Saturday, June 22, 2019

Réécrire l'histoire, une rue à la fois


Digne de prendre la succession de Denis Coderre, Valérie Plante entretient elle aussi des ambitions d' historienne. Après Denis Coderre qui a défiguré le drapeau de la ville de Montréal y ajoutant un pin blanc sensé représenter la contribution des Autochtones à la fondation de Montréal, l'administration Plante vient à cet effet de débaptiser la rue Amherst, accusé d'avoir distribué aux partisans du chef outaouais pro français, Pontiac, des couvertures ayant servi à des hommes souffrant de la variole et de ce fait pionnier de la guerre bactériologique. La rue Amherst devient maintenant la rue Atateken, « Atateken, un mot tiré de la langue Kanien'kéha (mohawk) qui signifie fraternité et sororité. « Le rapprochement , l'inclusion, le partage, la paix », a poursuivi Mme Plante. » Ça nous ramène également à comment on doit travailler ensemble pour se rappeler du passé , s'inscrire dans le présent et écrire le futur », a-t-elle souligné en marge de la Journée nationale des peuples autochtones.» (La rue Amherst devient la rue Atateken, Le Devoir, 21 juin). Pourquoi ne pas avoir choisi un terme en langue outaouaise, concrétisant un véritable hommage à Pontiac, impossible de rebaptiser la rue Amherst en rue Pontiac, il y a déjà une rue portant ce nom dans l'arrondissement du Plateau Mont-Royal.


Deux phénomènes sont ici décelables.  En parlant de «se rappeler le passé, s'inscrire dans le présent et écrire le futur » Valérie Plante s'est elle inconsciemment souvenue  des propos de George Orwell qui écrivait: « qui contrôle le passé contrôle l'avenir. Qui contrôle le présent contrôle le passé.» Mme Plante maîtrise visiblement cette réflexion aux accents totalitaires de l'auteur de 1984. Elle contrôle le présent aujourd'hui et entend bien contrôler le passé.  

Autre phénomène décelable dans le discours de Valérie Plante, phénomène propre à la gogauche, cette tendance à corriger les « erreurs» du passé en jouant avec les mots ne répare rien, mais donne bonne conscience à ceux qui perpétuent ces crimes contre l'histoire. À noter parmi les participants à la cérémonie de changement de nom, la présence de Manon Massé de Québec solidaire, autre figure de proue de cette gogauche bien intentionnée.  À noter la présence du grand chef de Kanesetake, Serge Simon, de Ghislain Picard, président de l'assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador et de Sylvie d'Amours, ministre responsable des affaires autochtones, preuve une fois de plus de l'indifférence des caquistes à la portée métapolitique des mots et des symboles. 
Probablement un peu égarée entre le passé, le présent et l'avenir, Valérie Plante oublie de se tenir au courant de l'actualité, Les Mokawks de Kanesetake  sont à couteaux tirés avec l'administration municipale d'Oka au sujet d'un développement immobilier (Bisbille entre les Mohawks et Oka, Journal de Montréal, 15 mars) Nous n'avons aucune admiration pour le général Amherst, mais le fait de débaptiser la rue Amherst ne changera pas le contenu des livres d'histoire. À moins que Valérie n'ait l'ambition ultime de réécrire l'histoire à la manière « politiquement correcte», Ce qui serait assez dans l'esprit de son totalitarisme hilare. Si c'est là son intention Nous lui suggérons de rebaptiser la rue Wolfe à Montréal, non pas dans un esprit de réconciliation avec les autochtones, mais dans un esprit d'hommage aux pionniers de la Nouvelle-France et à ceux qui ont combattu pour elle, s'il faut à tout prix demeurer dans l'esprit d'une réconciliation avec les autochtones, proposons la rue Louis-Riel, dont le combat réconcilie les luttes des autochtones des Prairies avec celle des Canadiens français des Plaines de l'Ouest,  il y a actuellement un parc Louis-Riel à Montréal, l'un n'empêche l'autre. Autre suggestion rebaptiser la rue Wolfe, rue Kondiaronk, un chef Huron Wendat, artisan de la Grand paix de Montréal (1701).

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