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Monday, April 6, 2020

Double discours



Aucun d'entre nous ne sait combien de temps durera la crise du Covid-19. Elle se sera révélée révélatrice sur les sociétés occidentales. Elle aura marqué le retour en grâce de la nation et des frontières. La société québécoise nous sera aussi mieux connue au terme de cette crise.
Les Québécois se sont comportés en citoyens responsables  en respectant les consignes de la «Trinité sanitaire» en s'astreignant à la distanciation sociale et aux règles d'hygiène de base (lavage de mains, tousser ou éternuer dans son coude, etc.). La présence de quelques récalcitrants fait tache dans ce bel ensemble québécois. 



La classe politique et certains journalistes et chroniqueurs saluent la solidarité dont nous ferions montre. Les mêmes s'insurgeant contre les récalcitrants et les attroupements appellent à des mesures policières plus musclées et et la dénonciation de ces récalcitrants et des acteurs des rassemblements (Richard Martineau, Confinons les cons finis, Journal de Montréal, 4 avril; Denise Bombardier, Tolérance en période de pandémie, Journal de Montréal, 4 avril: Mathieu Bock-Côté, Les délinquants de la Covid-19, Journal de Montréal, 4 avril). Quelle est la valeur d'une solidarité qui repose en dernier ressort sur la délation et les dénonciations. Ceux qui nous chantent les vertus de la solidarité et dans la même phrase nous invitent à dénoncer récalcitrants et voisins un peu prompts à se réunir à plus que 10 ou 20, tiennent un détestable double discours.

Friday, February 28, 2020

Chassé de l'Olympe


Ils ont réussi à le chasser de l'Olympe, Félix Leclerc. a été chassé de l'Olympe des poètes québécois, il y a d'ailleurs lieu de se demander comment on accède à cet Olympe? «Au début du mois , l'oeuvre bien connue du défunt chansonnier Les 100 000 façons de tuer un homme a été mise à l'index à l'école Saint-Enfant-Jésus, située à la limite du Mile-End. Les élèves de 3e et 4e années étudiaient le texte de Félix Leclerc dans le cadre de leurs cours d'art dramatique (??, NDA). Selon nos informations, certains parents n'ont pas apprécié le contenu de cette chanson des années 1970, qui condamne l'oisiveté à laquelle mènerait le filet de sécurité sociale.Devant la pression d'un parent, l'enseignante a changé l'oeuvre à l'étude «pour éviter une controverse». [...] La Commission scolaire de Montréal s'est contentée d'un courriel laconique. «Le texte a été jugé trop aride pour des élèves de ce niveau, a fait valoir le porte-parole Alain Perron. C'est pourquoi l'enseignante a préféré donner un autre texte.» Le relationniste a ajouté «que l'oeuvre de Félix Leclerc est largement étudiée dans nos écoles»(Un texte de Félix Leclerc banni dans une école, Le Journal de Montréal, 26 février).  Parmi les faits notables dans cette information, il faut retenir que c'est sur la plainte d'un seul parent que Les 100 000 façons de tuer un homme a été retiré du programme. Si c'est là, ce qu'entendait Jean-François Roberge, le ministre de l'Éducation, lorsqu'il parlait «des pouvoirs des parents»dans le cadre des débats sur la Loi 40 et l'abolition des commissions scolaires, il faut souhaiter l'adoption d'une loi visant à interdire l'intervention des parents dans la composition de programme. D'autre part, je ne suis pas pédagogue ou enseignant, mais la présence de cours d'art dramatique pour des écoliers de 3e et 4e année est peut-être prématurée, l'heure est peut-être alors plus à la maîtrise de la grammaire et à l'acquisition de vocabulaire. L'article est muet sur les motifs du parent mécontent, s'agit-il comme l'écrit la journaliste(Geneviève Lajoie) de la condamnation de l'oisiveté laquelle mènerait le filet de sécurité sociale(laissons cette interprétation à Mme Lajoie). Le prétexte serait un peu court (le poème ne contient que deux lignes qui vont très imparfaitement dans ce sens, Leclerc écrit; Non je crois, que la façon la plus sûre de tuer un homme c'est de l'empêcher de travailler en lui donnant de l' argent. La plainte portait-elle sur la violence du texte, texte présentant les différentes de tuer un homme (le coup de fusil, le coup de canon, la pendaison, la noyade, le poison, le gaz, le rasoir, la hache, le couteau, la scie, la collision. liste assez détaillée bien susceptible d'inquiéter certains parents bisonours? L'incident soulève d'autres questions, à quel âge, est-il possible de proposer une telle oeuvre aux étudiants. Les élèves du premier cycle du secondaire sont probablement à même de saisir l'ironie dans laquelle baigne le poème de Félix Leclerc. Assez mûrs aussi pour réaliser que l'aide sociale ne constitue pas une carrière et qu'elle ne peut constituer qu'un revenu de subsistance en cas de situation prolongée de non-emploi. Les propos de Leclerc sont à rapprocher de ceux d'un autre chanteur québécois, ceux de Robert Charlebois(sur des paroles de Pierre Bourgault) et de son «entre deux joints, tu pourrais te grouiller l'cul». Même appel à la fierté, à l'action, dans une perspective nationaliste dans les deux cas. Si la mise à l'index tient à la violence du texte, il y a là motif à initier une salutaire réflexion sur la violence dont peuvent être témoins les enfants de 3e et 4e années. Celle des jeux vidéo. Il faudrait aussi s'interroger sur le rôle de la télévision, est-ce que tous les films diffusés sont diffusés à des heures de grande écoute par des chaînes généralistes ont tous reçu le classement général du bureau de surveillance du cinéma. 
La multiplication des écrans complique aussi la tâche des éducateurs (parents et enseignants) pour ceux qui se sentent encore la force de jouer ce rôle.

Pour triste que soit l'incident, il n'en est pas moins intéressant sur l'état de notre classe politique. «L'enjeu n'est pas tellement qu'un parent demande une telle chose, c'est que l'on considère à tel point qu'on prive les élèves d'une oeuvre québécoise majeure (encore l'Olympe pour Félix Leclerc). Cette rectitude politique outrance ne cesse de gagner du terrain dans l'ensemble de notre société et ça suffit»a réagi le chef intérimaire du Parti Québécois, Pascal Bérubé. Bienvenue en 2020, Monsieur Bérubé. Devons-nous conclure que vous vous insurgerez contre la prochaine demande de censure réclamée par un groupe dénonçant le racisme ou le sexisme d'une oeuvre, d'une conférence ou d'un colloque, la rectitude politique loge aussi à cette insigne. 



« La députée solidaire Christine Labrie, elle-même enseignante et historienne, demande aux parents de respecter la liberté pédagogique des profs. «les enseignants, ce sont eux les experts , plaide l'élue de Sherbrooke. On ne peut commencer à arrêter d'étudier des oeuvres parce qu'ils [sic] ne sont pas consensuelles. Madame Labrie signale qu'il y a bien souvent un «deuxième degré» dans les oeuvres et que c'est justement le rôle du système d'éducation d'apprendre aux élèves à le découvrir et à la comprendre. (Texte de Félix Leclerc banni d'une école: la rectitude politique à outrance , ça suffit!, dit l'opposition, Journal de Montréal, 26 février ). Que faire? Remettre immédiatement au programme Les 100 000 façons de tuer un homme, déposer dans la corbeille les prochaines plaintes de ce parent et pour faire bonne mesure faire étudier L'alouette en colère et Bozo les culottes aux étudiants de l'école Saint-Enfant-Jésus.

Monday, October 28, 2019

Martineau brasse les cartes


Richard Martineau s'intéresse le temps d'une chronique à Martine Ouellet, ex-leader du Bloc Québécois, cette dernière a commenté la stratégie du Bloc québécois sous la gouverne de Yves-François Blanchet et du même souffle les résultats du Bloc, le 21 octobre (Campagne du Bloc: Martine Ouellet déplore un «retour aux anciennes stratégies », Radio-Canada, 25 octobre), réflexions qui lui ont valu les foudres du chroniqueur Richard Martineau (Martine et le Joker, Journal de Montréal, 26 octobre) se voulant probablement gouailleur, le chroniqueur écrit:»Dans la catégorie »Je ne me prends pas pour un Seven-Up flat », Martine Ouellet remporte la médaille d'or ». Pour ma part, à la lecture des chroniques Richard Martineau, il me vient à l'esprit des images de verre de lait oublié sur l'évier pendant la nuit et qui commence à tourner au yaourt. À chacun ses images.
Laissant l'alimentation pour le sport, Martineau écrit:» Mais faire la leçon quand tu as passé la saison à swinguer dans le vide? Quand le seul but que tu as réussi à compter était dans ton propre filet?» Quoique qu'il puisse écrire, Richard Martineau n'est toujours qu'un gérant d'estrade.
 
 
 
Après ce qu'il croit être l'exécution politique définitive de Madame Ouellet», il a recours a un acolyte pour enfoncer ce qu'il doit considérer être le dernier clou du cercueil de Martine Ouellet: » «Comme l'a écrit l'ex-ministre péquiste Pierre Duchesne:»Surprenant d'entendre le capitaine du Titanic donner, avec grande assurance, des cours de navigation sur la meilleure d'éviter les iceberg.»»
Idéalement, un parti politique doit pouvoir compter en son sein, des pragmatiques soucieux de stratégie et de résultats, il faut toutefois qu'ils soient accompagnés de passionnés brûlant pour la cause et tenant à ce que la flamme s'éteigne pas. Martine Ouellet fait partie de ces passionnées. Le jour ou l'indépendance du Québec se fera, Martine Ouellet entrera dans l'histoire comme la Pasionara de cette cause. 
«Parce que Madame Ouellet sait ce qu'il faut faire, oh oui!»Il faut souhaiter que Richard Martineau nous fasse profiter de sa science et de ses dons de devin politique en nous informant du moment exact ou il faudra reparler d'indépendance. 
Nous faisons confiance à Richard Martineau qui nous fera connaître, le jour et l'heure ce moment de notre vie national, pour cela, il lui faudra une tribune plus prestigieuse que sa chronique. Peu importe la tribune, Richard Martineau demeurera un 2 de pique.

Sunday, July 28, 2019

Quelle mouche a piqué Normand Lester?

Quelle mouche a piqué Normand Lester? La question se pose devant la thématique de certains des articles récents de Monsieur Lester. (Depuis le début juillet, Normand Lester, s'est fendu de trois articles, sur des sujets « nazis »), aucune révélation, paresse attribuable à l'âge ou la canicule. (premier en date de ces papiers, un vieux tuyau crevé : Conquête de la Lune : les pères nazis de la mission Appollo 11, Le journal de Montréal, 18 juillet),deuxième tuyau crevé (Ottawa a donné refuge à des milliers de criminels de guerre nazis, Le journal de Montréal, 18 juillet), tuyau crevé car la Commission sur les criminels de guerre au Canada présidée par le juge Jules Deschênes et siégeant en 1985, et de fait mieux connue sous le nom de Commission Deschênes, commission rejetant globalement les accusations voulant que le Canada ait accueilli des milliers de « criminels de guerre » après 1945 et libérant de ces accusations de "crimes de guerre » la division SS Galicie. La Commission Deschênes a plutôt conclu que le Canada avait reçu moins d'un millier (elle propose plutôt le chiffre de 774 « criminels de guerre» potentiels). Normand Lester aurait été plus avisé de titrer son article : « Le Canada a donné refuge à des milliers de combattants anticommunistes».  Quelle vieille faute Normand Lester cherche-t-il à expier? une certaine sympathie supposée pour le nationalisme québécois à se faire pardonner par sa communauté d'origine, c'est lui qui a révélé les accointances entre Claude Morin et la Gendarmerie Royale du Canada, son Livre noir du Canada pouvait aussi être tenu pour servir la cause du nationalisme québécois avec ses rappels de certaines turpitudes historiques du Canada anglais. Dernier en date de cette éruption de textes « anti nazis», «Les Waffen SS canadiens d'Hitler (Le journal de Montréal, 26 juillet).  Admirons d'abord le titre de Normand Lester et le procédé journalistique employé, l'Histoire ne connaît pas d'autres Waffen SS que ceux d'Hitler; qu'importe, l'attention du lecteur aura été retenue par la mention du nom d'Hitler.  Cette fois, le sujet est plus pointu et moins susceptible d'être connu du grand public, même familier avec l'histoire de la Seconde guerre mondiale. Il s'agit moins des Waffen SS canadiens , que des volontaires britanniques dans la Waffen SS.  Le véritable sujet de Normand Lester est en fait le British Free Corps (Britisches Freikorps).  La Waffen SS ne s'intéressait pas spécifiquement  aux volontaires canadiens, ces derniers (comme des Australiens et des Sud-Africains n'étant recrutés que pour grossir les rangs du Britisches Freikorps.  L'intérêt de ce dernier n'étant d'ailleurs que de nourrir les fins de la propagande allemande à l'effet qu'une croisade européenne avait lieu contre le bolchévisme, croisade incluant même des volontaires venus de Grande-Bretagne, alliée de l'Union soviétique. Lester citant l'ouvrage essentiel sur le sujet, Renegades:Hitler's Englismen, d'Adrian Weale rappelle que l'unité de compta jamais plus de 30 membres identifiés par un Union Jack sur la manche gauche de leur uniforme allemand. Unité militairement inutile (À la toute fin de la guerre le général SS, Felix Steiner commandant alors la division Nordland refusera de les engager en première ligne mettant un point final sans gloire à toute cette construction absurde d'une collaboration germano-britannique. Inutile aussi à des fins de propagande. Recruté dans les camps de prisonniers (Oflag et Stalag), à partir de l'ouvrage de Weale, Normand Lester note que: «Des sympathies fascistes ont motivé certains (un seul d'entre eux, en fait NDA), Mais la possibilité d'être libérés des camps de prisonniers , de pouvoir consommer de l'alcool et d'avoir accès à des prostituées y étaient sans doute aussi pour quelque chose.» Le lapin sort du chapeau dans les dernières lignes de l'article de Lester:» Des sites anglo-canadiens avancent que des Canadiens français ont servi dans la « légion Charlemagne « , la division Waffen SS française, mais cette allégation n'est nulle part appuyée par des informations circonstanciées  (noms, dates, lieux, etc.). Pour l'anecdote, un Canadien français capturé à Dieppe, donné pour membre du Britisches Freikorps apparaît dans le roman, le commando des salopards, d'Alain Paris. Création littéraire aussi et probablement inspiré par le Britisches Freikorps, l'American Free Corps mentionné dans le film, Abattoir 5 (Slautherhouse 5) de George Roy Hill(1972) oeuvre inspirée par le roman de Kurt Vonnegut, La croisade des enfants.



Plutôt que de jouer les Simon Wiesenthal d'opérette, suggérons à Monsieur Lester s'il est à la recherche de sujets intéressants et contemporains, suggérons lui de se pencher sur le casdu grand-père maternel de Chrysthia Freeland (Michael Chomoiak)et ses sympathies pronazies pendant la Seconde guerre mondiale, le sujet a intéressé certains journalistes Canadiens anglais (Freeland knew her father was editor of a Nazi newspaper, The Globe and Mail, 7 mars 2017) , mais silence radio dans la presse québécoise.