Le lancement de la nouvelle chanson de Céline Dion, Dansons, écrite par Jean-Jacques Goldman nous donne à nouveau l’occasion de constater l’efficacité du rouleau compresseur Céline Dion: un rouleau compresseur d’autant plus efficace que toute une faune journalistique qui se veut «culturelle», s’empresse de chanter les louanges de la Diva sans aucun esprit critique. Mme Dion n’a qu’à se laisser porter par cette vague. «Les Québécois ont évidemment avec elle un rapport privilégié: elle des leurs, disons même , elle est des nôtres, elle vient de notre peuple dans ce qu’il a de plus tricoté serré, avec ses familles nombreuses, son sens du clan et son désir parfois mégalomane de conquérir le monde. Mais ce désir, notamment grâce à René Angélil, Céline Dion l’a concrétisé. "Céline vient de Charlemagne, au Québec. elle n’a jamais perdu son lien vital avec ses origines, elle a même gardé l’accent québécois alors qu’ils sont trop nombreux vouloir s’en débarrasser , comme s’il était trop rustre, ce qu‘il n’est pas soit dit en passant […]»(Le retour de l’impératrice Céline, Journal de Montréal, 31 mars)
Je suis règle générale d’accord avec Mathieu Bock-Côté, pas cette fois pourtant. En choisissant d’annoncer son retour sur scène sur les réseaux sociaux d’abord en anglais, Céline Dion montre le chemin parcouru depuis Charlemagne. Nous ne sommes plus devant la «petite fille de Charlemagne», mais devant un pendant féminin d’Elvis Gratton. Comme lui, il faut conclure que pour Céline Dion, l’horizon se résume désormais à un Think big os**** à la Elvis Gratton. Comme lui, interrogée sur son identité, Céline Dion nous servirait peut-être le fameux monologue d’Elvis Gratton sur les ambiguïtés de l’identité québécoise. Ambiguïtés que Mme Dion semble avoir choisies de résoudre en optant pour le melting pot américain en s’installant à demeure à Las Vegas avec sa progéniture. Pour Céline Dion, ce n’est pas Sky is the limit!, pour elle désormais, Las Vegas is the limit.La «petite fille de Charlemagne n’existe plus, elle est devenue un élément visiblement satisfait d’un Jet-set nécessairement apatride: Le party avant la patrie!






