Sunday, December 6, 2020

Une belle histoire


 Voilà incontestablement une belle histoire:»Nous savions tous ce qu'il pensait de nous: «un médecin urgentiste juif travaillant dans un hôpital californien ému les réseaux sociaux en racontant comment il avait traité, avec l'aide d'une infirmière noire et d'un technicien asiatique, un patient couvert de tatouages nazis en train de suffoquer.[...]. il est arrivé en ambulance avec des difficultés à respirer [...] Il avait l'air malade. Mal à l'aise. Effrayé.Quand nous l'avons mis sur un brancard et lui avons retiré sa chemise pour lui passer une blouse d'hôpital, nous avons tous remarqué ses nombreux tatouages nazis, « raconte dans un long développement sur Twitter le Dr Taylor Nichols , employé par le Mercy San Juan Hospital de Sacramento, dans le nord de la Californie.» (Un médecin juif soigne un patient aux tatouages nazis et émeut Twitter, La Presse, 2 décembre).
Voilà un récit qui ne peut faire que du bien en ces temps difficiles.  Certes, il s'en trouvera pour conclure que Twitter et les réseaux sociaux s'émeuvent pour peu. Cette histoire n'en demeure pas moins vraiment touchante,  histoire d'empathie et de compassion qui , l'avenir nous le dira peut-être, se terminera peut-être par la rédemption de cet homme égaré dans le nazisme et ramené à la lumière par le bon docteur Taylor Nichols. Un médecin dont on ne sait s'il faut admirer le professionnalisme ou la modestie.
 

 
 
Il nous faut plus de ces histoires, souhaitons-nous au Québec, une histoire aussi édifiante qui verrait Horacio Arruda sauver la vie d'Alexis Cossette-Trudel. Afin d'avoir une des Feel good stories, Made in Quebec. Sommes-nous en présence, d'un poisson d'avril avant le temps?

Saturday, December 5, 2020

Valéry Giscard d'Estaing, Des illusions, désillusions

 



Les élections présidentielles françaises de 1971, 1974 et 1981, demeureront l'exemple même d'affrontements Droite-Gauche. Description satisfaisant une presse se contentant sans se poser trop de questions de simplifications et de raccourcis.
Pas la «grâce» de ces raccourcis, Valéry Giscard d'Estaing (VGE) était devenu un homme de droite, plus en raison du fait qu'il faisait contre campagne contre le «Programme commun» mis de l'avant par l'Union de la gauche de François Mitterand et Georges Marchais que par la profondeur de ces convictions.  
L'homme se considérait comme un centriste et un européen, marquant ainsi sa différence avec les gaullistes plus tièdes à l'égard de la construction européenne. En 1969, en refusant d'appuyer le référendum gaulliste sur la réforme du Sénat, VGE et les Républicains Indépendants  (Le parti de VGE a l'époque) torpillèrent l'esprit présidentiel de la Constitution de la Ve République et restaurèrent le pouvoir des partis.  
La présidence de VGE signifia pour la France l'adoption de la loi Veil (dépénalisation de l'avortement ), le divorce par consentement mutuel, la loi sur le regroupement familial (véritable invitation à immigrer en France) adoptée alors que Jacques Chirac était premier ministre. Afin d'être de leur temps.
, il y a trop de ces hommes de droite susceptibles de toutes les compromissions afin d'être de leur temps. L'idéal de VGE n'était-il pas la réalisation d'une «société libérale avancée». VGE jouant volontiers de l'esbroufe se rendit s'invita ainsi à dîner avec son épouse dans des foyers modestes, il convia des éboueurs à l'Elysée et se rendit serrer la main d'un détenu à la prison Saint-Paul de Lyon. Le grand bourgeois qu'était VGE était en représentation.




L'élection présidentielle française de 1974 sera aussi la première qui verra la candidature de Jean-Marie Le Pen à l'Elysée. Immigration, terrorisme islamiste,Une vraie droite, une droite nationale, était possible, les Français en décidèrent autrement, ils s'en mordent aujourd'hui les doigts.

Comme s'il ne le savait pas


Les Québécois s'en doutaient et il ne doit pas s'en trouver beaucoup pour être surpris. Le couperet est tombé, François Legault retire ses billes de son «pacte moral» et annule les deux rassemblements de Noël qu'il nous avait généreusement accordé. François Legault voit bien les chiffres des infections à la COVID-19 depuis le début du mois de novembre, il devait nous faire connaître sa décision sur les «rassemblements de Noël», le 11 décembre. Il frappe  le grand coup, une semaine à l'avance en annulant lesdits rassemblements. Comme s'il ne savait pas que dans la perspective qui est celle de son gouvernement, les données de la Direction de la Santé publique s'avéraient inquiétantes. François Legault n'a jamais joué honnêtement le jeu de son «pacte moral», (voir sur ce blogue Le tricheur 30 novembre),  Il ne se trouvait d'ailleurs pas dans la position du joueur, mais ans celle du croupier, brassant et distribuant les cartes et contrôlant les mises.
 

 
 
 
Dans cette histoire des rassemblements à Noël, François Legault ne se contente pas de se comporter en tricheur; il se comporte carrément en Cross***. Comment qualifier autrement un homme qui nous propose un Pacte dont nous découvrons aujourd'hui  que c'était fondamentalement un «pacte immoral» pacte permettant de donner puis de retirer de la même main, quelques heures de répit pour nos parents et grands-parents. À noter, dans cette dérobade, le premier ministre affirme: «C'est une décision gouvernementale, ce n'est pas une demande de la Santé Publique » at-il précisé.(COVID-19: Québec renonce aux rassemblements durant les fêtes, Journal de Montréal, 3 décembre) François Legault craint-il les réponses que le docteur Arruda pourraient donner aux parlementaires s'il devait témoigner devant ses derniers de sa gestion de la crise. Suprême ironie d'un gouvernement se dirigeant «au doigt mouillé»; «Les Québécois vivant seuls pourront recevoir la visite d'une personne à la fois durant les Fêtes, comme c'est actuellement le cas. Le premier ministre a même encouragé les Québécois à le faire.
« C'est encore plus dur dans le temps des Fêtes d'être seul. Allez-une personne à la fois- visiter une personne seule et faites attention. Portez un masque, restez à deux mètres et , idéalement, ne restez pas trop longtemps » at-il demandé. » À quelle heure faut-il arriver, Monsieur Legault?

Friday, December 4, 2020

Retro Atateken

 


Nouvelle manifestation de cette volonté de l'administration montréalaise de  se «réconcilier» avec les Premières nations: »Un ours, un loup et une tortue illuminés remplacent les traditionnels flocons, étoiles et guirlandes sur la rue Peel. Depuis le 15novembre, la magie des lumières sur la rue Peel revêt une couleur particulière: elle projette son faisceau sur l'histoire des peuples iroquois qui ont habité, depuis des millénaires, ces lieux. Pour instaurer la magie de Noël, la Société de développement commercial (CDC) du centre-ville de Montréal, organisme qui regroupe près de 5 000 entreprises, n'a pas choisi flocons, étoiles et guirlandes lumineuses, mais plutôt des animaux. Une tortue, un loup et un ours apparaissent grâce des points lumineux. Ces animaux n'ont pas été décidés par hasard, ils représentent les trois clans associés aux Mohawks (système du Rotinonshon:ni).La SDC avait lancé un appel à projets pour ces illuminations. Elle a finalement retenu celle d'ISM Art and Design dont la proposition était inspirée des découvertes archéologiques, associées aux Iroquoiens du Saint-Laurent, faites sur Peel depuis 2016. «On a trouvé que le concept valant mettre en valeur l'histoire était extraordinaire et leur idée e travailler autour des découvertes archéologiques, géniale»explique la directrice des opérations pour la SDC Montréal centre-ville, Cristina D'Arienzo.[...] La Ville de Montréal l'a donc mise en contact avec le Conseil mohawk de Kahnawake. Plusieurs rencontres s'en sont suivies. « On a décidé ensemble de mettre l'emphase sur l'histoire des clans, on leur a demandé de nous la raconter et de nous fournir des visuels. «C'est une initiative positive». lance la chef du Conseil Mohawk de Kahnawake qui a participé  au projet, Kahsennenhawe Sky-Deer. Elle rappelle que Tiohtià:ke (comme la nation appelle Montréal en mohawk) était le centre de rencontres politiques ou différentes nations et personnes venaient se rencontrer. 
 

 
 
La boucle est bouclée et il ne manque que l'évocation chère à Valérie Plante de de Montréal:» territoire autochtone on cédé». Initiative dans le droit fil du baptême de la rueAmherst en rue Atateken. Cette initiative . privée, arrive dans la foulée de stratégie de réconciliation de la Ville de Montréal qui souhaite notamment améliorer la visibilité de la présence autochtone dans la Ville.»A (L'histoire iroquoienne illumine la rue Peel, Radio-Canada, 26 novembre) lorsque certains s'inquiètent à raison de l'anglicisation de Montréal, Valérie Plante s'amuse à «mohawkiser» la ville. Comme si l'histoire même de Ville-Marie ne pouvait inspirer quelques décorations de Noël, une source d'inspiration probablement trop blanche pour les Valérie Plante de ce monde. La mairesse est probablement heureuse de cette preuve de son attachement à la diversité. Preuve qui ne coûte rien et ne changera pas le sort des communautés autochtones du pays, elle serait plus utile en demandant que ces communautés aient accès à de l'eau potable, ce qui apparaît comme une cible bien lointaine: » Le gouvernement fédéral confirme qu'il ratera sa cible d'éliminer tous les avis à long terme sur la qualité de l'eau potable dans les communautés autochtones d'ici mars prochain. (Eau potable à toutes les communautés autochtones : Le gouvernementTrudeau ratera sa cible, Journal deMontréal, 2 décembre). Des décorations de Noël sur la rue Peel, voilà qui fera une belle jambe à ces communautés

Thursday, December 3, 2020

Prétexte et vrai coupable



L'histoire d'abord, depuis le début de la pandémie, l'Association des libraires du Québec  (ALQ) a organisé une activité baptisée «Lire en choeur», une activité sur Facebook Live. La vedette de l'une de ces capsules était François Legault, grand lecteur, M. Legault a notamment recommandé la lecture d'une dizaine d'ouvrages dont il a apprécié la lecture. Des livres de Marie Laberge, David Gaudreault, Dany Laferrière, Michel Jean, mais aussi un essai du chroniqueur Mathieu-Bock Côté [...]. « La vidéo de François Legault a suscité de nombreuses réactions «La vidéo de François Legault a suscitée nombreuses réactions au cours des derniers jours sur les réseaux sociaux et dans les médias», note l'ALQ dans son communiqué. Certains ont critiqué le fait d'avoir donné la parole à un politicien; d'autres que ce politicien ait recommandé un livre de M. Mathieu Bock-Côté. Des reproches ont été émis par rapport à la présence à «Lire en coeur» d'un homme qui ne reconnaît  pas le racisme systémique. C'est un mélange de tout cela qui a incité Mme Katherine Fafard (la directrice de l'association) à retirer la liste des recommandations de M. Legault-tout en laissant en ligne la vidéo de 30 minutes. Le geste a néanmoins été perçu comme une forme de censure, notamment par Mathieu Bock-Côté, qui parlait dimanche d'une «décision lunaire» de l'ALQ,» qui décide de censurer les suggestions de lecture [de M. Legault] parce qu'elle n'aime pas son propos sur le racisme systémique et ses recommandations de livres» (L'Association des libraires du Québec réintègre la liste de lecture de François Legault, Le Devoir, 30 novembre). 




Anecdotique, mais exemplaire, l'affaire illustre les progrès d'une censure qui s'avance vêtu des frusques des meilleures intentions, mais qui n'est toujours qu'une censure. Difficile de ne pas penser à l'affaire du mot en n de l'université d'Ottawa.  Le mot en n n'étant qu'un prétexte pour sanctionner Verushka Lieutenant-Duval qui a fait l'objet d'une suspension, il y a lieu de croire quelle  a saisi le message et qu'on ne la reprendra pas à contester les diktats de la pensée woke  en salle de cours. Pour le «Lire en coeur» de Francois Legault, le prétexte étant les «Lire en coeur» de François Legault, il est assez évident que François Legault n'est que le prétexte et que la vraie cible du retrait est Mathieu Bock-Côté, peut-être avec l'intention d'inciter son employeur (Québécor) à le convaincre de faire montre de plus de retenue dans ces chroniques. Mathieu Bock-Côté étant l'un des rares, sinon le seul, chroniqueur franchement à droite dans la presse québécoise, il y a quelques rats progressistes qui doivent ardemment souhaiter qu'il soit condamner au silence.  
À la lecture de la liste de François Legault; Frida , la reine des couleurs, Sophie Faucher, Cara Carmina (littérature jeunesse)
Kukum, Michel Jean
L'Empire du politiquement correct, Mathieu Bock-Côté 
La promesse de l'aube , Romain Gary
Le soleil des loutres, Marie-Christine Chartier
Les filles de Caleb, Arlette Cousture
Traverser la nuit, Marie Laberge
Une vie sans peur et sansregrets, Denise Bombardier 
Liste finalement peu originale et assez conformiste à l'exception justement de L'Empire du politiquement correct.




Une liste pour laquelle ils s'en est trouvé pour suggérer qu'il s'agissait peut-être plus de la liste de l'épouse de François Legault que de celle du Premier ministre. l'absence de livres d'histoire et d'essais politiques (à l'exception de L'empire du politiquement correct) frappe.

Wednesday, December 2, 2020

Allons y voir

 


Mathieu Bock-Côté nous offre une chronique qui donne à réfléchir.
« J'ai lu mardi sur le Huffington Post un texte qui depuis me hante. Plutôt médiocre, il était révélateur d'un discours de plus en plus répandu chez ceux qui veulent obtenir le statut de victime professionnelle issue de la diversité et qui n'en finissent plus d'accuser le Québec de racisme systémique. Ce texte représentait bien l'idéologie dominante. L'auteure de ce texte, née en Chine, mais élevée dans la banlieue montréalaise, habite Villeray. Je la cite: «Bien que j'aime mon quartier, ce n'est pas le plus diversifié culturellement. Rien à voir avec le centre-ville ou encore Parc-Extension, ou les langues et les cultures se mélangent.» Traduisons : elle aimerait mieux vivre dans un environnement ou les Québécois francophones sont moins présents. ils y a trop de Québécois autour d'elle. C'est là que ça se corse. Elle ajoutait dans son article aimer retourner dans son continent d'origine, ou elle vivait depuis trois ans . goûter les charmes de l'homogénéité ethnique. Citons-la:» je suis bien en Asie . Ce sera toujours une de mes maisons. Les gens me ressemblent et ça fait du bien». (Il y a trop de Québécois au Québec, Journal de Montréal, 28 novembre). Passons sur le racisme assez évident de cette Sino-montréalaise. Plus intéressante est sa vision idyllique de Parc-Extension et de son « mélange de langues et de culture». Allons y voir; Pour le mélange de langues, Parions que la lingua franca de Parc-Extension n'est pas le français, mais un Basic english de quelques dizaines de mots. pour ce qui est du mélange des cultures, nous ne doutons pas que les Montréalais d'origine Hindoue et Pakistanaise de Parc-Extension cohabitent harmonieusement et que ceux d'origine hindoue et chinoise fassent de même. Un journaliste ira-t-il creuser cette question au risque d'égratigner l'image quasi paradisiaque de ce quartier emblématique de la diversité montréalaise. Parions qu'il ne se trouvera pas de journalistes pour « aller y voir ».
 

 

Tuesday, December 1, 2020

La courtisane

 


La disparition des monarchies absolues de droit divin à visiblement laissé derrière elle des orphelines. À ranger parmi, ces orphelines , Denise Bombardier qui dans une chronique récente se répand en admiration pour le premier ministre. 
 

 
 
Elle écrit: «L'homme n'a rien d'un ténébreux. Il n'est ni sombre ni mystérieux. Cela n'exclut pas que le premier ministre ne soit pas un homme tourmenté par les temps qui courent. Aucun de ces prédécesseurs à la tête du Québec n'a eu affronter une pandémie(c'est oublier un peu vite Lomer Gouin, et la grippe espagnole en 1918). Aucun n'a eu à jouer le rôle de protecteur du peuple comme lui. Et aucun n'a été confronté aux graves difficultés qui consistent à gouverner dans la tempête de la COVID-19, un microbe invisible, imprévisible et ultimement mortel. François Legault à ce jour commande le respect et la reconnaissance. D'ailleurs , il a la confiance d'une majorité de Québécois. Le défi qu'il doit relever exige une capacité à s'ajuster à la réalité sanitaire du moment, une empathie à saisir la détérioration du moral des Québécois et une disposition personnelle à susciter l'espoir de nous en sortir collectivement.» (Les pensées secrètes de François Legault, Journal de Montréal, 28 novembre). Il ne manque à cette chronique de Madame B. qu'une affirmation voulant que François Legault sache nous mener à la victoire dans cette «Grande guerre pandémique», Souhaitons pour la crédibilité de Mme Bombardier que ces lignes aient été écrites avant les errements sur le «pacte moral» pour les festivités de Noël (voir sur ce blogue, Le tricheur, 30 novembre). Difficile d'aller plus loin dans la flagornerie. D'autant plus que ce n'est pas la première fois que Denise Bombardier canonise ainsi François Legault. Le 14 novembre, elle déjà:«Malgré cela, il demeure digne et garde le moral en dépit de l'épuisement. Il maintient son autorité et trouve encore les mots pour réconforter les Québécois » (À boulets rouges sur le gouvernement Legault, Journal de Montréal, 14 novembre). Libre à Madame Bombardier de vouloir considérer François Legault comme un «ange gardien» Pour nous en tenir à un vocabulaire familier à François Legault, libre à nous de considérer que Denise Bombardier n'est pas autre chose qu'une courtisane. Le choix du terme s'impose Car une question demeure en dépit des couronnes de laurier que Denise Bombardier tresse à François Legault, l'homme est-il si digne de ce concert d'éloges? Face au pouvoir, il faut savoir «raison garder».