Friday, November 13, 2020

Se souvenir

 



Le jour du souvenir est l'occasion de revenir sur les événements majeurs du dernier siècle.  Il est habituellement consacré à se souvenir des sacrifices des Anciens combattants. Avec les Anciens combattants survivants, les Canadiens sont invités à se souvenir de Dieppe, de la Bataille de l'Atlantique, de la campagne d'Italie, du débarquement de Normandie et de la libération de la Belgique et de la Hollande. Le Jour du Souvenir prend fin aux accents d' une dernière sonnerie aux morts. La réflexion ne va pas plus loin, ne doit pas aller plus loin, si tous s'entendent pour saluer respectueusement le courage des Anciens, leur dévouement à la cause de la liberté et déplorer l'absence de ceux tombés au champ d'honneur. Personne ne songe à s'arrêter pour réfléchir aux fruits de notre victoire. Certes les militaire canadiens ont continué à la chute de l'Allemagne nazie et de l'Italie mussolinienne, mais est-il possible de croire et de dire que les fruits de cette victoire sont en définitive plus amers que nous ne voulons le reconnaître. Le portrait de l'Europe de 1948-1950 n'avait rien de réjouissant et ce n'est pas vouloir insulter le souvenir des Anciens combattants que de penser et d'écrire qu'ils furent les dupes de jeux politiques se déroulant bien au-dessus de leurs têtes. À L'Europe sous la botte nazie a en effet succédé une Europe sous la botte soviétique. Allemands de l'Est, Polonais, Hongrois et Tchèques y ont-ils gagné au change. Il ne s'agit pas de rendre les Anciens combattants responsables de cet état de fait, mais de comprendre que leur volonté sincère de vaincre les Jerries a largement servi les intérêts de l'Oncle Joe. Il faudra qu'un jour l'histoire, à défaut de la justice, convoque les Roosevelt, Churchill et McKenzie King  pour rendre des compte de leurs crimes, celui d'avoir livré des millions d'Européens de l'Est au joug soviétique et probablement d'avoir consolidé le régime stalinien grâce à sa victoire militaire sur l'Allemagne. Il faut faire le procès des politiques de l'époque pour être en mesure de saluer sans arrières pensées le souvenir des Anciens combattants. Ces derniers se sont battus pour préserver la liberté de leurs pays. Ce ne sont pas eux qui ont joué les Machiavels au petit pied en croyant être plus roués que Joseph Staline. 





C'est un ami, qui me faisait fort justement remarquer que parmi les Anciens combattants assistant aux cérémonies commémorant le 11 novembre, il y a bien peu d'Anciens combattants  issus de la diversité, ce qui me rappelle que l'armée américaine de l'époque était une armée vivant encore sous le régime de la ségrégation la plus stricte. Ségrégation qui ne prendra théoriquement fin qu'en 1948.

Wednesday, November 11, 2020

On Prend les mêmes et on recommence...

 Le Québec se rend-il compte de sa chance, réalise-t-il qu'il a peut-être échappé ,de peu, aux serres de l'extrême droite. Pour prendre la mesure de la menace, rien mieux qu'une étude, même biaisée, sur la question. Nous disposons aujourd'hui d'une telle étude:»La montée des mouvements xénophobes et racistes en Occident n'a pas épargné la ville de Québec. Depuis 2015, une extrême droite organisée y sévit.» (L'essor de l'extrême droite à Québec, Le Devoir, 10 novembre). Cette «étude» biaisée nous la devons à Maxime Fortin, coordonnateur de la Ligue des droits et libertés-Section Québec; accessoirement auteur de l'article, c'est probablement grâce à cet observatoire privilégié que nous devons des affirmations comme:»11septembre2001. Mentionnons aussi que l'élection de Donald Trump en 2016 a donné confiance aux mouvements xénophobes en leur démontrant qu'une partie considérable de l'électorat est désormais réceptive à leur message. Du côté québécois, la crise des accommodements raisonnables (2007) a eu un effet notable sur l'opinion publique et sur les forces politiques nationalistes Parti québécois et  Coalition avenir Québec, amenant celles-ci à soutenir un nationalisme identitaire faisant la promotion de mesures législatives censées mettre fin aux querelles amorcées par la crise des accommodements. Le projet de charte des valeurs (2013) et la Loi sur la laïcité de l'État (2019) relèvent tous les deux de cette logique [...] Mentionnons également le rôle joué par le groupe Québécor (Le Journal de Montréal et Le Journal de Québec, TVA LCN, etc,) qui a été le principal porte-voix des angoisses identitaires liées à l'immigration de la crise des accommodements raisonnables à aujourd'hui. Tirant à gauche et à droite, Maxime Fortin tient à s'assurer de n'oublier personne et puisqu'il se penche sur le cas de la ville de Québec, il faut bien qu'il écrive: «Du côté de la ville de Québec, la popularité des radios poubelles explique en partie pourquoi une frange de la population est réceptive aux idées de l'extrême droite. [...] tout en exploitant les les inquiétudes d'une population locale peu habituée à la diversité culturelle ou ethnique» (Québec-Hérouxville, même combat, NDA).

Les citoyens de Québec doivent désormais prendre acte qu'une extrême droite est active dans leur ville. Il est de la responsabilité des groupes de la société civile locale de rester vigilants et d'agir pour contrer cette montée de l'intolérance organisée. Jusqu'à récemment , Québec pas vraiment eu à composer avec l'extrême droite. Celle-ci était demeurée groupusculaire, incapable de diffuser massivement son message ou d'organiser des évènements publics d'une certaine ampleur. La situation change à partir de 2015, alors que surgit une vague de nouveau groupes : La Meute (2015) , Soldats d'Odin Québec (2015), Atalante (2016), Storm Alliance (2016) et les threepercenters (2016). Dès lors, une nouvelle extrême droite prend forme dans la ville de Québec, lieu de résidence dela plupart des chefs et fondateurs de ces groupes.» On retrouve la même logique sinon les mêmes arguments, dans un texte paru quelques jours auparavant dans le Journal de Montréal, dont nous savons désormais grâce à Maxime Fortin qu'il est l'un des porte-voix des angoisses identitaires liées à l'immigration. Ici la perspective change, on ne parle pas que de la ville de Québec, mais du Canada. «Les groupes d'extrême droite se sont multipliés par trois au Canada depuis l'élection de Donald Trump, constituent maintenant la pire menace de sécurité interne qui pèse sur le pays d'après les experts. [...] Des croix gammées et d'autres symboles racistes, homophobes et misogynes ont été tagués, placardés dans les rues et distribués dans des boîtes aux lettres d'un bout à l'autre du pays, y compris au Québec, dès le lendemain de l'élection du président Trump , en novembre 2016. «C'est ce que le président élu et ses partisans ont libéré », dénonçait une femme rabbin d'Ottawa, Anna Maranta, curieuse rabbin qui sur son site se présente comme radical wisewoman (ce qui peut se traduire par femme chaman), ritualist, spiritual healer et urban Priestess.
 «Quatre groupes à craindre, Qui sont-ils? 
Selon le Centre sur la haine, les préjugés et l'extrémisme, il existe plus de 300 groupes d'extrême droite au pays, et leur influence grandit sans cesse ligne sans qu'on sache exactement combien de membres actifs ils comptent. Quatre sont particulièrement dangereux en raison de leur implantation partout au pays,Certains comptent d'ex-militaires et réservistes en leur sein. Ils sont armés et entraînés. (Trump contribue à répandre le suprémacisme au Canada, Journal de Montréal, 1er novembre). Les mésaventures de La Meute montrent qu'ex-militaires et réservistes ne constituent pas une garantie de sérieux.




III% 
Ce groupe se qualifie d'organisation «de citoyens qui aiment leur pays», Mais d'après  les observateurs , il s'agit d'une milice anti-Islam née aux États -Unis peu après l'élection de Barack Obama. Ces membres doivent détenir un permis de port d'armes et s'engager à la lutte armée .

Soldats d'Odin

Proud Boys 
Connu depuis que le président Trump leur a lancé, suite à des manifestations violentes de Black Lives Matters; Stand back, Stand By  leur demandant ainsi de se tenir prêt pour l'après-élection aux États-Unis. Leur présence n'a jamais été signalé au Canada. (NDA)

Pegida
Acronyme allemand signifiant «Européens patriotes contre l'islamisation de l'Occident». Il s'agit d'un mouvement nationaliste allemand  anti)islam et anti-migrant. [...]Au Canada, le groupe appuie le Parti populaire de Maxime Bernier. [...] En mars 2015, Pegida Québec a tenté d'organiser une manifestation dans le quartier du Petit Maghreb à Montréal. La journaliste du Journal de Montréal oublie de mentionner que ladite manifestation de Pegida Québec s'est avérée un retentissant échec, voilà pour le «groupe à craindre», groupe qui depuis n'a guère fait parler de lui.
«Concluons que s'il existe 300 groupes d'extrême droite au pays, journalistes et observateurs reviennent toujours aux mêmes groupes; La Meute sans mentionner les crises internes que connaît l'organisation depuis quelques années, Les Soldats d'Odin Québec. les III% qui semblent avoir été vu lors d'une manifestation.  La réalité est que l'extrême droite n'est certainement pas une menace crédible à la sécurité intérieure du Canada ou de la ville de Québec. tout bien considéré, il n'y a qu'une menace qui s'exerce véritablement sur l'Occident, menace qui frappe à Paris, à Nice, à Vienne et tout en ignorant ou elle pourrait frapper demain. Peu importe,  nous avons ici des menaces à notre sécurité intérieure, que ces menaces soient toujours les épouvantails même défraichis sont tirés du placard lorsque nécessaire.

Il va leur manquer

 

Ne vous fiez pas à ce que journalistes et chroniqueurs;  bon chic bon genre et mainstream  peuvent dire ou écrire. Donald Trump va leur manquer. Ils, et elles vont se sentir bien seuls sans leur tête de Turc favorite, Denise Bombardier a signé son au revoir à Donald Trump dans une chronique intitulée, «Donald Trump , le monstre» (Journal de Montréal, 7 novembre). Denise Bombardier ne perd pas de temps et sonne la charge dès les premières lignes de son texte:» Le monstre est un individu dont l'apparence voire le comportement surprend par son écart avec les normes d'une société. Ses caractéristiques peuvent être physiques, morales ou intellectuelles. Donald Trump correspond exactement à cette définition. Il a le physique de l'emploi avec sa tête orange et souvent rougie par une rage ou un dédain qui ne le quitte guère. C'est aussi un être non pas immoral, mais amoral car sa seule référence en termes de bien ou de mal est sa propre personne. Et intellectuellement, il arrive à peine à lire des textes théoriques. Il fonctionne selon son vécu et son intuition, ce qui lui permet d'instrumentaliser tous ceux qui l'entourent. Au cours des quatre dernières années a-t-il exprimé en publiques émotions réelles devant certaines situations humainement difficiles? On pense, par exemple, aux enfants migrants détenus dans des cages de fer. (érigées sous l'administration Obama). Autrementdit, à moins qu 'il n'existe un clone du président, il semble impensable que le trumpisme puisse survivre à Donald Trump . Mike Pence, un illuminé religieux bien discret ces derniers jours ne sera jamais Trump.




Pour la gauche bobo, Trump était l'incarnation idéale de la tête de Turc; partisan supposé du nationalisme blanc, opposé à l'immigration, méfiant à l'égard de l'islamisme, protectionniste, jouant volontiers les mâle alpha, il avait l'avantage de porter sur sa tête toutes les tares possibles au yeux du monde moderne. Sa notoriété faisait en sorte qu'il pouvait représenter l'adversaire idéal, la seule mention de son nom suffisant à faire apparaître l'Ogre parfait dans la pièce. La mention par Denise Bombardier du «bien discret» Mike Pence, montre que Donald Trump n'est pas prêt d'être remplacé dans l'imaginaire de la gauche occidentale. Une gauche qui déjà s'ennuie, il n'y a pas de doutes à avoir. Cette gauche va jeter avec avidité sur chacune des déclarations que pourra faire le citoyen Trump, pas de doute, il leur manque déjà.

Monday, November 9, 2020

Un conte de Noël

 


N'est pas Charles Dickens qui veut. François Legault en donne aujourd'hui la navrante preuve en faisant publier dans les journaux du Québec une lettre ouverte.





Lettre qui commence par les mots suivants: » La première neige est tombée et il fait noir de bonne heure. C'est novembre. On regarde jouer les enfants. mais au fond de nous-mêmes, on le sait, l'hiver ne sera pas pareil.» (La vie est plus forte que tout. Journal de Montréal, 7 novembre ).  «C'est ce que j'avais en tête, quand  on m'a demandé pourquoi je voulais qu'on fête l'Halloween. Les traditions sont importantes. Les enfants ont besoin comme nousd'une certaine normalité mêlée de magie. Pour la même raison, je veux qu'on fête Noël au Québec. Ce ne sera pas un gros Noël avec toute la parenté, (à qui la faute, NDA) mais si les grands-parents pouvaient enfin voir leurs petit-enfants, ce seraient une grande victoire.»  Propos savoureux sous la plume de l'homme qui, il y a quelques jours , refusaient les allégements suggérés par la Dre Mylène Drouin, de la Direction de la Santé publique de Montréal (Demandes d'allègements à Montréal:le ministre Dubé craint la confusion, Journal de Montréal, 5 novembre). 
«J'ai tellement hâte de nous voir enfin tous délivrés de ce fardeau. Retrouver les soupers entre amis et les partys de famille.[...] Et si vous vous fatigués ou découragés par moments, faites comme moi et pensez aux enfants . Gardez espoir, parce qu'on sait qu'après l'hiver, les beaux jours reviennent. Même au beau milieu de l'hiver, quand le froid nous transperce, on sait que les beaux jours reviennent toujours. Vous et moi , on sait  Vous et moi , on sait que malgré les épreuves, la vie continue. On regarde rire les enfants et on sait que la vie est plus forte que tout.» Quel esprit a donc visité François Legault? Celui du futur pour nous laisser quelque espoir que nous pouvons rêver à un Noël presque normal.  Cette prose affligeante, digne d'un mauvais motivateur,  nous ne la devons pas au citoyen Legault, mais au premier ministre du Québec car François Legault s'est assuré de signer cette missive à titre de Premier ministre du Québec (il signe en effet «votre premier ministre»).  François Legault, encore une fois, démontre à quel point, il tombe volontiers dans un populisme racoleur (cette fois, il abuse du recours aux enfants et  du retour des beaux jours).  Difficile d'imaginer un Jacques Parizeau se fendre d'une telle lettre, il manque définitivement quelque chose à François Legault. Nous n'avons que faire de ses épanchements de comptable et de son empathie de politicien.  Rendez-nous nos restaurants, cinémas et salles de spectacle, et nous verrons bien pour l'hiver.

Sunday, November 8, 2020

Les idiots utiles



La fin du XXe siècle et le début du XXIe siècle ont vu le capitalisme évoluer. Il nous a ainsi habitué à se délocaliser et à se mondialiser, soucieux de trouver de nouveaux marchés, mais surtout de trouver des travailleurs moins coûteux et plus malléables, même lorsque cela allait de pair avec des régimes plutôt autoritaires (par exemple dans le Sud-Est asiatique). Ce capitalisme volontiers nomade vient de frapper à nouveau: »L'acquisition de Convenience Retail Asia (BVI) Limited par Couche Tard n'est qu'une «première étape d'un long parcours» dans la région, a affirmé Brian Hannasch, son PDG, en entrevue à La Presse. Avec cet achat évalué à 470 millions de dollars canadiens annoncé mercredi , Couche-Tard devient propriétaire de 340 magasins de l'enseigne Circle K à Hong Kong en plus d'être responsable de 33 magasins franchisés à Macao.[...]  Malgré le contexte politique chargé et les relations tendues  entre le Canada et la Chine, M. Bouchard est «très à l'aise» de s'installer à Hong Kong.[...] «Même s'il y a eu beaucoup de manifestations politiques , les magasins ont perforé très bien avec une croissance de 5,9% l'an dernier et de 5,7% cette année. Les dépanneurs ont aussi l'étiquette de bien performer dans des situations économiques difficiles », renchérit Claude Tessier, chef de la direction financière.» («Une première étape» affirme le PDG de Couche Tard, La Presse, 5 novembre). Alain Bouchard est une belle, sinon la parfaite illustration d'un capitalisme sans scrupules. C'est le même homme qui dans la foulée de la légalisation de la marijuana au Canada, proposait de vendre le pot légal dans ses dépanneurs Couche-Tard, offre heureusement refusé par le gouvernement du Québec.  C'est le même homme qui à l'oeil fixé sur le taux de croissance des entreprises qu'il vient d'acquérir en mentionnant «qu'il y a eu beaucoup de manifestations politiques», apparemment indifférent au fait qu'il s'agissait de manifestations en faveur de la démocratie.
 

 
 
Avec cette attitude et cette acquisition, Alain Bouchard, Brian Hannasch et Claude Tessier peuvent désormais sans crainte solliciter leur admission dans le club des «idiots utiles» et proposer à la vente dans leurs Couche-Tard et Circle K, la fameuse corde de marque Lénine.

Thursday, November 5, 2020

L'arroseur arrosé


Nouvel épisode dans l'interminable saga de la COVID-19.  Après avoir décidé de passer La Communauté Montréalaise de Montréal (CCM)au rouge. Le temps est-il venu d'alléger ce traitement.  C'est du moins l'opinion de la direction de la santé régionale de santé publique de Montréal (DSPM) opinion exprimée dans un rapport par la directrice de la DSPM, La Dre Mylène Drouin. Un avis que ne partage pas le ministre de la Santé et des services sociaux du Québec, Christian Dubé, qui en bon bureaucrate: ««Ce n'est aucunement une recommandation qui a été faites au gouvernement », a commenté le ministre de la Santé,Christian Dubé. «Il n'y a pas eu d'avis formel qui a été fait par le Dr Arruda concernant des discussions qu'il y a eu lieu entre la Santé publique nationale et ce qu'on appelle la Santé publique Montréal», a-t-il ajouté. «Je demanderais d'arrêter de faire de la confusion avec de la documentation qui n'est qu'un échange entre experts» a déclaré le ministre de la Santé. » (Demandes d'allègements à Montréal:le ministre Dubé craint la confusion, Journal de Montréal, 5 novembre) Avec ses quelques mots, Christian Dubé confirme le rôle central que joue le docteur Arruda dans la gestion de la crise de la COVID-19 et la sujétion de son gouvernement à la Santé publique  Ces quelques mots confirme aussi que les mots proximité et subsidiarité sont aux antipodes de l'univers intellectuel de Christian Dubé,
 

 
 
Pourquoi entretenir des directions régionales de santé publique si c'est pour ignorer leur avis et balayer ces avis du revers de la main. Rationalisons et supprimons immédiatement ces «corps morts», puisqu'une direction nationale semble suffire. Ainsi les hommes qui ont entretenu la confusion sur le port ou non du masque lors des premières éclosions de COVID-19, craignent maintenant la confusion qui pourrait résulter d'un avis sur des allègements à Montréal.  La confusion sur le port ou non des masques est bien opportunément oubliée. Belle illustration de l'arroseur arrosé!

Wednesday, November 4, 2020

Elle a dit exclusion

 


Attendu et prévisible. La seule question qui demeurait en suspens était quand?

Nous y sommes, la Cour Supérieure (district de Montréal) entend la cause de la Loi sur la laïcité de l'État. Figure de proue de la contestation, l'enseignante Ichrak Nourel Ak. «Vêtue d'un hidjab noir, l'enseignante Ichrak Nourel Ak a détaillé au juge Marc-André ses convictions religieuses et les conséquences de la loi sur sa nouvelle carrière d'enseignante La jeune femme à l'origine de la contestation judiciaire a martelé qu'il lui était «inconcevable»d'enlever son hidjab pour travailler. Fraîchement diplômée du baccalauréat en enseignement de l'Université de Montréal, Ichrak Nourel Ak a dû se résoudre à pratiquer son métier dans une école privée cette année, puisque'il lui est interdit d'enseigner au public avec un hidjab.[...] » [...] »Ça me fait me sentir exclue de la société québécoise. Je suis une femme musulmane, mais je suis aussi une citoyenne québécoise. Je me sens à part...je me sens vraiment exclue »a-t-elle déploré. («Je me sens exclue de la société québécoise», témoigne une enseignant, La Presse, 2 novembre ). «L'enseignante déplore l'»image faussée»de la femme musulmane «soumise à l'homme» qui existe dans l'imaginaire collectif. Certes, il existe «malheureusement» des femmes musulmanes contraintes de porter le hidjab , concède-t-elle. [...].   Le cas de Ichrak Nourel Ak est intéressant, au-delà du sentiment d'»exclusion» qu'elle affirme vivre depuis l'adoption de la Loi sur la laïcité de l'État, force est de constater que la jeune enseignante fraîchement diplômée a trouvé un poste dans l'enseignement privé, en dépit de son sentiment d'»exclusion», elle a été en mesure d'exercer son métier au Québec. En quoi consiste l'exclusion, dont elle affirme être victime? Essentiellement à ne pouvoir enseigner dans le secteur public si elle veut y porter son hidjab.  Rien dans la Loi sur la laïcité de l'État ne l'empêche de pratiquer sa religion ou de fréquenter la mosquée, elle peut faire ses courses avec son hidjab,  pouvait probablement suivre ses cours à l'université tout en portant ce hidjab. Voilà en définitive une «exclusion» qui apparaît plutôt légère.  
Si «exclusion, il y a, elle est le seul fait d'Ichrak Nourel Ak et de sa religion; si elle retire son hidjab, elle pourra sans problèmes enseigner dans les écoles du secteur public au Québec. 





Les états d'âme d'Ichrak Nourel Ak ne doivent pas faire illusion, c'est bien autre chose que son droit d'enseigner dans le secteur public québécois, qu'elle porte sur ses épaules. Comme le souligne justement le journaliste Paul Journet, il y a bien plus en jeu: » Le débat sur l'interdiction des signes religieux devrait durer encore quelques années. Lundi. le procès de la Loi sur la laïcité de l'État commençait en Cour Supérieure. Peu importe la décision, elle sera contestée. L'affaire se rendra en Cour d'appel, puis en Cour Suprême. Par contre, le débat mute. Il ne se limite plus à la loi québécoise. Il commence aussi à porter sur le droit du Québec à adopter un modèle distinct du reste du pays. Cela provoque des alliances imprévues. Un bon exemple: Benoît Pelletier, ex-ministre libéral des Affaires intergouvernementales et professeur de droit constitutionnel à l'Université d'Ottawa. Il n'a pas pris position sur le fondement de la loi, mais il défend la capacité du Québec de choisir son propre modèle, en fonctionne son histoire et de ses valeurs, L'expert a rédigé un rapport de120 pages et témoignera pour le gouvernement , d'ici environ une semaine. «  (L'autre débat sur la laïcité, La Presse, le 3 novembre ).
La meilleure façon pour le Québec d'échapper au filets du pièges du multiculturalisme canadienmulticulturalisme canadien (car c'est bien de cela qu'il s'agit) et de choisir son propre modèle en demeurant fidèle à son histoire et ses valeurs, les nationalistes québécois la connaissent. C'est l'indépendance du Québec, une indépendance qui nous permettrait de laisser loin derrière nous les pièges du multiculturalisme canadian, peut-être pour mieux nous précipiter dans les bras de l'uniculturalisme.  Face à l'Islam, la seule solution valable est de fermer le robinet de l'immigration et lorsque la chose est possible commencer à parler de remigration. Les combats à la pièce comme celui autour de la Loi sur la laïcité de l'État sont nécessaires, mais ne sauraient suffire.