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Tuesday, September 3, 2019

L'histoire trafiquée


Le commun des mortels ne se précipite pas à la bibliothèque pour vérifier l'exactitude d'un récit historique, la plupart se fieront aux affirmations des périodiques (journaux et revues).  Erreur, les lecteurs se livrent ainsi pieds et poings liés aux préjugés idéologiques des journalistes. Lorsqu'ils ne se livrent pas à l'ignorance de ces derniers. Le Devoir nous fournit une belle illustration de cette entrée en matière (Le jour ou les nazis ont fait main basse sur la Pologne, Le Devoir, 31 août). Alexandre Shields écrit sur l'entrée en territoire polonais des armées allemandes. Ce n'est que plus loin, perdu dans le texte, que l'article mentionne l'entrée en Pologne, le 17 septembre, des troupes soviétiques, un texte qui devrait d'entrée de jeu que l'agression allemande avait été rendu possible par la signature du pacte germano-soviétique quelques jours auparavant. « Débute alors une profonde noirceur pour les Polonais, puisque le régime nazi »utilise le pays comme laboratoire pour expérimenter ses politiques d'occupation brutale, d'épuration ethnique , de déportations et d'exécutions sommaires » souligne M.Lemay » (spécialiste de l'histoire du conflit et professeur Collège militaire royal du Canada).
 
 
 
 Il n'est pas question ici de nier la rigueur de l'occupation nazie de la Pologne.  C'est justement la « polonisation » de la France que voulait éviter le Maréchal Pétain et son État français en pratiquant une politique de collaboration avec l'occupant allemand. Benoît Lemay souligne à grands traits les caractéristiques de l'occupation nazie en oubliant que toute brutale qu'elle fut, elle a duré 5ans. On demeurera confondu devant son mutisme sur les rigueurs de l'occupation soviétique, occupation qui se prolongera bien au-delà de la fin de la Seconde guerre mondiale et ne prendra fin qu'avec la chute du Mur de Berlin et l'effondrement de l'Union soviétique. Il ne vient pas à l'idée de Benoît Lemay de nous parler de cette « période de profonde noirceur pour les Polonais ».  À la lecture de cet article, le lecteur conservera le seul image de l'occupation nazie, c'est ainsi que l'on trafique l'histoire. Nous attendons, sans nous priver de manger et dormir, un article d'Alexandre Shields titrant, "Le jour les communistes ont fait main basse sur la Pologne ».

Friday, June 7, 2019

La guerre hypocrite


Probablement emporté par Le caractère ampoulé de la couverture médiatique du 75e anniversaire du Débarquement en Normandie, Richard Martineau nous gratifie d'une chronique (La dernière guerre juste, Journal de Montréal, 6 juin) qui est surtout l'occasion de prouver qu'il écrit ces chroniques trop vite, mais surtout le caractère superficiel de sa culture, occasion aussi de faire mention de ses voyages, ainsi, il nous informe qu'il a fait deux fois le « pélerinage » sur les plages deNormandie.  Dans une phrase digne de figurer en caractères gras dans une éventuelle anthologie de ses oeuvres, il écrit: « Deux fois à Courcelles-sur Mer, j'ai couru sur la plage Juno vers les falaises, en tentant d'imaginer-en vain, bien sûr- ce que pouvait ressentir les pauvres soldats qui se faisaient tirer dessus comme des lapins.» Puis revenant à l'une de ses marottes, il écrit: « Des jeunes hommes qui n'avaient jamais voyagé sont allés à l'autre bout du monde défendre des gens qu'ils n'avaient jamais rencontré (il ne vient pas à l'esprit de Richard Martineau que plusieurs jeunes Canadiens présents sur la plage de Juno étaient conscrits et ne voyagaient pas en touristes comme lui ). Qui ferait cela aujourd'hui ? Les pseudo « antifas » qui se cachent derrière leurs ordis pour lancer des injures, un sac de Doritos entre les cuisses? Martineau à. pour une fois l'honnêteté d'ajouter « Les chroniqueurs comme moi? »
Tout à son enthousiasme , Martineau oublie, ou ne sait pas que l'armée américaine de 1944 était plus raciste que l'armée allemande, il y avait des volontaires indiens dans la Werhmach, l'armée américaine était en effet une armée encore ségrégationniste. Elle ne sera intégrée que sous la présidence de Truman en 1948, les observateurs attentifs auront été en mesure de constater que parmi les dignes vieillards que l'on a fait parader dans les commémorations, il n'y avait aucun Afro-américain. 

A. Soljénitsyne


Martineau titre « Dernière guerre juste «, sale au contraire c'est une guerre profondément équivoque et hypocrite en raison de l'alliance entre les Alliés occidentaux et l'Union soviétique.  Équivoque qui se poursuivra jusqu'aux accords de Yalta, au mépris des milliers de soldats polonais qui se battent sur le front de l'Ouest. Alors que Churchill et Roosevelt planifient avec Staline le passage de leur patrie dans l'orbite soviétique. Martineau, tout à son ignorance conclut : » Aujourd'hui, on ne fait pas que saluer la mémoire des héros de la Deuxième guerre. On pleure le dérèglement de notre boussole morale. »  Martineau pourra nous expliquer un jour quelle boussole morale il trouve dans le rapatriement forcé des prisonniers de guerre et déserteurs soviétiques (Opération Keelhaul), un rapatriement qui les conduira pour la plupart au Goulag, un Goulag ou Soljénitsyne en croisera quelques uns. Un pèlerinage à la bibliothèque ferait le plus grand bien à Richard Martineau

Thursday, June 6, 2019

Guerre et paix


La Seconde guerre mondiale est terminée depuis 74 ans, mais il semble que la paix ne règne pas pour autant, curieusement les frictions ont lieu aujourd'hui entre anciens alliés. Ainsi la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova, : «a appelé à ne pas minimiser ainsi le rôle de l'URSS dans la défaite d'Hitler . » (Moscou appelle à ne pas exagérer l'importance du Débarquement, La Presse, 5 juin).  « Selon elle (i.e. Madame Zakharova): «  le Débarquement en Normandie n'a pas eu l'influence décisive sur l'issue de la Seconde guerre mondiale[...] déjà déterminée par la victoire de l'Armée rouge , avant tout à Stalingrad, et Koursk. » (ibid). Au-delà du chauvinisme dont fait preuve Madame Zakaharova, il ne s'agit pas de minimiser l'importance de la bataille de Stalingrad.  Mais sans le retour des Anglo-américains sur le continent européen, grâce au Débarquement du 6 juin 1944 et l'ouverture d'un second front à l'Ouest , il est difficile de prévoir qu'elle issue aurait connu la Seconde guerre mondiale.


« Madame Zakharova tout « en rendant hommage à tous ceux qui sont tombés » a dénoncé une « réécriture catastrophique de l'histoire » donnant selon elle, notamment dans les films et les articles de presse, aux États-Unis et à leurs alliés un rôle prépondérant dans la défaite allemande. 
L' opération a commencé peu de temps après la fin de la Seconde guerre mondiale, une superproduction comme Le Jour le plus long date de 1962, depuis Hollywood a maintenu la cadence avec des Pour sauver le soldat Ryan (1998) et des séries télévisées comme Band of brothers (2001).  Dans ce match, pour les Soviétiques-Russes, il n'y a guère à mentionner que Stalingrad (2001), une production hollywoodienne, et un film biélorusse disponible sur Internet, La Forteresse de Brest (2010) sur les premières semaines de l'Opération Barbarossa.
. Au-delà du chauvinisme dont fait preuve Madame Zakharova, il ne s'agit pas de minimiser l'importance de la bataille de Stalingrad.  Mais sans le retour des Anglo-américains sur le continent européen, grâce au Débarquement du 6 juin 1944 et l'ouverture d'un second front à l'Ouest , il est difficile de prévoir qu'elle issue aurait connu la Seconde guerre mondiale.
« Madame Zakharova tout « en rendant hommage à tous ceux qui sont tombés » a dénoncé une « réécriture catastrophique de l'histoire » donnant selon elle, notamment dans les films et les articles de presse, aux États-Unis et à leurs alliés un rôle prépondérant dans la défaite allemande. 

Il est possible dénoter dans les propos, de Mme Zakharova, une certaine nostalgie pour l'ère soviétique, ce n'est pas aux Américains a faire l'histoire cinématographique des combats de la grande guerre patriotique,  à chacun sa cour. Le cinéma soviétique a probablement tourné un certain nombre de films sur cette grande guerre patriotique, films qui n'ont pas circulé hors du Bloc de l'Est en raison de la guerre froide.  Pourquoi les Américains devraient-ils s'empêcher de faire des films exaltant les combats de leurs militaires.  
.Dans ce match, pour les Soviétiques, il n'y a guère à mentionner que Stalingrad (2001)et La forteresse de Brest (2010), un film biélorusse sur les débuts de l'invasion allemande en 1941, un film disponible sur Internet. Avantage à l'Ouest n'en déplaise à Madame Zakharova.  Il échappe peut-être à cette dernière que l'imposition du Rideau de fer aux pays d'Europe de l'Est ne prédispose pas favorablement les réalisateurs occidentaux envers l'Armée rouge et ses combats.  L'Histoire avec un grand « H » y trouve-t-elle son compte, assurément pas, Pourquoi les noms de Patton et Montgomery apparaissent-ils dans tous le livres d'histoire alors que pour plusieurs Les Joukov et Koniev sont des presqu'inconnus.  Accordons à Madame Zarakhova que c'est l'Occident qui a ouvert les hostilités en boudant les cérémonies entourant la commémoration du 70e anniversaire de la fin de la Seconde guerre mondiale.