Showing posts with label religion. Show all posts
Showing posts with label religion. Show all posts

Friday, October 29, 2021

N'importe quoi

 


Le Devoir nous apprend que la majorité des Québécois sont maintenant non-croyants: «il y a maintenant autant d'athées que de croyants au Québec. Selon un  sondage Léger - Le Devoir, à la question «Personnellement, croyez-vous en Dieu?» (Un québécois sur deux ne croit pas en Dieu, Le Devoir, 22 octobre) 51% des Québécois ont répondu oui et 49%, non. l'auteur de l'article, Stéphane Baillargeon, va un peu vite en besogne, lorsqu'il écrit qu'il y a autant d'»athées que de croyants»  au Québec; les non-croyants sont-ils tous athées pour autant? Certains répondants ont-ils confondu «croyance en Dieu» et «pratique religieuse»? Une analyse plus fine des résultats du sondage nous permettrait peut-être de découvrir des agnostiques, des indifférents et des non-pratiquants dans cette cohorte d'athées. Il n'était pas besoin de sondages pour prendre conscience de la situation au Québec. Fermeture d'églises et vente dans certains cas de ces dernières afin de permettre la construction de condos, jumelage de paroisses, crise des vocations désertion des fidèles; la crise ne date pas d'hier. Le phénomène est plus particulièrement accentué au Québec: «En Ontario comme en Alberta, deux personnes sur trois se déclarent croyantes alors qu'en Colombie-Britannique , ça tombe à 53? [...]» 
 

 
 
Quelle conséquence aura cet « athéisme »; difficile ici de ne pas penser à Gilbert Keith Chesterton, l'essayiste catholique de la première moitié du siècle précédent lorsqu'il déclare:» Depuis que les hommes ne croient plus en Dieu, ce n'est pas qu'il ne croient plus en rien, c'est qu'ils sont prêt à croire en n'importe quoi.». Il y quelques années plusieurs de nos  contemporains et n'ont pas eu de problèmes à croire aux pouvoirs des cristaux et des chackras du New Age
 Il ne faut pas être en grand clerc pour nos contemporains n'ont pas de problèmes à croire en Mammon et Éros lorsqu'ils ne décident pas simplement de croire en eux et de décider qu'ils sont le centre de l'Univers. On nous a demandé au cours de la dernière année de «croire en la science».
 
 

Wednesday, September 18, 2019

Un Harvey Weinstein d'ici et d'autrefois


Probablement lasse des histoires autour de Gilbert Rozon et des vagues suscitées par le #moi aussi, Odile Tremblay tourne son attention vers le frère Marie Victorin. Sous sa plume nous n'allons pas à la rencontre du célèbre botaniste, mais à la découverte d'un Harvey Weinstein d'ici et d'autrefois (Celle qui aimait le frère Marie-Victorin, Le Devoir, 14 septembre). C'est la publication de Lettres au frère Marie-Victorin. Correspondance sur la sexualité humaine (Éditions du Boréal), livre qui répond en fait à de Lettres biologiques, dans la mesure ou il offre les réponses de Marcelle Gauvreau aux missives du Frère Marie-Victorin, à elle adressée . Lettres biologiques paru en 2018 et consistant en fait la correspondance du frère Marie-Victorin à son assistante Marcelle Gauvreau: »Entre 1933 et 1944, le fondateur du Jardin botanique de Montréal avait entretenu avec son assistante Marcelle Gauvreau une correspondance sur la sexualité humaine. Phénomène quasi inouï dans le Québec puritain d'alors. Les tabous entourant la chose étaient d'autant plus aigus chez un homme voué à la vie religieuse. Pour les enfreindre, ça prenait toute la curiosité scientifique et la liberté d'esprit de l'auteur de Flore laurentienne. Un manque à combler aussi . En des termes très crus, il explorait sa génitalité, demandant à sa correspondante d'en faire autant: comptes rendus précis à l'appui.» Cette lecture, qui montrait en creux les affres d'une chasteté douloureuse à vivre par le frère botaniste , m'avait passionnée, mais rendue mal à l'aise. Non pas à cause de ses descriptions sexuelles, très cliniques au fait, mais parce que cet homme admiré de tous me semblait utiliser son pouvoir pour manipuler une jeune femme amoureuse de lui. Elle n'avait pas, de son côté, fait voeu de chasteté, s'y voyait contrainte de facto. tout rapport charnel leur était proscrit sous la pression sociale et religieuse de l'époque. Il n'auront jamais enfreint cet interdit. Si le botaniste voyageur se permettait quelques écarts auprès de prostituées cubaines, Marcelle Gauvreau n'avait personne avec qui partager son érotisme, explorant son corps à la demande Marie-Victorin, lisant les livres qu'il lui envoyait sur le sujet, enquêtant auprès de ces amies mariées, troublée et instrumentalisée par son supérieur, m'avait-il semblé.» À quoi rime ce procès d'intentions au frère Marie-Victorin. Sinon à diffamer un ecclésiastique hors du commun et belle illustration de ce que l'Église du Québec de la « Grande Noirceur » pouvait produire de mieux. Odile Tremblay change d'époque, mais le vocabulaire lui ne change pas, lorsqu'elle parle de Gauvreau, « troublée et instrumentalisée », elle puise à pleine mains dans le vocabulaire du #moi aussi. Combien de de temps, Les progressistes québécois souffriront-ils encore de leur anti cléricalisme primaire et combien de « Révolution tranquille » leur faudra-ils pour « en revenir »? Combien de temps encore nos Vandales considéreront-ils faire oeuvre utile à déboulonner nos rares monuments  scientifiques ou culturels?



Est-il nécessaire de défendre la mémoire de frère Marie-Victorin?
Probablement pas, il suffirait à la défense de déposer devant le juge, Flore Laurentienne et de rappeler au jury, l'existence du Jardin Botanique de Montréal pour obtenir le non-lieu.  Odile Tremblay n'a jamais entendu d'amour platonique. Sans vouloir excuser un ecclésiastique hors du commun, il n'est pas inutile de remarquer que s'il a rompu son voeu de chasteté, ce fut avec des prostituées cubaines(selon Wikipedia, la prostitution était alors légale à Cuba),  pour cela, il ne doit de compte qu'à son Créateur, gardien de son voeu de chasteté.

Tuesday, September 3, 2019

Greta prend le voile



Le Québec a connu une époque pas si lointaine ou le clergé catholique sortait volontiers de son magistère spirituel pour donner son opinion sur une foule de sujets, sociaux, politiques  ou économiques. Ce recours à une « influence indue » aux accents vaguement totalitaires reviendraient-elles tenter certaines membres de l'Église catholique. À quelques semaines des élections fédérales, « 64 congrégations féminines du Canada demandent aux élus d'agir de manière conséquente avec la déclaration sur l'urgence climatique adoptée en mai par la chambre des Communes.» Les supérieures de ces 64 communautés religieuses- 43 proviennent du Québec,10 de l'Ontario, 4 du Nouveau-Brunswick, 2 de la Saskatchewan, 2 de la Nouvelle-Écosse et une au Manitoba, une à l'Île-du Prince Édouard de même qu'une à Terre-Neuve-et Labrador ont lancé un appel aux responsables politiques à agir pour le climat. « À titre de religieuses, prendre soin de toute toute la création de Dieu est une partie essentielle de notre foi. Les changements radicaux de notre climat, provoqués par la libération des gaz à effet de serre, constituent la plus grande menace pour tous les êtres vivants. » (Les religieuses appuient l'urgence climatique, La Presse, 1er septembre). Un bref retour dans le temps ne sera pas inutile. Que disait la presse à l'époque de cette déclaration d'urgence climatique. «La ministre fédérale de l'Environnement propose une motion aux Communes pour déclarer que le Canada est en situation d'urgence climatique. Le geste plus politique que pratique, cherche à clouer le bec aux provinces qui combattent la taxe sur le carbone qui leur a été imposée.» (Une motion pour déclarer que le Canada est en situation d'urgence climatique, Le Droit, 14 mai).  Tout à leur candeur et leur naïveté, les religieuses se rendent-elles compte qu'elles se prêtent à une manœuvre politicienne des Libéraux et cautionnent le gouvernement Trudeau, exit la neutralité que nous serions en droit d'attendre des religieuses.


Qui a besoin de militantes en cornette jouant les Greta Thunberg, prions pour que les religieuses regagnent leurs couvents et reprennent, Discrètes et ferventes, leurs prières.
Pour l'initiative environnementale des religieuses, proposons un slogan: « L'enfer est rouge, le ciel est vert! »

Tuesday, June 11, 2019

Le Prochain front?

Les partisans de la laïcité se contenteront-ils de l'interdiction du port des signes religieux pour les fonctionnaires détenteurs d'un pouvoir de coercition.  Faut-il craindre que ce premier round ne serve de période de réchauffement.  crainte que pourrait justifier un dossier du Devoir du 8 juin intitulé: »Faut-il payer pour la foi? » Les auteurs (Stéphane Baillargeon et Magdaline Boutros)se demandent si: « L'état soutient financièrement « l'avancement de la religion ». Par le biais de l'octroi du statut d'organisme de bienfaisance (OBE), plus de 32 000 groupes enregistrés au pays, dont 4330au Québec seulement, bénéficient   en date de mai 2019 d'une kyrielle d'avantages fiscaux parce qu'ils oeuvrent à la promotion d'une religion. » Au Québec, le christianisme se taille la part du lion avec 3045 enregistrements suivi par le judaïsme  avec 113 et l'islam avec 50. il n'y a aucun organisme de bienfaisance inter religieux ou oecuménique enregistré. Le statut d'OBE peut s'avérer extrêmement intéressant: »le précieux statut dOBE accordé par l'ARC (n.d.a., l'agence de revenu du Canada)permet d'être exempté de l'impôt , de remettre des reçus pour dons de bienfaisance , de se faire rembourser une partie des taxes à la consommations (TVQ et TPS)et même aux membres du clergé de déduire des allocations de logements. 
 
« Le financement étatique de la religion peut difficilement se justifier » commente le professeur de la Faculté de droit de l'Université de Sherbrooke  Me Luc Grenon spécialiste de la fiscalité et auteur de plusieurs textes de références et des rares études exhaustives réalisées pour tenter d'y voir clair dans les principes et les conséquences concrètes de ces statuts et privilèges. Le mot est lâché, privilèges, le statut d'OBE des églises catholiques ne durera guère lorsque la meute antireligieuse et anticléricale québécoise se tournera vers ces derniers privilèges et les vieilles accusations d'églises bâties avec la sueur du « peuple des fidèles », ne tarderont pas à être utilisées. Des années d'ouvertes caritatives par ces mêmes églises seront vite oubliées devant les quelques millions à récupérer, au-delà des sommes  récupérées c'est le caractère enfin totalement laïc qui sera apprécié par les laïcistes québécois, finis les privilèges et surtout la différences de l'Église.  Effacé les privilèges de ces églises édifiées de peine et de misère par des populations pauvres, mais ferventes, tout aura été arasé.  
 

 
 Les auteurs écrivent: En droit canadien, le bienfait public est présumé pour les trois premières activités, sans besoin d'en faire la preuve « pour la lutte contre la pauvreté, on comprend aisément le bienfait public, dit le professeur Grenon Mais pour la religion? C'est quoi alors un bienfait public? Ici la religion se résume à la foie au culte . C'est la religion en soi qui est l'activité de bienfaisance. C'est croire, le critère. Ue organisation de soeurs cloîtrées qui ne font rien d'autre que prier est donc présumée travailler pour le bien public.»  La fin du statut particulier des églises ne disparaitra demain, mais il ne sera probablement pas éternel , il pourrait bien constituer le prochain front des luttes pour la laïcité.