ne soit pas la première personne d'origine africaine au Québec, selon Postes Canada (Postes Canada lui a consacré un timbre en 2017) le titre reviendrait à Mathieu Da Costa, interprète pour Samuel de Champlain et Pierre Dugua de Mons, dès 1607-1609, donc 20 ans avant Olivier Lejeune. Curieusement, le nom de Mathieu da Costa n'apparaît pas au Registre du répertoire du patrimoine culturel du Québec. Qu'importe la vérité historique, Webster a réussi à assurer la promotion de son livre dans La Presse. Dans la course à la diversité, Nathalie Roy et les fonctionnaires de son ministère semblent jugé préférable de se fier à la suggestion d'un rappeur qu'à une entrée dans l'Encyclopédie canadienne, qu'importe Nathalie Roy avait son écot à apporter au mois de l'histoire des Noirs qui prenait fin le 29 février. On se demande ce que le ministre de délégué à la Santé et aux services sociaux et la ministre des Relations internationales et de la Francophonie faisaient dans un tel gala pour une telle occasion. Il faut garder en mémoire que Lionel Carmant et Nadine Giraut sont les deux seuls ministre Afro-Québécois du Conseil des ministres. Si la dimension symbolique du geste a échappé a Nathalie Roy, elle n'a probablement pas échappé à Lionel Carmant et à Nadine Giraut. Nous aimerions demandé à Mme Roy depuis combien de temps l'inscription au Registre du patrimoine culturel du Québec se fait sur la suggestion de rappeur? Il n'y a pas suffisamment d'historiens au Québec pour alimenter la réflexion de Mme Roy. Notons de plus qu'il faut conclure à la lecture de l'article d'Émilie Côté que le seul mérite d'Olivier Lejeune est d'être d'origine africaine, aucune mention d'une contribution culturelle significative à l'histoire de la Nouvelle-France.
À ce prix, pour demeurer dans la diversité, à quand l'inscription au Registre du patrimoine culturel du Québec, du premier homosexuel ayant vécu en Nouvelle-France.  Sur la question la lecture de La vie libertine en Nouvelle-France au XVIIe siècle de l'historien Robert-Lionel Séguin s'avèrera probablement plus instructive que les suggestions d'un rappeur.

Tuesday, March 3, 2020

Nationaliste ou post national?



Faut-il que les nationalistes québécois, ceux de la variété identitaire du moins, se prenne à souhaiter longue vie à François Legault et Simon Jolin-Barrette? Il faut le croire, car la relève caquiste a tout pour inquiéter. Dans une formation politique encore jeune et visiblement peu porté sur la réflexion, quelques slogans semblent contenter députés et ministres caquistes (les maternelles quatre ans, les maisons des aînés, En prendre moins et en prendre soin), Dans un tel vide intellectuel, les caquistes sont susceptibles d'aller dans toutes les directions et toutes les dérives. Les prises de position récentes de l'aile jeunesse de la Coalition Avenir Québec (CAQ) illustre bien ce propos. «Au lieu d'un enseignement des religions qui suscite «la division», le futur cours remplaçant Éthique et culture religieuse (ECR) doit porter sur les valeurs communes du Québec et son modèle d'intégration des immigrants, soutient l'aile jeunesse de la Coalition avenir Québec(CAQ). L'éducation à la citoyenneté et le développement de l'esprit critique doivent également faire partie du nouveau programme, selon elle.»(Les jeunes caquistes veulent un cours sur les «valeurs québécoises», La Presse, 27 février).
 
 
 
« Plutôt que d'enseigner le vivre-ensemble de manière clivante comme cela pouvait être le cas depuis 2008, l'aile jeunesse de la CAQ «appuie la mise en avant des valeurs québécoises de l'interculturalisme comme modèle d'intégration, des éléments qui rassemblent la vaste majorité des Québécois». Toujours selon son mémoire, l'interculturalisme «reconnaît le pluralisme qui compose la société québécoise , tout en valorisant les échanges et l'appartenance à une culture partagée , caractérisée par une langue, des institutions et une histoire commune. Ce modèle, qui permet à tous de trouver leur place au sein d'une culture nationale unique, rassemble les Québécois et doit servir de base à l'enseignement du vivre-ensemble. [...] Le nouveau cours doit également porter sur l'éducation à la sexualité. Le consentement sexuel et le harcèlement doivent être abordés dans les écoles, surtout «après la vague de #moi aussi» font valoir les jeunes caquistes». Faudra-t-il aussi parler de se laver les mains avant les repas, de manger la bouche fermée, etc. À la lecture de ces quelques lignes, difficile de ne pas conclure: Jeunes caquistes, Jeunes libéraux, Péquistes même combat (un petit rappel; Le candidat à la direction du parti Québécois, Guy Nantel ne déclarait-il pas lors de son entrée en lice: » qu'il compte aussi prôner des valeurs telles que l'égalité hommes-femmes, la séparation entre le religieux et l'État, l'intégration des personnes issues des communautés culturelles et la protection de l'environnement». Le paysage québécois devient de plus en plus plat et il faut prévoir que nos prochaines campagnes électorales seront des batailles de marketing politiques opposant, à défaut d'idées et de principes, les «gueules», les sourires et les cravates des chefs. Même adhésion au conformisme ambiant, adhésion qui se traduit notamment par l'utilisation des mots «valeurs québécoises» probablement réduite à la prépondérance du français (il faudra un jour sortir de cette croyance facile et dangereuse que la langue française représente et incarne la culture québécoise, la culture québécoise pour avoir un sens doit être et demeurer une culture fondamentalement européenne, n'en déplaise à toutes les «chances pour le Québec» qui débarque chez nous), au-delà de la langue française, l'égalité homme-femme, la protection de l'environnement, l'intégration des personnes issues de l'immigration et des communautés culturelles (de là, le recours à cette notion de «vivre-ensemble»). Les partis politiques québécois se dirigent vers une homogénéisation qui rend difficile de les distinguer les uns des autres. Personne pour rappeler aux jeunes caquistes que l'interculturalisme n'est toujours qu'un multiculturalisme à la sauce Taylor-Bouchard, il sera intéressant de voir comment il vont réussir à concilier cet interculturalisme avec leur souhait d'une «culture nationale unique». Nous nous dirigeons vers une standardisation de nos partis politiques que ne distinguerons plus bientôt que la tête de leurs chefs, la tête au sens de visage, mais pas d'idées. Il nous faut former avec nos faibles moyens, le camp des anti conformistes et des esprits libres. Le Québec des jeunes caquistes sera-t-il le deuxième état post-national après le Canada de Justin Trudeau ?

Saturday, February 1, 2020

Le silence est d'or


Il y en a qui gagnerait à se taire et à se faire discret. Dernier à poser sa candidature, Boufeldja Benabdallah, président du Centre culturel islamiques de Québec devenu une figure de proue de la communauté islamique du Québec suite à la fusillade du 29 janvier 2017. «Le président du Centre culturel islamique du Québec (CCIQ), Bouteldja Benabdallah, y est allé d'une sortie en règle contre la Loi 21,à la veille de la commémoration du troisième anniversaire de la tuerie, ou le premier ministre François Legault est censé prendre la parole.» «[...] M. Benabdallah  a vertement dénoncé cette loi qui «est venue mettre du trouble» dans la vie des familles musulmanes  [...] Encore une fois, on se sent minoritaires et visés, surtout la femme musulmane qui se trouve pénalisée», a déclaré M. BenAbdallah en ajoutant y voir un «recul»important. «Ce n'est pas bon pour l'équilibre de la société» (Tuerie à la mosquée de Québec, trois ans plus tard: la loi 21 décriée, La Presse, 29 janvier).
 
 
 
Il est intéressant de voir Monsieur Benabdallah prendre ainsi parti, décideurs et média nous ont proposé cet individu comme l'exemple même du musulman québécois modéré et intégré à sa société d'acceuil, il appert aujourd'hui que Bouteldja Benabdallah est de la même eau que les dirigeants du Conseil national des musulmans canadiens (CNMC), qui sont aujourd'hui devant la Cour suprême  afin de faire invalider les dispositions de la Loi 21 sur l'interdiction du voile islamique par les fonctionnaires de l'État québécois en autorité. Cette sortie du président du CCIQ le jour même du troisième anniversaire de la fusillade de la mosquée de Québec est révélatrice, il faut conclure qu'il n'y a pas une telle chose que des musulmans modérés, L'islam présente un front uni.Il n'y a pas de telle chose que des musulmans modérés car l'Islam est inassimilable et que la ligne de fracture dans l'Islam ne passe pas entre modérés et radicaux, mais entre patients et pressés Les uns et les autres partageant le même objectif, l'islamisation des sociétés occidentales.  L'islam n'est pas une religion parmi d'autres, mais un projet politico-religieux tenant à prendre en compte tous les aspects de la vie des individus, seuls les naïfs et ceux qui souffrent d'aveuglement volontaire peuvent affirmer le contraire. Il nous faut au nom de la lucidité nous convaincre que les discussions autour de la Loi21 ne sont qu'un premier round entre la société québécoise et l'Islam.  
Que fera François Legault, Accepter l'injure ou , comme nous le souhaitons, marquer sa désapprobation et demeurer confortablement chez lui, et ignorer les commémorations, marquant cet anniversaire de la fusillade de Québec.
Appel qui ne sera pas entendu:»Francois Legault compte participer mercredi soir aux activités de commémoration de la tuerie de la grande mosquée de Québec. »(Commémoration de l'attentat de la mosquée de Québec: la loi 21prévient le racisme, dit François Legault, Journal de Montréal, 29 janvier) Le premier ministre ne craint pas d'être mal accueilli par les membres de la communauté musulmane». »(Commémoration de l'attentat de la mosquée de Québec: la loi 21prévient le racisme, dit François Legault, Journal de Montréal, 29 janvier). Curieuse réponse de François Legault aux critiques de Bouteldja Benabdallah «Moi je pense au contraire que la loi 21 vient éviter un dérapage dans les extrêmes (François Legault serait bien en peine d'expliquer le sens d'une telle affirmation, de même qu'il serait bien en mal de nous expliquer quels « dérapages dans les extrêmes» planaient sur le Québec, NDA) avec une loi qui est très modérée qui limite le port de signes religieux pour très peu de personnes(François Legault ignore vraisemblablement ce qu'est un principe, un principe n'ayant rien à voir avec le nombre de personnes visées), a fait valoir le premier ministre. Je pense que de ne rien faire , comme ça avait été le cas dans les dix dernières années, ça amène un plus grand risque de dérapage de la part de personnes racistes (toujours cette confusion entre l'Islam et une race,NDA). « Toujours indifférent aux aspects métapolitiques de la pratique politique quotidienne fera donc la carpette à la cérémonie de commémoration, semblant considérer qu'il doit des comptes à la communauté musulmane, les symboles ont leur importance en politique. Pour cette raison, François Legault demeurera un nationaliste honteux, finalement toujours prêt à se coucher au nom de la rectitude politique. Il y aurait lieu de se demander s'il ne serait pas mieux de se taire lui aussi.

Thursday, December 5, 2019

De l'audace, encore de l'audace


Le gouvernement du Québec et la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) ont conclu une entente sur la rémunération des médecins spécialistes(entente avec les médecins spécialistes: Québec récupérera 500 millions par année, Radio-Canada, 15 novembre), il y a déjà un certain temps que ces sommes astronomiques n'étonnent plus les Québécois( les années Bolduc, Barrette ayant vu les médecins spécialistes québécois atteindre des sommets dans l'indécence. En attendant la prochaine ronde de négociations entre les spécialistes et le gouvernement québécois, le temps est peut-être venu, au-delà des négociations qui viennent de prendre fin, de chercher une solution permanente à ses négociations un peu absurdes entre une fédération qui représente d'abord des travailleurs supposément autonomes oeuvrant tous ou presque dans le cadre de la Régie de l'assurance maladie du Québec(RAMQ) (il y a très peu de médecins désaffilliés, la RAMQ a recours au terme « non-participants» pour les décrire), la plupart de ces médecins travaillent d'ailleurs dans les installations des établissements de santé publique.
Le gouvernement du Québec devrait adopter la solution qui s'impose dans ce contexte, passer au salariat des médecins et mettre un terme aux folles exigences de ces derniers, folles exigences satisfaites par les Yves Bolduc et Gaétan Barrette, s'empressant d'aller au-devant des caprices des médecins spécialistes. On ne voit pas pourquoi , la rémunération des médecins devrait demeurer régie par l'archaïque système de la rémunération à l'acte.  Il y a longtemps que la rémunération à l'acte par un poulet ou une livre de lard est affaire du passé. D'autres professionnels sont à l'emploi du gouvernement et vivent avec le salariat comme mode de rémunération. Ingénieurs, avocats et notaires du gouvernement fonctionnent dans ce cadre. Il est temps d'entrer dans le XIXe siècle. On voit mal, au nom de quel principe, les médecins feraient exception. Les Québécois ont sous les yeux l'exemple des dentistes qui agissent en véritables travailleurs autonomes avec leurs outils de travail et leurs cabinets, la même remarque s'appliquent aux optométristes. C'est au gouvernement par voie législative à assurer à la population qu'elle recevra les soins nécessaires, on peut penser ici au programme de soins optométriques pour les personnes de moins de dix-huit ans et dentaires pour celles de moins de dix ans. La santé publique est assurée et les optométristes et les dentistes y trouvent leur compte en étant assurés d'être rémunérés pour leur prestation de services.



Dans un milieu ou les autres travailleurs (infirmières,  inhalothérapeutes, physiotérapeutes, etc.) travaillent à salaire , pourquoi les médecins devraient-ils pouvoir encore «facturer à l'acte ». Les médecins sont de bien opportunistes professionnels, s'ils étaient cohérents avec leur credo « professionnel», ils devraient se désaffilier en masse de la RAMQ et se faire vraiment payer à l'acte par des patients faisant eux-mêmes affaire avec des assureurs privés ou non et acceptant l'idée que s'il ne sont pas payés , ils devront se présenter devant les tribunaux ou à la Cour des petites créances pour obtenir le règlement de leur travail.

Sunday, November 10, 2019

Et la lumière fut


Le combat pour la défense et la promotion de notre identité nationale sera populaire ou ne sera pas, certains groupes de la population québécoises y demeureront irréductiblement réfractaires. Certains de ces groupes sont désormais connus (il serait plus juste de parler de »communautés ethniques ou confessionnelles). Sans parler des « traîtres d'habitude», comme un Justin Trudeau,  comme il y avait autrefois des « criminels d'habitude ». François Legault a découvert un autre groupe sur lequel il ne peut compter, sur lequel nous ne pouvons non plus compter dans cette lutte, ce groupe dont tout nationaliste identitaire, se méfiera d'instinct, est celui des groupes économiques. Celui que certains dans nos rangs tiennent pour un nationaliste de coeur vient de faire connaître sa sympathie pour cette méfiance: « François Legault accuse les groupes économique et particulièrement Michel Leblanc, président de la Chambre de commerce de Montréal, de vouloir plus d'immigrants afin de bénéficier d'une main d'oeuvre à bon marché» (Immigration: Legault s'en prend à la Chambre de commerce de Montréal, La Presse, 7 novembre). »C'est un jeu d'offre et de la demande . Plus il y a de main d'oeuvre au Québec, plus on peut garder les salaires bas. Plus on est capables de trouver des employés à 12-15$ de l'heure. Il faut être prudent . Ma responsabilité, c'est de défendre les intérêts des Québécois.[...] Je ne travaille pas pour Michel Leblanc »
 
 
 
« Par voie de communiqué, mercredi, la Fédération des chambres de commerce du Québec, le Conseil du patronat , Manufacturiers et Exportateurs du Québec, la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante, la Chambre de commerce du Montréal métropolitain et la Chambre de commerce et d'industrie de Québec ont joint leurs voix pour demander à nouveau que le gouvernement Legault hausse les seuils d'immigration au Québec.  Difficile devant un tel aréopage et une telle levée de boucliers de ne pas penser, la « poche avant la patrie ». Confirmant cette désaffection l'égard du combat engagé à l'égard de notre identité national:»M, Fitzgibbon , qui n'a pu nommer un seul groupe patronal ou une seule entreprise appuyant la décision de Simon Jolin-Barrette de restreindre l''accès au PEQ (Programme de l'expérience québécoise, NDA), en toute honnêteté, le PEQ n'est pas toute la politique de la CAQ en matière d'immigration),estime plutôt que se sont les Québécois qui sont derrière la CAQ.»(Fitzgibbon incapable de nommer un seul acteur économique qui appuie la réforme de l'immigration, Journal de Montréal, 7 novembre). Il faut souhaiter que la résolution de François Legault ne faiblisse pas, certains de ces ministres clés semblent déjà « branler dans le manche », ainsi:»M»Fitzgibbon a également affirmé que les programmes d'immigration temporaire pourraient prendre le relais aux programmes d'immigration permanente afin de combler les besoins en main d'oeuvre.» De tels propos nous rappellent que Judas était près du Christ et qu'il faisait part du cercle des apôtres. Souhaitons que François Legault ayant vu la lumière , éloigne de son Conseil des ministres cet homme de «peu de foi», et que dans la même charrette, il trouve une place pour Christian Dubé, Éric Girard et Jean Boulet.

Tuesday, October 1, 2019

Une réforme inutile


La Coalition Avenir Québec a fait l'abolition des commissions scolaires l'une de ces promesses phares. Les commissions scolaires seraient remplacées par des centres de services.   Idée inconsidérée héritée de la défunte Action Démocratique du Québec., Populaire chez les francophones l'abolition ne fera guère de vagues chez ces derniers. Les anglophones demeurent attachés à l'institution peut-être parce qu'il s'agit d'un gouvernement de proximité qui leur demeure propre et dont ils conservent encore la gouvernance.
Certains croient déjà que la question de l'abolition des commissions scolaires constituera «la» question politique de l'automne. Michel David du Devoir écrit: «Le gros morceau la session qui reprendra la semaine prochaine à l'Assemblée nationale sera le projet de loi sur la gouvernance scolaire. Au sein de la majorité francophone, l'abolition des commissions scolaires et leur remplacement par des centres de services relevant directement du ministère l'Éducation ne causeront pas un psychodrame analogue à celui du débat sur la laïcité. Il n'en ira pas de même du côté anglophone. Un sondage Léger mené en mars dernier indiquait que 80% des anglophones s'opposaient à cette abolition, et l'Association des commissions scolaires anglophones du Québec n'excluait pas un recours aux tribunaux, même si son président, Russell Copeman, a dit préférer une solution politique. (Le prochain psychodrame, Le Devoir, 10 septembre).


L'abolition des commissions scolaires traîne dans le paysage québécois depuis une dizaine d'années, c'est une idée démagogique et irréfléchie que nous devons à la défunte Action Démocratique du Québec (ADQ). La CAQ a repris l'idée probablement plus pour son caractère populaire que pour sa véritable pertinence. Nourrie par des gros titres à saveur sensationnaliste sur les dépenses somptuaires de certains commissaires lors de congrès ou lors de séjours à l'étranger et le faible taux de participation aux élections scolaires, l'idée de l'abolition a fait son chemin sans jamais faire l'objet d'un véritable débat. Elle revient à l'avant-plan avec l'accession au pouvoir de la CAQ. Le ministre de l'Éducation, Jean-François Roberge (voir ce blogue, tout un ministre, 23 septembre) peut-être envieux de la notoriété dont jouit son collègue Simon Jolin-Barrette suite à l'adoption de la Loi 21, semble avoir l'intention de porter le ballon jusqu'à l'abolition des commissions scolaires, un geste politique inconsidéré si l'on songe que le gouvernement envisage de réouvrir la Loi 101, pourquoi ouvrir deux fronts avec la communauté anglophone sinon pour rouler des mécaniques et jouer les bravaches devant l'électorat francophone, à vaincre sans Périls, on triomphe sans gloire. L'abolition des commissions scolaires peut attendre, la Loi 101 est essentielle à la survie du Québec français. En allant de l'avant avec son intention d'abolir les commissions scolaires Jean-François Roberge fournirait la preuve qu'il n'est qu'un idéologue après sa volonté d'implanter les « maternelles quatre ans» sans disposer des locaux et des enseignants-éducateurs nécessaires à ce projet.  

Ne comptons pas sur François Legault et Jean-François Roberge pour réfléchir aux conséquences de l'abolition des commissions scolaires au-delà du « doigt d'honneur » fait aux anglophones du Québec, tentons de faire l'effort de cette réflexion.

Dans un plan de gouvernance scolaire, produit par la CAQ, diffusée à compter janvier 2018, Jean-François Roberge qui n'était à l'époque que critique pour les dossiers d'immigration de la « deuxième opposition » officielle écrivait:» Les idées et prises de position de ce document visent à donner davantage d'autonomie aux écoles afin d'offrir de meilleurs services aux élèves. Les problèmes de gouvernance des commissions scolaires et de manque de légitimé des commissaires constituent des sujets depuis plus de 10 ans. [...] Pourtant, une réforme de la gouvernance du réseau représente la solution à de nombreux problèmes structurels qui affligent le système de l'éducation québécois ; au premier chapitre, les délais pour l'obtention de services pour nos élèves ainsi que le manque de latitude et de flexibilité dont pourraient jouir nos écoles et ceux qui y travaillent. [...] Un gouvernement responsable doit prendre des décisions non pas en fonction de la prochaine élection, mais en fonction de la prochaine génération. Cela commencera par remettre l'école entre les mains de sa communauté. Libre à Jean-François Roberge de pérorer et croire à ses envolées. Nous demeurons sur notre quant-à-soit et nous nous demandons quelle sera la portée de cette remise de nos écoles aux communautés, pas de question sur la nature de ces communautés. Que représenterons géographiquement ces « communautés », villages, villes, arrondissements, quartiers? Seront-elles tributaires la composition ethnique de l'unité géographique retenue. Dans son « plan de gouvernance scolaire », J.-F. Roberge écrit qu'il souhaite remettre entre les l'école entre les mains de sa communauté.

Ses écoles remises « entre les mains de leur communauté » soulèvent de légitimes questions sur le caractère national de la formation dispensée par les dites écoles et leurs centres de services? Question peut-être prématurée compte tenu de l'état du dossier, comment seront choisis les programmes et les manuels scolaires, J.-F. Roberge peut-il assurer les élèves québécois et leurs parents de l'uniformité de la formation reçue à travers le territoire québécois, uniformité importante dans le contexte de la mobilité d'une partie de la population québécoise, uniformité importante aussi lors de la sélection et l'entrée dans les institutions d'enseignement supérieur (CEGEPs et universités). Si des réponses satisfaisantes ne sont pas données à ces questions, l'autonomie se transformera rapidement en atomisation du réseau d'enseignement québécois (avec autant de formations que d'établissements et de communautés.).       une atomisation qui ne pourra paradoxalement que renforcer le rôle du ministère de l'Éducation. Face à ces centres de services,  À l'heure actuelle les commissaires scolaires peuvent encore opposer leur légitimité démocratique au pouvoir des fonctionnaires du ministère. Cet utile contrepoids empêche peut-être notre ministère de l'Éducation de devenir à l'image du ministère de l'Education nationale en France, un monstre surnommé par certains comme « le Mammouth » en raison de sa lourdeur. Bien qu'élus par un faible pourcentage d'électeurs, les commissaires scolaires demeurent imputables devant les parents, ce qui n'est pas le cas des fonctionnaires du ministère et il faut craindre que les membres des conseils d'établissements ne constituent qu'un bien fâlot contrepoids au ministère. C'est pour défendre une institution de proximité et une manifestation tangible de subsidiarité (Jean-François Roberge connaît-il le mot?) qu'il faut défendre les commissions scolaires. C'est aussi pour empêcher la disparition d'un Québec décentralisé qu'il faut souhaiter la survie des commissions scolaires (Les centres de services risquent fort de n'être que des pantins dans les mains du ministère de l'Éducation).  disparues aussi, à la faveur des fusions de municipalités, de nombreuses municipalités de taille modeste, c'est un tissu social qui périclite au nom de l'efficacité technocratique et du «plus c'est gros, plus c'est bon». 

Monday, September 23, 2019

Tout un ministre


Le ministre de L'Éducation, Jean-François Roberge, a annoncé l'octroi d'une somme de 2,3 milliards pour la rénovations écoles(Québec lance son « grand rattrapage » pour la rénovation d'écoles, Le Journal de Montréal, 22 septembre).  Visiblement acquis à la thèse du primat de l'économie, le ministre investit dans le gypse et la brique: »Aujourd'hui, nous lançons une opération grand rattrapage pour retaper nos écoles, qui ont tant manqué d'amour dans les dernières années, a déclaré Jean-François Roberge. C'est une excellente nouvelle non seulement pour les élèves, mais également pour les enseignants et pour tout le personnel scolaire.» (Jean-François Roberge annonce 2,3 milliards pour rénover les écoles délabrées, Le Devoir, 22 septembre). Notons, Roberge est muet sur le fait que ces travaux profiteront d'abord à des milliers d'entrepreneurs en construction en région bien avant de profiter aux élèves et aux enseignants. On cherchera dans les propos de J.-F. Roberge, une préoccupation pédagogique, silence radio sur la culture générale dont devrait disposer les élèves à la fin du Secondaire, même silence radio sur la réussite scolaire des garçons, alors que de nombreux parents québécois demandent la suppression du cours Éthique et culture religieuse (ÉCR), loin de se préparer à acquiescer à cette requête, le ministre sourd à ses demandes compte aller dans une direction diamétralement opposée:»Le ministre Jean-François Roberge envisage d'intégrer l'Éducation à la sexualité dans le cours d'éthique et culture religieuse (ECR) qui fera l'objet d'une importante réforme au cours des prochains mois. » (La sexualité, une « vraie » matière, Le Devoir, 31 août). L'annonce du ministre nous montre que nous en présence d'un digne successeur de Sébastien Proulx, le ministre libéral de l'Éducation dans le dernier cabinet Couillard. Un Sébastien Proulx dont le passage au ministère de l'Éducation nous aura valu le fumeux projet de Lab école(Le Lab-École, une fausse bonne idée, Le Devoir, 14 juin) mené par d'authentiques pédagogues comme comme le chef Ricardo Larivée, le sportif Pierre Lavoie et l'architecte Pierre Thibault. Avec Christian Dubé (voir sur ce blogue, Merci Justin, 22 septembre), J.-F. Roberge serait-il l'un des ministres de François Legault qui est encore à l'heure libérale?
 
 

Sunday, September 22, 2019

Le bon grain et l'ivraie


La récente déclaration de Dominic Champagne, l'initiateur du Pacte de transition, sur la position du gouvernement Legault sur les changements climatiques est symptomatique de l'attitude du mouvement de lutte aux changements climatiques (La CAQ est un gouvernement de climatosceptiques, selon Domininic Champagne, Le Devoir, 21 septembre). Cette information lue en parallèle avec celle voulant que le ministre de l'Environnement du Québec, Benoît Charette, ne soit pas le bienvenu à la marche qui se tiendra pour la journée du climat (Charette pas le bienvenu à la marche pour le climat: malheureux dit Legault, La Presse, 19 septembre) Actuellement, l'objectif des Dominic Champagne et  groupes du genre La planète s'invite au Parlement n 'est pas de lutter contre les changements climatiques, mais de séparer le bon grain de l'ivraie, ce que fait Champagne en rangeant le gouvernement Legault parmi les climatosceptiques (Le gouvernement Legault «dans le camp des climatosceptiques », soutient Dominic Champagne, La Presse, 21 novembre). L'objectif de Dominic Champagne est de décerner des brevets de bonne conduite, à droite du Père (dans les circonstances, Dominic Champagne ne semble pas avoir de problèmes à tenir le rôle du  Père). Et à ce titre, il range sans trop de problèmes, le gouvernement Legault à sa gauche parmi ceux qui finiront en enfer.  Avec cette grille, on peut supposer qu'une Valérie Plante trouvera grâce aux yeux de Dominic Champagne, trouvera grâce et place à droite du Père.
Avec le zèle rigoriste d'une nouvelle foi, Le mouvement de lutte aux changements climatiques décide déjà de ceux qui entreront ou non au Royaume. Une foi qui se dote sur les fonts baptismaux d'une telle Inquisition devrait inspirer la méfiance, Le joug écologique sera lourd. l'Enfer est pavé de bonne intentions dit-on, nous découvrons qu'avec Dominic Champagne, il est pavé de jugements à l'emporte-pièce et d'a-priori.