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Sunday, January 9, 2022

Inaperçu

 

Magasinage tardif, Multiplication des réceptions de Noël, qu’importe le motif. les médias québécois ont fait le silence le 25 décembre sur le trentième anniversaire de la disparition de l’Union soviétique.
L’évènement n’est pas sans importance; L’une des deux puissances dont l’existence avait marqué la deuxième moitié du XXe siècle disparaissait sans conflit et sans qu’un coup de feu ne soit tiré. L’historien retrouvera la trace de l’Union soviétique dans les principaux événements du XXe siècle; de la Seconde guerre mondiale (avec le choc brutal et sanglant contre l’Allemagne nazie) à la « libération de l’Europe de l’Est » et la soviétisation subséquente de cette dernière; de la répression de la rébellion hongroise de 1956, de la Crise des missiles en 1962, l’Union soviétique sera aussi au coeur de la Guerre froide, les plus âgés d’entre nous se souviendront d’avoir vécu dans la crainte du feu nucléaire soviétique. Il n’y a pas que les spécialistes de l’histoire politique et militaire qui devront se pencher sur le cadavre; les historiens de la littérature  devront encore garder et étudier pour des années et des années, l‘Archipel duGoulag et plus généralement toute l’oeuvre d’Alexandre Soljénitsyne les plus audacieux voudront peut-être s’attaquer à la Roue rouge. C’est par un curieux processus que l’Union soviétique s’est effondrée sur elle-même; le 25 décembre 1991, Mikhaïl Gorbatchev annonçait d’abord sa décision d’abandonner la présidence de l‘URSS, le lendemain le Soviet suprême prononçait la dissolution de l’URSS il y a d’abord eu la dissolution du Parti communiste d’Union soviétique, puis l’autodissolution de ce même Soviet suprême. Ces évènements précédaient la constitution de la Communauté des États indépendants (Russie, Ukraine, Biélorussie) vaine tentative de maintenir l’Union soviétique. 
 
 

 
À quoi tient ce silence sur un évènement qui marque peut-être avec la chute du Mur de Berlin, le début historique du XXIe siècle? Certains regrettent-ils la disparition de l’imparfaite «patrie des travailleurs», déplorent-ils la disparition de cette expérience de marxisme appliqué, Tout en sachant que la disparition l’Union soviétique ne marque nullement la fin du communisme qui survit, égal à lui-même, sous d’autres latitudes (Chine populaire, Corée du nord, Vietnam, Cuba),  sans compter le marxisme qui perdure encore dans l’esprit de certains intellectuels occidentaux.
La disparition de l’Union soviétique c’est aussi le retour sur scène internationale de la Russie nationale.

Friday, June 7, 2019

La guerre hypocrite


Probablement emporté par Le caractère ampoulé de la couverture médiatique du 75e anniversaire du Débarquement en Normandie, Richard Martineau nous gratifie d'une chronique (La dernière guerre juste, Journal de Montréal, 6 juin) qui est surtout l'occasion de prouver qu'il écrit ces chroniques trop vite, mais surtout le caractère superficiel de sa culture, occasion aussi de faire mention de ses voyages, ainsi, il nous informe qu'il a fait deux fois le « pélerinage » sur les plages deNormandie.  Dans une phrase digne de figurer en caractères gras dans une éventuelle anthologie de ses oeuvres, il écrit: « Deux fois à Courcelles-sur Mer, j'ai couru sur la plage Juno vers les falaises, en tentant d'imaginer-en vain, bien sûr- ce que pouvait ressentir les pauvres soldats qui se faisaient tirer dessus comme des lapins.» Puis revenant à l'une de ses marottes, il écrit: « Des jeunes hommes qui n'avaient jamais voyagé sont allés à l'autre bout du monde défendre des gens qu'ils n'avaient jamais rencontré (il ne vient pas à l'esprit de Richard Martineau que plusieurs jeunes Canadiens présents sur la plage de Juno étaient conscrits et ne voyagaient pas en touristes comme lui ). Qui ferait cela aujourd'hui ? Les pseudo « antifas » qui se cachent derrière leurs ordis pour lancer des injures, un sac de Doritos entre les cuisses? Martineau à. pour une fois l'honnêteté d'ajouter « Les chroniqueurs comme moi? »
Tout à son enthousiasme , Martineau oublie, ou ne sait pas que l'armée américaine de 1944 était plus raciste que l'armée allemande, il y avait des volontaires indiens dans la Werhmach, l'armée américaine était en effet une armée encore ségrégationniste. Elle ne sera intégrée que sous la présidence de Truman en 1948, les observateurs attentifs auront été en mesure de constater que parmi les dignes vieillards que l'on a fait parader dans les commémorations, il n'y avait aucun Afro-américain. 

A. Soljénitsyne


Martineau titre « Dernière guerre juste «, sale au contraire c'est une guerre profondément équivoque et hypocrite en raison de l'alliance entre les Alliés occidentaux et l'Union soviétique.  Équivoque qui se poursuivra jusqu'aux accords de Yalta, au mépris des milliers de soldats polonais qui se battent sur le front de l'Ouest. Alors que Churchill et Roosevelt planifient avec Staline le passage de leur patrie dans l'orbite soviétique. Martineau, tout à son ignorance conclut : » Aujourd'hui, on ne fait pas que saluer la mémoire des héros de la Deuxième guerre. On pleure le dérèglement de notre boussole morale. »  Martineau pourra nous expliquer un jour quelle boussole morale il trouve dans le rapatriement forcé des prisonniers de guerre et déserteurs soviétiques (Opération Keelhaul), un rapatriement qui les conduira pour la plupart au Goulag, un Goulag ou Soljénitsyne en croisera quelques uns. Un pèlerinage à la bibliothèque ferait le plus grand bien à Richard Martineau