Tuesday, September 10, 2019

Si tu ne viens pas à Greta...


Greta ira à toi sommes-nous tentés  d'écrire en paraphrasant le chevalier de Lagardère. Dans un précédent texte publié sur ce blogue (La vestale et les marcheurs, 29 août), nous écrivions que nous étions curieux de voir qui seraient sur la ligne de départ pour marcher avec la jeune Suédoise.  Greta Thunberg étant en effet sensée être à Montréal, le 27 septembre, dans le cadre de la journée mondiale de mobilisation pour le climat, journée sensée être l'occasion d'une grande marche dans les rues de Montréal. Laissant planer le doute pendant quelques jours, sa présence est maintenant confirmée (Greta Thunberg confirme sa venue à Montréal le 27 septembre, Le Devoir, 8 septembre) une venue ardemment souhaitée par certains. Pour sa part, la co porte parole (féminine) de Québec solidaire, Manon Massé souhaite que l'égérie du mouvement de lutte contre les changements climatiques s'adresse à l'Assemblée nationale. Québec solidaire tient visiblement à ce que nous buvions la coupe Thunberg jusqu'à la lie. Si l'invitation est agréée, les élus seront soumis à quelques minutes de propagande climato-apocalyptique sans pouvoir dire un mot et remettre en question les affirmations de Mlle Thunberg. La notoriété de cette dernière et l'ampleur du mouvement qui la porte rendent difficile sinon impossible la contestation des affirmations de Mlle Thunberg à moins de tenir à être crucifié comme climatosceptique, les climatosceptiques seront d'abord cloués au pilori,  mais ce ne sera là qu'une première étape. Les réactions aux déclarations malhabiles de Maxime Bernier sur la personnalité de Mlle Thunberg montrent bien que la marge de manoeuvre des critiques du travail de Greta Thunberg est assez étroite, si tant est qu'elle existe encore. Le pilori de devrait pas satisfaire longtemps les apôtres de la lutte au réchauffement climatique. L'objectif ultime des tenants du réchauffement climatique a été annoncé par un manifestant qui a traité Andrew Scheer de « criminel climatique » alors que ce dernier prenait la parole devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.(Andrew Scheer traité de « criminel climatique » par un manifestant, La Presse, 6 septembre). C'est probablement le souhait que forme certains, une inculpation vaut mieux qu'un débat pour faire taire un opposant climatosceptique, une décision des Nations Unies sur le caractère criminel du fait de nier ou de contester la réalité des changements climatiques et l'adoption de cette décision dans les droits nationaux et le tour sera joué, le réchauffement climatique sera tenu pour parole d'Évangile. 
 
 
 
Manon Massé est passé de la parole à l'acte: «La Presse canadienne a appris que cette dernière a expédié une lettre jeudi au président de l'Assemblée nationale, l'enjoignant à inviter formellement la jeune militante de 16 ans à se présenter au parlement en marge de sa venue à Montréal , le cas échéant (Greta Thunberg pourrait être invitée à l'Assemblée nationale, Le Devoir, 6 septembre). 
Les élus n'auront pas à se rendre à Greta Thunberg et à la marche du 27 septembre, bien que pour les plus enthousiastes et ceux « en quête de visibilité», l'un n 'empêche pas l'autre, entendre Greta Thunberg au salon Bleu et battre le pavé à Montréal, parions que Manon Massé et les députés de Québec solidaire se prêteront volontiers aux deux exercices parions aussi sur la présence à la marche pour le Parti libéral du Québec (PLQ), d'Hélène David qui nous parlera peut-être de la lucidité, de la sincérité et du courage de Greta Thunberg et sur celle Marwa Rhizky, en campagne pour la direction du PLQ et désireuse de séduire l'Aile jeunesse de ce parti. Nous écrivions dans le blogue mentionné plus haut que la marche pourrait probablement compter sur la présence de Valérie Plante, de Dominic Champagne et de quelques signataires du Pacte de transition et de Justin Trudeau, sans compter l'habituel cortège des artistes « engagés ». Le Salon bleu est peut-être une tribune moins prestigieuse que celle des Nations-Unies, mais dans un combat pour sauver la planète, il ne faut négliger aucun coin de la planète  

Monday, September 9, 2019

L'histoire qui ne s'écrira pas


Robert Mugabe vient de s'éteindre, L'ex-président du Zimbabwe s'est éteint dans un hôpital de Singapour à l'âge de 95 ans. L'Agence France-Presse écrit: »L'ancien président zimbabwéen Robert Mugabe, héros de l'indépendance qui a dirigé d'une main de fer son pays de 1980 à 2017, est décédé à 95 ans, suscitant une vague d'hommages à un « champion » de la lutte contre le colonialisme.» (L'ancien président du Zimbabwe Robert Mugabe est mort à 95 ans, Le Devoir, 6 septembre). L'heure est à la brosse à reluire chez les leaders africains: « Un « leader exceptionnel» et un « combattant de la libération champion de la cause de l'Afrique contre le colonialisme » a réagi le président sud-africain Cyril Ramaphosa [...] (L'ancien président du Zimbabwe Robert Mugabe est mort à 95 ans, Le Devoir, 6 septembre).




Robert Mugabe a sa « place[...] dans les annales de l'histoire africaine «  pour son combat pour la libération de l'Afrique et pour sa défense courageuse du continent », a estimé, dans la même veine le président zambien, Edgar Lungu ». Ces éloges sont-elles sincères,  ces dirigeants ne sont-ils pas en train d'écrire le brouillon  de ce qu'ils souhaitent eux-mêmes recevoir comme éloge funèbre, le débat est ouvert? L'AFP, heureusement ne cède pas à ces débordements de flatteries inconsidérées, le communiqué de l'agence note: « Au Zimbabwe, embourbé dans une crise économique depuis des décennies, héritage de Robert Mugabe, la population continuait vendredi à vaquer à ses occupations comme si de rien n'était.» Crise économique attribuable dans une large mesure au défunt lui-même: »Robert Mugabe avait lancé, au début des années 2000, une réforme agraire controversée, officiellement destinée à redistribuer à la majorité noire les terres agricoles principalement aux mains des Blancs.» Le décès de Robert Mugabe  devrait être l'occasion d'une réflexion sur l'histoire de l'Afrique et des jeunes États africains, tant l'histoire du Zimbabwe apparaît emblématique de celle de plusieurs autres États africains.La mémoire de Robert Mugabe pourra rejoindre l' »Olympe » des « pères de L'Indépendance et champions de la lutte contre le colonialisme».  Mugabe pourra ainsi prendre place aux côtés d'autres autocrates comme lui tels les Jomo Kenyatta, Julius Nyerere, Joseph-Désiré Mobutu , Idi Amin Dada.  Réunis par une commune volonté de s'accrocher au pouvoir, une notoire inaptitude à maintenir le niveau de vie de leurs concitoyens ou à les enrichir, un enrichissement qu'il semble considérer comme leur revenant en propre (voir Mobutu et peut-être dans quelques mois Mugabe lui-même, le bilan de son règne demeure à faire), la gabegie, le clientélisme, le tribalisme ainsi qu'une propension aux coups d'États et aux partis uniques. L'actuel président du Zimbabwe, Emmerson Mnangagwa a salué ainsi Le décès de Robert Mugabe: »C'est avec la plus grande tristesse que j'annonce le décès du père fondateur du Zimbabwe et de l'ancien président , le commandant Robert Mugabe». Intéressante cette réécriture de l'histoire, Robert Mugabe n'a pas fondé le Zimbabwe, un Zimbabwe qui politiquement n'existait pas avant l'arrivée des Britanniques. Mugabe s'est contenté de rebaptiser la Rhodésie. Les Cecil Rhodes et Ian Smith sont probablement n'en déplaise à Mnangagwa plus dignes de porter le titre de pères fondateurs du Zimbabwe. En cela Mugabe n'a fait que suivre les traces de Kwame Nkrumah transformant la colonie britannique de la Côte d'Or, (Gold Coast) en Ghana, même démarche chez un Mobutu, rebaptisant le Congo Kinshasa en Zaïre. Au-delà des éloges funèbres volontiers laudatrices, le décès de Robert Mugabe devrait surtout nous permettre de nous rappeler que les Mugabe de ce continent ont en commun, (tout « père fondateur » qu'il fut Robert Mugabe a été renversé par un coup d'État mené à l'initiative d'Emmerson Mnangagwa en 2017) et la violence intérieure ( qui a songé à rappeler la guerre civile de 1982-1983 alors que Mugabe qui appartient  à l'ethnie shona lance l'armée  zimbabwéenne, en partie encadrée par des instructeurs Nord-Coréens contre l'ethnie Ndébélé dans le Matabeleland, guerre ethnico-civile causant entre 10 000 et 20 000 morts. Cette histoire là ne sera pas écrite, les Occidentaux de gauche préfèrent celle d'un Nelson Mandela javélisé et  idéalisé. Histoire qui ne sera pas non plus écrite, celle des occasions manquées par l'occident sur le continent africain, qu'ils suffisent de mentionner les noms de Moïse Tshombé au Katanga pendant la crise entourant l'indépendance du Congo, du général Ojukwu pendant la brève existence du Biafra et celui de Leader de l'UNITA angolais, Jonas Savimbi ,  luttant contre les marxistes du Mouvement populaire de libération de l'Angola (MPLA) et leurs alliés Cubains,dernier de ces « trahis » par l'Occident, Mangosuthu Buthelezi, dirigeant de l'Inkhata à dominante zouloue, larguée par les Tatcher et Mulroney au profit de Nelson Mandela. René Dumont écrivait en 1962 que «L'Afrique noire était mal partie », nous serions tenté d'écrire qu'elle n'est pas prête d'arriver.

Friday, September 6, 2019

PQ un bel effort, mais insuffisant


Les élus et la direction du Parti québécois (PQ) sont bien conscients depuis la défaite crève-coeur du 1er octobre dernier qu'ils doivent redéfinir le rôle du parti sur la scène politique québécoise. L'heure de cet exercice a apparement sonné. En effet réuni à Salaberry-de Valleyfield au cours des derniers jours, l'état-major du PQ est revenu sur l'ADN du parti: «L'état-major du Parti Québécois recentre son action sur la fondation d'un pays , non pas sur la gestion ordinaire d'une province » (Le PQ remet le projet de pays à l'avant scène, Le Devoir, 4 septembre). L'ère des « bons gouvernements » serait donc révolue, nous y croirons lorsqu'en, 2022, le parti aura de nouveau rendez-vous avec l'électorat et cherchera la faveur de ces électeurs, c'est sans surprise, à notre avis , que nous verrons le retour du «bon gouvernement» afin de gagner la faveur des électeurs. Retour d'autant plus prévisible que dans cette «déclaration de principes », l'état-major du PQ, « appelle les indépendantistes, mais aussi les nationalistes de tout poil à se joindre à son «mouvement». Les bases du retour du « bon gouvernement » sont déjà posées, le thème du « bon gouvernement servira à séduire les électeurs « nationalistes de tout poil » dont certains pourraient se montrer réfractaires à « la fondation d'un pays» la jugeant peut-être prématurée ou trop radicale. Une partie de ces « nationalistes de tout poil » se retrouvent depuis le 1er octobre dernier sous la bannière de la Coalition Avenir Québec (CAQ) et ils s'y trouvent probablement confortables, quelques projets de loi comme ceux sur l'immigration et la laïcité et pourraient les décider à y demeurer, invalidant ainsi la stratégie de l'état-major du PQ. Souhaitons que les dirigeants du PQ redécouvre que le PQ ne peut être un parti comme les autres se contentant d'une « alternance» au pouvoir, hier avec le Parti libéral du Québec, demain avec la CAQ. Le PQ doit s'efforcer de redevenir un véritable mouvement, son aspiration à l'indépendance ne peut se limiter à entrer dans la sage « alternance » évoquée plus haut. Le PQ doit représenter plus que cela, il porte en lui les espoirs de dizaines de générations qui ont patiemment survécu après les défaites de 1760 et de 1837 en espérant discrètement réaliser leur rêves d'affirmation nationale, plus qu'un parti, le PQ doit être un mouvement, cette volonté retrouvée de « fonder un pays » va dans ce sens. Ce premier pas est méritoire, mais il n'est pas suffisant. D'autant plus que la « Déclaration de principes » n'est pas exempte d'ambiguïtés. L'état- major du PQ promet ainsi que « le temps de l'éparpillement est terminé «tout en affirmant du même souffle que les «nationalistes de tout poil»,devront souscrire à « quatre «valeurs fondamentales», c'est à dire la liberté, la justice et l'équité, le nationalisme ainsi que la protection de l'environnement. « la pérennité du français est [le] défi permanent [du Québec], auquel s'ajoutent, à présent, des écueils qui dépassent largement ses frontières : la crise climatique menace sa société, l'accroissement des inégalités divise sa population et la baisse de confiance envers la démocratie mine l'engagement citoyen. Pour relever ces défis, la nation québécoise doit puiser dans ce qui la distingue pour agir , de concert avec les autres nations du monde. Elle doit se saisir de tous les pouvoirs nécessaires à son émancipation. » peut-on lire. Difficile d'être contre la vertu surtout lorsqu'elle recourt à des terme non définis. La définition des termes « liberté, justice et équité » reçoit quelques clarifications dans la « Déclaration du Parti Québécois »( La déclaration du parti Québécois, Le Devoir, 4 septembre),  ainsi pour reprendre les termes mêmes de la déclaration:«la LIBERTÉ, qui s'incarne à travers le pouvoir de faire ses propres choix, l'accès universel à une éducation de qualité et l'atteinte de l'autonomie financière.  [...] «  Pourquoi faire compliqué lorsque l'on peut faire simple, ainsi définie , la liberté, c'est l'indépendance. Le parti qui veut « recentrer son action politique sur la fondation d'un pays », se montre bien timide dans son recentrage, l'accès à une éducation de qualité sensée être atteinte depuis la Révolution tranquille et le Rapport Parent n'est qu'un élément de gestion administrative qui n'a rien à voir avec la LIBERTÉ, c'est volontairement que nous reprenons les majuscules de la Déclaration. "La JUSTICE et l' ÉQUITÉ, car la santé d'une société se mesure à son niveau de bien-être et à sa qualité de vie, (s'il faut comprendre La JUSTICE et l'ÉQUITÉ, comme une défense résolue de la sociale-démocratie et du filet social québécois, va pour nous). Ces valeurs donnent une chance à tous de s'épanouir pleinement et assurent l'équilibre entre les droits collectifs et individuels."
Le NATIONALISME qui regroupe les individus en une collectivité plus forte que la somme de ses parties . L'affirmation fière de l'affirmation de chaque peuple est le fondement de la diversité culturelle mondiale. » Rien de bien exaltant dans cette définition du nationalisme, définition qui pourrait être celle du nationalisme gabonais. On y cherchera en vain dans cette « valeur fondamentale » trace des francophones d'Amérique pour qui le nationalisme fut, est et demeurera une condition essentielle à leur survie. L'éparpillement a la vie dure.



Une Déclaration bien plus conçue en définitive comme un appel non pas pour les « nationalistes de tout poil» et notamment les électeurs de la CAQ, mais aux électeurs de Québec solidaire, avec ses JUSTICE et ÉQUITÉ. Curieusement les plans de Jean-François Lisée de convergence Parti Québécois Québec solidaire ne semblent pas définitivement enterrés. 

Tuesday, September 3, 2019

Greta prend le voile



Le Québec a connu une époque pas si lointaine ou le clergé catholique sortait volontiers de son magistère spirituel pour donner son opinion sur une foule de sujets, sociaux, politiques  ou économiques. Ce recours à une « influence indue » aux accents vaguement totalitaires reviendraient-elles tenter certaines membres de l'Église catholique. À quelques semaines des élections fédérales, « 64 congrégations féminines du Canada demandent aux élus d'agir de manière conséquente avec la déclaration sur l'urgence climatique adoptée en mai par la chambre des Communes.» Les supérieures de ces 64 communautés religieuses- 43 proviennent du Québec,10 de l'Ontario, 4 du Nouveau-Brunswick, 2 de la Saskatchewan, 2 de la Nouvelle-Écosse et une au Manitoba, une à l'Île-du Prince Édouard de même qu'une à Terre-Neuve-et Labrador ont lancé un appel aux responsables politiques à agir pour le climat. « À titre de religieuses, prendre soin de toute toute la création de Dieu est une partie essentielle de notre foi. Les changements radicaux de notre climat, provoqués par la libération des gaz à effet de serre, constituent la plus grande menace pour tous les êtres vivants. » (Les religieuses appuient l'urgence climatique, La Presse, 1er septembre). Un bref retour dans le temps ne sera pas inutile. Que disait la presse à l'époque de cette déclaration d'urgence climatique. «La ministre fédérale de l'Environnement propose une motion aux Communes pour déclarer que le Canada est en situation d'urgence climatique. Le geste plus politique que pratique, cherche à clouer le bec aux provinces qui combattent la taxe sur le carbone qui leur a été imposée.» (Une motion pour déclarer que le Canada est en situation d'urgence climatique, Le Droit, 14 mai).  Tout à leur candeur et leur naïveté, les religieuses se rendent-elles compte qu'elles se prêtent à une manœuvre politicienne des Libéraux et cautionnent le gouvernement Trudeau, exit la neutralité que nous serions en droit d'attendre des religieuses.


Qui a besoin de militantes en cornette jouant les Greta Thunberg, prions pour que les religieuses regagnent leurs couvents et reprennent, Discrètes et ferventes, leurs prières.
Pour l'initiative environnementale des religieuses, proposons un slogan: « L'enfer est rouge, le ciel est vert! »

L'histoire trafiquée


Le commun des mortels ne se précipite pas à la bibliothèque pour vérifier l'exactitude d'un récit historique, la plupart se fieront aux affirmations des périodiques (journaux et revues).  Erreur, les lecteurs se livrent ainsi pieds et poings liés aux préjugés idéologiques des journalistes. Lorsqu'ils ne se livrent pas à l'ignorance de ces derniers. Le Devoir nous fournit une belle illustration de cette entrée en matière (Le jour ou les nazis ont fait main basse sur la Pologne, Le Devoir, 31 août). Alexandre Shields écrit sur l'entrée en territoire polonais des armées allemandes. Ce n'est que plus loin, perdu dans le texte, que l'article mentionne l'entrée en Pologne, le 17 septembre, des troupes soviétiques, un texte qui devrait d'entrée de jeu que l'agression allemande avait été rendu possible par la signature du pacte germano-soviétique quelques jours auparavant. « Débute alors une profonde noirceur pour les Polonais, puisque le régime nazi »utilise le pays comme laboratoire pour expérimenter ses politiques d'occupation brutale, d'épuration ethnique , de déportations et d'exécutions sommaires » souligne M.Lemay » (spécialiste de l'histoire du conflit et professeur Collège militaire royal du Canada).
 
 
 
 Il n'est pas question ici de nier la rigueur de l'occupation nazie de la Pologne.  C'est justement la « polonisation » de la France que voulait éviter le Maréchal Pétain et son État français en pratiquant une politique de collaboration avec l'occupant allemand. Benoît Lemay souligne à grands traits les caractéristiques de l'occupation nazie en oubliant que toute brutale qu'elle fut, elle a duré 5ans. On demeurera confondu devant son mutisme sur les rigueurs de l'occupation soviétique, occupation qui se prolongera bien au-delà de la fin de la Seconde guerre mondiale et ne prendra fin qu'avec la chute du Mur de Berlin et l'effondrement de l'Union soviétique. Il ne vient pas à l'idée de Benoît Lemay de nous parler de cette « période de profonde noirceur pour les Polonais ».  À la lecture de cet article, le lecteur conservera le seul image de l'occupation nazie, c'est ainsi que l'on trafique l'histoire. Nous attendons, sans nous priver de manger et dormir, un article d'Alexandre Shields titrant, "Le jour les communistes ont fait main basse sur la Pologne ».

Monday, September 2, 2019

Qui dirige le Canada?


Pour la plupart de nos concitoyens, c'est Justin Trudeau qui dirige, mal, mais là n'est pas la question. Les plus cyniques affirmeront que le Canada est dirigé par Gerald Butts. Après la décision prise par le Parti libéral du Canada (PLC) au sujet de l'iman Hassan Guilet (voir ce blogue, Le candidat idéal, 29 mai) choisi par le PLC pour porter les couleurs libérales dans la circonscription de Saint-Léonard -Saint-Michel, LePLC lui retire sa confiance sur plainte du B'nai Brith,  l'imam se serait rendu « coupable » (nous utilisons les guillemets pour indiquer qu'à notre avis il n'a rien fait d'autre que de se prévaloir de sa liberté d'expression) de sorties « antisémites » (nouveaux guillemets », les déclarations « anti sémites d'Hassan Guillet relèvent plus de l'antisionisme, il aurait notamment « qualifié Israël « d'État d'apartheid » lors d'une entrevue radiophonique (Propos antisémites : Le PLC révoque la candidature de Hassan Guillet, La Presse, 30 août), mais alors qu'il est possible de critiquer les politiques intérieure et extérieure des États-Unis, de la France ou de l'Allemagne, il semble interdit de critiquer Israël sans se retrouver qualifiés d'anti sémites, il est vrai qu'Israël est un État juif et que par extension, il faille comprendre qu'Israël est l'État de tous les Juifs, toucher à un juif, c'est s'en prendre à Israël, critiquer Israël, revient à s'en prendre à tous les Juifs, impossibles'y échapper).
 
 
 
À la lumière de cet incident, certains Canadiens considéreront que c'est le B'nai Brith qui dirige le Canada, formidable déni de démocratie car ce serait alors un organisme raciste (ouvert aux seuls Juifs) et qui n'est imputable que devant la « communauté » qui tiendrait en mains  les rênes du Canada. Il est à souhaiter que le PLC trouve dans l'incident une salutaire leçon, c'est le PLC qui avait imposé Hassan Guillet dans une circonscription habituellement représentée par un député italophone, si le PLC avait eu recours è la traditionnelle assemblée d'investiture, il aurait en mesure d'opposer aux diktats du B'nai Brith, la volonté des membres du PLC de la circonscription, en imposant Hassan Guillet, c'est Justin Trudeau et le PLC qui sont les artisans de leurs malheur et se retrouvent nus devant le B'nai Brith. Après les humanistes (Il ne manquait qu'eux, 14 juillet) et le Francs-maçons (un inoffensif club social, 25 août ), nous commençons à mieux comprendre ce qui se passe dans les coulisses des politiques québécoise et canadienne.

Sunday, September 1, 2019

La peur au ventre la rage au coeur


Nous voilà revenus au beaux jours des débats entourant l'adoption du projet de loi 21. Il était certes facile d'imaginer l'exploitation sensationnaliste que ferait un certain lobby religieux de l'application de la loi 21. Nous en avions eu un avant-goût avec des articles sur les pauvres étudiantes voilées que la loi 21 forcerait à renoncer à leur «vocation». La rentrée scolaire à la Commission scolaire de Montréal (CSDM) est l'occasion de revenir sur cette thématique, une rentrée qui se déroule alors que la Commission a décidé qu'elle appliquerait les dispositions de la loi 21 sur le port du voile islamique par ses enseignantes. Les commissaires de la CSDM avait initialement décidé que la Commission n'appliquerait pas la loi 21. C'est lors d'une assemblée des commissaires tenue fin août quels CSDM a finalement décidé d'appliquer la Loi 21 dans ses établissements.  Cette séance a donné l'occasion à l'une de ces enseignantes voilées de tenter de convaincre les commissaires de s'en tenir leur position initiale et de déroger à la loi.  Ayant recours à des arguments relevant plus du sensationnalisme que de la raison (Une rentrée avec la peur au ventre pour cette enseignante, Journal de Montréal, 29 août), Dalida Matoub qui enseignerait au Québec depuis douze ans dit: »n'avoir senti un tel climat de tension à l'approche de la rentrée, comme ce qu'elle a vécu cette semaine[...]Elle se dit attristée par la tournure des évènements qu'elle explique par cette loi qui ouvre la porte: «pour dénigrer l'Autre». Elle a également rapporté qu'un parent d'élève a demandé à l'école que sa fille ne soit pas dans la classe de l'»enseignante voilée»», la demande a été faite par des parents de l'école Marie-Rollet, dans le quartier montréalais de Rosemont. Un parent qui à notre avis a mieux compris l'esprit de la Loi 21 que François Legault et Jean-François Roberge. L'un et l'autre ayant précisé qu'il n'était pas question pour les parents de « magasiner » une enseignante et qu'ils devraient accepter la classe telle que constituée. Cette triste décision est cohérente avec la traditionnelle politique gouvernementale, politique du gouvernement ou de la caste des fonctionnaires du ministère de l'Éducation, jaloux de leurs pouvoirs et fiers de leurs choix pédagogiques, il a ainsi été refusé aux parents le droit de retirer leur enfant des cours ECR, de même que des cours d'éducation à la sexualité. La solution aux problèmes d'application de laLoi 21 réside peut-être justement dans l'acquiescement aux demandes de ces parents (Signes religieux: des parents d'élèves reviennent à la charge, Radio-Canada, 29 août). Si les commissions scolaires acquiesçaient à ces demandes dont rien ne dit quelle seront nombreuses, les enfants seraient retirés des classes et placés dans celle d'une enseignante non-voilée. Les enseignants qui évoquent régulièrement la taille des groupes et le ratio maître-élèves pourraient y trouver leur compte. Sortie de crise peu élégante car elle laisse reposer sur les épaules de parents isolés le poids de l'application de la loi sur la laïcité. Solution un peu hypocrite car, elle permet de maintenir intégralement la Loi 21 tout en fermant les yeux sur des aménagements locaux et circonstanciels. 
 

 
 
L'article du Journal de Montréal ne fait pas mention de menaces visant spécifiquement Mme Matoub ou d'une plainte au SPVM, elle se sent menacée par la loi 21 et la  demande d'un parent. Il est toujours loisible à Mme Matoub d'aller travailler dans une institution de réseau scolaire privé, il lui est également loisible de demander une mutation dans une école plus « diversifiée » de la CSDM, une école du quartier Côte-des Neiges par exemple, un tel geste lui permettrait de conserver son ancienneté et les avantages sociaux qui vont avec cette dérnière (choix de vacances, etc.).  Mme Matoub avait probablement en tête le « spectacle » quelle comptait donner qu'à un examen réfléchi des alternatives.

Que le résultat de ce choix contredise clairement l'esprit de la loi 21 échappe visiblement à F. Legault et J.-F. Roberge, dans les faits, une enseignante portant des signes religieux enseignera , dans ce cas, la situation est aggravée par le fait qu'elle enseignera à une fillette. Comprenne qui pourra. Indigne représentant de son gouvernement et de la population québécoise, le ministre de l'Éducation du Québec, Jean-François Roberge, a probablement dormi tout au long des débats autour de la laïcité.  Plus lucide La militante pro-laïcité, Nadia El-Marbrouk plaide pour le droit des parents à choisir (une militante pour la laïcité demande à Québec de « respecter la volonté des parents», Journal de Montréal, 29 août). Il faudra visiblement s'y faire, il y aura d'autres «enseignantes voilées» venant déchirer leurs chemises devant les média (à défaut de déchirer leur voile). 
À prévoir aussi l'entrée d'une première « policière voilée au sein du SPVM, les média ont déjà préparé le terrain (Déterminée à être policière et à conserver son voile, Journal de Montréal, 12 avril 2018) et nous ne manquerons probablement pas d'entendre parler de Sondos Lamrhari, au cours des mois et des années à venir. Après la ronde des débats et des manifestations autour de l'adoption de la Loi 21, c'est la rage au coeur que nous avons devant la pusillanimité du gouvernement Legault, mais aussi la peur au ventre sur l'avenir du Québec si la digue dressée par la loi 21 devait céder