Wednesday, June 17, 2026

Boomerang

 

Faut-il conclure que le chef du Parti libéral du Québec (PLQ) Charles a fait un très mauvais calcul politique en sommant, par voie de mise en demeure,  Paul Saint-Pierre Plamondon (PSPP) de se rétracter suite à sa déclaration dans son bilan de fin de session voulant qu’il puisse y avoir des liens entre les activités de financement du PLQ et le crime organisé. 

Non seulement, PSPP a clairement fait savoir en conférence de presse dimanche (14 juin), qu’il n’avait nulle intention de se rétracter. Faisant preuve de pugnacité et d’humour, Mieux, le chef du Parti québécois est plutôt passé à l’offensive en mettant au défi Charles Milliard de révéler l’identité des donateurs à la campagne à la direction du PLQ de Pablo Rodriguez (la campagne des brownies) Faisant preuve de pugnacité et d’humour, PSPP a lancé: «Lorsque nous sommes placés devant des sources de financement illicites, on doit partir de la prémisse que l’argent versé n’est pas propre . En termes clair, ce n’est pas l’objet d’un prêt à la caisse populaire locale », a-t-il ajouté.(Paul St-Pierre Plamondon refuse de se rétracter, La Presse, 14 juin). Charles Milliard ne pouvant évidemment répondre à cette demande (dans ce domaine, Charles Millard se trouve dans la position des journalistes devant protéger leurs sources). 

 

 

 

La question de l’origine de ces fonds viendra hanter Charles Milliard tout au long de la prochaine campagne électorale, elle constituera un cailloux dans sa chaussure jusqu’au 5 octobre. J’imagine PSPP demander à Charles Milliard au débat des chefs: «D’ou venaient les fonds de la campagne de Pablo Rodriguez? M. Milliard» Il est à souhaiter que conservateurs, caquistes  et solidaires s’engouffrent dans la brèche. Et que la mise en demeure de Charles Milliard lui revienne sur le nez pour son plus grand malheur et un peu pour notre bonheur.

Friday, June 12, 2026

Parlons du français au Québec, mais parlons surtout de l’OQLF.

 


La généralisation du Bonjour-Hi dans les commerces de détail du Grand Montréal a fait couler beaucoup d’encre, il y a quelques mois. Il ne s’agissait cependant que d’une agitation de surface, masquant une réalité plus inquiétante. «Du boulevard des Laurentides au boulevard Taschereau, en passant par le Quartier latin, les inspecteurs de l’Office québécois de la langue française (OQLF) ont visité près de 1000 commerces du Grand Montréal l’an dernier et ont constaté qu’environ le quart ne se conforment pas aux dispositions de la Charte de la langue française des leurs activités quotidiennes. Leur enquête montre un taux de conformité global de 77% , l’utilisation du français pour servir les clients étant l’élément le mieux respecté par les commerçants. Ce sont les commerces du boulevard Taschereau, sur la Rive-sud, qui présentent le taux de conformité le plus élevé (80%), suivis de ceux du Quartier latin  de Montréal (76%). Le boulevard des Laurentides, à Laval, affiche le taux de conformité global le plus faible à 75%. Le choix des trois secteurs géographiques inspectés été motivés par leur forte densité commerciale et, dans e cas du Quartier latin, par des articles de presse faisant état de difficulté à se faire servir en français, précise François Laberge, porte-parole de l’Office québécois de la langue française. […] Enfin le français doit aussi être langue prédominante de l’affichage public, en particulier à l’extérieur , ainsi que dans leurs opérations de publicité , même si d’autres langues sont permises.[…]. Cette obligations inscrite dans la loi 96, qui a réformé la Charte de la langue française en 2022. Le gouvernement prévoyait trois ans après son entrée en vigueur donc en 2025 , le concept de «prédominance du français» dans l’affichage public ferait place à la notion de «nette prédominance»





Une démarche d’accompagnement (intertitre en gras dans le texte d’origine) 

L’Office québécois de la langue française dispose d’une équipe de sept (7 NDA) inspecteurs et inspectrices, mène chaque année des opérations de ce type en variant les approches, ciblant parfois certains types d’activités, parfois zones géographiques, Pour cette raison , il est difficile d’effectuer des comparaisons sur la façon dont la situation évolue d’une année à l’autre, commente François Laberge. Les commerces qui ne respectent pas les obligations liées à la Charte de la langue française sont contactées par l’Office et se voit proposer un accompagnement. «Ça se fait vraiment dans une démarche d’accompagnement. Des plus de 93% des cas, les dossiers se règlent en collaboration et les correctifs nécessaires sont apportés », rapporte M. Laberge.» (Français: un commerce sur quatre inspecté pr l’OQLF non conforme dans le Grand Montréal, Radio-Canada, 1er mai). Quelle conclusion tirée de ce portrait de l’action de l’Office de la langue française? Premier constat, la défense de l’affichage en français est confié  à sept (7 NDA) inspecteurs et inspectrices pour l’ensemble du territoire québécois. La Coalition avenir Québec (CAQ) est au pouvoir à Québec depuis 2018 et Jean-François Roberge, ministre de la Langue française depuis octobre 2022. À qui feront-ils croire qu’il n’ont pas trouvé le temps et les budgets pour augmenter de façon significative le nombres d’inspecteurs. Avant de se lancer dans de vastes projets de réforme de la Charte de la langue française ( assujettissement de la formation professionnelle et de l’éducation des adultes), mesure qui a toute les apparences d’une opération rattrapage, la CAQ et Jean-François Roberge pourraient dès maintenant, avant les élections à venir,  décider d’augmenter le nombre des inspecteurs de l’OQLF (pas besoin d’une loi et du Parlement, il suffit pour ce faire d’une décision administrative.) Il pourrait aussi profiter de l’occasion pour revoir les mécanismes d’évaluation de l’application des dispositions de la charte de la langue française afin d’avoir un portrait aussi juste que possible de la situation du Français au Québec. 

Souhaitons finalement que l’OQLF abandonne définitivement la «politique d’accompagnement» qui est actuellement la sienne, les contrevenants ne méritent pas d’être «accompagnés», ils méritent d’être sanctionnés. Des sanctions monétaires significatives, des amendes qui devraient passer du simple au double en cas de récidive. Viser le portefeuille des contrevenants plutôt que les accompagner leur fera peut-être entendre raison?

Wednesday, June 10, 2026

Clair, clair, clair

 


L’éventualité d’un nouveau référendum,  que ce référendum se déroule sous les cieux albertain, importe peu ici, a conduit le gouvernement Carney à  «sortir du placard» la Loi sur la clarté référendaire (voir ce blogue, La générale, 2 juin). Mais surprise, la Loi sur la clarté référendaire par Mark Carney est différente de la version adoptée par le Parlement canadien en 2000. La loi de la Clarté, façon Carney est on ne peut  plus  claire. Alors que la «version» Chrétien tolérait encore que le Québec accède à la souveraineté avec une majorité simple (50% des voix plus 1). Mark Carney  au mépris de toute les règles démocratiques généralement admises, nous prévient que cette majorité simple ne sera pas suffisante.» Au sortir de la période des questions mercredi, le premier ministre s’est fait demander si le traditionnel 50% + 1, pour la reconnaissance d’une victoire du camp du Oui serait suffisante. « Non, ce n’est pas le cas, et en vertu de la Loi sur la Clarté, ce n’est absolument pas le cas. Je voua recommande simplement de lire cette loi, elle est très claire » a-t-il dit en mêlée de presse.  Carney répondait la même chose au Bloc québécois en Chambre quelques instants plus tôt, mais de manière moins évidente. «La Chambre des Communes doit tenir compte des facteurs suivants pour établir cette détermination et un vote clair: l’ampleur de la majorité des suffrages valides exprimés en faveur de l’option sécessionniste, et le pourcentage des électeurs admissibles ayant participé au référendum. Ce n’est 50% +1 a-t-il dit..»( Le seuil de 50%+1 n’est «absolument pas suffisant» pour l’indépendance, dit Mark Carney, Journal de Montréal, 26 mai). Les choses sont maintenant claires, Oubliez la loi sur la Clarté et les règles universelles de la démocratie: Ottawa entend établir les règles des référendums albertain et …québécois. Peu importe les résultats de ces deux référendums: Une conclusion s’impose: Ottawa entend bien demeurer maître du jeu et garder la main haute sur le sort politique de l’Alberta et du Québec, qu’importe la volonté des électeurs Albertains et  Québécois.

 


 

 

J’ai parlé plus haut de la Loi sur la clarté « façon»Carney et de la «version»  Chrétien. Façon de parler, car dans la réalité, Jean Chrétien et Mark Carney sont de la même race de petits «magouilleurs», j’écris «magouilleurs», mais j’ai en tête «petits crosseurs» des milliers de migrants naturalisés par le premier en 1995 au savants «calculs» du second sur l’«ampleur de la majorité des suffrages valides en faveur de l’option sécessionniste et le pourcentage des électeurs admissibles». Ici, chaque mot a son importance: quel sens donnera Ottawa aux mots «suffrages valides en faveur de l’option sécessionniste», quel sens Ottawa attribuera-t-il aux mots «électeurs admissibles ayant participé au référendum»? Comment greffiers et scrutateurs de ces référendums seront-ils briefés par Ottawa?

Le Bloc québécois compte proposer l’abrogation de la Loi sur la clarté référendaire,  Si le Bloc obtenait l’abrogation de la Loi sur la Clarté, ce dont je doute beaucoup avec l’actuelle majorité libérale, il n’obtiendrait que l’abrogation de la lettre de la loi. l’esprit de la loi survivrait. La demande du Bloc relève de la pensée magique tant il appert que la pensée d’Ottawa est arrêtée sur la question, afin d’empêcher l’indépendance du Québec, tous les coups sont permis. L’ombre des Jean Chrétien et Stéphane Dion veuille sur le Canada!

Thursday, June 4, 2026

Se souvenir!

 


La «manifestation «raciste» s’étant déroulée à Shawinigan au cours du week end nous a permis de constater l’inexcusable ignorance des chefs politiques québécois à l’égard de la nature du nationalisme canadien-français, puis québécois. 

«Une manifestation dont les participants ont été aperçus tenant une banderole en faveur d’un «Québec blanc» en Mauricie est dénoncée par plusieurs politiciens(la banderole portait le slogan «Je me souviens d’un Québec blanc»). Le co-porte-parole de Québec solidaire, Sol Zanetti, a condamné «une manifestation haineuse, lâche et raciste». «L’identité québécoise serait bien superficielle si elle se résumait si elle était liée à la couleur de la peau. Le suprémacisme blanc n’a pas sa place au Québec» a-t-il écrit. Avec la première partie cette déclaration, Sol Zanetti nous donne la preuve qu’une montre arrêtée peut tout de même donner l’heure juste deux fois par jour. L’heure juste dans ce cas, c’est que l’identité québécoise ne saurait se résumer à la couleur de la peau. Les racines de l’identité québécoise sont bien plus diverses et complexes que la simple couleur de peau. Pour résumer l’identité québécoise avec pertinence: il faut parler de population d’origine européenne, de langue française, de religion catholique, de culture gréco-latine. Ajoutez à ce cocktail déjà riche , l’adaptation de nos ancêtres  aux dures réalités du continent nord-américain et là, et là seulement, vous pouvez commencer à parler d’identité québécoise.  Parler d’un «Québec blanc» apparait donc un peu court et singulièrement réducteur.

 


 

 

 

«Paul St-Pierre Plamondon  a évoqué que les participants pourraient être liés aux «Active clubs», des groupuscules utilisant la mise en forme et les arts martiaux pour promouvoir le suprémacisme blanc.» («Je me souviens  d’un Québec blanc»: Des élus dénoncent une manifestation raciste à Shawinigan, Journal de Montréal, 31mai)

Selon PSPP, l’inspiration derrière cette banderole profondément «réductrice» viendrait des États-Unis à travers ces « Active clubs». Pas besoin de cette «inspiration américaine» pour circonscrire et définir l‘identité canadienne-française puis québécoise. Jamais nos maîtres intellectuels (de Lionel Groulx à Maurice Séguin) ou  politiques ( d’Honoré Mercier à René Lévesque) n’ont défini le Québec comme une société ou une communauté «blanche». Mais ils s’insurgeraient tous aujourd’hui à juste titre contre le tsunami démographique dont vous faisons actuellement les frais au nom de la«diversité» et l’«inclusion». Ils s’interrogeaient aussi sur toute cette agitation autour d’une banderole  tenue par une vingtaine de personnes (Une manifestation suprémaciste à Shawinigan fait réagir, Radio-Canada, 30 mai), Manifestation raciste à Shawinigan: «Inacceptable», selon la première ministre, LCN Nouvelles, 1er juin, La SQ enquête sur une manifestation raciste à Shawinigan, Noovo Info, 1er juin ). Vingt personnes et une banderole, cela fait-il une manifestation? Question que devront trancher nos tribunaux.

Nul besoin d’attendre le verdict de nos tribunaux. Pour tirer certaines conclusions de toute cette histoire. Constatons d’abord,  la belle unanimité de notre classe politique, La condamnation de la banderole «Je me souviens d’un Québec blanc», apparait comme la condamnation par cette classe politique du «Québec blanc». Même réprobation, même indignation, de Christine Fréchette («De tels propos sont inacceptables et n’ont pas leur place dans notre société. Ce n’est pas le Québec que vous sommes.») à Charles Milliard («Je condamne sans retenue ce rassemblement horrible. Honte à celles et ceux qui propagent ce message divisif qui ne représente en rien l’ouverture du peuple québécois.») en passant par Yves-François Blanchet ([La haine n’est pas bienvenue au Québec]) et le Parti conservateur du Québec («Le Parti conservateur condamne la manifestation tenue fin de semaine, à Shawinigan. Une telle intolérance n’a pas sa place au Québec») pour ne pas parler des sous-fifres caquistes comme Christopher Skeette et Ian Lafrenière. À la lecture de ses réactions «politiciennes», force est de conclure que  s’il y a un«racisme systémique»au Québec, c’est un racisme «anti-blanc». Un racisme «anti-blanc»visant la majorité des Québécois encore «blancs», pour leur plus grand malheur. Je ne m’inquiète pas pour un banderole déployée dans un parc. mais je m’interroge sur l’état de santé d’une démocratie dirigée par un te aréopage de moutons de Panurge.

Tuesday, June 2, 2026

La générale

 


Les nationalistes québécois qui se préparent à vivre un éventuel troisième référendum devraient s’intéresser, s’intéresser pour ne pas dire se passionner, pour ce qui se déroule actuellement en Alberta. Ce qui se  déroule actuellement au pied des Rocheuses est une véritable «générale» de ce que nous pourrions être appelés à vivre dans quelques années. 

Tout y est, il y a quelques jours: le gouvernement fédéral, par la bouche de Mark Carney, a annoncé vouloir s’immiscer dans la rédaction de la question que le gouvernement de Danielle Smith entend soumettre à la population albertaine. «Le gouvernement fédéral est en train de réviser la question référendaire que veut soumettre la première ministre de l’Alberta, Danielle Smith aux électeurs sa province en octobre, a confirmé le premier ministre Mark Carney. Cette révision est obligatoire en vertu de la Loi sur la clarté a tenu à souligner le premier ministre durant une conférence de presse à Ottawa visant à faire le point sur les mesures que son gouvernement a prises pour favoriser l construction de logement. Le libellé de la question dévoilé par la première Smith est loin d’être limpide et pourrait porter à confusion selon certains analystes. « L’Alberta doit-elle rester une province du Canada ou le gouvernement de l’Alberta doit-il entamer le processus prévu dans la Constitution canadienne pour tenir un référendum provincial contraignant sur la question de savoir si l’Alberta doit se séparer du Canada?» «La première ministre a proposé cette question, ainsi que d’autres questions connexes. Comme je l’ai dit précédemment, nous allons examiner la question et assumer nos responsabilités. Nous allons vérifier la conformité de cette question au sujet de la question, si je puis dire, sur la séparation avec la Loi sur la clarté. C’est ainsi que cela fonctionne. La question est posée, et nous devons assumer nos responsabilités» a affirmé M. Carney»(«Un bluff très dangereux», selon Mark Carney, La Presse, 25 mai). Il y a plus au programme de Mark Carney: « Je vais certainement faire campagne pour l‘unité canadienne», a-t-il lancé. Vendredi, il disait que le Canada était en «grande rénovation» et qu’il comptait favoriser l’adhésion au Canada en usant de ce qu’il appelle le «fédéralisme coopératif» (Référendum en Alberta: «Je vais certainement faire campagne» , dit Mark Carney, Journal de Montréal, 25 mai).  Il n’y a pas à s’y tromper. Nous sommes bien devant une générale. Dans l’esprit de la chanson, le gouvernement fédérat vise le noir, mais c’est bien le blanc qu’il compte tuer.  

 


 

 

Révision de la question (intuition personnelle: Je suis prêt prendre les paris à l’effet que la question québécoise devra inclure le mot séparation pour satisfaire Ottawa), visite annoncée du Premier ministre, évocation d’un «fédéralisme coopératif», aurons-nous droit dans cet esprit à un premier ministre s’engageant à «remettre son siège en jeu», comme en 1995.

Tuesday, May 26, 2026

Batailles d’hier, grilles d’aujourd’hui et boîte de Pandore

 



Réinterpréter l’histoire peut s’avérer un exercice périlleux et propice à l’ouverture de boîtes de Pandore. Illustration de ce phénomène, La réaction de la Société-Sean-Jean-Baptiste de Montréal (SSJM-M)à la Journée des Patriotes 2026. La SSJB-M choisissant de mettre l’accent sur le rôle des femmes dans La Rébellion des Patriotes. «Ces femmes n‘avaient ni le droit de vote ni de véritable place dans l’espace politique officiel. Malgré cela, elles ont joué un rôle fondamental dans le mouvement patriote. Elles organisaient des réunions secrètes, fabriquaient des drapeaux, cousaient des vêtements, préparaient des munitions, cachaient des Patriotes recherchés et coordonnaient la logistique des exils aux États-Unis, transmettaient des messages soutenaient les familles frappées par la répression britannique. Elles risquaient leur vie pour protégeriez combattants et nourrissaient même lesprisonniers.» (Les femme patriotes oubliées, Journal de Montréal,16 mai). Loin de moi l’idée de vouloir minimiser  de le rôle des femmes Patriotes, mais il faut résister à  cette idée de  «fragmenter » ce moment important de notre histoire profit d’intérêts particuliers  . Une seule attitude convient face à la Rébellion des Patriotes. Pour la Rébellion des Patriotes, il faut s’inspirer de la position de Georges Clémenceau sur la Révolution française. Pour Georges Clemenceau: «la Révolution française est un bloc».


 

 

 De même afin d’éviter la «fragmentation» de la Rébellion auquel nous conduit la position de la Société Saint-Jean Baptiste de Montréal, il faut se convaincre que la Ré bellion est «un bloc». Dans l’ actuel état intellectuel de nos sociétés, faut-il craindre que cet intérêt pour les femmes patriotes ne se transforme demain en intérêt pour d’éventuels Patriotes LBGTQ+, il n’y a pas pour l’heure de tel patriote, Je suis pourtant convaincu qu’en épluchant la correspondance des Patriotes, il serait possible trouver un mot ou une phrase prêtant à interprétation et que dans quelques années d’ici, la Fondation Émergence ne se fende d’un papier intitulé, «Les LBGTQ+ patriotes oubliés».

Monday, May 25, 2026

La folle et le conservateur

 


Les chefs du  Parti libéral du Québec (PLQ) et du Parti conservateur du Québec (PCQ) sont homosexuels. Cela joue visiblement sur leurs préoccupations.

Pour un, Charles Milliard s’est récemment insurgé contre le traitement qu’il reçoit sur les médias sociaux. Il a ainsi déploré le fait qu’il fasse l’objet d’attaques homophobes sur  ces médias sociaux: «Le chef est gay et ça parait», «Milliard est gay et le Québec n’est pas prêt pour un premier ministre homo», «ostie de discours de tapette, qui croit ses conneries»,sont là quelques exemples de commentaires diffusés par le chef du PLQ afin que les Québécois «prennent conscience de ce qui se passe». Selon M. Milliard, ces commentaires « existent plus que jamais», «ensemble dans toutes nos différences, avançons tête haute aujourd’hui vers un avenir rempli d’espoir a-t-il ajouté.» («Avançons la tête haute vers l’avenir»: Charles Milliard dénonce l’homophobie sur les réseaux sociaux, Journal de Montréal, 17 mai). 

 


 

 

 

Plaise à Charles Milliard de jouer la carte de la victime. Il y a plus que de la victimisation dans cette dénonciation. C’est aussi un commode  écran de fumée pour faire oublier les tergiversations  de Charles Milliard avec la Loi 96 et la clause dérogatoire et ses troupes anglophones du West Island. Charles Milliard est seul à vouloir jouer la carte de la victimisation homosexuelle; heureusement, il n’est pas suivi sur ce terrain par le chef du PCQ, Éric Duhaime a une toute autre façon d’appréhender la question. «Contrairement à Charles Milliard, Éric Duhaime préfère s’abstenir de dénoncer les propos haineux qu’il reçoit en raison de son orientation sexuelle pour éviter d’alimenter les trolls d’internet.» «On a une approche différente», M. Milliard et moi, a commenté M. Duhaime en entrevue avec notre Bureau parlementaire «La dernière chose que je veux leur donner, c’est de l’importance a continué M. Duhaime. «Les trolls, qu’est-ce qu’ils veulent? Ils veulent justement que ç’a de l’impact sur nous»a-t-il expliqué.Il est convaincu que ceux qui publient des commentaires haineux sur les réseaux sociaux doivent «savourer secrètement» en voyant les captures d’écran «ça ne va pas les arrêter, ça pourrait même les alimenter», croit le chef conservateur,» (Éric Duhaime juge inutile de dénoncer les insultes homophobes qu’il reçoit, Journal de Montréal, 21 mai). Entre la victimisation de Charles Milliard et l’indifférence d’Éric Duhaime, le choix s’impose facilement: sans pour autant aller jusqu’à songer à voter pour le libertarien Éric Duhaime et son Parti «conservateur».

Tuesday, May 19, 2026

L’armée qu’ils méritent!

 



«Des recrues plus vieilles, moins en forme, qui comprennent mal l’anglais ou le français et qui s’intègrent difficilement à la culture militaire et canadienne: tel est l’envers de la médaille de la hausse du recrutement historique de nos Forces armées». «Le taux de réussite est en chute libre l’école libre de leadership et de recrues des  Forces canadiennes de St-Jean, alors qu’il est passé à 77% selon un rapport interne confidentiel. Historiquement 85% des recrues réussissaient le cours de base. Le rapport rédigé par le colonel Marc Kieley, a été réalisé dans la foulée d’énormes changements apportés aux méthodes de recrutement afin de gonfler les rangs des Forces. Dans les dernières années, Ottawa ouvert la porte aux ressortissants étrangers, au recrues souffrant de certaines conditions médicales; ont a abandonné de tests d’aptitudes, ces changements ont entraîné d’importantes transformations quant aux capacités de base des candidats et une pression croissante sur les instructeurs et le personnel» du collège St. Jean, lit-on dans le rapport[…]. »certains pelotons étaient composés de candidats ayant parfois aussi peu que trois mois de résidence au Canada, ce qui a entraîné un important choc culturel, puisque les candidats ne s’étaient pas encore acclimatés à la société canadienne, encore moins la culture militaire canadienne « ,Écrit M. Kieley. 

 

 


 

Une cohorte francophone a obtenu un taux de réussite famélique de 45% a été minée par des allégations de racisme et de conflits entre groupes culturels, notamment entre personnes du Cameroun et de la Côte d’Ivoire. «Pour certains , c’était aussi la première fois qu’on s’attendait à ce qu’ils traitent les femmes comme leurs égales», souligne lieutenant colonel Marc Kieley.»( (Une hausse de recrues mal préparées inquiète l’armé canadienne, TVA Nouvelles, 7 mai). Il faudra visiblement nous faire à l’idée de cette armée ou la quantité prime sur la qualité. Il faudra aussi nous faire à l’idée que l’armée canadienne, s’il est encore possible de parler d’ «armée»? Bien peu «armée», mais définitivement canadienne tant cette armée post nationale est bien la seule que le Canada mérite!

Thursday, May 14, 2026

Gouin, vaux bien une messe!

 


Alexandre Boulerice passe du NPD à QS. Le dernier survivant de la vague orange de 2011. S’apprête à Passer du Nouveau Parti démocratique (NPD) à Québec solidaire (QS). Passage amplement télégraphié, tant la perspective de ce passage avait causé des vagues à QS, le parti entendant initialement réserver la circonscription de Gouin (considérée comme une circonscription sûre pour les solidaires) à une candidature féminine ou à un homme binaire. (voir à ce sujet, «Québec solidaire prêt à contourner ses propres règles pour avoir un homme dans Gouin»,Radio-Canada, 18 février). À Québec Solidaire, le traditionnel plat de lentilles prend la forme d’un siège à l’Assemblée nationale. Un passage qui, s’il ne surprend pas, soulève néanmoins des questions sérieuses

 


 

 

Première question: Alexandre est-il fédéraliste ou souverainiste? Question à laquelle Alexandre devra répondre, s’il ne le fait pas, la réponse reviendra aux électeurs de Gouin qui devront trancher le 6octobre prochain.

Deuxième question: en passant du NPD à QS, Alexandre Boulerice demeure à «gauche», mais s’agit-il toujours de la même «gauche», Alexandre Boulerice semble ne pas éprouver de difficultés à passer de la gauche modérée et pragmatique du NPD à une gauche prête, il y a quelques semaines, à accueillir Rima El Hassan, députée de La France insoumise à l’Assemblée nationale française, cela devrait signifier qu’Alexandre Boulerice ne répugne pas à avaler quelques couleuvres et ne répugne pas devant le fait d’en faire avaler aux électeurs de Gouin. La question demeure donc posée. 

Sans réponses claires à ces deux questions: force est de constater que nous sommes confrontés à une troisième question. Qui est le véritable Alexandre Boulerice? Un carriériste, un progressiste plus radical que son épisode néo-démocrate ne le laisse supposer, (un «loup en peau de mouton»), un solidaire rongeant son frein au NPD depuis 2011? Tentant de croire qu’Alexandre Boulerice coche toutes ses cases? 

À la première question: Alexandre Boulerice fournit une réponse tout le moins ambiguë, semblant se plaire à mêler cartes et électeurs: «il ne croit pas trahir ses électeurs qui ont donné une confortable majorité, il y a pratiquement un an jour pour jour. «J’ai reçu un mandat clair des gens de Rosemont-La Petite Patrie pour les représenter le plus longtemps possible et c’est possible de le faire comme député indépendant.»Le jour de ma première élection le 2 mai 2011, a-t-il rappelé. « J’avais ma carte de Québec solidaire dans mon portefeuille» (Passage confirmé à Québec solidaire Alexandre Boulerice «rentre à la maison», La Presse, 27avril). La question de la sincérité des convictions d’Alexandre Boulerice se pose donc. Les électeurs de Gouin ont-ils élu le 2 mai 2011: un solidaire cachant son jeu dans son portefeuille ou un véritable néo démocrate. C’est aux électeurs de Gouin qu’il reviendra en octobre prochain de trancher la question de  la sincérité des convictions d’Alexandre Boulerice, à eux et à eux seuls de trancher.  Sont-ils prêts à avaler les couleuvres qu’Alexandre Boulerice semble prêt à leur faire avaler. 

Seront-ils  tentés d’élire un Alexandre Boulerice visiblement prêt à paraphraser Henri IV et dire comme ce dernier que Gouin vaut bien une messe! Si les députés transfuges comme Matt Generoux, Marilyn Gladu et Michael Wa alimentent le cynisme des électeurs, quel terme convient à un individu comme Alexandre Boulerice, solidaire au Québec et néo démocrate à Ottawa, Dégoût et écoeurement viennent à l’esprit, viendront-ils à l’esprit des électeurs de Gouin en octobre prochain? Donc, pas de réponse claire à la première question. Pour ce qui est de la deuxième question, il faudra attendre les premières déclarations d’Alexandre Boulerice comme solidaire afin de trancher à quelle «gauche», il appartient. Encore là, le verdict final reviendra aux électeurs de Gouin.En traitant ainsi, sans états d’âme apparents du NPD à QS, Alexandre Boulerice nous donne une belle illustration du principe de la vase communicante. 


Tuesday, May 12, 2026

Une vieille chanson!

 


Réunis en congrès afin de définir Leur plateforme pour l’élection à venir, les délégués de Québec solidaire (QS) ont fourbi leurs armes pour les élections législatives d’octobre. Temps fort de la vie d’un parti, ces congrès permettent aux militants de discuter entre eux de sujets qui leurs apparaissent fondamentaux dans la définition de l’ADN du parti. Étaient notamment inscrites au menu des résolutions voulant que QS mette de l’avant une réforme significative de la fiscalité afin d’amener les «riches» du Québec à contribuer plus largement à l’assiette fiscale de l’État Québécois et favorise la création d’épiceries collectives. 


Pour ce qui est de l’ADN de QS. Je crois entendre un vieille chanson! Une chanson entendue voilà bien longtemps. L’intention de Québec solidaire (QS) de taxer plus lourdement les «riches» (Québec veut aller chercher l’«argent de poche»des multi millionnaires, La Presse, 9 mai) fait écho au Faisons payer les riches! scandés ad nauseam par les militants ML (Marxistes-léninistes) des années 1970. Tentant de croire que certain de ces ML ayant sévi au Parti communiste du Québec après avoir fait leurs premiers de militants marxistes à la Ligue communiste du Québec. Faut-il croire que certains de ces pro-Chinois «blanchi sous le harnais» n’ait trouvé refuge à QS. Faire payer les riches est un vieux slogan qui a autant de barbe que les camarades Marx et Engels. Après s’être fait plaisir avec cette charge contre les «riches», QS est revenu à la raison en écartant de son futur programme cette idée d’imposer les «riches». «Québec solidaire (QS) fera bel et bien campagne cet automne en proposant que les familles possédant une fortune de 25M $ ou plus soient assujettis à une taxe annuelle sur le capital accumulé. Une proposition visant à réduire le seuil à 5 M $ a été rejetée in extremis, samedi matin, par les délégués réunis en congrès au centre-ville de Montréal. »(QS rejette l’idée de taxer le capital à partir de 5M $, Radio-Canada, 9 mai) Préférant oublier le 25 M$ et conserver la cible des 5M $. Les sommes en cause varient, mais l’obsession demeure.





L’idée d’épiceries collectives elle n’a pas de barbe.

«Cette propositions de QS s’inscrit dans un courant de partis de gauche qui veulent trouver une solution à l’inflation du panier d’épicerie qui touche tout le monde, mais frappe encore plus durement les plus démunis. C’était une promesse phare du maire de New-York, Zohran Mamdani, et du nouveau chef du NPD à Ottawa, Avi Lewis, dans le cas de Québec solidaire, on envisage plutôt des grossistes alimentaires.» (Québec solidaire veux des «Costco québécois» publics, La Presse, 7 mai). Avec cette proposition d’apparence généreuse formulée autant pour les plus démunis que pour les classes moyennes. Québec solidaire n’entend peut être pas Faire payer les Riches, mais il est certain que cette mesure si elle devait être appliquée sonnerait le glas pour de nombreuses petites épiceries du Québec, des commerce de proximité qui sont aussi souvent des entreprises familiales.

Saturday, May 9, 2026

Sous le bus!

 



« Au lendemain d’un rapport dévastateur la commissaire à l’éthique envers Sona Lakhoyan Olivier, le chef libéral Charles Milliard exige que la députée désormais indépendante de Chomedey soit bannie du parti. «Dans une déclaration publiée sur les réseaux sociaux, vendredi matin, M. Millard a fait savoir qu’il avait convoqué l’exécutif du parti libéral du Québec afin que la carte de membre de Mme Sona Lakhoyan Olivier soit révoquée de façon immédiate et permanente.» «J’ai également demandé au parti de nommer une nouvelle personne à la présidence de l’association de Chomedey d’entreprendre une restructuration complète de son exécutif», a-t-il ajouté. La soeur de Sona Lakhoyan Olivier se voit donc tassée de l’exécutif local du PLQ dans Chomedey.» Zepure Lakhoyan était jusque là présidente par intérim du comité exécutif de l’association libérale de Chomedey. «craignant que les méthodes reprochées à la députée de Chomedey soient répandues au PLQ, le PQ réclame que toutes les sommes récoltées illégalement pendant la campagne  à la chefferie de M. Rodriguez. Selon le député péquiste Alex Boissoneault, les mesures annoncées par M. Milliard envers son ancienne députée «ne suffisent pas à dissiper la «zone grise en matière d’éthique su sein du PLQ». Il rappelle que le PLQ fait toujours l’objet d’enquêtes du Directeur des élections du Québec et de l’Unité permanente anti corruption (UPAC). «Le ménage n’a visiblement pas été fait. Cette structure organisationnelle douteuse en matière d’éthique est profondément enracinée.» a déclaré M. Boissoneault.»(Charles Milliard veut bannir Sona Lakhoyan Olivier du PLQ, TVA Nouvelles, 6 mai)





L’ «affaire Lakoyan » est-elle pourtant terminée? En politique comme dans la vie: il y a deux façons de régler un problème. Il est possible d’aller au fond des choses, à la racines du mal ou choisir de demeure à la surface des choses, avec la «solution cosmétique». 

Dans ce qu’il convient désormais d’appeler l’«affaire Lakhoyian», le Parti libéral du Québec (PLQ), a clairement choisi la «solution cosmétique» en annonçant se débarrasser de Sona Lakhoyan Olivier, députée de la circonscription lavaloise de Chomedey. «solution cosmétique» dans la mesure ou se débarrasser de Me Lakhoyian est la solution facile, «cosmétique»parce que c’est aussi la solution qui «paraît bien», la pomme pourrie étant jetée hors du panier. Jouant les Ponce Pilate québécois, Charles Milliard se lève les mains de l’«affaire Lakhoyan» en excluant cette dernière du PLQ. Solution facile aussi car peu importe le sort réservé à Sona Lakhoyan, la circonscription de Chomedey demeurera dans le giron libéral: Chomedey étant l’une ces circonscriptions québécoises acquises aux Libéraux qu’importe le nom, la religion ou l’origine ethnique du candidat. Le prix payé pour se débarrasser de l’ »affaire Lakhoyan» est finalement bien 

Insignifiant: Charles Milliard a pour reprendre l’expression populaire américaine «jeté sous le bus» une députée d’arrière-ban, élue d’une circonscription sûre. La question à se poser maintenant est qui Charles Milliard jettera «sous le bus» pour se débarrasser des enquêtes du Directeur des élections du Québec et de l’Unité permanente anticorruption?

Qu’importe lque Charles Milliard ait jette « sous le bus » Sona Lakhoyan Olivier? Les électeurs québécois sont encore devant le même PLQ, ils auront l’occasion de lui dire en octobre ce qu’ils pensent du «petit» ménage de M. Millard.

Friday, May 8, 2026

Lapsus ou pensée profonde?

 


Faut-il considérer la récente déclaration de Charles Milliard, chef du Parti libéral du Québec (PLQ), voulant que le Québec ait «deux langues officielles», comme un lapsus ou l’expression de sa pensée profonde?

 


 

 

«Le chef Parti libéral du Québec (PLQ),Charles Milliard, se voit à nouveau dépeint par ses adversaires politiques comme un politicien manquant de considération pour le français et pour l’avenir de celui-ci en Amérique du Nord. Il n’en fallait pas plus pour que les caquistes et les péquistes s’insurgent. «C’est très clair que la seule langue officielle et commune du Québec c’est le français notamment rappelé l’auteur de la «loi 96», Simon Jolin-Barrette à sa sortie de la réunion hebdomadaire du CabinetFréchette, mercredi après-midi.» (Milliard s’échappe en évoquant «deux langues officielles». Radio-Canada, 6 avril). Lapsus ou pensée profonde? Pas question d’accorder à Charles Milliard, le bénéfice de la présomption d’innocence. Ses tergiversations sur l’application de la clause dérogatoire afin de «protéger»la loi 96»montrent bien que la «pensée profonde» de Charles Milliard n’incline pas spontanément à la protection du français, mais que cette «pensée profonde» est, elle, profondément au diapason de celle de son électorat du West-Island.

Thursday, May 7, 2026

Un crime, st’un crime bis

 


«Mais si la pensée corrompt le langage, le langage peut aussi corrompre la pensée»(George Orwell, extrait de 1984). Vous voulez vraiment transformer la société: un conseil, attaquez vous au langage. En vous attaquant au sens des mots, vous vous attaquer aussi à l’une des structures même de la société. Jouer avec le sens des mots est l’une des façons les plus efficaces de pervertir l’ordre social. 

J’écrivais, il y a quelques jours, sur ce blogue un texte dénonçant l’utilisation de terme «crime d’honneur»pour décrire ce qui était fondamentalement une tentative de meurtre. J’y dénonçais aussi l’irruption dans notre société d’une idée moyenâgeuse qui n’a pas sa place chez nous (voir ce blogue, Un crime s’tun crime, point à la ligne, 25 avril).C’est l’actualité qui encore une fois, nous offre une nouvelle illustration de cette tentative de jouer avec le sens des mots. Encore une fois, un fait divers. 

 


 

 

«Le collectif militant «Robin des ruelles» a revendiqué plusieurs vols à’étalage organisés jeudi soir à Montréal et dans la Capitale Nationale, ces derniers affirmaient avoir commis des «vols politiques» en l’honneur du 1er mai, Journée internationale des travailleuses et des travailleurs. Nous décrivant notamment quelles membres ‘un groupe déguisés en coureurs s’identifiant comme les «runners des ruelles» auraient «dévalisé» un Maxi sur la rue Beaubien […] »Ce 1er mai, qu’es-ce qu’on peut célébrer? On est de plus en plus nombreux à en arracher, on se retrouve à travailler toujours plus sans arriver à se loger et à se nourrir sans stresser à la fin du mois» affirme Frédéric Laflèche. «Pourquoi? La même raison toujours l’exploitation de notre travail parce que les grands propriétaire s’enrichissent sur notre dos par le vol de nos moyens de subsistance et l’exploitation de notre travail.»(Le collectif anticapitaliste «Robin des ruelles» revendique des vols à l‘étalage «politiques» pour le 1er mai», Journal de Montréal, 1er mai). De quoi s’agit-il précisément: «La boulangerie montréalaise Manie Clafoutis de la rue Saint-Denis à Montréal a tété la cible d’un vol collectif revendiqué par un groupe anonyme dénoncant son système de paiement automatisé. Un groupe d’une dizaine de personnes, visages dissimulés, derrière casquettes, lunettes cache-cols a fait irruption dans un établissement Mamie Clafoutis peu après l’ouverture, repartant les bras chargés de viennoiseries sans payer. L’action a été revendiquée par un collectif anticapitaliste qui dit avoir délibérément ciblé cette enseigne en raison de son système de magasins «automatisés». À l’occasion 1er mai, journée internationale des travailleurs et travailleuses. Ils dénoncent ce système Scan and Go et d’auto-paiement  proposé par l’entreprise en partenariat avec l’entreprise technologique Leav. […] Le propriétaire de l’établissement, Nicholas Deloumel peine reconnaître sa boulangerie dans le portrait que dressent les militants. «On est une petite PME, on fait travailler du monde, on utilise des produits québécois, on n’est pas Amazon», dit-il. Il y aurait une forte contradiction dans le geste posé et les revendications scandées.[…] »(Un groupe militant cambriole la boulangerie Mamie Clafoutis, Journal de Montréal, 1er mai)

Je ne puis faire mention de ces «vols politiques», sans m’empêcher penser au «crime d’honneur» cité plus haut.Il s’agit de nous imposer une novlangue qui se substituerait à la langue à laquelle nous sommes habitués, novlangue devant probablement précéder une novsociété banalisant aujourd’hui le vol à l’étalage et demain peut-être les cambriolages et les invasions de domicile. cette novlangue n’est dans les faits qu’un marxisme mal digéré. Parler de «vols politiques», le jour de Fête internationale des travailleuses et des travailleurs, c’est insulter des centaines de milliers d’honnêtes travailleurs québécois qui se font un devoir, sinon un honneur, de payer ce qu’ils achètent et pour qui un «vol politique » ne saurait être autre chose qu’un vol point à la ligne, un vol à l’étalage que le commerçant finira par nous faire payer afin de pallier à l’augmentation de ses coûts d’assurance.

 


 

 

«Vol politique», le crime, sans jeu de mots est signé, cette idée de «vol politique» a reçu un accueil favorable sur le site anarchiste Montréal contre information (nouvelles et analyses anarchistes et antiautoritaires) (voir, sur ce site, Nous avons pris aujourd’hui notre pain de ce jour: Refusons le ¨Pain-option de Mamie Clafoutis, 2 mai). Après ces «vols politiques», les responsables de ces «vols politiques» s’ils sont arrêtés un jour, ce dont je doute, réclameront-ils d’être traités en « prisonniers politiques », la boucle serait ainsi bouclée. 

J’écris plus haut que je doute que ces Robins des ruelles soient jamais arrêtés. Le Réseau de l’information (RDI) en mission afin de banaliser ces « vols politiques », se demande en effet si nous sommes devant une manifestation ou un crime. Réseau de l’information: 5 mai, 11h46, à l’émission d’Isabelle Richer sur les ondes de RDI, cette dernière recevait André Gélinas, policier à la retraite du SPVM et lui demandait si cette «action anticapitaliste» était «une manifestation ou un crime». La novlangue est à l’oeuvre: de «vol politique», nous passons à «manifestation», à la trappe l’idée même de crime. Je ne sais pourquoi, il me vient une envie folle de manifester dans une librairie ou, mieux, chez un concessionnaire automobile (J’ai à l’idée, une manifestation chez le concessionnaire Land Rover de mon quartier).