La généralisation du Bonjour-Hi dans les commerces de détail du Grand Montréal a fait couler beaucoup d’encre, il y a quelques mois. Il ne s’agissait cependant que d’une agitation de surface, masquant une réalité plus inquiétante. «Du boulevard des Laurentides au boulevard Taschereau, en passant par le Quartier latin, les inspecteurs de l’Office québécois de la langue française (OQLF) ont visité près de 1000 commerces du Grand Montréal l’an dernier et ont constaté qu’environ le quart ne se conforment pas aux dispositions de la Charte de la langue française des leurs activités quotidiennes. Leur enquête montre un taux de conformité global de 77% , l’utilisation du français pour servir les clients étant l’élément le mieux respecté par les commerçants. Ce sont les commerces du boulevard Taschereau, sur la Rive-sud, qui présentent le taux de conformité le plus élevé (80%), suivis de ceux du Quartier latin de Montréal (76%). Le boulevard des Laurentides, à Laval, affiche le taux de conformité global le plus faible à 75%. Le choix des trois secteurs géographiques inspectés été motivés par leur forte densité commerciale et, dans e cas du Quartier latin, par des articles de presse faisant état de difficulté à se faire servir en français, précise François Laberge, porte-parole de l’Office québécois de la langue française. […] Enfin le français doit aussi être langue prédominante de l’affichage public, en particulier à l’extérieur , ainsi que dans leurs opérations de publicité , même si d’autres langues sont permises.[…]. Cette obligations inscrite dans la loi 96, qui a réformé la Charte de la langue française en 2022. Le gouvernement prévoyait trois ans après son entrée en vigueur donc en 2025 , le concept de «prédominance du français» dans l’affichage public ferait place à la notion de «nette prédominance»
Une démarche d’accompagnement (intertitre en gras dans le texte d’origine)
L’Office québécois de la langue française dispose d’une équipe de sept (7 NDA) inspecteurs et inspectrices, mène chaque année des opérations de ce type en variant les approches, ciblant parfois certains types d’activités, parfois zones géographiques, Pour cette raison , il est difficile d’effectuer des comparaisons sur la façon dont la situation évolue d’une année à l’autre, commente François Laberge. Les commerces qui ne respectent pas les obligations liées à la Charte de la langue française sont contactées par l’Office et se voit proposer un accompagnement. «Ça se fait vraiment dans une démarche d’accompagnement. Des plus de 93% des cas, les dossiers se règlent en collaboration et les correctifs nécessaires sont apportés », rapporte M. Laberge.» (Français: un commerce sur quatre inspecté pr l’OQLF non conforme dans le Grand Montréal, Radio-Canada, 1er mai). Quelle conclusion tirée de ce portrait de l’action de l’Office de la langue française? Premier constat, la défense de l’affichage en français est confié à sept (7 NDA) inspecteurs et inspectrices pour l’ensemble du territoire québécois. La Coalition avenir Québec (CAQ) est au pouvoir à Québec depuis 2018 et Jean-François Roberge, ministre de la Langue française depuis octobre 2022. À qui feront-ils croire qu’il n’ont pas trouvé le temps et les budgets pour augmenter de façon significative le nombres d’inspecteurs. Avant de se lancer dans de vastes projets de réforme de la Charte de la langue française ( assujettissement de la formation professionnelle et de l’éducation des adultes), mesure qui a toute les apparences d’une opération rattrapage, la CAQ et Jean-François Roberge pourraient dès maintenant, avant les élections à venir, décider d’augmenter le nombre des inspecteurs de l’OQLF (pas besoin d’une loi et du Parlement, il suffit pour ce faire d’une décision administrative.) Il pourrait aussi profiter de l’occasion pour revoir les mécanismes d’évaluation de l’application des dispositions de la charte de la langue française afin d’avoir un portrait aussi juste que possible de la situation du Français au Québec.
Souhaitons finalement que l’OQLF abandonne définitivement la «politique d’accompagnement» qui est actuellement la sienne, les contrevenants ne méritent pas d’être «accompagnés», ils méritent d’être sanctionnés. Des sanctions monétaires significatives, des amendes qui devraient passer du simple au double en cas de récidive. Viser le portefeuille des contrevenants plutôt que les accompagner leur fera peut-être entendre raison?






