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Thursday, March 25, 2021

Ordre naturel désordre Carmant

 


Le Québec connaîtra-t-il bientôt un changement de culture majeur? C'est ce que nous pourrions conclure d'une récente déclaration du ministre Lionel Carmant: «un des éléments qui pourraient être modifiés est la notion de primauté parentale, dit M. Carmant. « Il faut que ce soit le bien-être de l'enfant qui prime. La science nous montre que les choses ont changé. Ça n'a pas nécessairement besoin d'être la famille biologique; il faut que l'enfant soit dans un environnement aimant.» (DPJ: Québec pourrait revoir le principe de la primauté parentale, Radio-Canada, 23 mars) Va pour l'environnement aimant, nous aimerions toutefois que le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux nous explique ou les enfants trouveront cet environnement aimanté dehors de leur famille biologique? La déclaration du ministre ne peut porter que sur les enfants faisant l'objet d'un signalement à la DPJ, ce qui en limite heureusement la portée, elle indique cependant un préjugé défavorable envers la famille biologique , alors même que l'existence et la perrenité de la famille traditionnelle sont menacées par la désaffection du mariage en faveur de l'union de fait, l'avènement des mariages de conjoints de même sexe et autres complaisances à l'égard de comportements marginaux et regrettables à l'instar du phénomène LBGT.  
Il faudra que les journalistes interrogent Lionel Carmant sur ce qu'il considère comme un «environnement aimant» et qui, ou quoi, fournira cet environnement aimant si ce n'est la famille biologique? Faudra-t-il envisager que les enfants ne soient confiés en permanence aux soins des Centres de la petite enfance (CPE) permettant ainsi la matérialisation de CPE accessibles  jour et nuit; et l'éducation des enfants confié aux éducatrices en CPE? Cette socialisation des enfants concrétiserait l'omnipotence du gouvernemaman dans la formation des citoyens et signifierait la fin de tout pensée libre au Québec, les produits de ce système d'éducation ultérieurement confiés au ministère de l'Éducation pourraient difficilement développés une pensée non-conformiste. 
 
 

 
 
 
Lionel Carmant pourrait s'inspirer des kibboutz israéliens pour réformer les familles québécoises. À cette expérience collectiviste, qu'il nous soit permis de préférer la famille biologique ou traditionnelle, imparfaite, mais éprouvée par des millénaires de fonctionnement et surtout naturelle. Les quelques cas de familles dysfonctionnelles soumis à la DPJ sont des exceptions. Ces exceptions ne doivent pas devenir la règle.
Pourquoi dans le titre parler de désordre Carmant et non de désordre Laurent, parce que : «Avant-même le dépôt du rapport final de la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse (DSPEPJ) cet automne, le gouvernement a déjà amorcé «un changement de culture» au sein de la Direction de la protection de la jeunesse, affirme le ministre Lionel Carmant., ce dernier daignera-t-il nous expliquer pourquoi, il court-circuite ainsi le dépôt du Rapport Laurent, manque d'attention et de visibilité médiatique chez celui que le gouvernement  Legault a écarté de la direction de la lutte au racisme au profit de Benoît Charrette. Qu'est ce qui prend à Lionel Carmant de jouer les apprentis-sorciers, un lointain ancêtre, prête vaudou, les Québécois attendent depuis des années une «politique de la famille», ils méritent mieux que cette proposition déconstructrice et une «expérience sociale».

Saturday, January 18, 2020

Qui trop embrasse...



Nous avions écrit, il y a quelques semaines que la commission Laurent (Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse), une commission, commission qui doit, suite à la triste affaire de Granby: »...entreprendre une réflexion qui porte non seulement sur les services de protection de la jeunesse, mais également sur la loi qui l'encadre, sur le rôle des tribunaux, des services sociaux et des autres acteurs concernés.» . commençait sous de discutables auspices (voir ce blogue, Le dos large 23 octobre). Madame Régine Laurent apparemment tenue en haute estime par le gouvernement Legault 
vient encore de se fendre d'une déclaration qui devrait normalement conduire un gouvernement nationaliste conséquent à la récuser séance tenante. Elle affirme en effet:»La loi de la protection la jeunesse est devenue une loi d'instrumentalisation raciste » nous sommes à des antipodes de la mission donnée à la commission par le gouvernement. «Plusieurs chercheurs sont venus nous expliquer les traumatismes»causés aux noirs par leur surreprésentation dans ce système , a ajouté Mme Laurent, en citant le témoignage de la Maison d'Haïti. «J'imagine le nombre d'enfants, en centaines ou en milliers, qui ont vécu ce traumatisme ; des parents qui ont vécu ce traumatisme.» ««Ça m'arrive rarement» a-telle dit par la suite, pour expliquer et temporiser quelque peu son commentaire indigné fait à la suite de l'audience de la chercheuse Chantal Lavergne, de l'Institut universitaire Jeunes en difficulté, et de Sarah Dufour, professeure et responsable des programmes de l'école de psychoéducation de l'Université de Montréal. Nous voilà bien loin de Granby. Pour un peu Mme Laurent nous sortira d'un chapeau un génocide des jeunes Noirs du Québec. il se trouvera des antiracistes pour affirmer affirmer avoir été témoins de rafles de jeunes Noirs afin de les conduire dans les bureaux de la «raciste» Direction de la Protection de la Jeunesse. (Le taux de signalement des enfants noirs à la DPJ choque Régine Laurent, Le Devoir, 11 janvier). 
En dépit de l'indignation de Régine Laurent, les faits sont têtus:»À Montréal, les enfants noirs comptent pour 14,5 % de la population de 17ans et moins. Or, dans le système institutionnel de la DPJ, ils comptent pour 29, 6% ont expliqué Dufour et Lavergne. Les mêmes chercheuses constatent que :» Cette surreprésentation des Noirs n'a d'équivalent pour aucune autre communauté ethno culturelle, selon les analyses présentées à la commission Laurent par le duo de chercheuses.»((Le taux de signalement des enfants noirs à la DPJ choque Régine Laurent, op. cité.).  Réponse prévisible des deux chercheuses:»La défavorisation compte, «mais il y a vraiment d'autres choses qui se passent dans ce cas. On ne peut pas vous l'expliquer» facilement, dit Sarah Dufour. « C'est très peu étudié ». Et d'évoquer par exemple des facteurs de pauvreté ou d'»incompréhension inter culturelles mutuelles»Explications peu satisfaisantes en définitive, elle laisse supposer que l'affluence règne chez les autres communautés culturelles. De même, il n'y aurait pas de problèmes d'incompréhension interculturelles avec les autres  communautés culturelles, il faudra le faire savoir à la famille Villanueva.



Retour à Régine Laurent, combien de temps attendrons-nous son explication de la surreprésentation des jeunes Noirs dans le système de la DPJ? Rappelons les propos des chercheuse:»Cette surreprésentation des Noirs n'a d'équivalent pour aucune autre communauté ethno culturelle». Difficile donc de parler de racisme systémique.  Retour de la balle dans le camp de Mme Laurent. Au moment ou nous apprenons que le frère de la malheureuse victime de Granby a lui aussi subi des sévices dans l'indifférence de la DPJ de l'Estrie (L'autre enfant du père de la fillette de Granby raconte les sévices subis, La Presse, 14 janvier), les «inquiétudes» anti racistes»nous conduisent déjà à nous interroger sur l'intérêt du rapport final de la commission. Régine Laurent a-t-elle encore la tête au mandat que lui a confiée le gouvernement?

Monday, May 6, 2019

Mauvaise conseillère


La colère serait mauvaise conseillère dit l'adage bien connu. Elle n'est pas la seule. La triste affaire d'une fillette de 7 ans décédée à Granby nous aura démontré que l'émotion , vraie ou factice, peut aussi être mauvaise conseillère. Cette triste affaire aura donné lieu à des débordements.  L'affaire est devant les tribunaux, ce qui n'a pas empêché François Legault de qualifier probablement sous le coup de l'émotion les parents de la fillette de « monstres» en mêlée de presse. Visiblement le Sub Judicie derrière lequel les politiciens se plaisent si souvent à se réfugier, ne tient plus. À l'Assemblée nationale, les parlementaires y sont allés d'une minute de silence,  nous pensions cet hommage réservé à ceux qui avaient combattu pour leur pays ou à ceux qui avaient apporté une contribution remarquable à l'avancement du pays. Après la minute de silence (j'ai rarement vu des moments d'émotion comme ça à l'Assemblée » a confié le ministre Bonnardel (Enfant martyre : les politiciens unis face au drame « , Le Journal de Montréal, 2 mai), Après la minute de silence, Legault a donné l'accolade à certains parlementaires (les photographes n'ont pas manqué d'immortaliser l'accolade François Legault-Manon Massé). Probablement pour ne pas être en reste et risquer pour passer pour un homme insensible, François Bonnardel, député de la circonscription de Granby et ministre responsable de l'Estrie, s'est fendu d'un « maintenant, c'est tout le Québec qui voudrait la serrer dans ces bras ». À un Bonnardel qui dote le Québec de bras, nous voudrions dire que nous souhaitons que quelqu'un lui colle le « pied du Québec » au cul pour le ramener à la raison.  Si le « pied du Québec » a encore de l'énergie nous pourrions lui conseiller de botter aussi le cul de Mario Dumont qui lui se fend d'une mélodramatique « lettre à un ange abandonné »  dans l'édition du 3 mai du Journal de Montréal. À l'un et l'autre nous voudrions dire « qu'il faut savoir raison garder», et à Bonnardel qu'il est élu pour gouverner le Québec et non pour jouer les thérapeutes. Aux uns et aux autres, il faudrait rappeler qu'il de s'agit pas d'une affaire d'importance nationale, mais d'un fait divers, triste certes, mais d'un simple fait divers. Nous finirons par paraphraser Tayllerand et écrire: « Tout ce qui est émotif est insignifiant ». Mais voilà, la presse et les chaînes d'information continue délaissant probablement à regret la couverture des inondations n'ont cessé de jouer la nouvelle en une et d'abuser de titres aux accents sensationnalistes du genre la « fillette martyre » et de répétitives allusions à Aurore l'enfant martyre. Difficile pour des politiciens de ne pas tenter de tabler sur la vague d'indignation populaire, une vague nourrie justement par le matraquage incessant des média. Un matraquage qui donne lieu à un déballage indécent d'informations qui devrait d'abord être entendues par le tribunal. Comme cela est de pratique courante courante pour certains journalistes fouille-merde, les proches de la famille ont été soumis à la question, la mère du père a été interviewée pour nous apprendre que son fils souffrait de problèmes mentaux et que sa nouvelle conjointe, la belle-mère, surnommée par les média , « La marâtre», des parents inaptes (Aurore n'est jamais loin elle a fait un retour notamment sous la plume de Richard Martineau,  «Aurore, 100 ans plus tard», Journal de Montréal, 2 mai). Nous avons aussi appris que le père entendait instruire sa fille à la maison, il aggrave son cas, malgré le fait qu'il n'ait que son Secondaire IV, dixit la mère, voilà une mère comme nous aimerions en souhaiter à tous les Québécois, rien d'étonnant avec une telle mère que le fils ne se soit pas montré capable de protéger sa fille, sa mère se montrant elle -même incapable de protéger son fils, Pour ces confidences, elle a reçu non pas pour un plat de lentilles, mais ses « cinq minutes de gloire » à la télévision. Des voisins aussi à la recherche de leur cinq minutes de gloire ont raconté que la fillette venait fouiller dans leurs poubelles la nuit pour se nourrir. Alors qu'un autre racontait lui que la fillette était venu frapper à sa porte en pleine nuit.  Que n'ont-ils fait quelque chose de pleurer en choeur les commères de village.



Au-delà de l'anecdotique, la population (les média en fait) et l'Assemblée nationale se sont lancées dans le procès de la Direction de la protection de la jeunesse(DPJ), une tête a déjà roulé, celle du directeur de la DPJ Estrie, Alain Trudel, a été relevé de ses fonctions. C'est Lionel Carmant , ministre de la Santé et des Services sociaux, qui en a fait l'annonce, le 2 mai, avec son air habituel de chevreuil surpris par les phares d'une voiture fonçant sur lui. Il a été fait mention d'une enquête publique et d'une enquête publique de coroner, Sonia Lebel, ministre de la Justice aura fort à faire pour concilier ces enquêtes et préserver l'intégrité du processus judiciaire. Certains députés souhaitent la tenue d'une consultation, des travaux parlementaires non partisans inspirés par ce qui s'est fait pour la commission « mourir dans la dignité ».  Voilà qui devrait légitimement inquiéter, car quel pourrait-être  l'objet d'une telle commission? Un indice se trouve peut-être dans une chronique de Denise Bombardier (La loi du sang, Journal de Montréal, 3 mai). Elle dénonce « la loi du sang » en termes bien sentis: «L'obsession pour la loi du sang, qui donne aux parents biologiques , même psychologiquement démunis, la primauté de la garde de leur enfants , doit donc être remise en question". Dans le même registre, on trouve, Josée Legault qui dans « L'omerta qui tue » (Le Journal de Montréal, 3 mai) parle elle de « milieu familial toxique », voilà l'ennemi, les parents biologiques et à travers eux, la famille traditionnelle, les «parents biologiques » cela sous entend un homme et une femme , un père et une mère en fait. On songe que l'objectif ultime de ces opposantes à la famille traditionnelle est le kibboutz ou le « ça prend un village pour élever un enfant ». Dans cette perspective, il faut craindre une DPJ pourvue de pouvoirs élargis pouvant plus facilement retirer un enfant à ces parents biologiques. Une fois de plus , les réactions de la classe politique québécoise confirment le jugement que portait Wilfrid Laurier sur le Québec au début du siècle dernier, lorsqu'il déclarait : » La province de Québec n'a pas d'opinions, elle n'a que des sentiments. »