Friday, June 7, 2019

La guerre hypocrite


Probablement emporté par Le caractère ampoulé de la couverture médiatique du 75e anniversaire du Débarquement en Normandie, Richard Martineau nous gratifie d'une chronique (La dernière guerre juste, Journal de Montréal, 6 juin) qui est surtout l'occasion de prouver qu'il écrit ces chroniques trop vite, mais surtout le caractère superficiel de sa culture, occasion aussi de faire mention de ses voyages, ainsi, il nous informe qu'il a fait deux fois le « pélerinage » sur les plages deNormandie.  Dans une phrase digne de figurer en caractères gras dans une éventuelle anthologie de ses oeuvres, il écrit: « Deux fois à Courcelles-sur Mer, j'ai couru sur la plage Juno vers les falaises, en tentant d'imaginer-en vain, bien sûr- ce que pouvait ressentir les pauvres soldats qui se faisaient tirer dessus comme des lapins.» Puis revenant à l'une de ses marottes, il écrit: « Des jeunes hommes qui n'avaient jamais voyagé sont allés à l'autre bout du monde défendre des gens qu'ils n'avaient jamais rencontré (il ne vient pas à l'esprit de Richard Martineau que plusieurs jeunes Canadiens présents sur la plage de Juno étaient conscrits et ne voyagaient pas en touristes comme lui ). Qui ferait cela aujourd'hui ? Les pseudo « antifas » qui se cachent derrière leurs ordis pour lancer des injures, un sac de Doritos entre les cuisses? Martineau à. pour une fois l'honnêteté d'ajouter « Les chroniqueurs comme moi? »
Tout à son enthousiasme , Martineau oublie, ou ne sait pas que l'armée américaine de 1944 était plus raciste que l'armée allemande, il y avait des volontaires indiens dans la Werhmach, l'armée américaine était en effet une armée encore ségrégationniste. Elle ne sera intégrée que sous la présidence de Truman en 1948, les observateurs attentifs auront été en mesure de constater que parmi les dignes vieillards que l'on a fait parader dans les commémorations, il n'y avait aucun Afro-américain. 

A. Soljénitsyne


Martineau titre « Dernière guerre juste «, sale au contraire c'est une guerre profondément équivoque et hypocrite en raison de l'alliance entre les Alliés occidentaux et l'Union soviétique.  Équivoque qui se poursuivra jusqu'aux accords de Yalta, au mépris des milliers de soldats polonais qui se battent sur le front de l'Ouest. Alors que Churchill et Roosevelt planifient avec Staline le passage de leur patrie dans l'orbite soviétique. Martineau, tout à son ignorance conclut : » Aujourd'hui, on ne fait pas que saluer la mémoire des héros de la Deuxième guerre. On pleure le dérèglement de notre boussole morale. »  Martineau pourra nous expliquer un jour quelle boussole morale il trouve dans le rapatriement forcé des prisonniers de guerre et déserteurs soviétiques (Opération Keelhaul), un rapatriement qui les conduira pour la plupart au Goulag, un Goulag ou Soljénitsyne en croisera quelques uns. Un pèlerinage à la bibliothèque ferait le plus grand bien à Richard Martineau

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