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Friday, April 29, 2022

Un Juste



Dans une époque marquée par les changements incessants et l’incertitude ambiante sur des éléments fondamentaux de la vie en société comme l’identité sexuelle qui interpelle les conservateurs, il est rassurant de découvrir un vrai, un roc, un homme de principes, un Juste au sens biblique, cet homme existe-t-il?




«À l’origine, lorsque j’ai décidé de faire le saut en politique, c’était par conviction et en accord avec mes principes. Ce n’est donc pas un hasard j’ai choisi de me rallier au Parti conservateur du Canada, qui prône ce en quoi je crois.» (Je suis conservateur et j’appuie Pierre Poinlievre, Journal de Montréal  28 avril). Cette fière déclaration , déclaration qui résonne comme de la musique à nos oreilles, nous la devons au député fédéral de Charlesbourg-Haute-Saint-Charles, Pierre Paul-Hus. Mais encore, quels sont donc ces principes qui conduisent Pierre Paul-Hus à se ranger derrière la Bannière de Pierre Poilievre alors que la plupart de ses collègues à Ottawa préfèrent se ranger derrière Jean Charest. «[…] monsieur Poilievre représente la génération de politiciens qui, tout comme moi, souhaite faire une différence en politique. C’est un homme fonceur, qui fait preuve de courage, mais surtout qui place l’intérêt du contribuable en priorité , osant ainsi ébranler les colonnes du temple. Donner plus de liberté aux citoyens et aux entreprises n’est pas un concept nouveau. C’est une valeur conservatrice fondamentale et comme conservateur, j’y adhère entièrement». Voilà pour le conservatisme de Pierre Paul-Hus, un conservatisme plutôt libertarien tout considéré. Évacuée toute notion d’ordre moral  transcendant chère au grand penseur conservateur Russell Kirk. Évacuée aussi toute notion de loi naturelle et de civilisation judéo-chrétienne, avec des conservateurs comme Pierre Paul-Hus, le désordre moral qui constitue l’idéal de société d’un Justin Trudeau a de belles années devant lui avec des conservateurs comme Pierre Paul-Hus. Ne lançons pas trop hâtivement la pierre à Paul-Hus, il est probablement représentatif de la majorité des conservateurs du Québec.Comme Abraham à Sodome et Gommorrhe, nous sommes à la recherche d’un Juste, ce Juste ne sera pas Pierre Paul-Hus.

Thursday, March 17, 2022

Bonne nouvelle



La nouvelle devrait réjouir les «vrais bleus» canadiens. «Le maire de Brampton et ancien chef du Parti progressiste-conservateur ontarien, Patrick Brown, a officialisé son entrée dans la course à la direction du Parti conservateur du Canada.» 
M. Brown s’est présenté comme un «battant»lors de son discours de candidature à Brampton.[…] Le candidat s’est aussi posé comme le défenseur des communautés culturelles et religieuses, assurant qu’il continuerait à se battre contre le projet de loi 21 sur la laïcité au Québec, lui qui avait mené une charge des municipalités pour soutenir les contestations judiciaires à ce sujet.» (Patrick Brown à son tour candidat à la chefferie du Parti conservateur, Radio-Canada, 13 mars), Amusante cette propension des vaincus de demain à se présenter en vainqueurs; Patrick Brown est un «battant» et Jean Charest est «bâti pour gagner»
 

 
 
Bonne nouvelle pour les «vrais bleus», Patrick Brown courtisera le même électorat que Jean Charest, l’électorat «progressiste conservateur». Jean Charest et Patrick Brown vont se nuire mutuellement jusqu’à leur défaite en septembre. Le spectacle de cette guéguerre entre Red Tories sera un spectacle à surveiller. Nombreux ont été les observateurs à décrire cette course à la direction du Parti conservateur du Canada (PCC) comme une bataille pour l’âme du parti. À la lecture de ces observateurs, il fallait conclure qu’il fallait éviter que l’âme du PCC ne tombe définitivement dans l’abime de la droite. Un abime incarné par Stephen Harper. Ce qu’il faut visiblement éviter, c’est que le PCC conteste sérieusement le monopole idéologique exercé sur la vie politique canadienne par les progressistes (Libéraux, néo démocrates et progressistes conservateurs). Le risque apparaît limité, aucun des candidats actuellement en lice n’ayant le potentiel pour vaincre Justin Trudeau. De toute façon, la volonté commune de Jean Charest et de Patrick Brown de contester éventuellement la loi 21, montre bien que le Canada des Trudeau, n’est pas en péril. Il se pourrait qu’il soit trop tôt pour se réjouir: l’hypothèse d’un ralliement Brown-Charest ne peut être écartée.

Sunday, March 13, 2022

Ecce Homo

 



Sans surprise, John James Charest briguera la succession d’Erin O’Toole. L’homme compte refaire l’unité du Parti conservateur du Canada(PCC) sans vraiment dire ce qui divise le PCC. 




L’homme est décrit comme un bête politique, parler d’un cheval blanchi sous le harnais serait plus juste; il a commencé sa carrière en en étant élu député conservateur (progressiste conservateur faut-il le préciser)de Sherbrooke en 1984. Préparant le terrain avant même l’annonce officielle de sa candidature; Charest rencontrait Mario Dumont sur les ondes de LCN Nouvelles, le 10 mars, entrevue instructive qui mérite d’être écoutée (Jean Charest à la poursuite de son rève, LCN Nouvelles , 10 mars ).
 

 

D’entrée de jeu, Mario Dumont demande à Charest «Etes-vous conservateur?» question légitime pour un homme qui a dirigé le Parti libéral du Québec (PLQ) pendant plusieurs années. Jean Charest d’abord que toute sa carrière, toute sa vie ont été animé par l’idée du Canada, Après cette profession de foi canadienne Charest répond à la question de Mario Dumont sur son conservatisme: d’abord ; ses valeurs conservatrices  sont les suivantes: Conservatisme fiscal, économie de marché, croissance économique, soutien aux familles, respect des lois, respect de compétences provinciales, dans l’entrevue Jean Charest insiste sur le surplus budgétaire du Québec et sa côte de crédit. Silence assourdissant sur le conservatisme social qui visiblement n’apparaît pas sur le radar des valeurs conservatrices de Jean Charest, l’homme de toute évidence en est resté a ces années progressistes conservatrices. Son conservatisme apparaît comme du libéralisme classique, l’État devant se contenter de jouer le gardien de nuit.Le «conservatisme»de Jean Charest vérifie l’assertion prêtée à Thierry Maulnier, pour qui:»Conservateur , voilà un mot qui commence bien mal».
Toute la vie de Jean Charest graviterait autour de l’idée du Canada; mais de quel Canada? Dès le lendemain de l’annonce de sa candidature à la direction du PCC, jEan Charest faisait connaître son opposition à la loi 21:«L’aspirant premier ministre va jusqu’à croire que le gouvernement fédéral devrait intervenir pour s’opposer à la loi, si celle se retrouve devant la Cour Suprême du Canada,» (Laïcité de l’État: Jean Charest est opposé à la loi 21, Journal de Montréal, 10 mars).Exit le respect des compétences provinciales.
Le Canada de Jean Charest ne serait finalement pas très différent de celui de Justin Trudeau.

Saturday, January 25, 2020

Pouvoir policier et séparation des pouvoirs


Autour de l'affaire Charest\UPAC, Josée Legault nous sert une défense de la séparation des pouvoirs (Un beau gâchis sur toute la ligne, Journal de Montréal, 24 janvier). Elle écrit:»Lorsqu'un ex-premier ministre, ridiculise publiquement un corps de police dont il est en plus le géniteur, les effets d'une telle sortie ne peuvent qu'être nocifs pour la démocratie québécoise. (la démocratie québécoise a survécu aux règnes de Jean Charest et de Philippe Couillard, elle survivra a cette sortie de l'ex-premier ministre). Inspirée, elle écrit: «En tant qu'ancien chef de gouvernement, un tel non-respect envers l'indépendance du pouvoir policier, qu'il soit dysfonctionnel , témoigne d'un mépris consternant pour le principe même de la séparation des pouvoirs» Seule erreur, mais capitale, il n'y a pas de séparation des pouvoirs en ce qui concerne le pouvoir policier. Car il n'y pas une telle chose qu'un pouvoir policier, les Locke et Montesquieu étant demeurés muets sur le sujet. Chacun est donc libre de caractériser le «pouvoir» policier comme il l'entend, il peut être tenu pour une composante du pouvoir exécutif ou comme un auxiliaire du pouvoir judiciaire. J'ai tendance pour ma part à le considérer comme un instrument du pouvoir exécutif, il assure la défense du système et protège l'État et sa classe politique. Chiens de garde, les policiers sont au service et aux ordres de l'État, la G.R.C. et la S.Q n'ont jamais fermé le chemin Roxham, par ce que les états canadien et Québécois ne l'ont jamais voulu. Ils ne sont en fait que des fonctionnaires payés par l'État, comme les percepteurs du Ministère du Revenu.  Les administrations peuvent changer, les services policiers eux ne bougent pas, à moins de crise majeure du régime (la Russie de 1918, l'Allemagne de 1933). Le F.B.I., la G.R.C. et la S.Q. ne sont que les Gardes prétoriens de l'État, à la demande du Pouvoir, ils frapperont sans états d'âme, il suffit ici de penser à la répression violente que connaissent les Gillets jaunes en France et les étudiants à Hongkong, latitudes différentes et régimes différents, mais même ardeur à «casser» du manifestant. Surveillant les dissidents et les esprits non conformistes, ils ont d'abord pour but d'assurer la pérennité du système. Les services policiers rassurent les autorités politiques en démontrant leur conformisme intellectuel (voir ce blogue, Projet endoctrinement, 20 janvier)
L'aimable constable qui répond aux appels au 911 peut faire illusion, dans le système capitaliste, protéger les biens et la propriété, c'est aussi défendre le système.



Dans cette optique, L'Unité permanente anti corruption (UPAC) ne saurait être autre chose qu'une police politique, créée par le gouvernement Charest à des fins exclusivement politiques, l'UPAC poursuit aujourd'hui son rôle politique, il ne s'agit pas de croire que les Jean Charest et Philippe Couillard avaient besoin de téléphoner régulièrement aux patrons de l'UPAC, mais d'être convaincu que les vieux chevaux blanchis sous le harnais que sont les cadres supérieurs de nos services policiers et de l'UPAC savent très bien pour reprendre l'expression populaire «De quel côté leur pain est beurré». Et que ce n'est pas demain la veille, que nous verrons l'UPAC conclure l'Enquête Mâchurer.

Friday, December 20, 2019

Blanc bonnet bonnet blanc


Seuls ceux qui observent loin la scène politique de loin auront été surpris par l'annonce de l'intérêt de Jean Charest pour la direction du Parti conservateur du Canada(PCC). Les «virages de capot» de l'homme n'ont plus rien pour nous surprendre.  En 1998, il était passé sans état d'âme du Parti progressiste conservateur à la direction du Parti libéral du Québec(PLQ), pour «sauver le Canada».
Entendra-t-il encore cet appel à sauver le pays de ses divisions Est-Ouest, pour faire le chemin inverse.  Les conservateurs qui se sont offusqués de voir Andrew Scheer recourir à la caisse du PCC pour défrayer les coûts de la scolarité de ses enfants à Ottawa sont mieux de se préparer à se boucher le nez tout de suite, l'homme ne vient pas gratuitement, il avait fait le saut d'Ottawa à Québec en 1998 à condition de disposer d'un confortable parachute doré. Pour les partisans de Jean Charest, il faut souhaiter que les goussets du PCC soient très profonds. Les journalistes du ROC se passionneront pour l'histoire du «salaire» supplémentaire versé par le Parti libéral du Québec (PLQ) à Jean Charest alors même qu'il touchait déjà son salaire de premier ministre, une fois sur la piste, ils s'intéresseront aussi aux rumeurs voulant que le PLQ ait aussi remboursé une partie de l'hypothèque de la maison de Charest à Westmount (Parti libéral de Jean Charest: révélations troublantes sur une enquête inachevée, Journal de Montréal, 29 octobre). Pour un homme nouveau, Jean Charest a beaucoup de cadavres dans ses garde-robes. Il semble moins soucieux de servir, que de se servir. 



Contrairement à ce qu'affirment certains journalistes paresseux ou mal informés, Jean Charest n'a jamais dirigé le PCC, mais il a dirigé le Parti progressiste conservateur, un parti, certains s'en rappelleront qui ne fut jamais qu'une mauvaise copie du Parti libéral du Canada. Un parti capable de se donner comme chefs des personnages aussi faibles que Joe Clark ou Kim Campbell méritait les défaites qu'il a connu.
la rumeur de la candidature éventuelle de Jean Charest  a réjoui la presse québécoise: «Si la nouvelle est confirmée, il s'agirait d'une candidature remarquée à la succession d'Andrew Scheer. Elle répondrait notamment à plusieurs critères évoqués par certains élus et militants conservateurs du Québec, à savoir que l'on souhaite un chef bilingue, originaire de l'est du pays et en phase avec les enjeux sociaux qui ont nui à la formation politique durant la dernière campagne électorale (comprendre l'avortement, le mariage gay et le catholicisme d'Andrew Scheer, à ce chapitre, pas d'inquiétudes à y avoir, la seule religion que Jean Charest semble pratiquer est l'adoration du Veau d'Or).

Si les conservateurs pensent reprendre le pouvoir avec Jean Charest, c'est qu'ils sont bien naïfs. Que pensera l'électorat canadien de deux chefs issus du Québec, rien pour soulager le sentiment d'aliénation de l'Ouest. Les Canadiens sont intelligents et ils sauront choisir l'original, face à un bellâtre comme Justin Trudeau, Jean Charest et ses cheveux grisonnants et ses traits allourdis par l'âge ne fera pas le poids dans une ère de politique spectacle. Les journalistes du Canada anglais n'ignoreront pas longtemps les travaux de la Commission Charbonneau et les ratages de l'UPAC pour brosser des portraits peu flatteurs du nouveau chef conservateur. Avec Jean Charest, le PCC se choisirait d'abord un chef très intérimaire, à qui la suite, à Kim Campbell. plus largement, le passage éventuel de Jean Charest du PLQ au PCC montre bien que les grands partis, les partis de gouvernement en fait, sont interchangeables, leur alternance n'est qu'un trompe l'oeil. Les vrais dirigeants de nos sociétés, patrons de grandes entreprises, grands banquiers. etc. changent de marionnettes à l'occasion. mais ils conservent le contrôle en coulisse, Jean Charest n'est que l'une de ces marionnettes, plus vénales que les autres peut-être?