«(Washington) Confrontés à des inquiétudes croissantes sur les dangers de l’intelligence artificielle, les grands patrons secteur ont adopté lundi un code de bonne conduite sur la base du volontariat, sous l’oeil satisfait de Donald Trump, hostile à toute régulation contraignante. Le président américain a ensuite publié sur son réseau Truth Social cette charte, qui tient en une page et comporte cette précision:«Avec le temps, il peut être pertinent de codifier ces étapes sous forme de lois et de régulations.» Après une réunion à la Maison-Blanche , le milliardaire de 80 ans a annoncé devant la presse l’adoption de principes «contraignants sur le plan moral», avec autour de lui une concentration inouïe de pouvoir technologique et économique, «C’est presque comme une Constitution», at-il déclaré, ajoutant avoir lui aussi signé le texte.
Elon Musk (Tesla, X, Grok, Space X), mais aussi Dario Amodei (Anthropic), Sundar Pichai (Google), Mark Zukenberg (Meta) ou Jensen Huang (Nvidia)se sont succédé devant les caméras.[…] Selon le texte publié par Donald Trump, les entreprises s’engagent à mettre en place «quatre niveaux» de contrôle.(Les patrons de l’IA promettent de s’autoréguler, La Presse, 28 septembre). Cette réunion de «patrons» de l’IA à la Maison Blanche n‘a rien de rassurant, elle donne l’impression d’être devant une réunion de loups dans une bergerie. L’autre impression que laisse cette charte non contraignante est surtout celle d’un document donnant aux entrepreneurs mentionnés plus haut la possibilité de jouer à leur aise aux apprentis sorciers avec leur nouveau jouet.
A l’inconscience du président Donald Trump, on préférera la sapience du pape Léon XIV.
«(Cité du Vatican)
Le pape Léon XIV a de nouveau mis en garde mercredi contre la tentation de déléguer aux algorithmes des décisions qui relèvent de la seule responsabilité humaine, dans un contexte d’inquiétude croissante autour des dérives de l’intelligence artificielle (IA). L’inquiétude autour de l’IA est montée en puissance ces dernières semaines, en raison de plusieurs incidents de sécurité et de la propension nouvelle des modèles d’intelligence artificielle à s’améliorer seuls, sans intervention humaine. Le débat porte aujourd’hui sur la capacité du secteur à s’autoréguler. Dans son premier document majeur, l’encyclique «Magifica Humanitas»(Humanité magnifique), publiée en mai, le chef de l’Église catholique avait lancé un puissant appel à «désarmer» l’IA pour «l’empêcher de dominer l’humain». Le Saint-Siège a également multiplié ces derniers mois les interventions et initiatives en faveur d’une gouvernance internationale de l’IA fondée sur la dignité humaine, notamment dans les domaines du nucléaire, de la culture et de la création artistique.» (Le pape met en garde contre une dépendance croissante aux algorithmes. La Presse, 16 septembre). Entre la «super intelligence»de Donald Trump et l’«Humanité magnifique» de Léon XIV, il n‘y a pas à hésiter longtemps, comptez moi dans le camp de l’«homme en blanc».

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