Wednesday, October 9, 2019

La chasse aux sorcières


Andrew Scheer était un personnage inquiétant, nous le savions catholique pratiquant, nous le savons maintenant résolument « pro-vie ». Nous le découvrons de plus, proche de l'Opus Dei. « Lorsqu'il était président suppléant de la Chambre des communes en 2010, M. Scheer a organisé une rencontre avec le vicaire de l'Opus Dei au Canada, Frederick Dolan, avec d'autres parlementaires. Des conservateurs et des libéraux étaient présents pour cette rencontre sous le thème « la joie au travail ». L'Opus Dei est une institution controversée de l'Église catholique romaine.  Les membres appliquent notamment des pratiques de mortification comme la flagellation ou encore le port de cilice -en crin ou en métal - plusieurs heures par jour. Questionné à ce sujet lundi matin, M. Scheer a répondu qu'il avait organisé « beaucoup de réunions » avec des leaders de différentes fois religieuses.  Il n'a cependant pas voulu expliquer en quoi une rencontre avec le vicaire de l'Opus Dei est comparable à une rencontre avec un rabbin ou un imam, par exemple.(Scheer se défend d'avoir des liens avec l'Opus Dei, La Presse, 7 octobre) il serait intéressant que la presse canadienne nous explique en quoi une rencontre avec le vicaire de l'Opus Dei devrait être différente d'une rencontre avec un rabbin ou un imam.
 
 
 
Nous assistons à une Cabale contre l'Opus Dei, mais surtout à travers cette association, à une Cabale contre le parti conservateur. » (Une candidate conservatrice membre de l'Opus Dei, La Presse, 7 octobre).Il s'agit de Justina McCaffey, candidate dans la circonscription ontarienne de Kanata- Carleton. On s'explique mal cet intérêt soudain pour l'Opus Dei, l'Opus Dei ne représente aucune menace pour le Canada et Catherine Lévesque, auteur de l'article sur Justina Mc Caffey, serait mieux avisée de s'intéresser aux sympathisants des organisations islamistes parmi les députés ou aspirants-députés, autre sujets qui devraient intéresser Catherine Lévesque pour demeurer dans les associations discrètes, les ministres canadiens participant au délibérations du Groupe du Bilderberg ou associés aux activités de groupes comme le Council on Foreign Relations. 

Dernier à se joindre à cette Cabale, Richard Martineau, mais dans son cas c'est moins le Parti conservateur qui l'intéresse que l'église catholique. Peut-être en panne d'inspiration, il préfère citer longuement Hélène Buzetti du Devoir: «  L'Opus Dei est une association controversée de laïcs catholiques faisant partie de l'Église. De stricte obédience papiste, il s'agit d'un groupe ultraconservateur.  Il suscite la méfiance du fait de son caractère secret: les membres sont invités à ne pas révéler leur affiliation.  On y encourage les pratiques de mortification, notamment la flagellation et le port du cilice (ceinture de crin), deux heures par jour. Qu'un chef de parti  soit personnellement pro-vie est une chose.[...]
 Mais Scheer ne se contente pas d'être pro-vie tout seul dans son coin. Il a organisé une rencontre entre des députés et le représentant d'un groupe religieux hyper conservateur! » (Scheer et l'Opus Dei, Journal de Montréal, 6 octobre).  Andrew Scheer est visiblement un pro-vie qui souhaite être efficace. C'est probablement cela qui dérange vraiment Martineau. 
Les lecteurs de la Presse et du Journal de Montréal n'auront finalement rien appris sur l'Opus Dei.  Catherine Lévesque et Richard Martineau sont des tâcherons paresseux. il y a un petit Que- sais-je? publié il y a déjà quelques années et fort instructif sur le sujet .Pour les curieux qui seraient demeurés sur leurs appétit , la page Opus Dei  Wikipedia vous en apprendra plus que les écrits de Catherine Lévesque et Richard Martineau, l'Opus Dei c'est beaucoup plus que les pratiques de mortification. L'intérêt de l'une et de l'autre pour ces pratiques pourraient faire l'objet d'une analyse par un psychiatre ou un psychanalyste.  Les esprits de l'une et de l'autre sont  probablement plus « tordus » que ceux des membres de l'Opus Dei.

Tuesday, October 8, 2019

Vigilance


La mort tragique de quatre policiers a l'intérieur des murs de la Préfecture de police de Paris, le 3 octobre dernier nous rappelle que même si l'État islamique a été forcé de quitter ses bastions d'Irak et de Syrie, la guerre n'est pas terminée. Cet attentat nous ramène aux premiers communiqués de l'État islamique, communiqués invitant les fidèles à frapper les infidèles et notamment ceux de la Coalition de toutes les façons (attentats individuels et utilisation des véhicule béliers, rien de devait être négligé dans ces exhortations à la pratique du terrorisme du pauvre).  La personnalité du meurtrier fait réfléchir. Mikaël Harpon, informaticien à la Direction du renseignement de la préfecture de police de Paris, est un Martiniquais converti à l'Islam depuis 18 mois, marié à une musulmane d'origine maghrébine.  Harpon a utilisé un couteau en céramique pour échapper aux contrôles de sécurité, détecteurs de métal, etc. (ce qui aux yeux de la justice française prouve la préméditation).
 
 
 
 Selon certaines informations , ses supports informatiques, ordinateurs, téléphones montrent qu'ils s'intéressait aux contenus de propagande de Daech . Une radicalisation « en douce » si cela a un sens.  Selon des collèges de travail, au lendemain de l'attaque contre Charlie Hebdo il aurait dit « bien fait ». Il ne s'agit pas de tomber dans la paranoïa, mais de se convaincre qu'une vigilance de tous les instants devra désormais être la règle, pas d'atermoiements, pas de patience. La fréquentation des mosquées plus radicales doit être surveillée et leurs fidèles tenus à l'oeil. Les imams adeptes des prêches enflammés doivent être sans hésitation reconduits aux frontières. Il faut s'y résoudre, l'heure est désormais à la vigilance.

Sunday, October 6, 2019

Provocation ou inconscience


Le 31 octobre, les électeurs québécois seront accueillis dans les bureaux de vote par un « bonjour -Hello », les scrutateurs suivront en cela les directives d'Élections Canada. Élections Canada probablement absorbé par la préparation du scrutin, ne semble pas avoir pris conscience du débat autour du « Bonjour-Hi » qui a cours au Québec depuis plusieurs mois. La préparation de l'élection fédérale n'a rien à voir avec le choix fait par Élections Canada: «Élections Canada n'est pas la seule organisation gouvernementale à appliquer cette politique. «C'est la directive du Gouvernement du Canada pour tous les services» précise Pierre Pilon, d'Élections Canada. Ailleurs au pays, les électeurs auront droit à un « hello-bonjour». La décision d'Élections Canada a suscité des réactions, «  Cette politique a fait réagir le Mouvement Québec français (MQF), hier. Le groupe a qualifié le « bonjour-hello » d'»inacceptable» et a demandé que la situation soit corrigée. Quant à la possibilité de modifier cette directive comme le demande le MQF, M. Pilon reste prudent. « C'est le législateur qui doit décider d'un changement « dit-il.»
Il aurait intéressant ici que le journaliste nous informe sur la source de cette directive, Cabinet, Gouvernement, etc., compte tenu des circonstances les électeurs Québécois semblent bien devoir se résoudre à être accueillis avec un «bonjour- hello» qui n'est toujours qu'une version élégante et diplomatique du malheureux « Bonjour-hi ».


Sans surprise: »Le groupe Québec Community Groups Network , qui défend les intérêts des communautés anglophones au Québec, a manifesté son appui au « bonjour- hello». « Cette politique est exactement ce que nous souhaitons: un accueil dans les deux langues partout au Canada.Geoffrey Chambers , président du Quebec Community Groups Network(Les électeurs seront accueillis par un « bonjour-hello », La Presse, 6 octobre). Laissons M. Chambers à ses illusions d'un Canada bilingue.  Illusions opportunément entretenues par Le premier ministre (Éventuelle interdiction du « Bonjour \hi »: Trudeau se dit à la défense tant de l'anglais que du français. Le Journal de Montréal, 6 octobre). Justin Trudeau ne connaît probablement pas la fable  du pot de terre et du pot de fer De Lafontaine Provocation ou inconscience, chacun pourra se prononcer le 31 octobre.

ouverture du procès en canonisation


Le procès en canonisation de Janette Bertrand est-il ouvert? Nous serions tentés de le croire à la lecture du dernier papier de la chroniqueuse Sophie Durocher (Le retour de Janette Bertrand, Le journal de Montréal, 4 octobre). Profitant du passage de Janette Bertrand à l'émissions Francs-tireurs sur les ondes de Télé-Québec, émission, il n'est pas inutile de le mentionner, co animée par son conjoint , Richard Martineau. Sophie Durocher ne cache pas ses couleurs en écrivant d'entrée de jeu: »Comment se fait-il qu'après tout ce que Janette a fait pour le Québec, elle soit si peu présente dans les médias?Pourtant, quand je regarde l'actualité, je me dis qu'on aurait bien besoin de ses conseils, de son expérience, de son expertise. On a beaucoup dit que Janette avait « déniaisé » le Québec- Plusieurs parmi ceux qui s'intéressent à l'histoire du Québec, l'histoire politique du Québec commence en 1960 . Ceux qui veulent se pencher sur l'histoire culturelle et sociologique du Québec savent désormais que l'histoire du Québec commence lorsque Janette Bertrand a « déniaisé » le Québec, un Québec devenu bien moderne et moralement bien déboussolé. 

Retour à Sophie Durocher, mais des fois, je me dis qu'on aurait bien besoin d'une autre petite dose de « déniaisage ». L'»évolution des moeurs » depuis les débuts de Mme Bertrand  a singulièrement raccourci la liste des motifs possibles de « déniaisage » Que peut-il donc lui rester; La légalisation de la pédophilie, de la procréation médicalement assisté (PMA) et de la grossesse pour autre (GPA)? Peut-être la prostitution pour suivre les traces de la Fédération des femmes du Québec?
« Janette Bertrand a 94 ans. L'acceptation de l'nceste. Elle calcule qu'il lui reste à peu près six ans à vivre . «Il faut que ses six ans là soit le fun tout le temps «, a-t-elle déclaré à mon mari, Richard Martineau, au Francs-Tireurs. Et si justement, au cours des prochains mois, Janette faisait un retour dans les médias? Qu'on l'interviewe à la radio, la télé, dans les journaux , qu'elle chronique sur des sujets d'actualité (de grâce, Non, Janette Bertrand radote depuis des années et donne la même entrevues depuis des lunes, tout ce qui varie, c'est le nombre de fois ou elle utilise le terme  tabou selon les entrevues)
. Elle qui a été une pionnière au Québec en parlant d'homosexualité, des transsexuels (qu'on appelle maintenant transgenres, il n'y a personne qui relit les papiers de Madame Durocher au Journal de Montréal? Transsexuels et transgenres ne sont pas du tout la même chose), d'aide médicale à mourir (qu'on appelait à l'époque l'euthanasie -avec les demandes récentes d'assouplissement à l'aide médicale à mourir, c'est bien au terme d'euthanasie qu'il faudra revenir pour décrire l'aide médicale à mourir), de sida, d'avortement, elle se positionne aujourd'hui sur le mouvement #metoo et ...ça décoiffe. »
 
 
 
Nous mettons au défi Madame Durocher de nous expliquer la valeur et l'importance de la contribution de Janette Bertrand à la culture québécoise. De parler pour parler à L'Amour avec un grand A . Il n'y a rien à tirer de l'»oeuvre» . de Janette Bertrand . La rediffusion de Quelle famille sur les ondes de ICI ARTV, permet de constater la profonde niaiserie de cette série qui est d'abord une apologie des parents copains bien dans l'esprit des années soixante.  SophieDurochera choisi de ne pas s'intéresser  à l'importance de la sexualité dans l' »oeuvre » de Janette Bertrand, de mauvais esprits pourraient songer à qualifier Janette Bertrand de « vieille mal baisée ».

Tuesday, October 1, 2019

Une réforme inutile


La Coalition Avenir Québec a fait l'abolition des commissions scolaires l'une de ces promesses phares. Les commissions scolaires seraient remplacées par des centres de services.   Idée inconsidérée héritée de la défunte Action Démocratique du Québec., Populaire chez les francophones l'abolition ne fera guère de vagues chez ces derniers. Les anglophones demeurent attachés à l'institution peut-être parce qu'il s'agit d'un gouvernement de proximité qui leur demeure propre et dont ils conservent encore la gouvernance.
Certains croient déjà que la question de l'abolition des commissions scolaires constituera «la» question politique de l'automne. Michel David du Devoir écrit: «Le gros morceau la session qui reprendra la semaine prochaine à l'Assemblée nationale sera le projet de loi sur la gouvernance scolaire. Au sein de la majorité francophone, l'abolition des commissions scolaires et leur remplacement par des centres de services relevant directement du ministère l'Éducation ne causeront pas un psychodrame analogue à celui du débat sur la laïcité. Il n'en ira pas de même du côté anglophone. Un sondage Léger mené en mars dernier indiquait que 80% des anglophones s'opposaient à cette abolition, et l'Association des commissions scolaires anglophones du Québec n'excluait pas un recours aux tribunaux, même si son président, Russell Copeman, a dit préférer une solution politique. (Le prochain psychodrame, Le Devoir, 10 septembre).


L'abolition des commissions scolaires traîne dans le paysage québécois depuis une dizaine d'années, c'est une idée démagogique et irréfléchie que nous devons à la défunte Action Démocratique du Québec (ADQ). La CAQ a repris l'idée probablement plus pour son caractère populaire que pour sa véritable pertinence. Nourrie par des gros titres à saveur sensationnaliste sur les dépenses somptuaires de certains commissaires lors de congrès ou lors de séjours à l'étranger et le faible taux de participation aux élections scolaires, l'idée de l'abolition a fait son chemin sans jamais faire l'objet d'un véritable débat. Elle revient à l'avant-plan avec l'accession au pouvoir de la CAQ. Le ministre de l'Éducation, Jean-François Roberge (voir ce blogue, tout un ministre, 23 septembre) peut-être envieux de la notoriété dont jouit son collègue Simon Jolin-Barrette suite à l'adoption de la Loi 21, semble avoir l'intention de porter le ballon jusqu'à l'abolition des commissions scolaires, un geste politique inconsidéré si l'on songe que le gouvernement envisage de réouvrir la Loi 101, pourquoi ouvrir deux fronts avec la communauté anglophone sinon pour rouler des mécaniques et jouer les bravaches devant l'électorat francophone, à vaincre sans Périls, on triomphe sans gloire. L'abolition des commissions scolaires peut attendre, la Loi 101 est essentielle à la survie du Québec français. En allant de l'avant avec son intention d'abolir les commissions scolaires Jean-François Roberge fournirait la preuve qu'il n'est qu'un idéologue après sa volonté d'implanter les « maternelles quatre ans» sans disposer des locaux et des enseignants-éducateurs nécessaires à ce projet.  

Ne comptons pas sur François Legault et Jean-François Roberge pour réfléchir aux conséquences de l'abolition des commissions scolaires au-delà du « doigt d'honneur » fait aux anglophones du Québec, tentons de faire l'effort de cette réflexion.

Dans un plan de gouvernance scolaire, produit par la CAQ, diffusée à compter janvier 2018, Jean-François Roberge qui n'était à l'époque que critique pour les dossiers d'immigration de la « deuxième opposition » officielle écrivait:» Les idées et prises de position de ce document visent à donner davantage d'autonomie aux écoles afin d'offrir de meilleurs services aux élèves. Les problèmes de gouvernance des commissions scolaires et de manque de légitimé des commissaires constituent des sujets depuis plus de 10 ans. [...] Pourtant, une réforme de la gouvernance du réseau représente la solution à de nombreux problèmes structurels qui affligent le système de l'éducation québécois ; au premier chapitre, les délais pour l'obtention de services pour nos élèves ainsi que le manque de latitude et de flexibilité dont pourraient jouir nos écoles et ceux qui y travaillent. [...] Un gouvernement responsable doit prendre des décisions non pas en fonction de la prochaine élection, mais en fonction de la prochaine génération. Cela commencera par remettre l'école entre les mains de sa communauté. Libre à Jean-François Roberge de pérorer et croire à ses envolées. Nous demeurons sur notre quant-à-soit et nous nous demandons quelle sera la portée de cette remise de nos écoles aux communautés, pas de question sur la nature de ces communautés. Que représenterons géographiquement ces « communautés », villages, villes, arrondissements, quartiers? Seront-elles tributaires la composition ethnique de l'unité géographique retenue. Dans son « plan de gouvernance scolaire », J.-F. Roberge écrit qu'il souhaite remettre entre les l'école entre les mains de sa communauté.

Ses écoles remises « entre les mains de leur communauté » soulèvent de légitimes questions sur le caractère national de la formation dispensée par les dites écoles et leurs centres de services? Question peut-être prématurée compte tenu de l'état du dossier, comment seront choisis les programmes et les manuels scolaires, J.-F. Roberge peut-il assurer les élèves québécois et leurs parents de l'uniformité de la formation reçue à travers le territoire québécois, uniformité importante dans le contexte de la mobilité d'une partie de la population québécoise, uniformité importante aussi lors de la sélection et l'entrée dans les institutions d'enseignement supérieur (CEGEPs et universités). Si des réponses satisfaisantes ne sont pas données à ces questions, l'autonomie se transformera rapidement en atomisation du réseau d'enseignement québécois (avec autant de formations que d'établissements et de communautés.).       une atomisation qui ne pourra paradoxalement que renforcer le rôle du ministère de l'Éducation. Face à ces centres de services,  À l'heure actuelle les commissaires scolaires peuvent encore opposer leur légitimité démocratique au pouvoir des fonctionnaires du ministère. Cet utile contrepoids empêche peut-être notre ministère de l'Éducation de devenir à l'image du ministère de l'Education nationale en France, un monstre surnommé par certains comme « le Mammouth » en raison de sa lourdeur. Bien qu'élus par un faible pourcentage d'électeurs, les commissaires scolaires demeurent imputables devant les parents, ce qui n'est pas le cas des fonctionnaires du ministère et il faut craindre que les membres des conseils d'établissements ne constituent qu'un bien fâlot contrepoids au ministère. C'est pour défendre une institution de proximité et une manifestation tangible de subsidiarité (Jean-François Roberge connaît-il le mot?) qu'il faut défendre les commissions scolaires. C'est aussi pour empêcher la disparition d'un Québec décentralisé qu'il faut souhaiter la survie des commissions scolaires (Les centres de services risquent fort de n'être que des pantins dans les mains du ministère de l'Éducation).  disparues aussi, à la faveur des fusions de municipalités, de nombreuses municipalités de taille modeste, c'est un tissu social qui périclite au nom de l'efficacité technocratique et du «plus c'est gros, plus c'est bon». 

Monday, September 30, 2019

Une rechute



En refusant de participer à ls marche sur le climat, François Legault nous semblait en route vers une meilleure compréhension de la dimension métapolitique du politique, certes Rome ne s'est pas faite en un jour et une sensibilité métapolitique ne se développe en quelques mois surtout en parallèle avec l'exercice du pouvoir.  Nous pouvons comprendre une rechute, c'est ainsi que nous considérons la lettre à la jeunesse québécoise envoyée par François Legault  (Lettre à la jeunesse québécoise, Le Journal de Montréal, 27 septembre). Adoptant un ton solennel qui ne lui convient guère, il écrit: « Je veux d'abord vous dire que j'ai entendu votre cri du coeur [...]Vous avez montré que les jeunes du Québec sont prêts à se battre pour leur avenir. Vous êtes beaux à voir. » le ton de François Legault est paternaliste et il n'est pas certain qu'il convienne pour rejoindre ladite jeunesse. « C'est votre avenir qui est en jeu. [...]Je ne pourrais pas rester les bras croisés et continuer de regarder mes deux fils dans le yeux.», après le ton paternaliste, le clin d'oeil familial.  Décidément François Legault le fait exprès, il a tout faux. Après avoir évoqué nos cours d'eau et nos sols riches, il déclare: » Nos grandes rivières nous fournissent une énergie propre, abondante et abordable. Nos réserves de lithium nous donnent les moyens de prendre notre place dans le marché mondial des batteries (sic) et des véhicules électriques Nous avons tout ce qu'il faut pour être une référence mondiale en matière d'électrification de l'économie.
Électrifier l'économie(NDA, le gras de l'entretitre est dans le texte)
nos mères (on peut supposer que François Legault veut probablement parler de nos pères) se sont fait dire que la construction des grands barrages était impossible , mais ils l'ont fait. Ils avaient la mentalité qui doit aujourd'hui nous guider: celle des grands bâtisseurs , celle des visionnaires. La même mentalité qui est maintenant au coeur de notre plan d'électrifier l'économie du Québec ( on notera avec amusement le changement de registre de François Legault, il délaisse rapidement le barde un peu exalté du début,  n'est pas Charles de Gaulle au micro de Londres qui veut pour cela il faut du souffle et un certain sens de la grandeur, toutes choses qui manquent cruellement à François Legault) vite essoufflé , il revient rapidement à son  vrai registre d'homme d'affaires prêt à parcourir la planète afin de démarcher pour des piles au lithium (et non des batteries, ce qui est un anglicisme, Bonjour Hy, François) au lithium.  



Parions que la majorité des jeunes Québécois ne se sentiront pas mobilisés par cet appel et qu'ils sont beaucoup plus en mode décroissance. Quand nos Premiers ministres s'affranchiront-ils de cette image voulant qu'un «vrai» premier ministre québécois dit associer son nom à un projet hydro électrique. 

Après son pitch de vente de l'hydro-électricité québécoise ,François Legault revient au racolage qui caractérise les premières lignes dessin texte: «N'ayez pas peur (tiens le voilà qui se prend pour Jean-Paul II) de vos convictions soyez fiers de votre passion. C'est avec beaucoup d'espoir quelle vous regarde marcher pour notre avenir . Et c'et avec beaucoup d'espoir que je vous regarde marcher et que je vous propose de nous aider à bâtir un Québec plus prospère, plus vert et plus fier. » Jeunes marcheurs pour le climat et Chambres de commerce, même combat, François Legault se voit en artisan de synthèses audacieuses et instables,  libre à lui de d'imaginer  Greta Thunberg Pierre Fitzgibbon, luttant côte à côte pour le salut de la planète.  Que quelqu'un le réveille de cet accès de jeunisme climato alarmiste. 

Sunday, September 29, 2019

Les amours de Jacques Chirac

Le 26 septembre, Jacques Chirac s'est éteint paisiblement à l'âge de 86 ans. Il a été salué, comme il se devait, comme une grande figure de la politique française, La question étant est-ce un vrai Grand ou un Grand parce qu'il fut d'abord entouré de Pygmées, il est facile d'apparaître «grand » si on veut le comparer à Nicolas Sarkozy, François Hollande et Emmanuel Macron, il est possible d'ajouter à cette liste Valéry Giscard d'Estaing, ne demeure finalement des présidents de la Ve République que Charles de Gaulle (et encore, il faut fermer les yeux sur l'abandon de l'Algérie).



La presse québécoise a souligné son amitié pour le Québec (Jacques Chirac, un grand ami du Québec,Le Devoir, 26 septembre), Jean Charest a profité de l'occasion pour jouer à la grenouille se prenant pour le boeuf en rappelant le souvenir de quelques rencontres entre lui et l'ancien président français. Il aurait ainsi reçu Jacques Chirac à une résidence qu'il louait à North-Hatley(en 2003): «[...] Michèle et moi on en garde un très bon souvenir. Il était arrivé à 18h30 et il était reparti à 1h du matin. On avait eu une soirée inoubliable » (Mort de Jacques Chirac: Chrétien, Mulroney et Charest se confient, La Presse, 26 septembre) Va pour le témoignage de Jean Charest sur la « soirée inoubliable », c'est le témoignage de Jacques Chirac qui nous intéresse, le décès de Jacques Chirac nous en prive malheureusement, qui se ressemble s 'assemble, les deux hommes ont peut-être disserté sur leurs casseroles (les « affaires » du Français et le système de corruption-collusion que le Parti libéral du Québec mettait en place sur le Québec.
Pour Jean Chrétien et d'autres, une partie de la grandeur de Jacques Chirac tient au fait qu'il s'est opposé à une intervention française en Irak aux côtés des États-Unis de George W. Bush , guerre à laquelle leCanada alors dirigé par Jean Chrétien a aussi refusé de participer. Par une curieuse logique (un peu égocentrique) Jean Chrétien reconnaît moins ,la volonté chiraquienne de préserver la souveraineté française et le souci d'éviter de plonger la France dans les affres  d'un conflit dans les sables mouvants du Moyen-Orient. Non, Jacques Chirac est grand homme parce qu'il pensait comme Jean Chrétien.
La couverture de la vie politique française de la presse québécoise se limite souvent à reprendre les communiqués de l'Agence France-Presse (AFP). Les journalistes et chroniqueurs québécois sont, règle générale peu intéressés par la vie politique française, on saluera ici les notables exceptions que sont Mathieu Bock-Côté (au Journal de Montréal) et Christian Rioux (au Devoir). La couverture de presse du décès de Jacques Chirac souligne avec insistance le refus de ce dernier d'associer la France l'aventure américaine en Irak. Facile de conclure à la lecture de cette presse superficielle que l'oeuvre politique se résume toute entière à ce refus de suivre les Américains dans ce qui sera, nous le savons aujourd'hui une «guerre sale». Jacques Chirac n'aura pas toujours été aussi visionnaire, deux de ces décisions ne seront probablement pas soulignées bien que l'une et l'autre pèsent plus lourdement sur le destin de la France qu'une aventure militaire en Irak.  Pour mémoire, en janvier 1975, Jacques Chirac, alors Premier ministre de Valéry Giscard d'Estaing, fait adopter la Loi Veil sur l'interruption volontaire de grossesse, nul doute que les probables quelques millions de petits Français portés manquants en raison de cette mesure ne fassent plus mal à la France que les soldats qui ne seraient pas revenus d'Irak. Autre mesure chiraquienne bien oubliée tant elle semble entrée dans les moeurs en France, l'adoption en avril 1976 de la Loi sur le regroupement familial. Les journalistes oublient aussi de rappeler que le « grand démocrate » qu'était Jacques Chirac avait refusé de débattre avec Jean-Marie Le Pen entre les deux tours de l'élection présidentielles de 2002. Plus récemment avec le traité constitutionnel de 2005, tourne le dos à l'Europe des nations et il semble donner des gages à une Europe supranationale sous influence américano-germaine. 
Une question; Jacques Chirac nous dit-on aimait le Québec, mais aimait-il la France?