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Wednesday, November 11, 2020

On Prend les mêmes et on recommence...

 Le Québec se rend-il compte de sa chance, réalise-t-il qu'il a peut-être échappé ,de peu, aux serres de l'extrême droite. Pour prendre la mesure de la menace, rien mieux qu'une étude, même biaisée, sur la question. Nous disposons aujourd'hui d'une telle étude:»La montée des mouvements xénophobes et racistes en Occident n'a pas épargné la ville de Québec. Depuis 2015, une extrême droite organisée y sévit.» (L'essor de l'extrême droite à Québec, Le Devoir, 10 novembre). Cette «étude» biaisée nous la devons à Maxime Fortin, coordonnateur de la Ligue des droits et libertés-Section Québec; accessoirement auteur de l'article, c'est probablement grâce à cet observatoire privilégié que nous devons des affirmations comme:»11septembre2001. Mentionnons aussi que l'élection de Donald Trump en 2016 a donné confiance aux mouvements xénophobes en leur démontrant qu'une partie considérable de l'électorat est désormais réceptive à leur message. Du côté québécois, la crise des accommodements raisonnables (2007) a eu un effet notable sur l'opinion publique et sur les forces politiques nationalistes Parti québécois et  Coalition avenir Québec, amenant celles-ci à soutenir un nationalisme identitaire faisant la promotion de mesures législatives censées mettre fin aux querelles amorcées par la crise des accommodements. Le projet de charte des valeurs (2013) et la Loi sur la laïcité de l'État (2019) relèvent tous les deux de cette logique [...] Mentionnons également le rôle joué par le groupe Québécor (Le Journal de Montréal et Le Journal de Québec, TVA LCN, etc,) qui a été le principal porte-voix des angoisses identitaires liées à l'immigration de la crise des accommodements raisonnables à aujourd'hui. Tirant à gauche et à droite, Maxime Fortin tient à s'assurer de n'oublier personne et puisqu'il se penche sur le cas de la ville de Québec, il faut bien qu'il écrive: «Du côté de la ville de Québec, la popularité des radios poubelles explique en partie pourquoi une frange de la population est réceptive aux idées de l'extrême droite. [...] tout en exploitant les les inquiétudes d'une population locale peu habituée à la diversité culturelle ou ethnique» (Québec-Hérouxville, même combat, NDA).

Les citoyens de Québec doivent désormais prendre acte qu'une extrême droite est active dans leur ville. Il est de la responsabilité des groupes de la société civile locale de rester vigilants et d'agir pour contrer cette montée de l'intolérance organisée. Jusqu'à récemment , Québec pas vraiment eu à composer avec l'extrême droite. Celle-ci était demeurée groupusculaire, incapable de diffuser massivement son message ou d'organiser des évènements publics d'une certaine ampleur. La situation change à partir de 2015, alors que surgit une vague de nouveau groupes : La Meute (2015) , Soldats d'Odin Québec (2015), Atalante (2016), Storm Alliance (2016) et les threepercenters (2016). Dès lors, une nouvelle extrême droite prend forme dans la ville de Québec, lieu de résidence dela plupart des chefs et fondateurs de ces groupes.» On retrouve la même logique sinon les mêmes arguments, dans un texte paru quelques jours auparavant dans le Journal de Montréal, dont nous savons désormais grâce à Maxime Fortin qu'il est l'un des porte-voix des angoisses identitaires liées à l'immigration. Ici la perspective change, on ne parle pas que de la ville de Québec, mais du Canada. «Les groupes d'extrême droite se sont multipliés par trois au Canada depuis l'élection de Donald Trump, constituent maintenant la pire menace de sécurité interne qui pèse sur le pays d'après les experts. [...] Des croix gammées et d'autres symboles racistes, homophobes et misogynes ont été tagués, placardés dans les rues et distribués dans des boîtes aux lettres d'un bout à l'autre du pays, y compris au Québec, dès le lendemain de l'élection du président Trump , en novembre 2016. «C'est ce que le président élu et ses partisans ont libéré », dénonçait une femme rabbin d'Ottawa, Anna Maranta, curieuse rabbin qui sur son site se présente comme radical wisewoman (ce qui peut se traduire par femme chaman), ritualist, spiritual healer et urban Priestess.
 «Quatre groupes à craindre, Qui sont-ils? 
Selon le Centre sur la haine, les préjugés et l'extrémisme, il existe plus de 300 groupes d'extrême droite au pays, et leur influence grandit sans cesse ligne sans qu'on sache exactement combien de membres actifs ils comptent. Quatre sont particulièrement dangereux en raison de leur implantation partout au pays,Certains comptent d'ex-militaires et réservistes en leur sein. Ils sont armés et entraînés. (Trump contribue à répandre le suprémacisme au Canada, Journal de Montréal, 1er novembre). Les mésaventures de La Meute montrent qu'ex-militaires et réservistes ne constituent pas une garantie de sérieux.




III% 
Ce groupe se qualifie d'organisation «de citoyens qui aiment leur pays», Mais d'après  les observateurs , il s'agit d'une milice anti-Islam née aux États -Unis peu après l'élection de Barack Obama. Ces membres doivent détenir un permis de port d'armes et s'engager à la lutte armée .

Soldats d'Odin

Proud Boys 
Connu depuis que le président Trump leur a lancé, suite à des manifestations violentes de Black Lives Matters; Stand back, Stand By  leur demandant ainsi de se tenir prêt pour l'après-élection aux États-Unis. Leur présence n'a jamais été signalé au Canada. (NDA)

Pegida
Acronyme allemand signifiant «Européens patriotes contre l'islamisation de l'Occident». Il s'agit d'un mouvement nationaliste allemand  anti)islam et anti-migrant. [...]Au Canada, le groupe appuie le Parti populaire de Maxime Bernier. [...] En mars 2015, Pegida Québec a tenté d'organiser une manifestation dans le quartier du Petit Maghreb à Montréal. La journaliste du Journal de Montréal oublie de mentionner que ladite manifestation de Pegida Québec s'est avérée un retentissant échec, voilà pour le «groupe à craindre», groupe qui depuis n'a guère fait parler de lui.
«Concluons que s'il existe 300 groupes d'extrême droite au pays, journalistes et observateurs reviennent toujours aux mêmes groupes; La Meute sans mentionner les crises internes que connaît l'organisation depuis quelques années, Les Soldats d'Odin Québec. les III% qui semblent avoir été vu lors d'une manifestation.  La réalité est que l'extrême droite n'est certainement pas une menace crédible à la sécurité intérieure du Canada ou de la ville de Québec. tout bien considéré, il n'y a qu'une menace qui s'exerce véritablement sur l'Occident, menace qui frappe à Paris, à Nice, à Vienne et tout en ignorant ou elle pourrait frapper demain. Peu importe,  nous avons ici des menaces à notre sécurité intérieure, que ces menaces soient toujours les épouvantails même défraichis sont tirés du placard lorsque nécessaire.

Saturday, May 25, 2019

Ils n'ont pas cessé de le dire


Les responsables de La Meute ne cessent de proclamer depuis la constitution de leur organisation, qu'ils s'opposent à la progression de l'Islam dans notre société. Ils se sont d'ailleurs donnés la peine de l'écrire sur leur site Internet: « La Meute est un mouvement citoyen qui désire rassembler ceux qui sont inquiets pour l'avenir de nos enfants et de nos terres face à la montée de l'Islam radical qui, lui, désire voir la charia avoir préséance sur toutes autres lois ». La page d'accueil du site web de La Meute précise que cette dernière entend « symbolisez notre identité ».

 
Certes personne n'est tenu de ce fier au site web d'une organisation pour en saisir les tenants et aboutissants.  Une organisation est beaucoup plus que ses seules pages Web.
Rapidement taxée de n'être qu'une organisation d'extrême-droite, qualification rapide et abusive car en dehors de sa méfiance à l'égard de l'islam, La Meute n'a guère de programme. La Meute s'est certes retrouvée dans la rue pour des manifestations contre l'islam et l'immigration(notamment à Québec en août 2018) exerçant ainsi un droit fondamental, son image d'organisation extrémiste lui venant plus des manifestations de ses opposants antifas que des proposes des agissements de ses animateurs, toujours soucieux de s'en tenir à une ligne strictement légaliste (respect des directives policières lors des manifestations à Québec).

Pour les média mainstream, rien de cela n'a suffi, il fallait un « mécréant de service » pour montrer que le Québec n'était pas à l'abri des tentations populistes qui défraient la manchette en Europe, ces média ont littéralement sauté sur La Meute pour montrer que nous n'étions pas immunisés contre la tentation populiste et la méfiance à l'égard du « vivre ensemble ».

Grâce à deux chercheurs universitaires, il y a maintenant une pièce à ajouter au dossier, en effet Samuel Tanner, chercheur en criminologie comparée, (université de Montréal) et Aurélie Campana, professeur titulaire en science politique, (Université Laval) se sont intéressés pendant plus d'un an à La Meute en explorant la page « privée «  Facebook de La Meute d'octobre 2015 à septembre 2016 ainsi que pendant les jours qui ont suivi l'attaque de la grande mosquée de Québec en janvier 2017. (Le discours de La Meute disséqué à l'Université, Le Devoir, 22 mai)« Après avoir étudié les échanges au sein du groupe La Meute pendant plus d'un an, deux chercheurs n'ont observé aucun appel à la violence ou à des gestes illégaux , mais une banalisation « inquiétante » des stéréotype sur l'islam et du mépris envers les personnes de foi musulmane « La banalisation peut (c'est nous qui soulignons) affecter le climat social social et contribue à des actions nocives envers des groupes ou des individus telles que documentées dans les cas de crimes haineux à l'endroit des femmes et des membres de la communauté LGBT+ concluent les deux chercheurs.  À noter qu'au terme d'une année de recherche les deux chercheurs n'ont rien trouvé de tel relativement à La Meute, 


Dans le climat vaguement hystérique de dénonciation et de « Lutte »  à la l'extrême-droite des deux dernières années tels gestes illégaux n'auraient pas manqué de faire les choux gras des média mainstream et de tous les professionnels de l'antiracisme  peuplant les centres de lutte à la radicalisation. Rien de tel. Les chercheurs notent même : » Il faudrait d'ailleurs, selon eux, mener d'autres recherches pour voir si la banalisation du mépris à l'endroit des musulmans peut (c'est encore nous qui soulignons) être liée à des crimes haineux. » En définitive, rien à signaler sur le front, les média mainstream devrait donc envoyer à la corbeille déclarations et communiqués des Herman Debarice-Okomba (Centre de lutte à la radicalisation menant à la violence) de Montréal et autres oiseaux de malheur subventionnés. Sans gestes illégaux à se mettre sous la dent, les chercheurs se sont contentés d'analyser le discours de La Meute: « Sur le plan idéologique, l'analyse montre clairement que les membres sont surtout unis par une peur de « l'envahisseur islamique (...). La peur de voir une culture, ethnie ou histoire disparaître, notent les chercheurs est « courante » dans les discours d 'extrême-droite . Or La Meute s'inscrit  plus particulièrement dans le courant « vigilantiste» de l'extrême-droite, qui fait référence à leur rôle de gardiens autoproclamés de certaines valeurs , expliquent-ils. Les professeurs Tanner et Campana soulignent toutefois qu'à « aucun moment » il n'a été question d'actions illégales sur la page Facebook du groupe.Circulez, il n'y a rien à voir
Après ce travail universitaire peut-être les journaux finiront-ils par croire les animateurs de La Meute qui ne disent pas autre chose depuis les débuts de l'organisation.