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Sunday, September 20, 2020

La vraie deuxième vague

 

Ils nous l'annonçaient depuis des semaines, guettant avec avidité la moindre recrudescence de cas de COVID-19, à croire qu'elle était souhaité. Nous étourdissant de reconfinements aux quatre coins du monde, nous assourdissant d'un véritable chantage à la solidarité, il ne s'agit pas de se protéger, mais de protéger les autres.  

La deuxième vague n'est pas celle attendue et annoncée par le gouvernement Legault-Arruda.  La deuxième vague est sur nous, elle n'est pas le fait de la COVID-19 Elle est sur nous par le seul et unique fait du gouvernement du Québec; elle prend la forme de sévères amendes en cas d'infractions aux règles édictées par la Santé publique. La chasse est ouverte aux «partys privés» réunissant des hordes de jeunes irresponsables amalgamés les uns aux autres, chasse aussi aux bars pratiquant le karaoké, codes de couleurs stigmatisant certaines régions. et menaces de reconfinement régionaux. Dans sa première vague, le gouvernement nous a d'abord imposé de «mettre le Québec à pause», la nécessité du confinement, a restreint l'accès aux CHSLD et aux résidences pour personnes âgées (condamnant ces dernières à l'isolement et à la solitude), recommandant le port du masque. Le slogan du gouvernement Legault-Arruda choisi pour inciter les Québécois à la solidarité; «est tous contre un, tous contre le COVID», Le slogan pour cette deuxième phase devra-t-il être «tous contre tous». Le gouvernement Legault-Arruda tout à sa solidarité semble surtout chercher à convaincre les Québécois de se méfier les uns des autres le slogan de cette deuxième phase devra-t-il être «tous contre tous», contre les jeunes d'abord et contre les malheureux qui habitent dans les zones jaunes et peut-être demain dans ces zones devenues rouges, ces derniers devront-ils porter éventuellement un carré rouge ou une rouelle rouge, afin de les identifier et d'éviter tous contacts avec eux. Dernière tentation écartée pour l'instant, semble-t-il, celles d'intervenir dans les résidences ou se tiendraient ces fameux «partys privés» foyers de propagation de le COVID-19. Idée abandonnée non par principe, mais parce qu'elle serait difficile à mettre en oeuvre. Cette idée viole clairement un principe clairement établi en common law; principe résumé dans les cours de droit par la laconique phrase voulant que pour an Englishman's home is is castle.
 

 
 
Principe repris dans la charte québécoise des droits et liberté qui elle veut à que: article 7 La demeure est inviolable. et 
article 8 Nul ne peut pénétrer chez autrui ni y prendre quoi que ce soit sans son consentement exprès ou tacite.
Abandonnant pour l'instant cette idée dangereuse pour un droit fondamental, le gouvernement Legault-Arruda a plutôt choisi de viser bars et restaurants, préférant annoncer par la bouche de Geneviève Guilbault, ministre de la Sécurité publique, une opération de surveillance d'envergure (le ministre a parlé d'opération «massive») pour le samedi 19 septembre, un millier d'entre eux feront en effet l'objet de cette surveillance exceptionnelle. 
Tout à son obsession pandémique, le gouvernement québécois en est maintenant rendu à une curieuse forme de «solidarité policière». Il finira par donner raison aux anti-masques les plus exaltés qui depuis des semaines évoquent une «dictature sanitaire».

Sunday, August 16, 2020

Écrit dans le ciel


«Après plusieurs semaines de négociations , Québec et Ottawa se sont finalement entendus sur les critères qui permettraient à certains «anges gardiens» d'obtenir cette passerelle vers la résidence permanente. De passage à Montréal, vendredi , le ministre fédéral de l'Immigration, des réfugiés et le la Citoyenneté, Marco E.L. Mendicino , a dévoilé les détails de ce programme temporaire qu'il a qualifié «d'historique»» (Demandeurs d'asile: Ottawa régularisera le statut des anges gardiens, La Presse, 14 août).  La nouvelle ne surprend pas, ce qui étonne, est qu'il ait fallu des négociations tellement une entente sur cette question va dans le sens des intérêts des deux gouvernements; Québec y gagne quelques «anges gardiens» (dans l'attente de la «deuxième vague de COVID-19») et Ottawa a l'occasion d'accueillir quelque miséreux de plus et démontrer à la face du monde son ouverture et sa générosité.  Deuxième motif d'étonnement, il aura fallu beaucoup de temps (j'ai traité du sujet en mai dernier, voir ce blogue «Du front tout le tour de la tête», 9 mai) pour s'entendre alors qu'il apparaît assez évident que les deux gouvernements étaient essentiellement sur la même longueur.  Pourquoi fermer le chemin Roxham si c'est pour ouvrir ailleurs la porte (il faut lire les critères d'admissibilité au programme, notons que l'un de ces critères est d'avoir travaillé dans une profession désignée, voir plus bas pendant au moins 120 heures entre le 13 mars et le 14 août 2020).  Preuve que nous avons sous les yeux un programme gouvernemental: «Les professions visées dans le cadre de ce programme sont les préposés aux bénéficiaires, les infirmières, les aides-infirmières, les aides-soignants, les aides de maintien à domicile et les superviseurs de soins infirmiers. La plupart d'entre eux vivent au Québec, mais le ministre Mendicino était incapable e chiffrer à l'heure actuelle, le nombre de personnes qui pourraient bénéficier de ce programme.» Merci M. Mendicino pour cette «incapacité à chiffrer» le nombre de personnes qui pourraient bénéficier ce programme, merci aussi pour ce programme «temporaire», en souhaitant, sans y croire, que le séjour chez nous des bénéficiaires de ce programme soit lui aussi «temporaire». le principe même du contrôle des  frontières du Canada est de toute évidence une idée honnie dans «le pluss meilleur du monde»par les sous-fifres de Justin Trudeau, sans compter que cette régularisation s'effectue dans le plus total mépris de ceux qui ont suivi la filée légale. Vivement des frontières québécoises encore qu'avec un Nadine Girault, nous ne gagnerions probablement pas au change, échangeant quatre trente sous pour une gourde. Le point final toute cette histoire nous est fourni par le député solidaire Andrés Fontecilla:»Le député solidaire de Laurier-Dorion, Andrés Fontecilla, trouve profondément injuste que seulement les préposés aux bénéficiaires ou infirmiers aient été ciblés. M. Fontecilla a notamment mentionné les gardiens de sécurité et les préposés à l'entretien ménager dans les hôpitaux, ainsi que les travailleurs agricoles (nous voilà bien loin des CHSLD, NDA).[...]»
 
 
 
Le groupe Solidarité sans frontières a également dénoncé vendredi les critères restrictifs du programme. «Dans cette période de pandémie mondiale, nous voyons une nouvelle opportunité de mettre en place un programme de régularisation complet pour tout le monde , quel que soit leur pays de naissance, la couleur de leur peau, leur religion, leur sexe, leur âge, leur passé juridique, sans aucune exception, et avec un plein respect de la réunification des familles » a déclaré Francis Simard, l'un des membres de l'organisation.» M. Fontecilla s'en est d'ailleurs pris au gouvernement Legault, qui selon les informations de Radio- Canada, aurait milité pour que le programme soit beaucoup plus restrictif. Selon le diffuseur public, le gouvernement fédéral envisageait au départ un programme plus large, mais il a dû revoir ses plans car Québec s'y opposait. «Ou est l'intérêt de restreindre l'accès à la résidence permanente pour ce gens là ? Ces gens contribuent de façon aussi fondamentale a l'économie canadienne » a-t-il soutenu.» (QS veut régulariser le statut de tous les travailleurs essentiels migrants , LaPresse, 15 août ).  Andrés Fontecilla est parfait dans le rôle du traître de service tout en excellant dans celui de faire-valoir de Solidarité sans frontières, le programme de l'un et de l'autre est simple, faire du Québec une auberge ouverte à touts vents.  La déclaration de Fontecilla sur la «contribution fondamentale de ces gens à l'économie canadienne» ne peut que conforter dans leur opinion ceux qui doutent de la ferveur nationaliste de Québec solidaire et sa volonté de défendre l'identité québécoise.  

Thursday, July 16, 2020

Sous nos yeux... en direct


Se trouvera-t-il un journaliste ou un essayiste pour étudier cet inquiétant phénomène d'une population abdiquant sa liberté avec une telle rapidité, nous parlons de quelques semaines. Les Québécois ont accepté le confinement, ils subiront maintenant le port obligatoire du masque et les rares récalcitrants rentreront rapidement dans le rang. François Legault annonçant des amendes pour ceux qui ne porteraient pas le masque dans les lieux intérieurs fermés, déléguant aux commerçants la responsabilité de faire respecter cette consigne avec conseil de faire appel aux policiers si les récalcitrants ne veulent pas entendre raison. Des récalcitrants déjà jugés et condamnés avant même que la mesure ne soit promulguée. Pour une Denise Bombardier , ces récalcitrants ne peuvent être que des écervelés, Josée Legault les considèrent comme des irresponsables.  Le port obligatoire du masque n'est qu'une première étape, nous voyons déjà apparaître à l'horizon, le traçage électronique et cette curieuse proposition de noter les noms et nos de téléphones des clients de bars, après avoir significativement réduit les heures d'ouverture de ces derniers, afin de retracer éventuellement les victimes ayant pu être en contact avec des porteurs du virus et de disposer ainsi d'un registre de victimes potentielles, mais surtout de «covidiots» s'étant laissés tentés par un dernier verre.  Le contrôle est une drogue puissante, ceux qui y sont accro au contrôle n'abandonnerons pas ce contrôle facilement et il nous faudra probablement des semaines sans un nouveau cas de contamination avant de respirer , sans compter que dans l'éventuelle ère après-Covid, il suffira probablement de l'avis d'un médecin ou d'un épidémiologiste, un seul ou une seule suffira,   pour relancer la machine des contrôles ,dans ce rôle,  j'imagine sans peine un Amir Khadir ou son épouse Nina Mâchouf lever la main pour raviver la menace d'une nouvelle vague de COVID-19, -20 ou -21 ou simplement évoquer une sixième ou septième vague.. 
 
 
 
Cet assujettissement aux règles est attristant, ce n'est pas en se soumettant ainsi aux consignes de la Santé publique que nous vivrons libres un jour; la crise de la Covid-19 risquant en effet de se prolonger au gré des humeurs des médecins et des épidémiologistes invités à se prononcer ne peuvent fournir de date et nous retournent à la découverte et à la mise en marché d'un vaccin, perspective qui n'a rien pour rassurer car il n'y a même pas à l'heure actuelle de vaccin vraiment efficace contre l'influenza commune et annuelle. Faire ainsi confiance au Big Pharma, c'est faire un acte de foi et espérer qu'une juteuse affaire commerciale soit une source de motivation pour ce Big Pharma. Nul besoin d'être complotiste ou conspirationniste pour s'inquiéter devant nos libertés qui s'effilochent.

Wednesday, May 20, 2020

Le politique sur pause



Au nombre des victimes de la Covid-19, il faudra compter le politique, pas la politique qui reprendra bien assez vite ses droits, mais le politique, de quoi voulons nous parler en semblant ainsi opposer le politique et la politique, Le sociologue et philosophe français, Julien Freund (très inspiré par le juriste allemand Carl Schmitt) en a donné une définition classique dans son maître livre L'Essence du politique(1965):«Elle est l'activité sociale qui se propose d'assurer par la force, généralement fondée sur le droit, la sécurité extérieure et la concorde intérieure d'une unité politiques particulière en garantissant l'ordre au milieu de luttes qui naissent de la diversité de la divergence des opinions et des intérêts.» Définition que certains ont synthétisé dans la formule «Le politique, c'est désigner l'ennemi».Ici, il n'était pas nécessaire désigner l'ennemi, il se désignait suffisamment lui-même. A contrario, la politique relève plus de la gestion administrative, proche du management d'une grande entreprise avec des stratégies comme les stratégies électorales avec sa conquêtes de part de marchés et la gestion des différents ministères qui peuvent apparaître comme autant de services. Ceux qui parlent de «faire de la politique» parlent généralement de cet aspect du politique. La politique et sa quincaillerie, c'est la cuisine du politique! En défense de François Legault, il faut dire que cette définition est utilisable pour les  États souverains,  elle n'est pas nécessairement opérationnelle pour les États fédérés.
 
 
 
Les conférences de presse quotidiennes de François Legault et Justin  Trudeau auront servi de rubrique nécrologique au politique. Mise sur pause assez évidente à Québec ou le véritable maître du jeu de ces conférences de presses quotidiennes a été le directeur de la Santé publique du Québec, le docteur Horacio Arruda, il ne nous apparaît pas exagéré de dire que François Legault a semblé à la remorque du bon docteur tout au long de ces journées. À Ottawa, probablement peu désireux de partager les feux de la rampe avec quelqu'un d'autre, Justin Trudeau n'a pas voulu partager le lutrin avec la peu charismatique et contestée Theresa Tam. L'abdication de Justin s'est effectuée plus discrètement, il a abdiqué en plaçant à chaque fois ses initiatives sous le signe de la «science». La cité en crise était en droit d'attendre plus de ces dirigeants. Les présences répétées de l'un et de l'autre ne doivent pas faire illusion. Motif supplémentaire de conclure a cette pause du politique. Gardons en mémoire que les décisions de François Legault et Justin Trudeau se sont prises sans débats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des communes. Cette discrétion du politique a été constaté par d'autres: « Des données compilées par Le Devoir à partir des transcriptions du rendez-vous de 13h montrent ainsi clairement que plus la crise dure, moins M Arruda prend de place par rapport au Premier ministre Legault ou à la ministre de la Santé, Danielle McCann. «En filigrane, les données permettent de voir que la crise s'est déplacée, et que le politique a pris le pas sur la santé publique. «C'est sûr que le débat a dévié», reconnaît d'ailleurs une source dans l'entourage proche du premier ministre Legault, qui a demandé de rester anonyme pour pouvoir parler plus librement.»(L'effacement d'Horacio Arruda, Le Devoir, 29 avril Explication de l'entourage de François Legault, l'importance du rôle joué par le docteur Arruda s'expliquerait par le fait que les sujets dominants étaient le confinement, les problèmes de pénurie de personnel et d'équipement, puis dans les semaines suivantes les problèmes des CHSLD. Nous sommes maintenant confrontés aux problèmes du déconfinement et du redémarrage l'économie , mais surtout de la société québécoise. François Legault devrait reprendre la main et nous voyons surtout Pierre Fitzgibbon refaire surface. Retour «à la normale» n'est pas pour demain, après la science, place à l'économie. Bientôt la politique reprendra ses droits.

Thursday, April 16, 2020

Son pire ennemi


François Legault serait-il son pire ennemi?  Celui qui s'est imposé comme une figure rassurante au cours des premiers jours de la crise du Covid-19 a-t-il atteint ses limites? Ces apparitions quotidiennes ont-elles pressées le citron? Ce rythme est-il excessif.? J'en veux pour preuve  le recours à un langage belliqueux, nous sommes en guerre contre le virus et nous dépendons des intervenants de première ligne qui sont au front pour nous. En respectant les directives, nous «sauvons des vies», cette réthorique guerrière est-elle nécessaire? non que je recommande de négliger les sages recommandations du docteur Arruda et de la Santé publique, que serait d'ailleurs François Legault dans cette crise sans la présence d'Horacio Arruda? Prenons acte de l'efficacité de ce haut fonctionnaire dont le nom demeurera dans les mémoires bien après que celui de Danielle MacCann ne soit lui oublié. 



Pourquoi tenir un point de presse quotidien lorsque ledit point de presse sert fondamentalement à nous informer du nombre de décès depuis la veille? Pourquoi ne pas nous avoir plutôt à chaque jour donné le nombre des décès et le pourcentage des décès sur l'ensemble de la population québécoise. L'effet sur les auditeurs aurait été moins spectaculaire, mais justement nous nous serions peut-être convaincus que la mise sur «Pause» du Québec ne s'imposait pas. L'idée que François Legault est peut-être son pire ennemi a pris forme lorsqu'il a affirmé répondant à la demande d'une fillette de 7 ans que la fée des dents était un service essentiel, volonté de faire familier et «humain» Les déclarations insensées se sont multipliées depuis, dernière manifestation en date de ces dérapages. L'appel aux médecins et personnes disposant d'une formation médicale à offrir leurs services dans les CHSLD «manquant de bras»et d'organisation surtout, étonne, si jamais les médecins devaient répondre en nombre à cet appel à notre grande surprise, ne devrions nous pas croire  qu'ils seraient plus utiles ailleurs. Pourquoi d'ailleurs limiter l'appel, j'ai en poche la carte d'un vieux cours de premiers soins, ne devrai-je pas me porter volontaire pour cette Totale Krieg à la Covid-19? À ranger au chapitre des faux-pas, cette intention de réouvrir rapidement les écoles? À ranger au chapitre du gaspillage de salive les déclarations sur la possibilité de faire appel à l'armée pour remplacer les «bras manquants» dans les CHSLD. Ces «bras militaires»  seront bien assez vite requis pour les inondations printanières.
Legault devrait peut-être quitter l'avant-scène avec un dernier point de presse dans lequel, il nous dirait, que les mesures de confinement et la discipline manifestée par les Québécois nous ont permis d'"aplanir la courbe", je vous laisse entre les mains d'Horacio Arruda et de Danielle McCann, nous nous retrouverons à l'antenne pour un événement important, pour l'heure , je me retire pour préparer le déconfinement. Il est temps que François Legault se souvienne que la parole est d'argent, mais que le silence est d'or.

Monday, April 6, 2020

Double discours



Aucun d'entre nous ne sait combien de temps durera la crise du Covid-19. Elle se sera révélée révélatrice sur les sociétés occidentales. Elle aura marqué le retour en grâce de la nation et des frontières. La société québécoise nous sera aussi mieux connue au terme de cette crise.
Les Québécois se sont comportés en citoyens responsables  en respectant les consignes de la «Trinité sanitaire» en s'astreignant à la distanciation sociale et aux règles d'hygiène de base (lavage de mains, tousser ou éternuer dans son coude, etc.). La présence de quelques récalcitrants fait tache dans ce bel ensemble québécois. 



La classe politique et certains journalistes et chroniqueurs saluent la solidarité dont nous ferions montre. Les mêmes s'insurgeant contre les récalcitrants et les attroupements appellent à des mesures policières plus musclées et et la dénonciation de ces récalcitrants et des acteurs des rassemblements (Richard Martineau, Confinons les cons finis, Journal de Montréal, 4 avril; Denise Bombardier, Tolérance en période de pandémie, Journal de Montréal, 4 avril: Mathieu Bock-Côté, Les délinquants de la Covid-19, Journal de Montréal, 4 avril). Quelle est la valeur d'une solidarité qui repose en dernier ressort sur la délation et les dénonciations. Ceux qui nous chantent les vertus de la solidarité et dans la même phrase nous invitent à dénoncer récalcitrants et voisins un peu prompts à se réunir à plus que 10 ou 20, tiennent un détestable double discours.

Tuesday, March 31, 2020

Après


Visiblement secoués par l'irruption de la Covid-19 dans nos vies, il s'en trouve déjà pour poser la question du retour à la normale, une question en ce sens a été posée aujourd'hui (29 mars) à François Legault lors de son point de presse quotidien. Question sur le fait de savoir si le retour à la normale s'effectuerait progressivement, comme la «fermeture» du Québec s'est elle-même effectuée progressivement. Oublié l'horizon de 6 mois. il semble qu'il y ait un peu de Donald Trump chez certains Québécois, soucieux eux aussi de «relancer la machine». Il y en a pour croire que la Covid-19 aura changé quelque chose dans nos vies.

Je suis d'un avis contraire, n'ayant pas senti de crise spirituelle chez nos contemporains , peut-être connaîtrons-nous des moments difficiles au plan économique. Mais pour l'heure rien de spécial. La fin de la crise de la Covid-19 se traduira, selon moi par un très prosaïque retour à la normale, un business as usual en fait. Le premier week end du retour à la normale verra probablement les stationnements des centres commerciaux  débordés, les gens seront heureux de reprendre leurs habitudes de consommation encouragés en cela par des politiciens et des économistes voulant accélérer la reprise économique, les consommateurs retrouvant leurs habitudes seront considérés comme des citoyens modèles obéissant aux pavloviennes injonctions de consommer toutes affaires cessantes et si possible, de consommer beaucoup pour le mieux-être de l'économie. La consommation deviendra un devoir patriotique. Oubliée la distanciation sociale , nous serons plutôt invités à nous agglomérer autour des aubaines et des «spéciaux», surtout qu'un rapide retour à la normale pourrait survenir en pleine période de Noël. 



Business as usual aussi, le retour prévisible à la petite politique, la sortie récente d'Andrés Fontecilla ( voir sur ce blogue l'État croupion 
d'Andrès Fontecilla, 27 mars) en est une démonstration, d'autant plus que les deux autres grands partis québécois voudront se rappeler au souvenir des électeurs québécois après des mois d'indifférence et de difficile recherche de nouveaux chefs comme si de rien n'était (les courses à la direction deux partis sont d'ailleurs suspendues). 
Il y a fort à craindre qu'en dépit des problèmes soulevés par la production en Chine des masques chirurgicaux et de médicaments, les délocalisations ne reprennent, besoin de produire rapidement et à faible coût pour des marchés assoiffés de biens après des semaines de confinement et de quarantaine. 
Malgré les touristes «coincés» aux quatre coins du monde et le fait que ces gitans modernes n'aient été considéré avec méfiance à leur retour à la maison, snowbirds un jour, snowbirds toujours le tourisme de masse va reprendre, nous la Floride, Cuba ou la République Dominicaine. Oubliez le pacte de transition, les compagnies aériennes clouées au sol depuis le début de la crise vont probablement se disputer la clientèle des Phileas Fogg modernes désireux de se rendre sous les cieux du Pérou. d'Haïti, de l'Inde, de la Tunisie et du Maroc. Ils feront concurrence aux croisiéristes de ce monde. Peut-être conserverons-nous les contrôles aux aéroports et certains employeurs demeureront ouverts à l'idée du télétravail. 
Plus près de nous, il faut prévoir que producteurs et distributeurs de films voudront reprendre le temps perdu et mettre à l'affiche les films dont la sortie a été reportée par la crise, pensons ici à Mulan chez Disney et à No time to Die, le plus récent James Bond. Que restera-t-il du Covid-19, un mauvais souvenir, même pas, quelques lignes dans les livres d'histoire, comme les manuels d'histoire consacrent quelques lignes au scorbut des débuts de la colonie et à la grippe espagnole.

Monday, March 30, 2020

GBS


C'est une mesure dictée par le Gros Bon Sens et non comme certains esprits pourraient le penser par une quelconquevolonté de retourner à une quelconque volonté de retourner à la « Grande Noirceur". «Pour donner un coup de main aux employés qui sont au front en cette période de pandémie, M. Legault a annoncé la fermeture des commerces le dimanche, pour tout le mois d'avril. «Tous les commerces vont devoir fermer, sauf les stations-service, les dépanneurs, les pharmacies et les commandes à emporter dans les restaurants» a-t-il énuméré» (Coronavirus: 3430 cas confirmés au Québec, la moitié des cas au Canada, LeDevoir, 30 mars). Initiative dictée par le bon sens et une louable volonté de ménager la santé des gens oeuvrant dans le secteur tertiaire. Ne devrions-nous pas nous demander s'il n'y a pas lieu de poursuivre l'initiative au-delà du mois d'avril et rendre la mesure permanente. 
 
 
 
Le Québec d'avant 1992 vivait et fonctionnait (la date d'adoption de l'ouverture des commerces le dimanche par le libéral Gérard Tremblay) Avons-nous vraiment besoin de commerces ouverts sept jours par semaine, avons-nous vraiment besoin d'une société constamment sous tension économique. Est-il absolument pour qu'une société fonctionne bien qu'il faille qu'il soit possible de s'y procurer un gallon de peinture ou des croquettes pour chien le dimanche. Un jour de repos en commun et, éventuellement en famille, est-ce trop espérer du législateur? Une journée aussi de pause pour portes monnaie et portefeuilles aussi. Une société n'est pas uniquement un bazar ouvert pour satisfaire les attentes des uns et des autres, fussent-elles déraisonnables. Tous qui se gargarisent avec l'expression «temps de qualité» devraient être d'accord avec cette possibilité de se reposer, de se détendre ou, pourquoi pas, de se cultiver, Librairies, cinémas et salles de théâtres, églises et chapelles devraient être ajoutés à la liste proposée par François Legault. L'empressement  avec lequel certains se sont précipités dans les épiceries pour y acheter du papier hygiénique montre bien que nos contemporains sont parfaitement capables de constituer des réserves lorsqu'ils le jugent nécessaire, ils sont capables de survivre à un dimanche sans épicerie.

Friday, March 27, 2020

L'État croupion d'Andrés Fontecilla




«Le ministère de la Santé et des Service Sociaux a ignoré les appels à collaboration d'un regroupement de 130 organismes d'aide aux immigrants qui lui offrait ses services dans la crise de la Covid-19. a appris le Devoir. L'Alliance des communautés culturelles pour l'égalité dans la santé et les Services Sociaux (ACCESSS) (admirons au passage cet acronyme anglophone) tirait la sonnette d'alarme depuis la fin janvier au cabinet de la ministre de la Santé, Danielle McCann, qui n'a pas donné suite à cet appel pendant tout ce temps. «On vit aujourd'hui la même chose que pendant l'épidémie de H1N1» a déploré Jérôme di Giovanni, le directeur général d'ACCESS. Il constate qu'à l'heure actuelle , l'information ne se rend pas partout dans le communautés culturelles , car beaucoup de gens ne parlent ni français ni anglais et n'écopent pas le médias nationaux Le gouvernement dit que les mesures de la Santé publique incluent tout le monde , mais il ne développe pas une stratégie avec des organismes communautaires sur le terrain.
 Le député de Québec solidaire et critique de son parti en matière d'immigration, Andrés Fontecilla se dit attristé que dans tout le brouhaha entourant la crise, le gouvernement semble avoir «oublié les gens des communautés culturelles» on sait que le ministère de la Santé est excessivement occupé et sous tension, mais on semble avoir laissé passer ce secteur a-t-il déclaré au Devoir. Selon lui, il est plus que temps pour le ministère de s'adjoindre les forces des organismes du milieu dans le combat contre le virus et lui suggère carrément déléguer une certaine partie de ses communications à ACCESSS.»



Andrès Fontecilla se rend-t-il compte de la gravité de son insinuation (en affirmant que le gouvernement à «oublié» les immigrants) ne laisse-t-il pas sous-entendre que le gouvernement Legault pourrait être ultimement responsable de décès chez certaines communautés immigrantes. François Legault, Danielle McCann et Horacio Arruda tiennent un point de presse par jour et répondent aux questions des journalistes autant en français qu'en anglais. Ils ne sont pas responsables du fait que les immigrants ne parlent ni anglais ni français. Leur faudraient-ils comme ACCESSS tenir ce point de presse en 24 langues (dont les principales langues européennes incluant le croate bosniaque - mais aussi en Arabe, en Turc, en Urdu, en Bengali, en Tamoul, en chinois) comme le propose le site d'ACCESSS quitte à perdre francophones et anglophones qui constituent encore la majorité de la population québécoise et à endormir les représentants des médias nationaux. 
S'il était au pouvoir, comment Andrés Fontecilla recevrait-il cette demande de «déléguer une certaine partie de ses communications à ACCESSS»?  Curieux sens de l'État que cette intention d'abdiquer une parti des responsabilités de l'état à un lobby qui ne sera jamais imputable à la population québécoise, à moins que l'objectif ultime d'Andrés Fontecilla ne soit justement d'intégrer ACCESSS à l'appareil d'État québécois, transformant le groupe de pression en cheval de Troie immigrationniste au sein du ministère de l'Immigration, de la Diversité et de l'Intégration. Y a-t-il d'autres responsabilités de l'État que québécois que Québec Solidaire entend ainsi «déléguer» à des lobbies minoritaires. Que restera-t-il de l'État québécois après les «délégations» d'Andrés Fontecilla? Le député de Laurier-Dorion est prétendument souverainiste comme son parti, c'est un État bien diminué qu'il nous annonce, l'idéologie avant la patrie. Non merci M. Fontecilla! 

Monday, March 23, 2020

Distanciation politique demandée


Alors que les Québécois, nécessité faisant loi, s'habituent à l'idée et à la pratique de la distanciation sociale, faut-il réfléchir à l'idée de songer à la mise en oeuvre d'une distanciation politique. Pourquoi envisager une telle idée?



Parce que certains ont une compréhension assez originale des consignes du gouvernement sur les mesures à prendre afin de contrer la propagation du Covid-19. «Malgré l'appel du premier ministre de fermer tous les lieux de culte, certaines communautés religieuses tardent toujours à mettre en application sa directive. Alors que plusieurs synagogues orthodoxes montréalaises ont fermé leurs portes mercredi soir «pour la première fois de leur histoire», certaines mosquées accueillaient toujours les fidèles musulmans jeudi.» (Lieux de culte: Legault rappelle sa directive, La Presse, 20 mars).  Prétextant que les mosquées «restent ouvertes parce qu'elles ont aussi»d'autres fonctions»» . Le chapitre de l'État islamique et des voyages en Syrie et en Irak étant clos, nous supposons que toutes ses «autres fonctions » sont légales et légitimes. Personnellement, je crois que les mosquées peuvent demeurer ouvertes et qu'il n'y a pas lieu d'insister sur la distanciation sociale chez les musulmans ou chez les Juifs orthodoxes.  La crise du Covid-19 nos permet de faire de curieuses et intéressantes découvertes: »Le cabinet du premier ministre a indiqué avoir travaillé avec «certains députés du Parti libéral du Québec » pour entrer en contact avec les leaders des communautés ces derniers jours.» Pourquoi avoir recours au service d'élus du Parti libéral du Québec pour entrer en contact avec les responsables de ces communautés. Coupé de la communauté francophone, ce parti qui fut désormais un grand parti (qu'il suffise de se souvenir du « Maître chez nous» de Jean Lesage) le Parti Libéral du Québec est-il  aujourd'hui réduit à jouer les entremetteurs entre le gouvernement et les communautés musulmane et juive orthodoxe. Comme si les organismes pouvant prétendre représenter ces communautés n'existaient pas dans les registres du ministère de l'Immigration, de la Francisation et de l'Intégration et dans les bureaux de circonscription des députés sollicitant des subventions pour ces communautés. Après les appels répétés à la distanciation sociale lancés par François Legault et Horacio Arruda, pouvons-nous à notre tour lancer un appel à la distanciation politique entre le gouvernement du Québec et les communautés plus haut mentionnées.