Tuesday, March 3, 2020

Nationaliste ou post national?



Faut-il que les nationalistes québécois, ceux de la variété identitaire du moins, se prenne à souhaiter longue vie à François Legault et Simon Jolin-Barrette? Il faut le croire, car la relève caquiste a tout pour inquiéter. Dans une formation politique encore jeune et visiblement peu porté sur la réflexion, quelques slogans semblent contenter députés et ministres caquistes (les maternelles quatre ans, les maisons des aînés, En prendre moins et en prendre soin), Dans un tel vide intellectuel, les caquistes sont susceptibles d'aller dans toutes les directions et toutes les dérives. Les prises de position récentes de l'aile jeunesse de la Coalition Avenir Québec (CAQ) illustre bien ce propos. «Au lieu d'un enseignement des religions qui suscite «la division», le futur cours remplaçant Éthique et culture religieuse (ECR) doit porter sur les valeurs communes du Québec et son modèle d'intégration des immigrants, soutient l'aile jeunesse de la Coalition avenir Québec(CAQ). L'éducation à la citoyenneté et le développement de l'esprit critique doivent également faire partie du nouveau programme, selon elle.»(Les jeunes caquistes veulent un cours sur les «valeurs québécoises», La Presse, 27 février).
 
 
 
« Plutôt que d'enseigner le vivre-ensemble de manière clivante comme cela pouvait être le cas depuis 2008, l'aile jeunesse de la CAQ «appuie la mise en avant des valeurs québécoises de l'interculturalisme comme modèle d'intégration, des éléments qui rassemblent la vaste majorité des Québécois». Toujours selon son mémoire, l'interculturalisme «reconnaît le pluralisme qui compose la société québécoise , tout en valorisant les échanges et l'appartenance à une culture partagée , caractérisée par une langue, des institutions et une histoire commune. Ce modèle, qui permet à tous de trouver leur place au sein d'une culture nationale unique, rassemble les Québécois et doit servir de base à l'enseignement du vivre-ensemble. [...] Le nouveau cours doit également porter sur l'éducation à la sexualité. Le consentement sexuel et le harcèlement doivent être abordés dans les écoles, surtout «après la vague de #moi aussi» font valoir les jeunes caquistes». Faudra-t-il aussi parler de se laver les mains avant les repas, de manger la bouche fermée, etc. À la lecture de ces quelques lignes, difficile de ne pas conclure: Jeunes caquistes, Jeunes libéraux, Péquistes même combat (un petit rappel; Le candidat à la direction du parti Québécois, Guy Nantel ne déclarait-il pas lors de son entrée en lice: » qu'il compte aussi prôner des valeurs telles que l'égalité hommes-femmes, la séparation entre le religieux et l'État, l'intégration des personnes issues des communautés culturelles et la protection de l'environnement». Le paysage québécois devient de plus en plus plat et il faut prévoir que nos prochaines campagnes électorales seront des batailles de marketing politiques opposant, à défaut d'idées et de principes, les «gueules», les sourires et les cravates des chefs. Même adhésion au conformisme ambiant, adhésion qui se traduit notamment par l'utilisation des mots «valeurs québécoises» probablement réduite à la prépondérance du français (il faudra un jour sortir de cette croyance facile et dangereuse que la langue française représente et incarne la culture québécoise, la culture québécoise pour avoir un sens doit être et demeurer une culture fondamentalement européenne, n'en déplaise à toutes les «chances pour le Québec» qui débarque chez nous), au-delà de la langue française, l'égalité homme-femme, la protection de l'environnement, l'intégration des personnes issues de l'immigration et des communautés culturelles (de là, le recours à cette notion de «vivre-ensemble»). Les partis politiques québécois se dirigent vers une homogénéisation qui rend difficile de les distinguer les uns des autres. Personne pour rappeler aux jeunes caquistes que l'interculturalisme n'est toujours qu'un multiculturalisme à la sauce Taylor-Bouchard, il sera intéressant de voir comment il vont réussir à concilier cet interculturalisme avec leur souhait d'une «culture nationale unique». Nous nous dirigeons vers une standardisation de nos partis politiques que ne distinguerons plus bientôt que la tête de leurs chefs, la tête au sens de visage, mais pas d'idées. Il nous faut former avec nos faibles moyens, le camp des anti conformistes et des esprits libres. Le Québec des jeunes caquistes sera-t-il le deuxième état post-national après le Canada de Justin Trudeau ?

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