Les nationalistes québécois qui se préparent à vivre un éventuel troisième référendum devraient s’intéresser, s’intéresser pour ne pas dire se passionner, pour ce qui se déroule actuellement en Alberta. Ce qui se déroule actuellement au pied des Rocheuses est une véritable «générale» de ce que nous pourrions être appelés à vivre dans quelques années.
Tout y est, il y a quelques jours: le gouvernement fédéral, par la bouche de Mark Carney, a annoncé vouloir s’immiscer dans la rédaction de la question que le gouvernement de Danielle Smith entend soumettre à la population albertaine. «Le gouvernement fédéral est en train de réviser la question référendaire que veut soumettre la première ministre de l’Alberta, Danielle Smith aux électeurs sa province en octobre, a confirmé le premier ministre Mark Carney. Cette révision est obligatoire en vertu de la Loi sur la clarté a tenu à souligner le premier ministre durant une conférence de presse à Ottawa visant à faire le point sur les mesures que son gouvernement a prises pour favoriser l construction de logement. Le libellé de la question dévoilé par la première Smith est loin d’être limpide et pourrait porter à confusion selon certains analystes. « L’Alberta doit-elle rester une province du Canada ou le gouvernement de l’Alberta doit-il entamer le processus prévu dans la Constitution canadienne pour tenir un référendum provincial contraignant sur la question de savoir si l’Alberta doit se séparer du Canada?» «La première ministre a proposé cette question, ainsi que d’autres questions connexes. Comme je l’ai dit précédemment, nous allons examiner la question et assumer nos responsabilités. Nous allons vérifier la conformité de cette question au sujet de la question, si je puis dire, sur la séparation avec la Loi sur la clarté. C’est ainsi que cela fonctionne. La question est posée, et nous devons assumer nos responsabilités» a affirmé M. Carney»(«Un bluff très dangereux», selon Mark Carney, La Presse, 25 mai). Il y a plus au programme de Mark Carney: « Je vais certainement faire campagne pour l‘unité canadienne», a-t-il lancé. Vendredi, il disait que le Canada était en «grande rénovation» et qu’il comptait favoriser l’adhésion au Canada en usant de ce qu’il appelle le «fédéralisme coopératif» (Référendum en Alberta: «Je vais certainement faire campagne» , dit Mark Carney, Journal de Montréal, 25 mai). Il n’y a pas à s’y tromper. Nous sommes bien devant une générale. Dans l’esprit de la chanson, le gouvernement fédérat vise le noir, mais c’est bien le blanc qu’il compte tuer.
Révision de la question (intuition personnelle: Je suis prêt prendre les paris à l’effet que la question québécoise devra inclure le mot séparation pour satisfaire Ottawa), visite annoncée du Premier ministre, évocation d’un «fédéralisme coopératif», aurons-nous droit dans cet esprit à un premier ministre s’engageant à «remettre son siège en jeu», comme en 1995.






