La «manifestation «raciste» s’étant déroulée à Shawinigan au cours du week end nous a permis de constater l’inexcusable ignorance des chefs politiques québécois à l’égard de la nature du nationalisme canadien-français, puis québécois.
«Une manifestation dont les participants ont été aperçus tenant une banderole en faveur d’un «Québec blanc» en Mauricie est dénoncée par plusieurs politiciens(la banderole portait le slogan «Je me souviens d’un Québec blanc»). Le co-porte-parole de Québec solidaire, Sol Zanetti, a condamné «une manifestation haineuse, lâche et raciste». «L’identité québécoise serait bien superficielle si elle se résumait si elle était liée à la couleur de la peau. Le suprémacisme blanc n’a pas sa place au Québec» a-t-il écrit. Avec la première partie cette déclaration, Sol Zanetti nous donne la preuve qu’une montre arrêtée peut tout de même donner l’heure juste deux fois par jour. L’heure juste dans ce cas, c’est que l’identité québécoise ne saurait se résumer à la couleur de la peau. Les racines de l’identité québécoise sont bien plus diverses et complexes que la simple couleur de peau. Pour résumer l’identité québécoise avec pertinence: il faut parler de population d’origine européenne, de langue française, de religion catholique, de culture gréco-latine. Ajoutez à ce cocktail déjà riche , l’adaptation de nos ancêtres aux dures réalités du continent nord-américain et là, et là seulement, vous pouvez commencer à parler d’identité québécoise. Parler d’un «Québec blanc» apparait donc un peu court et singulièrement réducteur.
«Paul St-Pierre Plamondon a évoqué que les participants pourraient être liés aux «Active clubs», des groupuscules utilisant la mise en forme et les arts martiaux pour promouvoir le suprémacisme blanc.» («Je me souviens d’un Québec blanc»: Des élus dénoncent une manifestation raciste à Shawinigan, Journal de Montréal, 31mai)
Selon PSPP, l’inspiration derrière cette banderole profondément «réductrice» viendrait des États-Unis à travers ces « Active clubs». Pas besoin de cette «inspiration américaine» pour circonscrire et définir l‘identité canadienne-française puis québécoise. Jamais nos maîtres intellectuels (de Lionel Groulx à Maurice Séguin) ou politiques ( d’Honoré Mercier à René Lévesque) n’ont défini le Québec comme une société ou une communauté «blanche». Mais ils s’insurgeraient tous aujourd’hui à juste titre contre le tsunami démographique dont vous faisons actuellement les frais au nom de la«diversité» et l’«inclusion». Ils s’interrogeaient aussi sur toute cette agitation autour d’une banderole tenue par une vingtaine de personnes (Une manifestation suprémaciste à Shawinigan fait réagir, Radio-Canada, 30 mai), Manifestation raciste à Shawinigan: «Inacceptable», selon la première ministre, LCN Nouvelles, 1er juin, La SQ enquête sur une manifestation raciste à Shawinigan, Noovo Info, 1er juin ). Vingt personnes et une banderole, cela fait-il une manifestation? Question que devront trancher nos tribunaux.
Nul besoin d’attendre le verdict de nos tribunaux. Pour tirer certaines conclusions de toute cette histoire. Constatons d’abord, la belle unanimité de notre classe politique, La condamnation de la banderole «Je me souviens d’un Québec blanc», apparait comme la condamnation par cette classe politique du «Québec blanc». Même réprobation, même indignation, de Christine Fréchette («De tels propos sont inacceptables et n’ont pas leur place dans notre société. Ce n’est pas le Québec que vous sommes.») à Charles Milliard («Je condamne sans retenue ce rassemblement horrible. Honte à celles et ceux qui propagent ce message divisif qui ne représente en rien l’ouverture du peuple québécois.») en passant par Yves-François Blanchet ([La haine n’est pas bienvenue au Québec]) et le Parti conservateur du Québec («Le Parti conservateur condamne la manifestation tenue fin de semaine, à Shawinigan. Une telle intolérance n’a pas sa place au Québec») pour ne pas parler des sous-fifres caquistes comme Christopher Skeette et Ian Lafrenière. À la lecture de ses réactions «politiciennes», force est de conclure que s’il y a un«racisme systémique»au Québec, c’est un racisme «anti-blanc». Un racisme «anti-blanc»visant la majorité des Québécois encore «blancs», pour leur plus grand malheur. Je ne m’inquiète pas pour un banderole déployée dans un parc. mais je m’interroge sur l’état de santé d’une démocratie dirigée par un te aréopage de moutons de Panurge.






