Sunday, February 2, 2020

Nationalistes et cosmopolites sauce 2020


Je suis pas un fan de Richard Martineau , mais je conviens que je le lis régulièrement. Je déteste sa posture de faux homme de droite (une droite qui pour lui ne devrait être qu'économique, jamais sociale ou morale, ce qui pourrait être en fait la définition de la droite libertarienne, depuis des années il flirte avec un anti islamisme qui peut faire illusion sur ses convictions identitaires, en fait, il n'a pas de problèmes avec l'immigration, mais seulement avec l'Islam.)

À l'occasion, Martineau écrit des choses intéressantes, après tout, même une montre arrêtée donne l'heure exacte, deux fois par jour. Pour cette raison, il fut signaler l'une de ces récentes chroniques et la faire lire tant son contenu est pertinent à notre combat, «Enracinés contre déracinés», Journal de Montréal, 27 janvier. Constatant le fait que les étiquettes de droite et de gauche, comme celle de progressistes et conservateurs apparaissent  dépassées, il fait sienne la thèse du journaliste britannique David Goodhart, auteur de The Road to somewhere: The populiste Revolt and the Future of Politics selon lequel le monde est désormais partagé entre enracinés et déracinés, 
 
 
 
 
Les déracinés (les Anywhere pour Goodhart) sont: »Cosmopolites, aimant voyager, ces gagnants de la mondialisation (qui travaillent dans le monde des télécommunications, du divertissement et de la finance) se considèrent comme des citoyens du monde. Ils rêvent d'une planète hyperconnectée ou il n'y aurait plus de frontières. Leur pays, c'est Google, Facebook, Apple, Netflix et Amazon. Des entreprises transnationales qui n'ont de racines nulle part. Les déracinés considèrent le pays ou ils habitent comme un hôtel. Le passé, l'histoire, l'identité, les valeurs nationales, tout ça n'a aucune importance pour eux, ce sont des concepts obsolètes qui font partie du vieux monde. Parlant tous anglais (en attendant d'apprendre le mandarin), ils s'identifient plus les uns aux autres qu'avec les résidents de leur propre pays . Il n'y a rien qui ressemble plus à un «déraciné» de Tokyo qu'un «déraciné» de Madrid, de New York ou de Paris.Ils écoutent la même musique, regardent les mêmes séries, portent les mêmes vêtements. 
Les « enracinés »(aussi appelés »Somewhere» par Goodhart, car ils sont «de quelque part»)
font du maintien de leur identité et de leurs valeurs un impératif. Il ne sont pas fermés, ce ne sont pas ultraréactionnaires qui détestent le progrès et le changement , non. Mais ils se méfient des institutions supra nationales, comme l'ONU ou la Communauté européenne. Ils veulent que les décisions qui auront un impact sur leur quotidien soient prises chez eux. Ils tiennent à leur langue, à leur culture, à leur histoire, à leurs valeurs[...] Ils se méfient comme de la peste des idéologues qui veulent faire table rase du passé. (L'antithèse des idéaux d'un Georges Soros et de sa Open Society Foundations). 
Mais la grille déracinés-enracinés.
Ou en d'autres mots, multiculturalisme-nationaliste. Trudeau et Macron sont des «déracinés.»
Boris Johnson et François Legault sont des «enracinés».
Les enracinés se font de plus entendre.  
Le survol que fait Richard Martineau de l'ouvrage de David Goodhart, ne nous permet pas de savoir ce que le journaliste britannique pense des « transplantés», ces immigrants récemment arrivés, sommes -nous en présence de de nouveaux arrivants soucieux de s'enracines» ou, au contraire, ont-ils vocation à être de perpétuels «déracinés». Question importante car ces «transplantés» sont un irritant important pour les «enracinés».
Tout à son enthousiasme pour sa découverte de The Road to Somewhere, Richard Martineau ne semble pas s'être rendu compte que l'opposition évoquée par David Goodhart correspond à plus d'un siècle de distance à la querelle des nationalistes et des cosmopolites évoquée par Maurice Barrès dans ses romans du Cycle de l'Énergie nationale.
Nous étions hier du camp des nationalistes, nous voilà passé sans problèmes dans celui des « enracinés»,par delà les époques, ce qui ne change pas, c'est que l'ennemi lui est toujours le même.

Saturday, February 1, 2020

Le silence est d'or


Il y en a qui gagnerait à se taire et à se faire discret. Dernier à poser sa candidature, Boufeldja Benabdallah, président du Centre culturel islamiques de Québec devenu une figure de proue de la communauté islamique du Québec suite à la fusillade du 29 janvier 2017. «Le président du Centre culturel islamique du Québec (CCIQ), Bouteldja Benabdallah, y est allé d'une sortie en règle contre la Loi 21,à la veille de la commémoration du troisième anniversaire de la tuerie, ou le premier ministre François Legault est censé prendre la parole.» «[...] M. Benabdallah  a vertement dénoncé cette loi qui «est venue mettre du trouble» dans la vie des familles musulmanes  [...] Encore une fois, on se sent minoritaires et visés, surtout la femme musulmane qui se trouve pénalisée», a déclaré M. BenAbdallah en ajoutant y voir un «recul»important. «Ce n'est pas bon pour l'équilibre de la société» (Tuerie à la mosquée de Québec, trois ans plus tard: la loi 21 décriée, La Presse, 29 janvier).
 
 
 
Il est intéressant de voir Monsieur Benabdallah prendre ainsi parti, décideurs et média nous ont proposé cet individu comme l'exemple même du musulman québécois modéré et intégré à sa société d'acceuil, il appert aujourd'hui que Bouteldja Benabdallah est de la même eau que les dirigeants du Conseil national des musulmans canadiens (CNMC), qui sont aujourd'hui devant la Cour suprême  afin de faire invalider les dispositions de la Loi 21 sur l'interdiction du voile islamique par les fonctionnaires de l'État québécois en autorité. Cette sortie du président du CCIQ le jour même du troisième anniversaire de la fusillade de la mosquée de Québec est révélatrice, il faut conclure qu'il n'y a pas une telle chose que des musulmans modérés, L'islam présente un front uni.Il n'y a pas de telle chose que des musulmans modérés car l'Islam est inassimilable et que la ligne de fracture dans l'Islam ne passe pas entre modérés et radicaux, mais entre patients et pressés Les uns et les autres partageant le même objectif, l'islamisation des sociétés occidentales.  L'islam n'est pas une religion parmi d'autres, mais un projet politico-religieux tenant à prendre en compte tous les aspects de la vie des individus, seuls les naïfs et ceux qui souffrent d'aveuglement volontaire peuvent affirmer le contraire. Il nous faut au nom de la lucidité nous convaincre que les discussions autour de la Loi21 ne sont qu'un premier round entre la société québécoise et l'Islam.  
Que fera François Legault, Accepter l'injure ou , comme nous le souhaitons, marquer sa désapprobation et demeurer confortablement chez lui, et ignorer les commémorations, marquant cet anniversaire de la fusillade de Québec.
Appel qui ne sera pas entendu:»Francois Legault compte participer mercredi soir aux activités de commémoration de la tuerie de la grande mosquée de Québec. »(Commémoration de l'attentat de la mosquée de Québec: la loi 21prévient le racisme, dit François Legault, Journal de Montréal, 29 janvier) Le premier ministre ne craint pas d'être mal accueilli par les membres de la communauté musulmane». »(Commémoration de l'attentat de la mosquée de Québec: la loi 21prévient le racisme, dit François Legault, Journal de Montréal, 29 janvier). Curieuse réponse de François Legault aux critiques de Bouteldja Benabdallah «Moi je pense au contraire que la loi 21 vient éviter un dérapage dans les extrêmes (François Legault serait bien en peine d'expliquer le sens d'une telle affirmation, de même qu'il serait bien en mal de nous expliquer quels « dérapages dans les extrêmes» planaient sur le Québec, NDA) avec une loi qui est très modérée qui limite le port de signes religieux pour très peu de personnes(François Legault ignore vraisemblablement ce qu'est un principe, un principe n'ayant rien à voir avec le nombre de personnes visées), a fait valoir le premier ministre. Je pense que de ne rien faire , comme ça avait été le cas dans les dix dernières années, ça amène un plus grand risque de dérapage de la part de personnes racistes (toujours cette confusion entre l'Islam et une race,NDA). « Toujours indifférent aux aspects métapolitiques de la pratique politique quotidienne fera donc la carpette à la cérémonie de commémoration, semblant considérer qu'il doit des comptes à la communauté musulmane, les symboles ont leur importance en politique. Pour cette raison, François Legault demeurera un nationaliste honteux, finalement toujours prêt à se coucher au nom de la rectitude politique. Il y aurait lieu de se demander s'il ne serait pas mieux de se taire lui aussi.

Monday, January 27, 2020

Sur nos deux oreilles



Les Canadiens peuvent dormir sur leurs deux oreilles, le gouvernement Trudeau compte «faire face à la menace croissante de l'extrémisme de droite au pays»(L'extrémisme de droite inquiète les autorités canadiennes, La Presse, 25 janvier).»Sur la question, nous invitons le lecteur à se reporter à: « Extrême droite la menace fantôme, Le Harfang, Vol.7, No 5, Juin\Juillet 2019.

«Au cours d'une séance d'information pour les sous-ministres responsables de la sécurité nationale, le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) et la GRC ont ouvertement demandé si, compte tenu de la nature de la menace, le gouvernement du Canada était «en mesure de réagir efficacement».

«Le SCRS qui a passé une grande partie des deux dernières décennies à enquêter sur le terrorisme d'inspiration djihadiste a déclaré l'année dernière qu'il était de plus en plus préoccupé par ceux qui cherchaient à soutenir ou à s'engager des actes violents à caractère raciste, ethno-nationaliste, antigouvernemental ou misogyne.» (lorsque vous n'avez rien vous mettre sous la dent, ratissez large NDA). Après les attaques contre deux mosquées en Nouvelle-Zélande, en mars, le premier ministre Justin Trudeau avait annoncé que le Canada avait pris des mesures importantes pour lutter contre la discrimination et la haine.[...] On a augmenté le financement pour assurer la protection des lieux de culte. (admission intéressante à quelques jours de l'inévitable grande messe commémorative de l'incident de la Grande mosquée de Québec.NDA. Est-il permis de demander quels lieux de culte bénéficient de cette protection à nos frais?). On a également investi dans des programmes qui favorisent l'inclusion, qui créent des ponts entre les gens et qui célèbrent célèbrent notre diversité. avait-il dit déclaré à la Chambre des Communes.»

« Moins d'un mois plus tard, les agences nationales de sécurité se demandaient si des termes comme «extrémisme de droite» ou «extrême droite» étaient exacts.»(Façon élégante d'admettre qu'ils n'ont jamais su de quoi ils parlaient.NDA).



Les enquêtes criminelles de sécurité nationale peuvent être déclenchées lorsqu'il existe suffisamment de preuves pour démontrer une base idéologique claire et une motivation pour l'acte,  peut-on lire dans le document.» Il ne faudrait probablement pas pousser beaucoup le gouvernement Trudeau pour lui faire admettre que ce qu'il souhaite vraiment, c'est criminaliser les pensées et les écrits qui selon lui pourraient être « racistes, ethno nationalistes et misogynes,  il ne manque que les pensées et écrits homophobes et transphobes, un oubli qui sera certainement corrigé si le gouvernement décide de passer aux actes. Nous voilà prévenus un Big Brother inclusif et diversitaire nous attend.

Saturday, January 25, 2020

Pouvoir policier et séparation des pouvoirs


Autour de l'affaire Charest\UPAC, Josée Legault nous sert une défense de la séparation des pouvoirs (Un beau gâchis sur toute la ligne, Journal de Montréal, 24 janvier). Elle écrit:»Lorsqu'un ex-premier ministre, ridiculise publiquement un corps de police dont il est en plus le géniteur, les effets d'une telle sortie ne peuvent qu'être nocifs pour la démocratie québécoise. (la démocratie québécoise a survécu aux règnes de Jean Charest et de Philippe Couillard, elle survivra a cette sortie de l'ex-premier ministre). Inspirée, elle écrit: «En tant qu'ancien chef de gouvernement, un tel non-respect envers l'indépendance du pouvoir policier, qu'il soit dysfonctionnel , témoigne d'un mépris consternant pour le principe même de la séparation des pouvoirs» Seule erreur, mais capitale, il n'y a pas de séparation des pouvoirs en ce qui concerne le pouvoir policier. Car il n'y pas une telle chose qu'un pouvoir policier, les Locke et Montesquieu étant demeurés muets sur le sujet. Chacun est donc libre de caractériser le «pouvoir» policier comme il l'entend, il peut être tenu pour une composante du pouvoir exécutif ou comme un auxiliaire du pouvoir judiciaire. J'ai tendance pour ma part à le considérer comme un instrument du pouvoir exécutif, il assure la défense du système et protège l'État et sa classe politique. Chiens de garde, les policiers sont au service et aux ordres de l'État, la G.R.C. et la S.Q n'ont jamais fermé le chemin Roxham, par ce que les états canadien et Québécois ne l'ont jamais voulu. Ils ne sont en fait que des fonctionnaires payés par l'État, comme les percepteurs du Ministère du Revenu.  Les administrations peuvent changer, les services policiers eux ne bougent pas, à moins de crise majeure du régime (la Russie de 1918, l'Allemagne de 1933). Le F.B.I., la G.R.C. et la S.Q. ne sont que les Gardes prétoriens de l'État, à la demande du Pouvoir, ils frapperont sans états d'âme, il suffit ici de penser à la répression violente que connaissent les Gillets jaunes en France et les étudiants à Hongkong, latitudes différentes et régimes différents, mais même ardeur à «casser» du manifestant. Surveillant les dissidents et les esprits non conformistes, ils ont d'abord pour but d'assurer la pérennité du système. Les services policiers rassurent les autorités politiques en démontrant leur conformisme intellectuel (voir ce blogue, Projet endoctrinement, 20 janvier)
L'aimable constable qui répond aux appels au 911 peut faire illusion, dans le système capitaliste, protéger les biens et la propriété, c'est aussi défendre le système.



Dans cette optique, L'Unité permanente anti corruption (UPAC) ne saurait être autre chose qu'une police politique, créée par le gouvernement Charest à des fins exclusivement politiques, l'UPAC poursuit aujourd'hui son rôle politique, il ne s'agit pas de croire que les Jean Charest et Philippe Couillard avaient besoin de téléphoner régulièrement aux patrons de l'UPAC, mais d'être convaincu que les vieux chevaux blanchis sous le harnais que sont les cadres supérieurs de nos services policiers et de l'UPAC savent très bien pour reprendre l'expression populaire «De quel côté leur pain est beurré». Et que ce n'est pas demain la veille, que nous verrons l'UPAC conclure l'Enquête Mâchurer.

Monday, January 20, 2020

Projet endoctrinement



Le service de police de l'agglomération de Longueil (SPAL) est à l'origine d'une curieuse et discutable initiative. Sous le nom de « Projet immersion », il s'agit de faire vivre à des agents du SPAL des situations déstabilisantes en les plongeant dans des contextes inhabituels afin qu'ils  élargissent leurs horizons et qu'ils soient plus sensibles à la différence. »Trente policiers retirés de la patrouille pendant cinq semaines pour plonger dans des réalités qu'ils connaissent peu ou mal. Privés de leur arme et de leur uniforme, ils sont déstabilisés dès le départ. La Presse  a eu un accès exclusif à cette expérience totalement inédite. » (Projet Immersion: le choc du voile pour des policiers pour des policiers de Longueuil, La Presse, 19 janvier), Deux situations déstabilisantes ont été décrites jusqu'ici par La Presse, la visite d'une mosquée (... le choc du voile, op. cité) et celle à un refuge de sans-abri (Projet Immersion: la provocation, La Presse, 20 janvier).  Ou cette expérience conduira-t-elle la journaliste, Caroline Touzin? À suivre, en exclusivité, dans La Presse. Les deux premières visites du Projet Immersion soulèvent déjà des questions, curieux journalisme qui déshumanise les policiers en les réduisant à leur uniforme et à leur arme. Pourquoi accorder l'exclusivité de la couverture du Projet Immersion à La Presse ? Très mauvaise stratégie de communication du SPAL, l'article sur la visite à la mosquée a été descendu en flammes par trois chroniques dans le Journal de Montréal et non des moindres (Mathieu Bock-Côté, « Faut-il vraiment rééduquer les Québécois francophones et les regarder de haut, À propos d'un reportage sermonneur, 19 janvier; Sophie Durocher, La police à genoux devant des homophobes, 19 janvier; Denise Bombardier, Policiers en état de choc, 20 janvier).  Les policiers ont donc visité le Islamic Community Center de Brossard, leur mentor a été l'imam du centre, Foudil Semoule , un imam fort contesté d'ailleurs et pas d'hier (Charia-Des propos qui méritent d'être dénoncés, Le Devoir, 5 décembre 2011)Conséquent avec ses propos de 2011, c'est le portrait d'un Islam somme toute orthodoxe qu'offre l'imam et le Centre Communautaire:»Durant la soirée, quelques 150 enfants - répartis dans des classes non-mixtes - étudient le Coran. Les hommes prient au rez-de-chaussée, alors que les femmes, elles se recueillent sur la mezzanine.»
 
 
 
« Après la prière ce soir-là, les policiers font la tournée des classes de l'école coranique . Des fillettes de 5 ans, voilées, récitent des versets par coeur. Les bras croisés, la mine renfrognée , le patrouilleur Jonathan Guertin n'a pas posé une question de la soirée. «Écris-le dans le journal, moi l'endoctrinement, je ne suis pas capable. Moi, ma religion, c'est la licorne rose invisible. 
Réaction saine et honnête, le patrouilleurGuertin se rend-il compte qu'avec de tels propos, dans le Québec de 2020, il hypothèque sa carrière et vient peut-être de dire adieu à toutes perspectives de promotion.
Tous n'ont pas cette la nuque raide du patrouilleur Guertin et son attitude courageuse.»Le groupe de patrouilleurs se déplace pour assister à la prière. Policiers et policières restent debout dans le fond de l'immense salle. Seul le lieutenant détective Valiquette s'agenouille derrière les fidèles et fermer les yeux  pour ce recueillir. Contrairement au patrouilleur Guertin, voilà un homme qui a compris le Québec multiculturaliste de 2020.  Avec de tels officiers, il y a de l'espoir pour le SPAL. Il n'est pas le seul qui peut permettre au SPAL d'espérer: «Dans une autre mosquée visitée lors du même stage, une fidèle a demandé à des policière de se couvrir la tête pour la prière. L'une d'elles a simplement enfilé son capuchon. Une autre a mis le voile « J'ai senti que je devais le faire, raconte l'agente Marie-Pier Laverdière. Je me suis dit : « C'est quoi, deux minutes dans ma vie, pour respecter ses croyances? » D'autres ne se seraient jamais voilées et le lui ont fait savoir. L'agente Laverdière est prête pour une promotion au poste de lieutenant-détective.  Les autres policières pourront attendre avec le patrouilleur Guertin. Il ne s'agit pas de lancer la pierre  à l'agente Laverdière, en fait, elle est assez représentative d'une partie de l'opinion québécoise, pourquoi pas une petite concession ici et là pour assurer la paix sociale, c'est là une pente glissante.Question au SPAL, dans le cadre du Projet Immersion à quand une visite dans une église catholique, puisque dans l'état actuel actuel des religions au Québec, il y a lieu de croire qu'il n'y a pas que le patrouilleur Guertin à adhérer à la religion de la licorne rose invisible.  Dépaysement garanti, à moins que comme beaucoup de Québécois, plusieurs agents du SPAL ne soient des catholiques sociologiques, se mariant à l'église (pour le décorum) et faisant baptiser leurs enfants à l'église (pour la famille). Ce qu'il craindre maintenant, c'est que le SPAL ne fasse école et n'inspire d'autres corps de police à travers le Québec.

Quid du Parti conservateur canadien?


Le chroniqueur Mathieu Bock-Côté (MBC)pose la question qui tue:» À quoi sert le Parti conservateur? (Journal de Montréal, 18 janvier).
Il pose le problème sans faux-fuyants lorsqu'il demande:» [...] à quoi sert le Parti conservateur? Quelle est sa vision du monde? N'est-il qu'une version allégée du Parti libéral, confessant un faible pour l'exploitation pétrole albertain?»
Poursuivant sa réflexion, il écrit: «De manière simpliste , on a tendance à divisibles conservateurs en deux courants . D'un côté, il y aurait les conservateurs économiques, soucieux de réduire la taille de l'État. De l'autre, il y aurait les conservateurs sociaux, voulant encadrer d'une manière ou d'une autre les moeurs au nom d'une orale «religieuse». Probablement pour résumer la position des conservateurs sociaux, MBC nous semble aller un peu vite en affaires. Il nous apparaît que c'est moins au nom d'une morale «religieuse»que de la connaissance et du respect de la morale naturelle que se mobilisent les conservateurs sociaux. L'histoire du Québec fait que c'est l'Église catholique qui s'est faite l'interprète de cette morale naturelle chez nous, de là peut-être l'utilisation du terme «religieux., réducteur dans les circonstances.  



Notons d'emblée, que le sort et l'avenir du Parti conservateur du Canada (PCC) nous indiffèrent, nous le laissons à ses Peter MacKay, Pierre Poilievre et à ceux qui tiennent à en diriger les dépouilles. Dans le contexte canadien, MBC soulève des questions intéressantes, parlant des conservateurs, il se demande:»Peuvent-ils imaginer une remise en question du multiculturalisme et de l'immigration massive? Sont-ils capables de critiquer le gouvernement des juges? Il y a une demande politique pour cela au Canada. Mais l'offre est absente. En d'autres termes, sommes-nous devant un parti gestionnaire qui prétend seulement mieux savoir compter que le PLC ou sommes-nous devant un parti porteur d'une autre vision du Canada?» La réponse s'impose d'elle-même à la lecture de l'histoire canadienne, les conservateurs et, avant eux, les progressistes conservateurs n'ont guère d,autre ambition que de prendre ou reprendre les pouvoir aux libéraux en attendant le jour ou ils feront face aux néo-démocrates.  
Un autre conservatisme canadien est-il possible? Une dose de «populisme» pourrait-elle donner un peu d'oxigène au PCC avec fermeture des frontières à l'immigration et retour aux politiques d'immigration canadiennes d'avant Trudeau (père) afin de favoriser une immigration européenne (encore qu'avec les changements démographiques que connait l'Europe...).  Le PCC pourrait aussi répudier le Canada post national de Justin Trudeau et tenter de définir l'identité canadienne (culture occidentale, économie de marché, valeurs chrétiennes, etc.). Intellectuellement, le conservatisme a des penseurs dont il n'a pas à rougir, un  Edmund Burke soutient très bien la comparaison avec les penseurs des Lumières et de la Révolution française. Plus près de nous, les conservateurs canadiens pourraient s'inspirer des travaux d'un Roger Scruton, essayiste britannique décédé récemment (le12 janvier) Pour Pierre Norris , étudiant à la maîtrise en science politique à l'UQUAM, l'originalité de Scruton résidait «dans son refus du capitalisme sauvage : s'il croyait à la supériorité du marché libre sur le socialisme, il croyait aussi que ce marché n'était pas une fin en soi. il aimait rappeler que le mot « économie » vient du grec oikonomia, c'est à dire la gestion de la maison, la protection du chez soi, l'entretien d'un monde de valeurs. Cela lui permettait  d'envisager l'écologie dans une perspective conservatrice: à ses yeux , il s'agissait moins de refonder la société par le haut que de la préserver.» « Il passa surtout les années 1980 à construire un réseau d'éducation souterrain en Tchécoslovaquie, en Hongrie et en Pologne, en donnant des cours et distribuant des livres interdits à une génération d'intellectuels qui cherchaient à dépasser le communisme. Cette expérience particulière lui fit voir la chute du «rideau de fer» non pas comme la victoire de la société libre et ouverte (la prétention d'un George Soros), mais comme celles de peuples attachés à leur religion, à leurs nation et à leurs racines.(Roger Scruton 1944-2020: l'originalité de Scruton résidait dans son refis du capitalisme sauvage, Le Devoir, 17 janvier). Les nationalistes québécois pourraient s'inspirer avec profit de l'oeuvre de Roger Scruton, réappropriation de notre héritage catholique central à notre identité, réappropriation de nos racines européennes, françaises et donc gréco-latines. Plus largement, nous devons redécouvrir la richesse de la civilisation occidentale, capable du meilleur et du pire, capable d'abolir l'esclavage, mais aussi d'être la matrice du communisme. Ce qu'il défendre, ce n'est le marché, mais un art de vivre et une douceur de vivre.  Art de vivre à travers la défense de l'identité de sexe et répudiation de l'identité de genre de la liberté menacée une nouvelle fois par des totalitarismes, climatiques, etc..  Douceur de vivre car , il n'est pas vrai qu'une société qui accepte les avortements tardifs soit vraiment une société humaine digne de ce nom. 
Pour répondre simplement à MBC, il faut bien conclure que si les Conservateurs ne sont pas en mesure d'offrir une véritable alternative aux Libéraux, ils n'ont aucune utilité.  Ils en auront d'autant moins s'ils inclinent à renouer avec leurs passé progressiste-conservateur. s'il ne ressaisit pas, la disparition du Parti conservateur est souhaitable. Cette disparition permettrait peut-être aux "vrais » conservateurs d'envisager la constitution d'un véritable parti conservateur au Canada, encore que.... Hypothèse, ces « vrais » conservateurs seraient probablement coiffés au poteau par des libertariens du style Maxime Bernier. 

Saturday, January 18, 2020

Qui trop embrasse...



Nous avions écrit, il y a quelques semaines que la commission Laurent (Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse), une commission, commission qui doit, suite à la triste affaire de Granby: »...entreprendre une réflexion qui porte non seulement sur les services de protection de la jeunesse, mais également sur la loi qui l'encadre, sur le rôle des tribunaux, des services sociaux et des autres acteurs concernés.» . commençait sous de discutables auspices (voir ce blogue, Le dos large 23 octobre). Madame Régine Laurent apparemment tenue en haute estime par le gouvernement Legault 
vient encore de se fendre d'une déclaration qui devrait normalement conduire un gouvernement nationaliste conséquent à la récuser séance tenante. Elle affirme en effet:»La loi de la protection la jeunesse est devenue une loi d'instrumentalisation raciste » nous sommes à des antipodes de la mission donnée à la commission par le gouvernement. «Plusieurs chercheurs sont venus nous expliquer les traumatismes»causés aux noirs par leur surreprésentation dans ce système , a ajouté Mme Laurent, en citant le témoignage de la Maison d'Haïti. «J'imagine le nombre d'enfants, en centaines ou en milliers, qui ont vécu ce traumatisme ; des parents qui ont vécu ce traumatisme.» ««Ça m'arrive rarement» a-telle dit par la suite, pour expliquer et temporiser quelque peu son commentaire indigné fait à la suite de l'audience de la chercheuse Chantal Lavergne, de l'Institut universitaire Jeunes en difficulté, et de Sarah Dufour, professeure et responsable des programmes de l'école de psychoéducation de l'Université de Montréal. Nous voilà bien loin de Granby. Pour un peu Mme Laurent nous sortira d'un chapeau un génocide des jeunes Noirs du Québec. il se trouvera des antiracistes pour affirmer affirmer avoir été témoins de rafles de jeunes Noirs afin de les conduire dans les bureaux de la «raciste» Direction de la Protection de la Jeunesse. (Le taux de signalement des enfants noirs à la DPJ choque Régine Laurent, Le Devoir, 11 janvier). 
En dépit de l'indignation de Régine Laurent, les faits sont têtus:»À Montréal, les enfants noirs comptent pour 14,5 % de la population de 17ans et moins. Or, dans le système institutionnel de la DPJ, ils comptent pour 29, 6% ont expliqué Dufour et Lavergne. Les mêmes chercheuses constatent que :» Cette surreprésentation des Noirs n'a d'équivalent pour aucune autre communauté ethno culturelle, selon les analyses présentées à la commission Laurent par le duo de chercheuses.»((Le taux de signalement des enfants noirs à la DPJ choque Régine Laurent, op. cité.).  Réponse prévisible des deux chercheuses:»La défavorisation compte, «mais il y a vraiment d'autres choses qui se passent dans ce cas. On ne peut pas vous l'expliquer» facilement, dit Sarah Dufour. « C'est très peu étudié ». Et d'évoquer par exemple des facteurs de pauvreté ou d'»incompréhension inter culturelles mutuelles»Explications peu satisfaisantes en définitive, elle laisse supposer que l'affluence règne chez les autres communautés culturelles. De même, il n'y aurait pas de problèmes d'incompréhension interculturelles avec les autres  communautés culturelles, il faudra le faire savoir à la famille Villanueva.



Retour à Régine Laurent, combien de temps attendrons-nous son explication de la surreprésentation des jeunes Noirs dans le système de la DPJ? Rappelons les propos des chercheuse:»Cette surreprésentation des Noirs n'a d'équivalent pour aucune autre communauté ethno culturelle». Difficile donc de parler de racisme systémique.  Retour de la balle dans le camp de Mme Laurent. Au moment ou nous apprenons que le frère de la malheureuse victime de Granby a lui aussi subi des sévices dans l'indifférence de la DPJ de l'Estrie (L'autre enfant du père de la fillette de Granby raconte les sévices subis, La Presse, 14 janvier), les «inquiétudes» anti racistes»nous conduisent déjà à nous interroger sur l'intérêt du rapport final de la commission. Régine Laurent a-t-elle encore la tête au mandat que lui a confiée le gouvernement?