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Tuesday, September 14, 2021

Le mouton noir

 


Le mouton noir fait des siennes, alors qu'il devait demeurer cantonné dans la marginalité Maxime Bernier et son Parti populaire du Canada (PPC), les choses bougent, les électeurs canadiens ne semblent pas l'entendre de cette oreille. «Interrogés sur la récente montée du Parti populaire du Canada (PPC) dans les sondages, les chefs des quatre principaux partis fédéraux ont plutôt préféré se renvoyer la balle à ce sujet. En point de presse dimanche matin, les chefs libéral, conservateur, néo-démocrate et bloquiste n'ont pas échappé aux questions à propos de la montée des intentions de vote pour la formation politique de Maxime Bernier, particulièrement Justin Trudeau, dont certains déplacements de campagnes ont été perturbés par des partisans du parti. «Je ne veux pas commenter les sondages, mais on voit qu'il y a de plus en plus de gens, c'est une petite minorité de la population, mais ça prend de plus en plusse place en ligne [et] dans les manifestations.» a réagi le libéral qui était présent sur la Rive-sud de Montréal. L'important c'est d'avoir du leadership fort et clair qui ne va pas accepter de leur laisser la place pour grandir[...]» On ne va pas accepter que ça prenne de l'ampleur» a-t-il poursuivi, soulignant que le Canada  n'est pas à l'abri des «mouvements populistes, extrémistes, intolérants «divisifs» [sic], polarisants» . Pourquoi le Canada serait-il pas à l'abri de mouvements populistes? Pourquoi les Canadiens n'éprouveraient pas les mêmes sentiments de méfiance à l'égard de leurs soi-disant élites, de l'absence de réactions de ces élites face aux invasions migratoires, du relativisme moral que ces élites nous imposent. Ainsi grâce à Justin Trudeau le Canada sera protégé contre la contamination populiste. (Progression du Parti populaire du Canada: les chefs fédéraux amenés à réagir, TVA Nouvelles, 12 septembre).
 

 
 
Risque de contamination populiste que classe politique et gent journalistique entendent bien contenir en empêchant les Canadiens, francophones comme anglophones, d'entendre ce que Maxime Bernier a à leur dire (Maxime Bernier a ainsi été écarté des deux débats télévisuels, mais Annamie Paul, leader du Parti vert a elle été invité au débat en anglais, bien que selon les derniers sondages, elle ne pèse pas plus lourd dans l'opinion que Maxime Bernier. Le Canada sera aussi protégé contre ses propres citoyens qui pourraient être tentés de se ranger aux côtés du «divisif» PPC. 
 

 
 
Ce n'est pas le PPC de Maxime Bernier qui représente une menace pour les institutions canadiennes, mais le «leadership fort et clair» de Justin Trudeau et sa prétention à incarner à lui seul l'ensemble des valeurs de la vie politique canadienne.  Il semble à la vue de ces derniers sondages que Maxime Bernier incarne lui aussi certaines valeurs de cette vie politique.  Contrairement à ce que pense Justin Trudeau, cette diversité telle qu'incarnée par le mouton noir ne peut être que bénéfique à la démocratie canadienne.


Sunday, February 2, 2020

Nationalistes et cosmopolites sauce 2020


Je suis pas un fan de Richard Martineau , mais je conviens que je le lis régulièrement. Je déteste sa posture de faux homme de droite (une droite qui pour lui ne devrait être qu'économique, jamais sociale ou morale, ce qui pourrait être en fait la définition de la droite libertarienne, depuis des années il flirte avec un anti islamisme qui peut faire illusion sur ses convictions identitaires, en fait, il n'a pas de problèmes avec l'immigration, mais seulement avec l'Islam.)

À l'occasion, Martineau écrit des choses intéressantes, après tout, même une montre arrêtée donne l'heure exacte, deux fois par jour. Pour cette raison, il fut signaler l'une de ces récentes chroniques et la faire lire tant son contenu est pertinent à notre combat, «Enracinés contre déracinés», Journal de Montréal, 27 janvier. Constatant le fait que les étiquettes de droite et de gauche, comme celle de progressistes et conservateurs apparaissent  dépassées, il fait sienne la thèse du journaliste britannique David Goodhart, auteur de The Road to somewhere: The populiste Revolt and the Future of Politics selon lequel le monde est désormais partagé entre enracinés et déracinés, 
 
 
 
 
Les déracinés (les Anywhere pour Goodhart) sont: »Cosmopolites, aimant voyager, ces gagnants de la mondialisation (qui travaillent dans le monde des télécommunications, du divertissement et de la finance) se considèrent comme des citoyens du monde. Ils rêvent d'une planète hyperconnectée ou il n'y aurait plus de frontières. Leur pays, c'est Google, Facebook, Apple, Netflix et Amazon. Des entreprises transnationales qui n'ont de racines nulle part. Les déracinés considèrent le pays ou ils habitent comme un hôtel. Le passé, l'histoire, l'identité, les valeurs nationales, tout ça n'a aucune importance pour eux, ce sont des concepts obsolètes qui font partie du vieux monde. Parlant tous anglais (en attendant d'apprendre le mandarin), ils s'identifient plus les uns aux autres qu'avec les résidents de leur propre pays . Il n'y a rien qui ressemble plus à un «déraciné» de Tokyo qu'un «déraciné» de Madrid, de New York ou de Paris.Ils écoutent la même musique, regardent les mêmes séries, portent les mêmes vêtements. 
Les « enracinés »(aussi appelés »Somewhere» par Goodhart, car ils sont «de quelque part»)
font du maintien de leur identité et de leurs valeurs un impératif. Il ne sont pas fermés, ce ne sont pas ultraréactionnaires qui détestent le progrès et le changement , non. Mais ils se méfient des institutions supra nationales, comme l'ONU ou la Communauté européenne. Ils veulent que les décisions qui auront un impact sur leur quotidien soient prises chez eux. Ils tiennent à leur langue, à leur culture, à leur histoire, à leurs valeurs[...] Ils se méfient comme de la peste des idéologues qui veulent faire table rase du passé. (L'antithèse des idéaux d'un Georges Soros et de sa Open Society Foundations). 
Mais la grille déracinés-enracinés.
Ou en d'autres mots, multiculturalisme-nationaliste. Trudeau et Macron sont des «déracinés.»
Boris Johnson et François Legault sont des «enracinés».
Les enracinés se font de plus entendre.  
Le survol que fait Richard Martineau de l'ouvrage de David Goodhart, ne nous permet pas de savoir ce que le journaliste britannique pense des « transplantés», ces immigrants récemment arrivés, sommes -nous en présence de de nouveaux arrivants soucieux de s'enracines» ou, au contraire, ont-ils vocation à être de perpétuels «déracinés». Question importante car ces «transplantés» sont un irritant important pour les «enracinés».
Tout à son enthousiasme pour sa découverte de The Road to Somewhere, Richard Martineau ne semble pas s'être rendu compte que l'opposition évoquée par David Goodhart correspond à plus d'un siècle de distance à la querelle des nationalistes et des cosmopolites évoquée par Maurice Barrès dans ses romans du Cycle de l'Énergie nationale.
Nous étions hier du camp des nationalistes, nous voilà passé sans problèmes dans celui des « enracinés»,par delà les époques, ce qui ne change pas, c'est que l'ennemi lui est toujours le même.