Tuesday, June 18, 2019

Un bien mauvais service?


En 1989, le service canadien de renseignement de sécurité (SCRS) a détruit des dossiers concernant l'ancien premier ministre Pierre Elliott Trudeau au grand dam des Archives nationales du Canada et des historiens.  Initiative qui soulève des questions, 
 
 

 
Pourquoi le SCRS a-t-il détruit ce dossier plutôt que de le remettre aux archives nationales? « Selon Steve Hewitt , qui a raconté l'histoire des services secrets du pays, cette mesure n'est rien de moins qu'un crime contre l'histoire canadienne.(...) Le dossier sur Pierre Trudeau est l'un des centaines de milliers de dossiers que le SCRS avait hérités dans les années 1980 après la dissolution de l'ancien département de sécurité de la GRC à la suite d'une série de scandales. Au cours de la Guerre froide, le corps policier avait espionné un grand nombre d'individus et d'organisations : universitaires, syndicalistes, écologistes, pacifistes indépendantistes québécois(...). Certains dossiers , comme celui volumineux de l'ancien premier ministre du Québec René Lévesque, et ceux des anciens chefs néo-démocrates David Lewis et tommy Douglas , ont été transmis aux archives  nationales. (La destruction d'un dossier sur Pierre Trudeau par le SCRS étonne les historiens, Le Devoir,15 juin). Le SCRS cherchait-il a protéger la réputation de l'ancien premier ministre? Le choix de détruire ces archives est un geste irréfléchi et ne peut qu'alimenter la machine à rumeurs. Que pouvait contenir ce dossier que l'embargo habituel de 50 ans n'aurait pas suffi à protéger? Il faut se replonger dans l'atmosphère des années 1940 et 1950 pour essayer de trouver des éléments de réponse et se souvenir que pendant plus de trente ans Pierre Trudeau a fait l'objet d'une surveillance par le FBI. Maccarthysisme oblige, les sympathies progressistes de Trudeau et son voyage en Chine rouge avec son ami Jacques Hébert n'avaient rien pour rassurer nos voisins américains. Si ce ne sont pas les orientations politiques de Trudeau qu'il s'agit de faire oublier, de quoi s'agit-il? replongeons encore dans les années 1940 et 1950, une question de moeurs?
 
 

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