Thursday, May 7, 2026

Un crime, st’un crime bis

 


«Mais si la pensée corrompt le langage, le langage peut aussi corrompre la pensée»(George Orwell, extrait de 1984). Vous voulez vraiment transformer la société: un conseil, attaquez vous au langage. En vous attaquant au sens des mots, vous vous attaquer aussi à l’une des structures même de la société. Jouer avec le sens des mots est l’une des façons les plus efficaces de pervertir l’ordre social. 

J’écrivais, il y a quelques jours, sur ce blogue un texte dénonçant l’utilisation de terme «crime d’honneur»pour décrire ce qui était fondamentalement une tentative de meurtre. J’y dénonçais aussi l’irruption dans notre société d’une idée moyenâgeuse qui n’a pas sa place chez nous (voir ce blogue, Un crime s’tun crime, point à la ligne, 25 avril).C’est l’actualité qui encore une fois, nous offre une nouvelle illustration de cette tentative de jouer avec le sens des mots. Encore une fois, un fait divers. 

 


 

 

«Le collectif militant «Robin des ruelles» a revendiqué plusieurs vols à’étalage organisés jeudi soir à Montréal et dans la Capitale Nationale, ces derniers affirmaient avoir commis des «vols politiques» en l’honneur du 1er mai, Journée internationale des travailleuses et des travailleurs. Nous décrivant notamment quelles membres ‘un groupe déguisés en coureurs s’identifiant comme les «runners des ruelles» auraient «dévalisé» un Maxi sur la rue Beaubien […] »Ce 1er mai, qu’es-ce qu’on peut célébrer? On est de plus en plus nombreux à en arracher, on se retrouve à travailler toujours plus sans arriver à se loger et à se nourrir sans stresser à la fin du mois» affirme Frédéric Laflèche. «Pourquoi? La même raison toujours l’exploitation de notre travail parce que les grands propriétaire s’enrichissent sur notre dos par le vol de nos moyens de subsistance et l’exploitation de notre travail.»(Le collectif anticapitaliste «Robin des ruelles» revendique des vols à l‘étalage «politiques» pour le 1er mai», Journal de Montréal, 1er mai). De quoi s’agit-il précisément: «La boulangerie montréalaise Manie Clafoutis de la rue Saint-Denis à Montréal a tété la cible d’un vol collectif revendiqué par un groupe anonyme dénoncant son système de paiement automatisé. Un groupe d’une dizaine de personnes, visages dissimulés, derrière casquettes, lunettes cache-cols a fait irruption dans un établissement Mamie Clafoutis peu après l’ouverture, repartant les bras chargés de viennoiseries sans payer. L’action a été revendiquée par un collectif anticapitaliste qui dit avoir délibérément ciblé cette enseigne en raison de son système de magasins «automatisés». À l’occasion 1er mai, journée internationale des travailleurs et travailleuses. Ils dénoncent ce système Scan and Go et d’auto-paiement  proposé par l’entreprise en partenariat avec l’entreprise technologique Leav. […] Le propriétaire de l’établissement, Nicholas Deloumel peine reconnaître sa boulangerie dans le portrait que dressent les militants. «On est une petite PME, on fait travailler du monde, on utilise des produits québécois, on n’est pas Amazon», dit-il. Il y aurait une forte contradiction dans le geste posé et les revendications scandées.[…] »(Un groupe militant cambriole la boulangerie Mamie Clafoutis, Journal de Montréal, 1er mai)

Je ne puis faire mention de ces «vols politiques», sans m’empêcher penser au «crime d’honneur» cité plus haut.Il s’agit de nous imposer une novlangue qui se substituerait à la langue à laquelle nous sommes habitués, novlangue devant probablement précéder une novsociété banalisant aujourd’hui le vol à l’étalage et demain peut-être les cambriolages et les invasions de domicile. cette novlangue n’est dans les faits qu’un marxisme mal digéré. Parler de «vols politiques», le jour de Fête internationale des travailleuses et des travailleurs, c’est insulter des centaines de milliers d’honnêtes travailleurs québécois qui se font un devoir, sinon un honneur, de payer ce qu’ils achètent et pour qui un «vol politique » ne saurait être autre chose qu’un vol point à la ligne, un vol à l’étalage que le commerçant finira par nous faire payer afin de pallier à l’augmentation de ses coûts d’assurance.

 


 

 

«Vol politique», le crime, sans jeu de mots est signé, cette idée de «vol politique» a reçu un accueil favorable sur le site anarchiste Montréal contre information (nouvelles et analyses anarchistes et antiautoritaires) (voir, sur ce site, Nous avons pris aujourd’hui notre pain de ce jour: Refusons le ¨Pain-option de Mamie Clafoutis, 2 mai). Après ces «vols politiques», les responsables de ces «vols politiques» s’ils sont arrêtés un jour, ce dont je doute, réclameront-ils d’être traités en « prisonniers politiques », la boucle serait ainsi bouclée. 

J’écris plus haut que je doute que ces Robins des ruelles soient jamais arrêtés. Le Réseau de l’information (RDI) en mission afin de banaliser ces « vols politiques », se demande en effet si nous sommes devant une manifestation ou un crime. Réseau de l’information: 5 mai, 11h46, à l’émission d’Isabelle Richer sur les ondes de RDI, cette dernière recevait André Gélinas, policier à la retraite du SPVM et lui demandait si cette «action anticapitaliste» était «une manifestation ou un crime». La novlangue est à l’oeuvre: de «vol politique», nous passons à «manifestation», à la trappe l’idée même de crime. Je ne sais pourquoi, il me vient une envie folle de manifester dans une librairie ou, mieux, chez un concessionnaire automobile (J’ai à l’idée, une manifestation chez le concessionnaire Land Rover de mon quartier).

Wednesday, May 6, 2026

Good Riddance

 


Pourquoi, exceptionnellement, ce titre en anglais, pour que Mary Simon me comprenne bien. Bon débarras, Madame. Nous ne vous regretterons pas, nous n’avons aucune raison de vous regretter: votre seul titre de « gloire" étant votre incapacité à apprendre le français.

Non pas que celle qui vous remplacera suscite pour autant notre enthousiasme. Louise Arbour parle français, certes, mais c’est aussi une parfaite illustration d’une certaine classe caste internationale à la botte des États-Unis. L’un de ses titres de gloire serait d’avoir obtenu la condamnation de Slobodan Milosevitch pour crimes de guerre. Dans ce conflit,la vraie criminelle de guerre était Madeleine Albright, initiatrice des bombardements menés par l’OTAN contre la Serbie. À verser au dossier de Louise Arbour, son rôle dans la rédaction et l’adoption, en 2006, de la Déclaration de Montréal sur les droits humains des LBGT. Un dernier souhait enfin, Que Louise Arbour soit la dernière gouverneur générale que le Québec connaisse.

 


 

Saturday, May 2, 2026

Devin ou complotiste?

 



«Je pense que cela ressemble pas mal à une théorie du complot», a déploré mercredi le député de la région de Québec et ex-ministre Jean-Yves Duclos. «La politique la plus facile, c’est celle de diviser. Il faut absolument travailler autrement dans le contexte mondial dans lequel on vit. Il faut qu’on soit unis et que l’on travaille ensemble et éviter de polariser comme d’autres pays le font», a-t-il ajouté. Pour sa part, le ministre de l’Identité et de la Culture canadienne, Mark Miller a qualifié de «ridicules» les propos du chef péquiste. Le libéral réagissait aux déclarations de Paul saint-Pierre Plamondon qui a affirmé que le «frérisme» -une idéologie prônée par les Frères musulmans qui vise à islamiser les sociétés occidentales-est une réalité documentée dans plusieurs pays d’Europe», mais que la seule raison pourquoi on ne la documente pas au Canada, c’est que c’est l’agenda du gouvernement en place». «Je suis désolé, mais c’est ça», a soutenu le chef du Parti québécois qui a ajouté que le «Québec n’étant pas un pays est subordonné à des décisions et à un service de renseignements absolument pas orienté pour l’intérêt public à [son] avis». «La doctrine fédérale «qui est de fermer les yeux» et d’ouvrir les vannes de l’immigration. Le leader péquiste a précisé ses propos à l’égard d’Ottawa, mardi. «L’agenda, c’est le multiculturalisme et l’aveuglement devant l’ingérence étrangère» a-t-il expliqué. Selon lui, il y a matière à inquiétude sur le phénomène du «frérisme»: Ce serait surprenant qu’il n’y ait pas cette forme d’ingérences étrangère au Québec, alors qu’on est en train de la documenter de manière assez précise dans plusieurs pays européens.» Il montre du doigt «La doctrine fédérale» qui est «de fermer les yeux et d’ouvrir les vannes de l’immigration.» «C’est ce que Trudeau appelait le postnational. Le post national, c’est un peu l’effondrement de l’État national qui surveille ses intérêts, qui voit à une planification», a-il dit, ajoutant ne pas observer de changement avec l’arrivée de Mark Carney […] Il a tenu ses propos lors d’une assemblée publique [townhall] organisée par le Centre des relations juives et israéliennes, le 15 avril. Il répondait alors à une question de Léo Dupire, du groupe de droite Fier Québec, qui lui demandait de reconnaître «qu’il y avait un problème avec l’immigration musulmane de masse». M. Dupire relaie lui-même l’extrait sur les réseaux sociaux. Le leader souverainiste apporte rapidement des nuances à la question de son interlocuteur «je vise la paix sociale», affirme-t-il. M. St-Pierre Plamondon déplore ensuite «l’immigration incontrôlée» imposée par Ottawa et propose de revenir à l’immigration planifiée» (en gras dans le texte original).(Ottawa accuse le chef du PQ de propager «une théorie du complot», La Presse, 22 mars). (sur cette question, voir la chronique de Mathieu Bock-Côté, «Le frérisme au Canada? Ottawa lui facilite la vie», Journal de Montréal, 26 avril).

 


 

 

Pour moi, il est rassurant de savoir que le « potentiel» futur chef de gouvernement du Québec appréhende la question de l’immigration musulmane de masse au Québec dans une perspective plus globale que celle des François Legault et Jean-François Roberge limitant la question à celle de l’interdiction signes religieux extérieurs. Rassuré aussi de savoir que Paul Saint-Pierre Plamondon voit clairement dans le jeu du gouvernement fédéral et d’imbéciles heureux comme Jean-Yves Duclos et Mark Miller, qui se réveilleront un jour dhimmis, sans avoir compris ce qui s’est passé. 

Tuesday, April 28, 2026

Une hiérarchie intouchable!

 



La France s’est abstenue lors dune vote d’une résolution de l’ONU qui proclame la traite des esclaves africains comme le crime le plus grave contre l’humanité, car elle «refuse de créer une hiérarchisation entre les crimes contre l’humanité» , a déclaré vendredi à l’AFP son chef de la diplomatie[…]» Si nous nous sommes abstenus sur cette résolution, c’est parce que nous refusons de créer une hiérarchie entre les crimes contre l’humanité, de mettre en compétition les souffrances que ces abominations ces crimes continuent de provoquer aujourd’hui» a affirmé Jean-Noël  Barrot. La résolution adoptée fin mars par 123 voix pour 3 contre (États-Unis, Israël, Argentine) et 52 abstentions (dont le Royaume-Uni et les États membres de l’Union européenne), déclare «la traite des Africains réduits en esclavage et l’esclavage racialisé des Africains comme «les plus graves crimes contre l’humanité», condamnant «cette injustice la plus inhumaine et la plus grave commise contre l’humanité». ( Résolution de l’ONU sur l’esclavage: La France « refuse de créer une hiérarchie entre les crimes contre l’humanité, LCN Nouvelles, 24 avril).

 

 


 

En déclarant la traite négrière  et l’esclavage des Africains comme le plus grand crime contre l’humanité, l’ONU relègue surtout au second rang l’Holocauste. Relégation inacceptable, pour Israël et ses amis, c’est l’existence même de la Shoah qui a rendu possible la création de l’État d’Israël et excuse encore aujourd’hui les représailles israéliennes à Gazaet dans le sud-Liban.

Saturday, April 25, 2026

Un crime, st’un crime, point à la ligne!

 



Pour qui veut lire, la presse quotidienne nous fait régulièrement la démonstration des joies du »vivre ensemble»  dans une société multiculturelle. J’en veux pour preuve une information parue récemment dans le Journal de Montréal: l’article en question relate un fait divers survenu il y a quelques jours dans le quartier Sainte-Anne-de Bellevue à Montréal.

 


 

 

«L’attaque au marteau qui a failli coûter la vie à une femme musulmane de 27 ans au début de la semaine dans l’ouest de Montréal aurait été perpétré par son propre père, qui refusait son mariage à venir avec un homme de confession chrétienne. Il s’agirait d’un crime d’honneur ont révélé plusieurs sources policières. Le crime insensé a été commis mardi au petit matin dans une résidence familiale de la rue Vallée à Sainte-Anne-de-Bellevue. selon nos informations, une dispute aurait éclaté la veille entre le père, Medhat Darwish, et sa fille, qui est policière dans la région de Montréal, au sujet du mariage à venir de celle-ci. La jeune femme devait unir sa destinée en juin avec un homme de religion chrétienne, ce que désapprouvait fortement Medath Darwish.» (Crime d’honneur: il aurait tenté de tuer sa fille parce qu’il désapprouvait son mariage imminent, Journal de Montréal, 16 avril)


«Crime d’honneur», je n’ai rien à cirer de cette terminologie qui marque simplement l’irruption chez nous d’une conception du monde, sortie directement du Moyen âge. Ce n’est pas un «crime d’honneur», c’est un crime, point à la ligne, une tentative de meurtre préméditée. Une jeune femme a été grièvement blessée parce que son père adhérait encore à ces fumées moyenâgeuses. L’article ne précise pas la religion de Medath Darwish. Pourquoi? probablement pour ménager une religion qui contribue à la diversité du Canada et du Québec? Je me prend à penser que les racines de la religion de Medath Darwish ne se trouvent pas du côté de Jérusalem et de Rome. Medath Darwish est l’une de ces chances pour le Québec pour lequel dont nous ne remercierons jamais assez le gouvernement Trudeau.

Monday, April 20, 2026

La Diva

 



Le lancement de la nouvelle chanson de Céline Dion, Dansons, écrite par Jean-Jacques Goldman nous donne à nouveau l’occasion de constater l’efficacité du rouleau compresseur Céline Dion: un rouleau compresseur d’autant plus efficace que toute une faune journalistique qui se veut «culturelle», s’empresse de chanter les louanges de la Diva sans aucun esprit critique. Mme Dion n’a qu’à se laisser porter par cette vague. «Les Québécois ont évidemment avec elle un rapport privilégié: elle des leurs, disons même , elle est des nôtres, elle vient de notre peuple dans ce qu’il a de plus tricoté serré, avec ses familles nombreuses, son sens du clan et son désir parfois mégalomane de conquérir le monde. Mais ce désir, notamment grâce à René Angélil, Céline Dion l’a concrétisé. "Céline vient de Charlemagne, au Québec. elle n’a jamais perdu son lien vital avec ses origines, elle a même gardé l’accent québécois alors qu’ils sont trop nombreux vouloir s’en débarrasser , comme s’il était trop rustre, ce qu‘il n’est pas soit dit en passant […]»(Le retour de l’impératrice Céline, Journal de Montréal, 31 mars)

 


 

 

Je suis règle générale d’accord avec Mathieu Bock-Côté, pas cette fois pourtant. En choisissant d’annoncer son retour sur scène sur les réseaux sociaux d’abord en anglais, Céline Dion montre le chemin parcouru depuis Charlemagne. Nous ne sommes plus devant la «petite fille de Charlemagne», mais devant un pendant féminin d’Elvis Gratton. Comme lui, il faut conclure que pour Céline Dion, l’horizon se résume désormais à un Think big os**** à la Elvis Gratton. Comme lui, interrogée sur son identité, Céline Dion nous servirait peut-être le fameux monologue d’Elvis Gratton sur les ambiguïtés de l’identité québécoise. Ambiguïtés que Mme Dion semble avoir choisies de résoudre en optant pour le melting pot américain en s’installant à demeure à Las Vegas avec sa progéniture. Pour Céline Dion, ce n’est pas Sky is the limit!, pour elle désormais, Las Vegas is the limit.La «petite fille de Charlemagne n’existe plus, elle est devenue un élément visiblement satisfait d’un Jet-set nécessairement apatride: Le party avant la patrie!

Friday, April 17, 2026

Le choix de Christine

 


Christine Fréchette a du pain sur la planche. Elle doit s’assurer du ralliement de Bernard Drainville et de ses partisans. Elle doit aussi refaire l’unité de son parti et, semble-t-il, faire en sorte que les nationalistes qui sont à la CAQ demeurent dans le giron caquiste, certains pourraient être tentés de céder aux chants des sirènes péquistes (Désignée première ministre: Fréchette veut retenir les nationalistes la CAQ, Journal de Montréal, 13 avril, Après la victoire de Christine Fréchette, le PQ courtise les nationalistes de la CAQ, Le Devoir, 13 avril). Il lui faut de plus constituer son Conseil des ministres. À travers tout cela, il lui faudra encore trouver le temps de  revoir le programme de la Coalition avenir Québec (CAQ) en vue des élections générales d’octobre, un programme devant assurer tout à la fois, continuité et changement avec l’ère Legault. Vaste programme. À travers tout cela, Christine Fréchette trouvera-t-elle le temps et l’énergie de gouverner le Québec et d’assumer le rôle qui lui incombe désormais de gardienne des intérêts de notre nation. Il y a fort à craindre qu’en dépit de toute la bonne volonté de Christine Fréchette, la nouvelle cheffe de la CAQ ne prenne le pas sur la première ministre et que: le parti ne passe avant la patrie.