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Tuesday, March 9, 2021

Le prix de la laïcité

 


Le gouvernement du Québec a créé un prix de la laïcité. «Un nouveau prix annuel créé par le gouvernement du Québec a été lancé pour reconnaître  la contribution d'une personne , d'un organisme ou d'un groupe de gens en faveur de la laïcité.  Cette récompense dévoilée samedi par le ministre responsable de la laïcité et et de la Réforme parlementaire, Simon Jolin-Barette, a été nommée Guy-Rocher, en l'honneur du professeur émérite de sociologie qui a défendu la laïcisation de l'État.» (Création d'un prix de la laïcité au nom de Guy Rocher, Journal de Montréal, 7 mars). «La laïcité de l'État est au coeur du parcours propre à notre nation. Il s'agit d'une valeur qui a guidé notre développement sociétal et démocratique , a expliqué Guy Rocher par communiqué. Le Québec a franchi de grandes étapes en ce sens. Ce nouveau prix favorisera la poursuite et la pérennisation de ce travail collectif de longue haleine.» Par ces propos, Guy Rocher veut-il nous rappeler qu'il est un récidiviste, qu'il y a déjà longtemps qu'il est à la peine sur le front de la laïcisation. Il s'est fait la main lors de la Révolution tranquille, l'adversaire de l'époque n'était pas encore l'Islam, mais l'Église catholique. Une Église grâce à laquelle nous avions survécu. Une Église qui nous avait instruit et soigné. Il n'y a probablement qu'au Québec que le premier récipiendaire d'un prix soit celui qui lui donne son nom. Au ministère de la Laïcité et de la Réforme parlementaire, quelqu'un n'a pas fait son travail; il y a en effet déjà un prix Guy Rocher au Québec, il s'agit  d'un prix décerné par la Fédération des cégeps «à des personnes dont les réalisations sont importantes et en lien avec les valeurs que promeuvent le réseau collégial et le fédération des cégeps». Prix justement nommé afin d'honorer le père des cégeps. Père des cégeps, mais aussi fossoyeur des collèges classiques.
 
Pierre Fortin

 
 
Qui sera le second récipiendaire du prix? Le ridicule ne tuant pas, Simon Jolin-Barrette se décernera-t-il le prix Guy-Rocher l'an prochain pour la loi sur la Laïcité, à moins que modestement, il ne passe un tour et choisisse d'honorer François Legault lui-même. sinon nous devrons honorer les Djemila Benhabib de ce monde, Une fois ce bassin tari, il restera toujours la possibilité d'honorer les laïcistes rabiques que sont les Richard Martineau et Sophie Durocher.
Le Prix Guy Rocher n'y gagnera pas en prestige.

Thursday, May 28, 2020

Enfumage 101



Assistons-nous à une opération d'enfumage montée par le gouvernement Legault dans le dossier des préposés aux bénéficiaires dans les CHSLD. Devant les besoins criants en personnel dans nos CHSLD, le gouvernement Legault a lancé en grandes pompes, une vaste opération de recrutement de proposés aux bénéficiaires.  François Legault entend recruter 10 000 préposés aux bénéficiaires en augmentant significativement les salaires et la formation de ces préposés aux bénéficiaires. Sachons raison garder, le problème ne sera pas réglé par une annonce de François Legault. Ses appels infructueux à des «volontaires» et l'insuccès de la ligne «je contribue.ca» devrait nous suffire à conclure à l'inutilité de son appel. Il faudra que la tâche de préposés aux bénéficiaires soit revalorisée au-delà d'une augmentation salariale (bien qu'il s'agisse là, d'un pas dans la bonne direction), mais honnêtement qui voudra se lancer dans ces fournaises que sont les CHSLD après les informations sur les conditions de travail des préposés aux bénéficiaires présents sur le plancher au cours de la crise de la Covid-19. À moins que cette annonce ne serve d'écran de fumée à une autre annonce, du même souffle nous apprenons que  le gouvernement Legault compte sur 550 immigrants pour régler en partie le problème». La pénurie criante de préposés aux bénéficiaires dans les CHSLD incite le gouvernement Legault à avoir recours à l'immigration pour régler ce problème. Le projet-pilote, annoncé jeudi par le ministre de l'immigration, Simon Jolin-Barrette, vise à recruter à l'étranger 550 préposés aux bénéficiaires qui viendront prêter main forte au au personnel soignant des centres des centres d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD). Le ministre veut procéder rapidement et a déjà entrepris des missions de recrutement virtuelles à l'étranger pour identifier les candidats potentiels à court terme» (CHSLD: 550 immigrants attendus en renfort, La Presse, 28 mai).
 
 
L'article précise: »Idéalement , les recrues devront avoir deux années d'expérience équivalente à celle d'un préposé, acquise dans leur pays d'origine et elles devront s'engager à travailler pendant au moins deux ans dans un CHSLD (avant qu'Immigration Canada ne perde leur trace, NDA).
D'autres sans expérience, pourront s'engager à suivre une formation de préposé au Québec et s'engager à oeuvrer pendant moins un an en CHSLD.»
Voilà indéniablement le type de main-d'oeuvre dont le Québec a besoin à l'heure de «l'économie du savoir», «avançons vers l'arrière» dans le XXIe siècle.
 Le déroulement des évènements et le contenu des annonces font craindre que le recours aux immigrants n'ait précédé, dans l'esprit des François Legault et Simon Jolin-Barrette, l'appel aux 10 000 futurs préposés aux bénéficiaires, comment expliquer autrement que le ministère de l'Immigration ait déjà entrepris des missions de recrutement virtuelle à l'étranger.
Ce type de programme est l'exemple même du programme pour lequel nous n'aurons pas de nouvelles, combien de préposés aux bénéficiaires seront ainsi recrutés et gagneront leur droit d'entrer légalement au pays (à moins que le programme ne serve à régulariser subrepticement des illégaux entrés par le chemin Roxham?).  550, plus de 550, combien exactement de ces recrues profiteront exactement de ces programmes. Au-delà du nombre de «recrues» de ce programme, il y a lieu de se demander ou ira cet argent, Nous n'errons probablement pas beaucoup en pensant que plusieurs de ces nouveaux «anges gardiens»  enverront une partie appréciable de leur pécule québécois au «pays».  Un ami me fait justement remarquer que l'utilisation de ce terme surprend dans une société qui se veut allergique à la religion, surtout lorsqu'il s'agit du catholicisme. Le même ami se demande d'ailleurs si cette utilisation sécularisée de l'expression n'est pas à la limite blasphématoire.

Tuesday, March 3, 2020

Nationaliste ou post national?



Faut-il que les nationalistes québécois, ceux de la variété identitaire du moins, se prenne à souhaiter longue vie à François Legault et Simon Jolin-Barrette? Il faut le croire, car la relève caquiste a tout pour inquiéter. Dans une formation politique encore jeune et visiblement peu porté sur la réflexion, quelques slogans semblent contenter députés et ministres caquistes (les maternelles quatre ans, les maisons des aînés, En prendre moins et en prendre soin), Dans un tel vide intellectuel, les caquistes sont susceptibles d'aller dans toutes les directions et toutes les dérives. Les prises de position récentes de l'aile jeunesse de la Coalition Avenir Québec (CAQ) illustre bien ce propos. «Au lieu d'un enseignement des religions qui suscite «la division», le futur cours remplaçant Éthique et culture religieuse (ECR) doit porter sur les valeurs communes du Québec et son modèle d'intégration des immigrants, soutient l'aile jeunesse de la Coalition avenir Québec(CAQ). L'éducation à la citoyenneté et le développement de l'esprit critique doivent également faire partie du nouveau programme, selon elle.»(Les jeunes caquistes veulent un cours sur les «valeurs québécoises», La Presse, 27 février).
 
 
 
« Plutôt que d'enseigner le vivre-ensemble de manière clivante comme cela pouvait être le cas depuis 2008, l'aile jeunesse de la CAQ «appuie la mise en avant des valeurs québécoises de l'interculturalisme comme modèle d'intégration, des éléments qui rassemblent la vaste majorité des Québécois». Toujours selon son mémoire, l'interculturalisme «reconnaît le pluralisme qui compose la société québécoise , tout en valorisant les échanges et l'appartenance à une culture partagée , caractérisée par une langue, des institutions et une histoire commune. Ce modèle, qui permet à tous de trouver leur place au sein d'une culture nationale unique, rassemble les Québécois et doit servir de base à l'enseignement du vivre-ensemble. [...] Le nouveau cours doit également porter sur l'éducation à la sexualité. Le consentement sexuel et le harcèlement doivent être abordés dans les écoles, surtout «après la vague de #moi aussi» font valoir les jeunes caquistes». Faudra-t-il aussi parler de se laver les mains avant les repas, de manger la bouche fermée, etc. À la lecture de ces quelques lignes, difficile de ne pas conclure: Jeunes caquistes, Jeunes libéraux, Péquistes même combat (un petit rappel; Le candidat à la direction du parti Québécois, Guy Nantel ne déclarait-il pas lors de son entrée en lice: » qu'il compte aussi prôner des valeurs telles que l'égalité hommes-femmes, la séparation entre le religieux et l'État, l'intégration des personnes issues des communautés culturelles et la protection de l'environnement». Le paysage québécois devient de plus en plus plat et il faut prévoir que nos prochaines campagnes électorales seront des batailles de marketing politiques opposant, à défaut d'idées et de principes, les «gueules», les sourires et les cravates des chefs. Même adhésion au conformisme ambiant, adhésion qui se traduit notamment par l'utilisation des mots «valeurs québécoises» probablement réduite à la prépondérance du français (il faudra un jour sortir de cette croyance facile et dangereuse que la langue française représente et incarne la culture québécoise, la culture québécoise pour avoir un sens doit être et demeurer une culture fondamentalement européenne, n'en déplaise à toutes les «chances pour le Québec» qui débarque chez nous), au-delà de la langue française, l'égalité homme-femme, la protection de l'environnement, l'intégration des personnes issues de l'immigration et des communautés culturelles (de là, le recours à cette notion de «vivre-ensemble»). Les partis politiques québécois se dirigent vers une homogénéisation qui rend difficile de les distinguer les uns des autres. Personne pour rappeler aux jeunes caquistes que l'interculturalisme n'est toujours qu'un multiculturalisme à la sauce Taylor-Bouchard, il sera intéressant de voir comment il vont réussir à concilier cet interculturalisme avec leur souhait d'une «culture nationale unique». Nous nous dirigeons vers une standardisation de nos partis politiques que ne distinguerons plus bientôt que la tête de leurs chefs, la tête au sens de visage, mais pas d'idées. Il nous faut former avec nos faibles moyens, le camp des anti conformistes et des esprits libres. Le Québec des jeunes caquistes sera-t-il le deuxième état post-national après le Canada de Justin Trudeau ?