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Friday, January 27, 2023

Un chausson avec ça

 



L’Allemagne a fini par acquiescer, elle donne son aval à la Pologne pour que celle-ci livre des chars Léopard  à l’Ukraine. «La Pologne, prête à envoyer 14 Leopard à Kyiv , est en discussion avec une quinzaine d’États à ce sujet, de nombreuses armées européennes possédant de tels blindés, susceptibles d’avoir un impact significatif pour les Ukrainiens face au rouleau compresseur des troupes russes.[…] nous avons besoin[…] de plusieurs centaines de chars, a martelée chef de cabinet de la présidence ukrainienne Andriï Ierma, à un moment ou les Russes sont à l’offensive, dans l’Est de l’Ukraine en particulier»,(La Pologne prête à se passer de l’aval de Berlin pour livrer des chars, La Presse, 23 janvier). Le monde s’est habitué aux demandes ukrainiennes, des demandes qui ne sont pas des demandes, mais des exigences. 
Les chars germano-polonais ne viennent pas seuls: «Dans ce contexte, L’Union européenne a annoncé qu’elle accordait 500 millions d’euros supplémentaires pour fournir des armements à Kyiv et allouait 45 millions d’euros pour la formation des militaires ukrainiens sur le territoire de l’UE. Signe des tensions croissantes avec Moscou, deux des trois pays baltes, l’Estonie et la Lettonie, ont chacune annoncé dans la journée leur décision d’expulser l’ambassadeur de Russie, emboitant le pas à la Lituanie qui avait fait de même l’année dernière.» Les ambassadeurs russes sont persona non grata dans les trois pays baltes, les dirigeants Baltes disposent-ils d’informations les amenant à craindre une «opération militaire spéciale»destinée à dénazifier les pays baltes.
 

 

Retour à l’Ukraine :«Le Canada est plus que jamais disposé à envoyer des chars Leopard de fabrication allemande à l’Ukraine , comme le réclame Kyiv. Mais avant de confirmer ses intentions, le gouvernement Trudeau tente de rallier le plus grand nombre d’alliés à cette démarche qui pourrait marquer une nouvelle escalade de la guerre que mène la Russie en Ukraine.  Cette initiative canadienne risquée conduire à une situation paradoxale, situation dont Mélanie Joly est consciente: «Mais la ministre des Affaires étrangères, Mélanie Joly, a clairement fait savoir à quelle enseigne elle logeait. Elle fait partie des faucons à la table du Cabinet: «Pour arriver à une paix durable, il faut continuer à armer l’Ukraine. C’est un peu le paradoxe dans lequel on est, mais c’est vraiment l’approche que l’on prend et que nos alliés prennent également» a insisté la chef de la diplomatie canadienne en mêlée de presse, lundi[…]» (Le Canada caresse l’idée d’envoyer des Leopard, La Presse, 23 janvier).Si les démarches canadiennes échouent et que les char Leopard ne peuvent être mis à la disposition des Ukrainiens, il est bon de savoir que la France songe à mettre des chars Leclerc à la disposition des Ukrainiens, les Britanniques pour leur part tiennent des chars Challenger 2 à la disposition de l’armée ukrainienne, les Américains envisagent maintenant l’envoi de chars Abrams. Les Ukrainiens pourraient ainsi à terme disposer du nec plus ultra des arsenaux occidentaux.
 

 
 
Pour paradoxale qu’elle soit, la position canadienne apparaît pourtant comme la seule logique. L’arrivée des Léopard risque fort de faire durer la guerre et les souffrances de la population ukrainienne. Mélanie Joly a pourtant raison, il faut continuer à armer l’Ukraine. Il faut transformer l’Ukraine en Festung Ukraine (Forteresse Ukraine) et ne pas lui ménager Stingers, chars Leopard et missiles de croisière. C’est à ce prix que la Russie comprendra que l’«opération militaire spéciale» en Ukraine doit être la première et la dernière opération de ce type. Afin d’assurer la sécurité de l’Ukraine, il faut aussi prévoir l’entrée de cette dernière dans l’OTAN. J’ai cru avant l’agression russe que la solution à la sécurité ukrainienne pouvait résider dans la démilitarisation ukrainienne et une neutralité garantie par traités et une forte, très forte, défense nationale. Cette solution n’est plus possible.

Tuesday, October 19, 2021

Ce n'est pas la fin...



Ce n'est même pas le commencement de la fin. Mais c'est peut-être la fin du commencement.(Winston Churchill, 10 novembre 1942, aux Communes britanniques, suite à la victoire d'El Alamein).
L'Union européenne, sort à peine du Brexit que déjà, elle entre dans le Polexit. Cette fois c'est la Pologne qui rue dans les brancards, au coeur du Polexit la question de la primauté du droit communautaire versus le droit constitutionnel polonais. Il n'est pas inutile de se souvenir que la démarche conduisant au Brexit n'a pas commencé autrement; début 2018, le Parlement britannique réaffirmait la primauté du droit britannique sur le droit communautaire. 
Les technocrates de Bruxelles ont fait peu de cas de l'attachement des Polonais à leur liberté retrouvée après des années de joug soviétique, de même qu'il ont tenu pour quantité négligeable le particularisme britannique.  
 
 

 
 
À la mi-octobre, le gouvernement polonais affirmait la primauté du droit polonais sur le droit communautaire. Est ainsi remis en cause un principe-clé de l'appartenance à l'Union européenne (UE). Cette réaffirmation de la primauté du droit polonais aura-t-elle pour conséquence de conduire la Pologne à sortir de l'Union européenne. Une telle sortie aurait pour effet de fragiliser tout l'édifice communautaire en Europe orientale (la Hongrie deViktor Orban gardant un pied sur le frein pour tout ce qui touche au droit «social» de l'Union (homosexualité, avortement, LBGTQ, immigration). Ceux qui rêvaient d'une Europe fédérale sont loin du compte avec le désaveu britannique et les hésitations polonaises.   Reste la possibilité du poids économique, toujours d'actualité à l'heure de l'éventuel affrontement États-unis Chine, Cette Europe devait incarner une civilisation millénaire voulant ardemment vivre dans la paix après deux conflits est aujourd'hui devenu le jouet de technocrates bien loin des réalités des populations des États membres; pas un pays qui ne comptent sur sa minorité euroseptique (il n'y a guère que les pays membres de l'UE en Europe occidentale qui restent dans les rangs sans ruer dans les brancards, encore que Marine Le Pen est évoqué un temps, une sortie de l'UE et de l'Eurozone et que le Mouvement pour la France (de Philippe de Villiers et ) et Debout la République (de  Nicolas Dupont-Aignan) soient aussi ranger dans le camp des euro septiques et que l'Alternative pour l'Allemagne (Alternative Für Deutschland) a elle aussi évoquée une sortie de l'Eurozone) Généralement nationalistes-conservateurs, les euroseptiques comptent aussi dans leurs rangs de nombreuses formations d'extrême-gauche. Un départ polonais marquerait-il la fin du début pour l'Union Européenne? C'est sans illusions qu'il faut observer l'éventualité d'un Polexit ; si la Pologne s'éloigne de l'UE, se sera pour mieux se précipiter dans les bras de l'OTAN au nom de la  défense contre la «l'ennemi séculaire».  Le Polexit pourrait ainsi devenir la première étape de la formation d'un glacis Allemagne-Pologne-Ukraine-Pays baltes formé contre la Russie. À ce jeu, Les États-Unis seraient les seuls gagnants à un Polexit; l'affaire des sous-marins français montrant bien la considération américaine à l'égard de l'Europe.Alors, et le Brexit? Le Brexit, pour sa part, va trop dans le sens de la grande Alliance atlantique et des intérêts américains pour ne pas  recevoir l'assentiment de Washington. Est-ce le commencement de la fin ou la fin du commencement pour l'UE? C'est certainement la fin de l'Union Européenne et il faudra probablement  préférable à l'avenir de parler d'Union Atlantique.

Tuesday, September 3, 2019

L'histoire trafiquée


Le commun des mortels ne se précipite pas à la bibliothèque pour vérifier l'exactitude d'un récit historique, la plupart se fieront aux affirmations des périodiques (journaux et revues).  Erreur, les lecteurs se livrent ainsi pieds et poings liés aux préjugés idéologiques des journalistes. Lorsqu'ils ne se livrent pas à l'ignorance de ces derniers. Le Devoir nous fournit une belle illustration de cette entrée en matière (Le jour ou les nazis ont fait main basse sur la Pologne, Le Devoir, 31 août). Alexandre Shields écrit sur l'entrée en territoire polonais des armées allemandes. Ce n'est que plus loin, perdu dans le texte, que l'article mentionne l'entrée en Pologne, le 17 septembre, des troupes soviétiques, un texte qui devrait d'entrée de jeu que l'agression allemande avait été rendu possible par la signature du pacte germano-soviétique quelques jours auparavant. « Débute alors une profonde noirceur pour les Polonais, puisque le régime nazi »utilise le pays comme laboratoire pour expérimenter ses politiques d'occupation brutale, d'épuration ethnique , de déportations et d'exécutions sommaires » souligne M.Lemay » (spécialiste de l'histoire du conflit et professeur Collège militaire royal du Canada).
 
 
 
 Il n'est pas question ici de nier la rigueur de l'occupation nazie de la Pologne.  C'est justement la « polonisation » de la France que voulait éviter le Maréchal Pétain et son État français en pratiquant une politique de collaboration avec l'occupant allemand. Benoît Lemay souligne à grands traits les caractéristiques de l'occupation nazie en oubliant que toute brutale qu'elle fut, elle a duré 5ans. On demeurera confondu devant son mutisme sur les rigueurs de l'occupation soviétique, occupation qui se prolongera bien au-delà de la fin de la Seconde guerre mondiale et ne prendra fin qu'avec la chute du Mur de Berlin et l'effondrement de l'Union soviétique. Il ne vient pas à l'idée de Benoît Lemay de nous parler de cette « période de profonde noirceur pour les Polonais ».  À la lecture de cet article, le lecteur conservera le seul image de l'occupation nazie, c'est ainsi que l'on trafique l'histoire. Nous attendons, sans nous priver de manger et dormir, un article d'Alexandre Shields titrant, "Le jour les communistes ont fait main basse sur la Pologne ».