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Saturday, November 13, 2021

Loi 202


Devant le recul du français au Québec et particulièrement dans la région métropolitaine; la modernisation de la loi 101 apparaît essentielle. La réponse du gouvernement Legault est jusqu'ici la faible loi 96, alors que nous aurions besoin d'une vigoureuse loi 202. L'un des problèmes soulevé par les tenants d'un resserrement de la loi 101 est le rôle joué par les Cégeps anglophones dans l'anglicisation des étudiants francophones. Problème grave certes, mais qui n'a pas convaincu le gouvernement Legault d'étendre la loi101 aux cégeps.
S'il ne le fait pas pour les francophones, le gouvernement Legault le fera peut-être pour les allophones? Un nouveau rapport révèle en effet que: Des cégeps anglophones accueillent désormais une majorité d'étudiants allophones. Cette situation préoccupe certains élus caquistes, qui plaident à l'interne pour imposer la loi 101 aux cégeps après avoir entendu les craintes des démographes. [...] Au cégep Vanier, dans le nord de Montréal, 52% de la clientèle était allophone en 2020, selon des données provisoires.Lui aussi dans la métropole, le collège Marianopolis compte 53% d'étudiants qui n'ont ni le français ni l'anglais comme langue maternelle.[...] En fait la part d'étudiants allophones dans le réseau collégial de langue anglaise est en progression depuis l'an 2000, passant de 30% à 38% cette année.
(une majorité d'allophones dans plusieurs cégeps anglos, Journal de Montréal, 10 novembre ) Ce sont les enfants de la «loi 101» qui passent ainsi à l'anglais rendant, dans les faits, inutile la loi 101 à l'école primaire et secondaire. En toute logique, il faudrait supprimer l'application de la loi 101 au primaire et au secondaire. L'édifice n'ayant visiblement aucun sens s'il n'est pas couronné par l'application de la loi 101 au niveau collégial. «Pour le démographe de l'Institut national de la recherche scientifique qui a compilé les données  obtenues par notre Bureau parlementaire, le réseau collégial anglais participe à l'anglicisation des allophones.» «les allophones, c'est un groupe très hétérogène, avec beaucoup de langues communes, souligne Patrick Sabourin. Dans ce sens-là, le cégep anglais est une espèce de lieu de socialisation ou le point commun est la langue anglaise.» 
Plus qu'un lieu de socialisation, le cégep anglais est aujourd'hui un champ de bataille ou se joue l'avenir de la communauté anglophone du Québec; sans le sang neuf que constitue les allophones, la communauté anglo-québécoise ne pouvant compter que sur sa démographie, est condamnée à une lente extinction. Cela, les anglophones l'avait compris dès 1968 en voulant scolariser les italophones de Saint-Léonard. C'est pour cela que les anglophones du Québec ne peuvent accepter l'idée d'un accès limité aux cégeps anglophones aux seuls étudiants anglophones issus de la «minorité historique» anglo-québécoise.
La CAQ osera-t-elle légiférer en sens? «La question d'étendre la loi 101aux cégeps fait d'ailleurs à nouveau l'objet de débats au sein de la Coalition Avenir Québec (CAQ), selon nos informations , au moment ou débutera bientôt l'étude article par article u projet de loi sur la langue du ministre Simon Jolin-Barrette. Le premier ministre avait fermé la porte avant le dépôt du projet de loi96, mais il devra trancher à nouveau sur cette idée d'interdire l'accès aux cégeps en anglais aux jeunes francophones et allophones, souligne une source, Les démographes ont notamment souligné que le projet de loi ne permettra pas de renverser le déclin du français, tandis que le sociologue Guy Rochera mis son poids dans la balance en faveur de la loi 101dans les cégeps. Une «aile économique»est toutefois plus sensible aux arguments du monde des affaires, qui craint un impact du projet de loi 96 sur l'attrait et l'intégration des immigrants selon nos sources.»




Le «nationalisme» de François Legault, si soucieux défendre notre langue et notre culture prévaudra-t-il sur cette «aile économique» ? À moins que François Legault ne fasse lui-même parti de cette «aile économique»? Entre la nation et l'économie, faut-il conclure que François Legault n'ait déjà fait son choix.

Wednesday, November 6, 2019

Avantage Islam



Le cours d'Education la sexualité proposé par le ministère de l'Éducation ne fait pas, et n'a jamais fait, l'unanimité. Son contenu est contesté depuis les premiers jours et des parents remettent sa pertinence en question depuis le jour ou le ministère de l'Éducation  a annoncé qu'il comptait réinscrire au programme un cours d'éducation à la sexualité dans toutes les école du Québec. Prenant les devants le gouvernement a fait savoir assez rapidement qu'il n'accorderait pas d'exemptions aux parents qui en feraient la demande.C'est le premier ministre lui-même qui a rappelé la position du gouvernement, position similaire à celle du gouvernement libéral sur la question:«Le premier ministre du Québec a prévenu les parents catholiques mal à l'aise avec les cours d'éducation à la sexualité dans les écoles que leur enfants ne pourront pas en être exemptés. [...] Interrogé en point de presse jeudi, le premier ministre François Legault a répondu que les cours d'éducation à la sexualité dans les écoles «vont être obligatoires pour tout le monde». (Pas de dispense aux cours, Le Soleil, 10 janvier). En cela, François Legault n'innovait guère, il reprenait en fait la politique du ministre libéral de  l'Éducation Sébastien Proulx, son cabinet ne faisait-il pas savoir, pas l'an dernier:«Il s'agira toutefois de « cas d'exception » puis que la procédure est «stricte» explique-t-on au cabinet du ministre. «L'objectif, c'est qu'il n'y ait pas d'exemptions», précise son attaché de presse, Marie Deschamps.» (Pas facile d'obtenir des exemptions pour l'éducation à la sexualité, Journal de Québec, 22 août 2018.). Le message a visiblement été entendu pour les parents catholiques (pourquoi d'ailleurs interpeller les seuls parents catholiques?), mais il n' en n'a pas été visiblement pas été de même pour celui du ministre Proulx et du ministère de l'Éducation, les journaux nous apprenaient que près de 200 élèves étaient soustraits au cours d'éducation à la sexualité. Ce qui a attiré l'attention sur ce fait, peut en effet surprendre:» Dans l'ensemble de la province les écoles ont reçus 540 demandes d'exemptions, dont 237 ont été acceptées par les directions , selon le ministère. Or, 81% des dérogations accordées viennent de la même commission scolaire, soit Portages-de-l'Outaouais (CSPO), Ailleurs, moins d'une cinquantaine d'élèves à travers le Québec ont pu sortir de la classe pendant les ateliers. « Est-ce que ces demandes ont bien été analysées par les CSPO? demande le ministre, qui a l'intention de demander des comptes à l'organisation. Comment expliquer un tel volume dans une petite commission scolaire basée à Gatineau? 
 
 
 
Le président deParents engagés de l'Outaouais, Ibrahim Sballil croit que son organisme a eu un rôle important à jouer. Son association est composée essentiellement de parents musulmans , mais est ouverte à toutes les religions, précise-t-il. Ce sont les thèmes de l'homosexualité et de la réalité transgenre qui étaient au coeur des demandes . Plus précisément, l'idée que les gens ne choisissent pas leur orientation sexuelle que le sexe biologique ne détermine pas le genre de la personne, explique M.Sballil. Il ne reproche pas au programme d'en parler, mais il croit qu'il manque de « neutralité en présentant le point de vue religieux comme une «perspective à combattre». »Je diverge totalement , dit le ministre Roberge. Les cours d'éducation à la sexualité ne sont ni proreligion ni antireligion. (Éducation à la sexualité: plus de 200 élèves exemptés,Le Journal de Montréal, 4 novembre) Le fait que le cours 'éducation à la sexualité heurte les sensibilités et les valeurs des parents catholiques comme musulmans semblent échapper totalement au ministre de l'Éducation.
À quoi tient succès des Parents engagés de l'Outaouais?À sa pugnacité, à l'efficacité de son lobbying, au fait qu'il ait ciblé une petite commission scolaire? Parions plutôt que sa composition:»essentiellement des parents musulmans» explique dans les faits le succès des Parents engagés de l'Outaouais. Nous serions tentés de dire à ces parents appréciez votre victoire, l'abolition prochaine des commissions scolaires vous laissera seuls devant le ministère, encore qu'il faille redouter que la fermeté du ministère ne soit réservée aux seuls catholiques et non aux musulmans. On ne voit pas au nom de quel principes ou de quels intérêts les parents musulmans auraient plus de droits au Québec que les parents catholiques. 
Le gouvernement Legault, ayant déjà les bras pleins avec l'interdiction des signes religieux aux fonctionnaires en autorité, ne voudra peut-être pas ouvrir un second front et jeter de l'huile sur le feu et laissera les parents musulmans obtenir les exemptions demandées.

Tuesday, October 1, 2019

Une réforme inutile


La Coalition Avenir Québec a fait l'abolition des commissions scolaires l'une de ces promesses phares. Les commissions scolaires seraient remplacées par des centres de services.   Idée inconsidérée héritée de la défunte Action Démocratique du Québec., Populaire chez les francophones l'abolition ne fera guère de vagues chez ces derniers. Les anglophones demeurent attachés à l'institution peut-être parce qu'il s'agit d'un gouvernement de proximité qui leur demeure propre et dont ils conservent encore la gouvernance.
Certains croient déjà que la question de l'abolition des commissions scolaires constituera «la» question politique de l'automne. Michel David du Devoir écrit: «Le gros morceau la session qui reprendra la semaine prochaine à l'Assemblée nationale sera le projet de loi sur la gouvernance scolaire. Au sein de la majorité francophone, l'abolition des commissions scolaires et leur remplacement par des centres de services relevant directement du ministère l'Éducation ne causeront pas un psychodrame analogue à celui du débat sur la laïcité. Il n'en ira pas de même du côté anglophone. Un sondage Léger mené en mars dernier indiquait que 80% des anglophones s'opposaient à cette abolition, et l'Association des commissions scolaires anglophones du Québec n'excluait pas un recours aux tribunaux, même si son président, Russell Copeman, a dit préférer une solution politique. (Le prochain psychodrame, Le Devoir, 10 septembre).


L'abolition des commissions scolaires traîne dans le paysage québécois depuis une dizaine d'années, c'est une idée démagogique et irréfléchie que nous devons à la défunte Action Démocratique du Québec (ADQ). La CAQ a repris l'idée probablement plus pour son caractère populaire que pour sa véritable pertinence. Nourrie par des gros titres à saveur sensationnaliste sur les dépenses somptuaires de certains commissaires lors de congrès ou lors de séjours à l'étranger et le faible taux de participation aux élections scolaires, l'idée de l'abolition a fait son chemin sans jamais faire l'objet d'un véritable débat. Elle revient à l'avant-plan avec l'accession au pouvoir de la CAQ. Le ministre de l'Éducation, Jean-François Roberge (voir ce blogue, tout un ministre, 23 septembre) peut-être envieux de la notoriété dont jouit son collègue Simon Jolin-Barrette suite à l'adoption de la Loi 21, semble avoir l'intention de porter le ballon jusqu'à l'abolition des commissions scolaires, un geste politique inconsidéré si l'on songe que le gouvernement envisage de réouvrir la Loi 101, pourquoi ouvrir deux fronts avec la communauté anglophone sinon pour rouler des mécaniques et jouer les bravaches devant l'électorat francophone, à vaincre sans Périls, on triomphe sans gloire. L'abolition des commissions scolaires peut attendre, la Loi 101 est essentielle à la survie du Québec français. En allant de l'avant avec son intention d'abolir les commissions scolaires Jean-François Roberge fournirait la preuve qu'il n'est qu'un idéologue après sa volonté d'implanter les « maternelles quatre ans» sans disposer des locaux et des enseignants-éducateurs nécessaires à ce projet.  

Ne comptons pas sur François Legault et Jean-François Roberge pour réfléchir aux conséquences de l'abolition des commissions scolaires au-delà du « doigt d'honneur » fait aux anglophones du Québec, tentons de faire l'effort de cette réflexion.

Dans un plan de gouvernance scolaire, produit par la CAQ, diffusée à compter janvier 2018, Jean-François Roberge qui n'était à l'époque que critique pour les dossiers d'immigration de la « deuxième opposition » officielle écrivait:» Les idées et prises de position de ce document visent à donner davantage d'autonomie aux écoles afin d'offrir de meilleurs services aux élèves. Les problèmes de gouvernance des commissions scolaires et de manque de légitimé des commissaires constituent des sujets depuis plus de 10 ans. [...] Pourtant, une réforme de la gouvernance du réseau représente la solution à de nombreux problèmes structurels qui affligent le système de l'éducation québécois ; au premier chapitre, les délais pour l'obtention de services pour nos élèves ainsi que le manque de latitude et de flexibilité dont pourraient jouir nos écoles et ceux qui y travaillent. [...] Un gouvernement responsable doit prendre des décisions non pas en fonction de la prochaine élection, mais en fonction de la prochaine génération. Cela commencera par remettre l'école entre les mains de sa communauté. Libre à Jean-François Roberge de pérorer et croire à ses envolées. Nous demeurons sur notre quant-à-soit et nous nous demandons quelle sera la portée de cette remise de nos écoles aux communautés, pas de question sur la nature de ces communautés. Que représenterons géographiquement ces « communautés », villages, villes, arrondissements, quartiers? Seront-elles tributaires la composition ethnique de l'unité géographique retenue. Dans son « plan de gouvernance scolaire », J.-F. Roberge écrit qu'il souhaite remettre entre les l'école entre les mains de sa communauté.

Ses écoles remises « entre les mains de leur communauté » soulèvent de légitimes questions sur le caractère national de la formation dispensée par les dites écoles et leurs centres de services? Question peut-être prématurée compte tenu de l'état du dossier, comment seront choisis les programmes et les manuels scolaires, J.-F. Roberge peut-il assurer les élèves québécois et leurs parents de l'uniformité de la formation reçue à travers le territoire québécois, uniformité importante dans le contexte de la mobilité d'une partie de la population québécoise, uniformité importante aussi lors de la sélection et l'entrée dans les institutions d'enseignement supérieur (CEGEPs et universités). Si des réponses satisfaisantes ne sont pas données à ces questions, l'autonomie se transformera rapidement en atomisation du réseau d'enseignement québécois (avec autant de formations que d'établissements et de communautés.).       une atomisation qui ne pourra paradoxalement que renforcer le rôle du ministère de l'Éducation. Face à ces centres de services,  À l'heure actuelle les commissaires scolaires peuvent encore opposer leur légitimité démocratique au pouvoir des fonctionnaires du ministère. Cet utile contrepoids empêche peut-être notre ministère de l'Éducation de devenir à l'image du ministère de l'Education nationale en France, un monstre surnommé par certains comme « le Mammouth » en raison de sa lourdeur. Bien qu'élus par un faible pourcentage d'électeurs, les commissaires scolaires demeurent imputables devant les parents, ce qui n'est pas le cas des fonctionnaires du ministère et il faut craindre que les membres des conseils d'établissements ne constituent qu'un bien fâlot contrepoids au ministère. C'est pour défendre une institution de proximité et une manifestation tangible de subsidiarité (Jean-François Roberge connaît-il le mot?) qu'il faut défendre les commissions scolaires. C'est aussi pour empêcher la disparition d'un Québec décentralisé qu'il faut souhaiter la survie des commissions scolaires (Les centres de services risquent fort de n'être que des pantins dans les mains du ministère de l'Éducation).  disparues aussi, à la faveur des fusions de municipalités, de nombreuses municipalités de taille modeste, c'est un tissu social qui périclite au nom de l'efficacité technocratique et du «plus c'est gros, plus c'est bon». 

Monday, September 23, 2019

Tout un ministre


Le ministre de L'Éducation, Jean-François Roberge, a annoncé l'octroi d'une somme de 2,3 milliards pour la rénovations écoles(Québec lance son « grand rattrapage » pour la rénovation d'écoles, Le Journal de Montréal, 22 septembre).  Visiblement acquis à la thèse du primat de l'économie, le ministre investit dans le gypse et la brique: »Aujourd'hui, nous lançons une opération grand rattrapage pour retaper nos écoles, qui ont tant manqué d'amour dans les dernières années, a déclaré Jean-François Roberge. C'est une excellente nouvelle non seulement pour les élèves, mais également pour les enseignants et pour tout le personnel scolaire.» (Jean-François Roberge annonce 2,3 milliards pour rénover les écoles délabrées, Le Devoir, 22 septembre). Notons, Roberge est muet sur le fait que ces travaux profiteront d'abord à des milliers d'entrepreneurs en construction en région bien avant de profiter aux élèves et aux enseignants. On cherchera dans les propos de J.-F. Roberge, une préoccupation pédagogique, silence radio sur la culture générale dont devrait disposer les élèves à la fin du Secondaire, même silence radio sur la réussite scolaire des garçons, alors que de nombreux parents québécois demandent la suppression du cours Éthique et culture religieuse (ÉCR), loin de se préparer à acquiescer à cette requête, le ministre sourd à ses demandes compte aller dans une direction diamétralement opposée:»Le ministre Jean-François Roberge envisage d'intégrer l'Éducation à la sexualité dans le cours d'éthique et culture religieuse (ECR) qui fera l'objet d'une importante réforme au cours des prochains mois. » (La sexualité, une « vraie » matière, Le Devoir, 31 août). L'annonce du ministre nous montre que nous en présence d'un digne successeur de Sébastien Proulx, le ministre libéral de l'Éducation dans le dernier cabinet Couillard. Un Sébastien Proulx dont le passage au ministère de l'Éducation nous aura valu le fumeux projet de Lab école(Le Lab-École, une fausse bonne idée, Le Devoir, 14 juin) mené par d'authentiques pédagogues comme comme le chef Ricardo Larivée, le sportif Pierre Lavoie et l'architecte Pierre Thibault. Avec Christian Dubé (voir sur ce blogue, Merci Justin, 22 septembre), J.-F. Roberge serait-il l'un des ministres de François Legault qui est encore à l'heure libérale?
 
 

Sunday, September 1, 2019

La peur au ventre la rage au coeur


Nous voilà revenus au beaux jours des débats entourant l'adoption du projet de loi 21. Il était certes facile d'imaginer l'exploitation sensationnaliste que ferait un certain lobby religieux de l'application de la loi 21. Nous en avions eu un avant-goût avec des articles sur les pauvres étudiantes voilées que la loi 21 forcerait à renoncer à leur «vocation». La rentrée scolaire à la Commission scolaire de Montréal (CSDM) est l'occasion de revenir sur cette thématique, une rentrée qui se déroule alors que la Commission a décidé qu'elle appliquerait les dispositions de la loi 21 sur le port du voile islamique par ses enseignantes. Les commissaires de la CSDM avait initialement décidé que la Commission n'appliquerait pas la loi 21. C'est lors d'une assemblée des commissaires tenue fin août quels CSDM a finalement décidé d'appliquer la Loi 21 dans ses établissements.  Cette séance a donné l'occasion à l'une de ces enseignantes voilées de tenter de convaincre les commissaires de s'en tenir leur position initiale et de déroger à la loi.  Ayant recours à des arguments relevant plus du sensationnalisme que de la raison (Une rentrée avec la peur au ventre pour cette enseignante, Journal de Montréal, 29 août), Dalida Matoub qui enseignerait au Québec depuis douze ans dit: »n'avoir senti un tel climat de tension à l'approche de la rentrée, comme ce qu'elle a vécu cette semaine[...]Elle se dit attristée par la tournure des évènements qu'elle explique par cette loi qui ouvre la porte: «pour dénigrer l'Autre». Elle a également rapporté qu'un parent d'élève a demandé à l'école que sa fille ne soit pas dans la classe de l'»enseignante voilée»», la demande a été faite par des parents de l'école Marie-Rollet, dans le quartier montréalais de Rosemont. Un parent qui à notre avis a mieux compris l'esprit de la Loi 21 que François Legault et Jean-François Roberge. L'un et l'autre ayant précisé qu'il n'était pas question pour les parents de « magasiner » une enseignante et qu'ils devraient accepter la classe telle que constituée. Cette triste décision est cohérente avec la traditionnelle politique gouvernementale, politique du gouvernement ou de la caste des fonctionnaires du ministère de l'Éducation, jaloux de leurs pouvoirs et fiers de leurs choix pédagogiques, il a ainsi été refusé aux parents le droit de retirer leur enfant des cours ECR, de même que des cours d'éducation à la sexualité. La solution aux problèmes d'application de laLoi 21 réside peut-être justement dans l'acquiescement aux demandes de ces parents (Signes religieux: des parents d'élèves reviennent à la charge, Radio-Canada, 29 août). Si les commissions scolaires acquiesçaient à ces demandes dont rien ne dit quelle seront nombreuses, les enfants seraient retirés des classes et placés dans celle d'une enseignante non-voilée. Les enseignants qui évoquent régulièrement la taille des groupes et le ratio maître-élèves pourraient y trouver leur compte. Sortie de crise peu élégante car elle laisse reposer sur les épaules de parents isolés le poids de l'application de la loi sur la laïcité. Solution un peu hypocrite car, elle permet de maintenir intégralement la Loi 21 tout en fermant les yeux sur des aménagements locaux et circonstanciels. 
 

 
 
L'article du Journal de Montréal ne fait pas mention de menaces visant spécifiquement Mme Matoub ou d'une plainte au SPVM, elle se sent menacée par la loi 21 et la  demande d'un parent. Il est toujours loisible à Mme Matoub d'aller travailler dans une institution de réseau scolaire privé, il lui est également loisible de demander une mutation dans une école plus « diversifiée » de la CSDM, une école du quartier Côte-des Neiges par exemple, un tel geste lui permettrait de conserver son ancienneté et les avantages sociaux qui vont avec cette dérnière (choix de vacances, etc.).  Mme Matoub avait probablement en tête le « spectacle » quelle comptait donner qu'à un examen réfléchi des alternatives.

Que le résultat de ce choix contredise clairement l'esprit de la loi 21 échappe visiblement à F. Legault et J.-F. Roberge, dans les faits, une enseignante portant des signes religieux enseignera , dans ce cas, la situation est aggravée par le fait qu'elle enseignera à une fillette. Comprenne qui pourra. Indigne représentant de son gouvernement et de la population québécoise, le ministre de l'Éducation du Québec, Jean-François Roberge, a probablement dormi tout au long des débats autour de la laïcité.  Plus lucide La militante pro-laïcité, Nadia El-Marbrouk plaide pour le droit des parents à choisir (une militante pour la laïcité demande à Québec de « respecter la volonté des parents», Journal de Montréal, 29 août). Il faudra visiblement s'y faire, il y aura d'autres «enseignantes voilées» venant déchirer leurs chemises devant les média (à défaut de déchirer leur voile). 
À prévoir aussi l'entrée d'une première « policière voilée au sein du SPVM, les média ont déjà préparé le terrain (Déterminée à être policière et à conserver son voile, Journal de Montréal, 12 avril 2018) et nous ne manquerons probablement pas d'entendre parler de Sondos Lamrhari, au cours des mois et des années à venir. Après la ronde des débats et des manifestations autour de l'adoption de la Loi 21, c'est la rage au coeur que nous avons devant la pusillanimité du gouvernement Legault, mais aussi la peur au ventre sur l'avenir du Québec si la digue dressée par la loi 21 devait céder

Tuesday, August 27, 2019

Une école au dos large


Il est beaucoup demandé à l'école québécoise. Avec le cours ECR, elle doit ouvrir les yeux aux écoliers québécois sur la diversité du monde des religions et des spiritualités. Avec le cours d'éducation à la sexualité, il lui est demandé d'éveiller les mêmes écoliers aux mystères de la sexualité. De nombreux Québécois sont convaincus que ces dispersions ne sont en fait que des distractions et que l'école québécoise perd ainsi de vue son objectif fondamental celui de transmettre les savoirs de base (lecture, écriture, mathématiques, etc.) aux jeunes Québécois. Trop de ces jeunes terminent leur Secondaire V analphabètes fonctionnels. Le vaste programme imposé aux écoliers, programme qui relève plus de l'éducation que de l'instruction, n'est pas suffisant pour certaines.
La sociologue Gabrielle Richard considère que l'école québécoise est trop hétéronormative. « Dans ses manuels , ses programmes et ses pratiques enseignantes , l'école québécoise continue de faire de l'hétérosexualité une norme, constate la sociologue. Difficile alors pour les élèves d'affirmer leur orientation sexuelle ou leur identité de genre lorsqu'on apprend essentiellement la bonne manière d'être une fille ou un garçon. » (pour une école moins hétéronormative, Le Devoir, 16 août).  
 
 
 
« l'éducation à la sexualité dessert la plupart des élèves. Elle met de côté les personnes LBGTQ,(en attendant le P des pédophiles et le Z des zoophiles) qui ne retrouvent pas leur réalité à l'école, et elle réduit les spectre des possibles pour les autres qui se font dire comment se comporter en tant que fille ou garçon.» note l'auteure et sociologue du genre Gabrielle Richard. Elle signe l'essai Hétéro, l'école ? plaidoyer pour une éducation antioppressive à la sexualité, [...] »  Si nous devions prêter l'oreille au plaidoyer Gabrielle Richard, nous serions dans une école ouverte aux marges et aux différences, la sociologue semble en effet considérer que les LGBTQ constituent la majorité de la population en général et de la population scolaire en particulier. Alors que les nationalistes québécois plaident pour des cours d'histoire et qu'il se trouve des Québécois  pour souhaiter de véritables  cours d'économie au Secondaire. Mme Richard qui s'identifie comme lesbienne plaide en fait pour une école à la carte, dans sa perspective les cours d'éducation à la sexualité ne seront jamais assez inclusifs et il se trouvera toujours des élèves et des parents d'élèves pour considérer qu'ils « ne retrouvent pas leur réalité à l'école ». L'école devra-t-elle ainsi inscrire au programme un volet pour les enfants nés de mère lesbiennes grâce à la collaboration d'un donneur de sperme (« pas plus de deux parents par enfant confirme la cour d'appel.», La Presse, 20 août) .  ou tenter de retrouver la réalité des enfants dont la mère est un homme ayant fait sa « transition » ou le père une femme transgenre ayant faite ladite transition.  L'école moins hétéronormative de Mme Richard conduit à un cul-de sac et à une Boîte de Pandore car elle ne pourra jamais couvrir tout le champ des diversités sexuelles.  
La véritable cible de Gabrielle Richard n'est pas l'École trop hétéronormative, sa véritable cible est bien plus la nature, c'est elle qui est hétéronormative en faisant de nous physiquement des filles et des garçons. Sortir de cette réalité demandera plus qu'une qu'une école moins hétéronormative, si cela doit se réaliser un jour ce serait l'oeuvre de démiurges qui nous conduiraient dans un monde désaxé.

Sunday, March 3, 2019

EXIT ECR


La sagesse populaire affirme que tout ce qui traîne se salit, les débats autour du cours éthique et culture religieuse (ECR) en donnent la preuve. Jouant son rôle d'opposition (même s'il ne s'agit que de la deuxième opposition),, le chef parlementaire du Parti québécois, Pascal Bérubé propose au gouvernement Legault d'abolir par souci de cohérence, dans le contexte plus large du débat sur la laïcité, le cours éthique et culture religieuse(Le PQ veut la fin du cours d'éthique et culture religieuse, Journal de Québec, 26 février). Proposition rapidement écartée par la CAQ, le PLQ et QS (101 voix contre 10), si la présence parmi les opposants des libéraux et des Solidaires ne surprend guère. celle des troupes deFrançois Legault étonne, la défense de l'identité québécois promise par la CAQ fondrait-elle au soleil? Les députés casuistes céderaient-ils déjà aux sirènes de la diversité et du politiquement correct. Dernière sottise en date, notre «brillant» ministre de l'Éducation, Jean-François Roberge qui est aussi visiblement inculte en matière de religion, estime: »Il y a une place (pour les athées dans le cours d'éthique et de culture religieuse (ECR)), mais elle n'est pas suffisamment grande, je pense que l'athéisme fait partie des courants de pensée » a-t-il soutenu lors d'un impromptu de presse sur la colline parlementaire, nous sommes impatients de voir comment le cours ECR amélioré abordera la question de la Franc-Maçonnerie, qui est aussi un courant de pensée, et de son Grand Architecte. 

Aux yeux de Monsieur Roberge, «il faut corriger ce cours-là , il faut améliorer ce cours-là.» (Jean-François Roberge veut remanier cours ECR, Le Devoir, 27 février). Il y a lieu de douter de la volonté du ministre de remanier le cours ECR, dans le même impromptu de presse, J.-F, Roberge affirme que « Le programme d'ECR prépare l'élève au « vivre ensemble « en l'outillant afin de « combattre les généralisations hâtives, les appels aux clans, les faux arguments. Dans un contexte de mondialisation de migrations massives, je trouve important de connaître les grandes religions (...) ». Pourquoi en si bonne route ne pas ajouter un cours sur le consumérisme et le centrecommercialisme (les centres commerciaux étant devenus de véritables cathédrales le dimanche dans les villes et banlieues québécoises). Plutôt que de se perdre en additions oiseuses et nécessairement tributaires des effets de mode, adoptons la solution proposée par Mathieu Bock-Côté dans sa chronique du 27 février(« Il faut abolir le cours d'ECR », Journal de Montréal, 27 février).Un cours qui pour le sociologue plutôt que de renseigner les élèves sur les grandes religions du monde assure plutôt :»la promotion active du multiculturalisme au nom de la «diversité».Supprimons le cours d'ECR et  en lieu et place, instaurons un véritable cours d'histoire des religions, avec des éléments objectifs (date de création, fondateurs, livres sacrés, grands principes, développement, croissance et expansion géographique, mention des différents courants les constituant, ex. le chiisme et le sunnisme pour l'Islam, le catholicisme, le protestantisme et l'orthodoxie par le christianisme). 



La suppression du cours d'ECR au niveau secondaire devrait avoir deux conséquences, l'instauration d'un cours d'instruction civique avec présentation de nos institutions politiques et juridiques et leur fonctionnement et réintroduction d'un cours d'histoire nationale (tant qu'à parler d'intégration des nouveaux arrivants); au niveau collégial, la suppression du cours d'ECR devrait conduire à un examen des cours de philosophie obligatoires au CEGEP. Ces cours devraient d'abord présenter les grands philosophes de la Grêce antique(Aristote, Platon, les stoïciens ) et de la culture occidentale (ainsi les enseignements d'un Constantin, du thomisme et du  cartésianisme feraient parti du cursus obligatoire).  Avec des étudiants plus mûrs, ces cours devraient être l'occasion de former les collégiens aux règles des débats d'idées, à l'analyse critique des idées à la mode et à l'analyse des média (procédés journalistiques les plus communs, etc.). L'objectif de ces cours de philosophie seraient de faire des collégiens, des « testes bien faites ».

Wednesday, February 27, 2019

Repasse-Partout


La nouvelle mouture de Passe-partout a pris l'antenne de Télé-Québec, le 25 février dernier.
 
 
 
Que penser de cette nouvelle mouture, la prudence est de mise, mais il faut constater que cette série « pédagogique », il ne faut jamais oublier que la première version avait été conçue en collaboration avec des fonctionnaires du ministère de l'Éducation et des représentants de Radio-Québec à l'époque, .Cette collaboration marquait la fin de l'imaginaire débridé et la folie douce qui marquaient les réalisations de Radio-Canada, telles que Bobino, La boîte à surprises, Sol et Gobelet, la Ribouldingue.En 1977, Passe-Partout inspiré du succès de Sesame Street outre-frontière était «destiné à l'éducation des enfants d'âge préscolaire avec une attention particulière au milieu défavorisé». La «nouvelle » mouture reprend les éléments les plus importants de la série initiale, Ainsi Passe-Partout, Passe-Carreau et Passe-Montagne sont de retour,  mais curieusement les costumes eux n'ont pas changé leurs interprètes ayant changé, les marionnettes, elles ont fait l'objet de changements cosmétiques, aussi sont de retour (Cannelle, Pruneau et leurs parents, etc). L'émission n'a pas échappé à une volonté de faire plus 2019 que les émissions de la première série, émissions ayant tout de même plus de quarante ans, Le critique du Devoir (« Passe-Partout »,»vintage» modernisé, Le Devoir, , 26 février) note : » Dire que le tout est moderne serait mentir.  (...) on sent que Passe-Partout s'est au moins modernisé.  Par exemple, De nouvelles marionnettes de Canelle et Pruneau (...) présentent des photos d'eux sur une tablette, balayage d'écran compris. Les enfants modernes swipent c'est bien connu(émission probablement conçue avant sans les mises en garde sur les temps d'utilisation des écrans par les jeunes Canadiens et les jeunes Québécois, lancées par les optométristes et pédiatres) . Biscuit , le jouet que Canelle croit avoir égaré, est en peluche et non pas en fourrure. Passe-Montagne , lui, fait semblant de conduire à travers les cônes orange une petite voiture électrique qui ne fait pas « forum vroum » mais « bzz bzz ».  Dans son souci de s'adresser à des « enfants modernes », combien de temps avant que l'un des personnages locavore ne passe à l'alimentation végane et sans gluten et n'abandonne la consommation de viande rouge afin de sauver la planète? Combien d'émissions faudra-t-il pour que l'on présente un personnage transgenre, humain ou marionnette, aux « enfants modernes », les paris sont ouverts. Passe-Genre s'intégrerait sans difficultés parmi les amis de Passe-Partout. Les vêtements des personnages sont déjà non-genrés, une difficulté est donc déjà réglée. 
 
Selon La Presse du lendemain, il y a eu plus de 700 000 auditeurs pour cette première diffusion de Passe -Partout, effet de nouveauté certes, combien seront-ils dans quelques semaines. Il y avait probablement plus de «Poussinots» trentenaires ou quadragénaires devant le petit écran au soir du 25 février que d'enfants d'âge préscolaire. Enfants pour qui Passe-Partout relève de la préhistoire de la télévision. Il faut noter que cinq minutes ne se s'était pas écoulées dans la première émission que Perline, la mère de Canelle, nous présente sa voisine,Madame Coucou visiblement issue de la diversité avec sa peau café au lait et ses cheveux frisés. Les «enfants modernes» de Passe-Partout doivent nécessairement apprendre à être inclusifs dès le plus jeune âge.Il convient de noter ici que la dans la première version, il y avait déjà un personnage eurasien, Passe -Midi.
 
 
La nouvelle mouture sent aussi le « pédagogisme » avec son insistance sur les apprentissages . Une insistance que le ministre de l'éducation, Jean-François Roberge ne peut qu'approuver, maternelles quatre ans, Passe-Partout, même combat?