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Saturday, October 31, 2020

Éthique à géométrie très variable

 



L'attitude de François Legault a l'égard de Pierre Fitzgibbon est à tout le moins curieuse. Pierre Fitzgibbon, ministre de l'Économie et de l'innovation, a fait l'objet d'une réprimande de la part de la commissaire à l'éthique de l'Assemblée nationale, Me Ariane Mignolet:«À la demande des péquistes . Me Mignolet avait amorcé en 2019 une enquête sur un possible conflit d'intérêt au dossier Move Protéine en relation avec la nomination de l'actuel président et chef de la direction d'Investissement Québec, Guy Leblanc. M. Legault a affirmé jeudi que M. Fitzgibbon aurait dû être plus prudent dans ses rencontres avec un ami lobbyiste» Difficile ici de ne pas penser que le vrai message de M. Legault avait pas en tête était, la prochaine fois ne te fais pas prendre plutôt que «il aurait dû être plus prudent»(Legault croit que son ministre doit être réprimandé» Journal de Montréal, 29 octobre).  Tout étonne dans cette histoire, en effet: » Le premier ministre François Legault suggère à ses députés de voter en faveur d'une réprimande recommandée par le commissaire à l'éthique de l'Assemblée nationale contre le ministre l'Économie Pierre Fiztgibbon. Qui peut croire à une réprimande votée par les députés caquistes à l'égard d'un collègue et d'un ministre senior, ce qui est habituellement le cas du ministre de l'Économie. Plutôt que je jouer à Ponce Pilate, Francois Legault devrait se souvenir que c'est au premier ministre à démettre un ministre, pour compléter le travail, M. Legault pourrait aussi expulser pierre Fitzgibbon du caucus caquiste et le contraindre à siéger comme indépendant, son actuelle majorité lui permet de poser ce geste sans crainte, à moins qu'il ne redoute le départ de Pierre Fitzgibbon et son retour au secteur privé dont il a visiblement conservé les moeurs, une démission qui signifierait une élection partielle; perspective peu menacante, compte tenu de la majorité de la Coalition Avenir Québec. Il est peu probable François Legault: pousse l'affaire plus loin, à ses yeux , en effet: » Il a eu sa leçon. Qu'on en parle dans les médias , c'est la pire réprimande qu'on peut pas souhaiter avoir» a conclut M. Legault.» pire réprimande ou non, Pierre Fitzgibbon demeure ministre de l'Économie en profitera-t-il pour démontrer son intérêt pour de «beaux projets» pour le Québec. Ce que constate aussi François Legault lorsqu'il affirme: «Il n'aurait pas dû rencontrer son ami. même si son ami avait de beaux projets pour le Québec, c'est assez évident que c'est plus facile de rencontrer un ministre que pour quelqu'un qui n'est pas un ami. Il y a un problème d'équité.» Tout à sa très variable éthique: «M.Legault est près à passer l'éponge et croit que cette erreur n'empêche pas M. Fizgibbon d'exercer ses fonctions. Selon le premier ministre, cette situation, survenue alors que plusieurs feux rouges avaient pourtant été déjà été allumés quant aux relations personnelles de M. Fitzgibbon, est due à son manque d'expérience en politique.» Dans cette histoire de copinage de Chambre de commerce,  François Legault se rend-il compte qu'il vient de donner la définition même du favoritisme? à



Sunday, December 1, 2019

Une nouvelle caste?


Assistons-nous au développement d'une nouvelle caste? Deux évènements récents nous incitent à le croire. Le dernier en date, le plus médiatisée, concerne Sylvie Lalande et la saga des publications de Groupe Capitales médias(GCM). Madame Lalande est présidente du Groupe TVA et vice-présidente du conseil de Québécor, elle préside aussi le C.A. de Capital régional et coopératif Desjardins (CRCD)
Desjardins ayant refusé de financer la coopérative des travailleurs de GCM. « Surpris du refus de Desjardins de financer la coopérative des travailleurs de Groupe Capitales Médias(GCM) le ministre de l'économie, Pierre Fitzgibbon, se demande « s'il y avait des forces en présence qui auraient pu faire dérailler la décision ». Car selon lui, «il y a possiblement apparence de conflits d'intérêts» avec la présence d'une dirigeante de Québécor au conseil d'administration du principal bras investisseur de Desjardins.»(GCM: Québec s'interroge sur un lien entre Desjardins et Québecor, La Presse, 27 novembre). ««Il est clair pour moi que la présence de Mme Lalande au conseil d'administration de CRCD doit susciter un questionnement. Par contre, je ne suis pas prêt à dire qu'il y a un conflit d'intérêt formel » a affirmé M.Fitzgibbon lors d'un entretien avec La Presse mardi.» Il y a possiblement apparence de conflit, c'est sûr. Je ne sais pas ce qui s'est passé.»» Affirmation rapidement suivie de l'envoi d'une mise en demeure par Sylvie Lalande enjoignant le ministre de l'Économie de s'excuser pour sa déclaration sur «une possible apparence de conflit d'intérêt.» Demande balayée du revers de la main par Pierre Fitzgibbon. L'affaire aurait pu en rester là, non, elle change de niveau et passe dans les ligues majeures avec intervention de Pierre-Karl Péladeau et François Legault. 
«Pierre-Karl Péladeau a écrit une lettre au premier ministre du Québec dans laquelle il laisse entendre que les propos du gouvernement concernant une administratrice de Québecor sont «rétrogrades » parce qu'adressés à une femme.». Lettre mal avisée car elle transformait le débat en question de sexe, Madame Lalande étant visiblement capable de se défendre seule. sa mise en demeure le prouvant. «Ça n'a rien à voir avec le fait que ce soit un homme ou une femme, a répondu vendredi François lors d'une mêlée de presse.»(Legault répond aux critiques de Péladeau, La Presse, 29 novembre). Pierre Karl Péladeau a-t-il réalisé, lui,  qu'il y avait quelque chose de « rétrograde» dans sa propre intervention. Jouer les preux chevalier en 2019 a quelque chose de rétrograde. Madame Lalande a-t-elle besoin d'être ainsi chaperonnée? L'intervention de Pierre Karl Péladeau est finalement plus méprisante pour son administratrice que les propos de Pierre Fitzgibbon heureusement ramenées à leur juste proportion par François Legault.



Autre évènement pouvant faire croire à l'émergence d'une nouvelle caste, nous passons de Québec à Montréal. La métropole a-t-elle frôlé la catastrophe financière, c'est ce que nous pourrions croire à la lecture de certains articles (Dépenses effrénées de l'administration Plante-Dorais: Montréal a frôlé la catastrophe financière, Journal de Montréal, 22 novembre).  Plus subtile que Sylvie Lalande, Valérie Plante n'étourdit pas ses contradicteurs de mises en demeures, elle a plutôt recours à l'ironie, ce qu'elle croit être de l'ironie,  pour répondre à ses contradicteurs; (Valérie Plante habituée aux critiques de «messieurs», La Presse, 27 novembre), « invitée à préciser sa pensée sur ces « messieurs », Mme Plante a nommé son prédécesseur Denis Coderre, l'ancien chef de son parti Richard Bergeron, et « maintenant M.Ferrandez », « Voilà, ils ont des opinions et ils les partagent, Ils ont des tribunes », a-t-elle affirmé[...]». «Madame» dresse sa féminité contre ce qu'elle considère comme une Caballe de «Messieurs». De Sylvie Lalande à Valérie Plante, une constante se dégage, Mmes Lalande (par Pierre Karl Péladeau interposé) et Valérie Plante sont au dessus de la mêlée et ne peuvent être critiquées. Avantage à Valérie Plante qui apparaît être capable de se défendre elle-même. Si les femmes veulent prendre leur place dans la mêlée, elles doivent être prêtes à prendre des mises en mises en échec et même des doubles échecs, la game politique n'a pas à changer pour faire plaisir à cette nouvelle caste.

Sunday, November 10, 2019

Et la lumière fut


Le combat pour la défense et la promotion de notre identité nationale sera populaire ou ne sera pas, certains groupes de la population québécoises y demeureront irréductiblement réfractaires. Certains de ces groupes sont désormais connus (il serait plus juste de parler de »communautés ethniques ou confessionnelles). Sans parler des « traîtres d'habitude», comme un Justin Trudeau,  comme il y avait autrefois des « criminels d'habitude ». François Legault a découvert un autre groupe sur lequel il ne peut compter, sur lequel nous ne pouvons non plus compter dans cette lutte, ce groupe dont tout nationaliste identitaire, se méfiera d'instinct, est celui des groupes économiques. Celui que certains dans nos rangs tiennent pour un nationaliste de coeur vient de faire connaître sa sympathie pour cette méfiance: « François Legault accuse les groupes économique et particulièrement Michel Leblanc, président de la Chambre de commerce de Montréal, de vouloir plus d'immigrants afin de bénéficier d'une main d'oeuvre à bon marché» (Immigration: Legault s'en prend à la Chambre de commerce de Montréal, La Presse, 7 novembre). »C'est un jeu d'offre et de la demande . Plus il y a de main d'oeuvre au Québec, plus on peut garder les salaires bas. Plus on est capables de trouver des employés à 12-15$ de l'heure. Il faut être prudent . Ma responsabilité, c'est de défendre les intérêts des Québécois.[...] Je ne travaille pas pour Michel Leblanc »
 
 
 
« Par voie de communiqué, mercredi, la Fédération des chambres de commerce du Québec, le Conseil du patronat , Manufacturiers et Exportateurs du Québec, la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante, la Chambre de commerce du Montréal métropolitain et la Chambre de commerce et d'industrie de Québec ont joint leurs voix pour demander à nouveau que le gouvernement Legault hausse les seuils d'immigration au Québec.  Difficile devant un tel aréopage et une telle levée de boucliers de ne pas penser, la « poche avant la patrie ». Confirmant cette désaffection l'égard du combat engagé à l'égard de notre identité national:»M, Fitzgibbon , qui n'a pu nommer un seul groupe patronal ou une seule entreprise appuyant la décision de Simon Jolin-Barrette de restreindre l''accès au PEQ (Programme de l'expérience québécoise, NDA), en toute honnêteté, le PEQ n'est pas toute la politique de la CAQ en matière d'immigration),estime plutôt que se sont les Québécois qui sont derrière la CAQ.»(Fitzgibbon incapable de nommer un seul acteur économique qui appuie la réforme de l'immigration, Journal de Montréal, 7 novembre). Il faut souhaiter que la résolution de François Legault ne faiblisse pas, certains de ces ministres clés semblent déjà « branler dans le manche », ainsi:»M»Fitzgibbon a également affirmé que les programmes d'immigration temporaire pourraient prendre le relais aux programmes d'immigration permanente afin de combler les besoins en main d'oeuvre.» De tels propos nous rappellent que Judas était près du Christ et qu'il faisait part du cercle des apôtres. Souhaitons que François Legault ayant vu la lumière , éloigne de son Conseil des ministres cet homme de «peu de foi», et que dans la même charrette, il trouve une place pour Christian Dubé, Éric Girard et Jean Boulet.

Friday, July 5, 2019

Chassez le naturel,



il revient au galop. Cette fois, c'est Pierre Fitzgibbon qui nous permet de vérifier la vérité de cet adage. En mission économique en Ontario, le ministre de l'économie du Québec s'est adressé exclusivement en anglais à la communauté d'affaires de l'Ontario (Le français absent de la mission économique la CAQ en Ontario, Journal de Montréal, 2 juillet ). «  Dans un geste inhabituel, le ministre l'économie de François Legault n'a prononcé qu'un seul mot de français pendant une allocution devant une centaine des principaux acteurs du monde économique de l'Ontario. Volontiers racoleur et pensant probablement faire de l'esprit,  le ministre s'essayant à l'Humour: » Oui the North «  a-il lancé en boutade , en lien avec le slogan des Raptors de Toronto. »  le slogan d'origine étant « We the North « .  Pierre Fitzgibbon a probablement oublié que l'humour que l'on veut avoir gâche celui que l'on a. 
 
 
 
« En entrevue au Journal, M. Fitzgibbon n'a pas semblé se formaliser de cet impair. «je suis en Ontario. Je peux parler en français aussi , mais je m'adressais principalement  et c'était à des gens anglophones et c'était [par] respect des gens que j'ai agi comme ça.»
De combien d'années Pierre Fitzgibbon fait-il reculer le Québec avec un tel langage de colonisé?
Nous ne sommes pas au bout de nos peines avec Fitzgibbon qui ajoute, toujours en mode colonisé:»j'ai d'ailleurs apprécié que mon homologue ontarien dise quelques mots dans la langue de Molière ».  le porteur d'eau se contente des quelques miettes jetées par le colonisateur.

Heureusement, la réaction de François Legault n'a pas tardé. «Évidemment, lorsqu'il est ministre et qu'il représente le gouvernement du Québec, il a un message à passer que c'est en français que ça se passe » a lancé le premier ministre mercredi à Québec. » ( Un ministre doit parler français à l'extérieur du Québec , dit François Legault, Journal de Montréal, 3 juillet)

« François Legault explique la gaffe de son ministre par un manque d'expérience et de vieilles habitudes de financier, « C'est un nouveau politicien. Il y a des gens d'affaires , lorsqu'ils vont à Toronto , qui sont habitués de parler en anglais. c'est probablement son cas » a-t-il expliqué.M Fitzgibbon reconnu qu'il a fait une erreur , il aurait dû dire quelques mots en français Quand il sort du Québec, il représente le Québec, c'est important que les gens comprennent le message », a-t-il souligné. Il ne croit pas toutefois que cette erreur nuise à l'image nationaliste du gouvernement caquiste. « Il a dit qu'il ne recommencerais pas » a indiqué M. Legault qui estime q'un politicien québécois doit « dire quelques phrases en français»  à l'extérieur du Québec.  Cette volonté de se contenter de «quelques phrases en français» à l'extérieur du Québec est inquiétante car elle montre, chez François Legault, qu'il participe lui aussi de l'univers intellectuel  d'un financier habitué à parler anglais lorsque, il va à Toronto, lui et Pierre Fitzgibbon appartiennent au même monde des « hommes d'affaires «dont le portefeuille et l'attaché case sont la seule patrie. Chez eux, ce naturel reviendra toujours au galop