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Sunday, May 1, 2022

Et le Canada, Monsieur Rioux?

 

Le chroniqueur du Devoir, Christian Rioux, commente le résultat du deuxième tour des élections française. Il soulève une fort judicieuse question: «Mais il y a plus grave. La réélection d’Emmanuel Macron pose la question fondamentale de l’alternance politique. Que vaut en effet une démocratie sans possibilité d’alternance, comme semble l’être devenue la France? (Changer de peuple?, Le Devoir, 29 avril). Plus qu’appropriée pour la France d’Emmanuel Macron, la question pourrait-elle se poser dans le Canada de Justin Trudeau depuis le «coup d’État » du mois de mars 2022 . qui a vu le Parti libéral du Canada(PLQ) associer le Nouveau Parti démocratique(NPD) à la gouvernance du Canada?  Au moment de la signature de l’accord, Justin Trudeau nous expliquait doctement qu’il ne s’agissait pas d’une coalition car il n’y aurait pas de ministres néo-démocrates. Nous savons qu’il n’y aura pas d’alternance avant 2025, libéraux et néo-démocrates se donnant, au mépris des intentions des Canadiens, une confortable majorité aux Communes. Ni les libéraux, ni les néo-démocrates ne tiennent à se présenter devant le peuple. L’alliance PLQ\NPD n’a pas fait de vagues; des Canadiens apathiques, tel des vaches regardant passer le train, ont été témoins de ce déni de démocratie sans avoir de réactions. Devant cet état de fait, les Canadiens pourront se demander à quoi servent les élections et, s’il est toujours pertinent de voter, si leurs votes a une quelconque valeur s’il suffit d’un accord parlementaire pour confisquer et détourner le résultat d’une élection coast to coast. Christian Rioux conclut sa chronique en citant Bertold Brech: «puisque le peuple vote contre le gouvernement, il faut dissoudre le peuple», devant la situation canadienne, qu’est-ce que Brecht pourrait écrire? Pour revenir à la question initiale de Rioux, que vaut aujourd’hui la démocratie canadienne?
 

 
 

Friday, April 15, 2022

Marine, visionnaire

 



Les électeurs français feront-ils le 24 avril prochain, de Marine Le Pen leur présidente.  Ceux qui se souviendront que; gouverner, c‘est prévoir, seraient bien avisés de le faire. Bien avisés car la présidente du Rassemblement national est, de toute évidence,
capable d’articuler une réflexion géopolitique d’intérêt.
 

 

«La candidate d’extrême droite à l’élection présidentielle française Marine Le Pen a plaidé mercredi pour un rapprochement stratégique entre l’OTAN et la Russie», «dès que la guerre russo-ukrainienne sera achevée et aura été réglée par un traité de paix». «C’est l’intérêt de la France et de l’Europe, mais aussi je crois des États-Unis qui n’ont […] aucun intérêt à voir émerger une étroite union sino-russe» a estimé la candidate du Rassemblement national (RN), lors d’un point de presse sur la diplomatie à Paris.» (Le Pen prône un «rapprochement stratégique» avec Moscou après la guerre, Radio-Canada, 14 avril).

la proposition de ce rapprochement avec la Russie afin d’éloigner le spectre d’une «étroite union sino-russe» montre que Marine Le Pen est capable de «voir loin» et de «penser haut», ils s’en trouvera probablement plusieurs pour y voir la proposition d’une femme inféodée au président Vladimir Poutine, il est significatif que l’article de Radio-Canada soit illustré par une photographie datant de 2017 et montrant Marine Le Pen serrant la main de Vladimir Poutine au Kremlin, article qui ne manque d’ailleurs pas non plus de rappeler le prêt de neuf millions d’euros consentis par une banque russe au RN en 2014 .
 

 

Il faut saluer chez une femme qui serait ainsi «tenue», la capacité à développer une telle vision géostratégique. Voir et souhaiter répondre à la montée en puissance de la Chine au-delà de la guerre russo-ukrainienne, cela démontre que Marine Le Pen est capable de marcher et de mâcher de la gomme en même temps.

Friday, February 18, 2022

Victoire Islamiste

 



«Neuf ans après le début de l’intervention militaire pour contenir la menace djihadiste dans le pays, Paris se retrouve dans une quasi impasse. Un retrait progressif est sans doute inéluctable, mais il ne peut se faire à n’importe quel prix.» (la France au Mali: le grand ensablement , L’Obs, 11 février).
D’inéluctable le 11 février, le retrait des troupes françaises du Mali est désormais une réalité. Le président Macron déclarant: «la France va progressivement quitter le Mali.»Nous ne pouvons pas rester engagés militairement aux côtés d’autorités de fait dont nous ne partageons ni la stratégie ni les objectifs cachés» (Retrait de la France au Mali: (Ce que l’on sait et ce que l’on ne sait pas encore, Huffpost. 17 février). 
 

 
 
 Impossible de ne pas considérer ce retrait comme une victoire islamiste. Le prix de l’opération est connu, l’opération Barkhane aura coûté la vie à 53 militaires français. La France, le Canada (les Forces armées canadiennes ont mené trois opérations de soutien aérien à l’Opération Barkhane) et leurs partenaires européens (Allemagne, Belgique, Danemark, Estonie, Lituanie,Norvège, Pays-Bas, Portugal, Suède, Roumanie, Royaume-uni) entendent demeurer engagés dans la région du Sahel.Pour l’heure, la France et ses alliés n’abandonnent pas le Sahel aux islamistes, mais il est difficile de ne pas considérer le retrait du Mali comme une victoire islamiste.

Saturday, October 31, 2020

Le poisson pourrit ...

 



...par la tête. Ce vieil adage romain est toujours d'actualité. C'est la conclusion qui s'impose à la lecture d'une déclaration récente de l'ambassadeur français en Suède:»Un nouveau pas vient d'être franchi dans la dhimmitude de notre pays baptisé, jusque-là , la fille ainée de l'Église. Lors d'une émission télévisée , un journaliste de la chaîne suédoise SVT interrogeait Étienne de Gonneville sur le risque que la situation tourne au conflit dans ce contexte tendu entre le monde arabe et notre pays. Et l'ambassadeur de France en Suède d'affirmer, benoîtement:» «Tout d'abord, la France est un pays musulman. L'Islam est la deuxième religion de France. Nous avons entre quatre et huit millions de citoyens français qui ont un héritage musulman.» («La France est un pays musulman», dit-il, Boulevard Voltaire, 29 octobre). Difficile d'aller plus loin dans la veulerie; voilà un ambassadeur qui assure ses arrières et pose dès maintenant sa candidature à un poste d'ambassadeur de la République islamique de France; République qui ne devrait pas à voir le jour dans la logique d'Étienne de Gonneville. Combien de haut fonctionnaires français partagent cette conviction. on songera qu'»un, c'est déjà un de trop de trop NDA», l'héritage historique de la France est bien mal défendu par un tel homme, car :» Non, la France n'est évidemment pas un pays musulman et l'héritage de notre pays est avant tout antique (gréco-romainNDA) et judéo-chrétien,[...] «Certes, l'Islam est devenu la deuxième religion, avec huit millions de musulmans dans notre pays,[...] 38 millions de Français se considèrent encore chrétiens dans notre pays pourtant déchristianisé.»




Pour éviter qu'un jour un délégué du Québec ne profère une telle ineptie; il faut se montrer particulièrement attentif à l'immigration que nous recevons afin que l'Islam ne soit jamais la deuxième religion chez nous. Le Québec jusqu'à nouvel ordre demeure une terre  culturellement et spirituellement héritière d'Athènes, de Rome et de Jérusalem. La Mecque n'a jamais figuré dans notre ADN.

Sunday, September 29, 2019

Les amours de Jacques Chirac

Le 26 septembre, Jacques Chirac s'est éteint paisiblement à l'âge de 86 ans. Il a été salué, comme il se devait, comme une grande figure de la politique française, La question étant est-ce un vrai Grand ou un Grand parce qu'il fut d'abord entouré de Pygmées, il est facile d'apparaître «grand » si on veut le comparer à Nicolas Sarkozy, François Hollande et Emmanuel Macron, il est possible d'ajouter à cette liste Valéry Giscard d'Estaing, ne demeure finalement des présidents de la Ve République que Charles de Gaulle (et encore, il faut fermer les yeux sur l'abandon de l'Algérie).



La presse québécoise a souligné son amitié pour le Québec (Jacques Chirac, un grand ami du Québec,Le Devoir, 26 septembre), Jean Charest a profité de l'occasion pour jouer à la grenouille se prenant pour le boeuf en rappelant le souvenir de quelques rencontres entre lui et l'ancien président français. Il aurait ainsi reçu Jacques Chirac à une résidence qu'il louait à North-Hatley(en 2003): «[...] Michèle et moi on en garde un très bon souvenir. Il était arrivé à 18h30 et il était reparti à 1h du matin. On avait eu une soirée inoubliable » (Mort de Jacques Chirac: Chrétien, Mulroney et Charest se confient, La Presse, 26 septembre) Va pour le témoignage de Jean Charest sur la « soirée inoubliable », c'est le témoignage de Jacques Chirac qui nous intéresse, le décès de Jacques Chirac nous en prive malheureusement, qui se ressemble s 'assemble, les deux hommes ont peut-être disserté sur leurs casseroles (les « affaires » du Français et le système de corruption-collusion que le Parti libéral du Québec mettait en place sur le Québec.
Pour Jean Chrétien et d'autres, une partie de la grandeur de Jacques Chirac tient au fait qu'il s'est opposé à une intervention française en Irak aux côtés des États-Unis de George W. Bush , guerre à laquelle leCanada alors dirigé par Jean Chrétien a aussi refusé de participer. Par une curieuse logique (un peu égocentrique) Jean Chrétien reconnaît moins ,la volonté chiraquienne de préserver la souveraineté française et le souci d'éviter de plonger la France dans les affres  d'un conflit dans les sables mouvants du Moyen-Orient. Non, Jacques Chirac est grand homme parce qu'il pensait comme Jean Chrétien.
La couverture de la vie politique française de la presse québécoise se limite souvent à reprendre les communiqués de l'Agence France-Presse (AFP). Les journalistes et chroniqueurs québécois sont, règle générale peu intéressés par la vie politique française, on saluera ici les notables exceptions que sont Mathieu Bock-Côté (au Journal de Montréal) et Christian Rioux (au Devoir). La couverture de presse du décès de Jacques Chirac souligne avec insistance le refus de ce dernier d'associer la France l'aventure américaine en Irak. Facile de conclure à la lecture de cette presse superficielle que l'oeuvre politique se résume toute entière à ce refus de suivre les Américains dans ce qui sera, nous le savons aujourd'hui une «guerre sale». Jacques Chirac n'aura pas toujours été aussi visionnaire, deux de ces décisions ne seront probablement pas soulignées bien que l'une et l'autre pèsent plus lourdement sur le destin de la France qu'une aventure militaire en Irak.  Pour mémoire, en janvier 1975, Jacques Chirac, alors Premier ministre de Valéry Giscard d'Estaing, fait adopter la Loi Veil sur l'interruption volontaire de grossesse, nul doute que les probables quelques millions de petits Français portés manquants en raison de cette mesure ne fassent plus mal à la France que les soldats qui ne seraient pas revenus d'Irak. Autre mesure chiraquienne bien oubliée tant elle semble entrée dans les moeurs en France, l'adoption en avril 1976 de la Loi sur le regroupement familial. Les journalistes oublient aussi de rappeler que le « grand démocrate » qu'était Jacques Chirac avait refusé de débattre avec Jean-Marie Le Pen entre les deux tours de l'élection présidentielles de 2002. Plus récemment avec le traité constitutionnel de 2005, tourne le dos à l'Europe des nations et il semble donner des gages à une Europe supranationale sous influence américano-germaine. 
Une question; Jacques Chirac nous dit-on aimait le Québec, mais aimait-il la France?

Monday, August 19, 2019

Au temps béni des colonies



Les lecteurs de ce blogue ont probablement déjà eu l'occasion d'entendre déjà la chanson de Michel Sardou, Au temps béni des colonies, souvenons-nous de certaines paroles de la chanson: «Y pas de caf? pas de coton, pas d'essence. En France , mais des idées ça on a. Nous on pense... »   Emmanuel Macron est de ceux   qui ont  des idées et qui pensent. Dernière trouvaille en date afin de rendre hommage aux soldats africains débarqués en Provence, le 15 août 1944, dans le cadre de l'opération Anvil, opération occultée par le débarquement de Normandie , l'opération Anvil fut un succès largement attribuable à l'armée d'Afrique, armée française qui n'a jamais eu la cote des autorités gaullistes et post gaullistes parce que protégée par le gouvernement de l'État français et dirigée des généraux de sympathies plutôt pétainistes comme Jean De Lattre de Tassigny et Alphonse  Juin (futurs Maréchaux de France). Accompagné par les présidents guinéen et ivoirien,  le président Macron a déclaré à l'occasion du 75e anniversaire du débarquement de Provence: « Ils étaient des Français d'Afrique du Nord, pieds noirs , tirailleurs algériens, marocains, tunisiens, zouaves, spahis, goumiers, tirailleurs que l'on appelait sénégalais mais qui venait en fait de toute l'Afrique subsaharienne, et parmi eux des Guinéens, des Ivoiriens »( Débarquement en Provence: Macron souhaite des rues aux noms de combattants africains, Le Parisien, 15 août).  
 
 
 
Macron ne pouvait se contenter d'une opération politique entouré des présidents guinéen et ivoirien. Dans l'un de ses discours ampoulé dont il a le secret, il affirme: «Ces combattants africains , pendant nombre de décennies, n'ont pas eu la gloire et l'estime que leur bravoure justifiait. La France a une part d'Afrique en elle . Et sur ce sol de Provence , cette part fut celle du sang versé. [...] ils ont fait l'honneur et la grandeur de la France Mais qui se souvient aujourd'hui de leur nom , de leur visage?[...] Ils sont des milliers à s'être sacrifiés pour défendre une terre lointaine, une terre souvent inconnue , une terre jusqu'alors  jamais foulée , une terre à laquelle ils ont à jamais mêlé leur sang. ».  Discours dont les excès même appelle certains commentaires, Les libérateurs africains d'Emmanuel Macron ne se trouvaient pas sur les plages de Provence comme Africains, mais comme membres des troupes coloniales françaises, l'Afrique n'ayant joué qu'un rôle marginal dans le dernier conflit mondial.  Il serait heureux qu'Emmanuel Macron précise la « part africaine» dans le Grand siècle.  Il serait heureux et utile que « la contribution africaine à l'honneur et la grandeur de la France » soit précisée par l'occupant actuel de l'Élysée. Pas un mot non plus sur ceux venus défendre une « terre jusqu'alors jamais foulée », silence sur l'invasion de la France par l'Afrique subsaharienne, par les descendants des libérateurs de 1944. Emmanuel Macron n'est pas le premier président français trouver des apports insoupçonnés à l'histoire et à la civilisation française. Jacques Chirac l'avait précédé sur cette vie pavée de mauvaises interprétations, n'affirmait-il pas, en 1996, à Amman: »Nous vivons une communauté d'histoire, qui depuis toujours témoigne d'un enrichissement mutuel. N'oublions pas tout ce que l'Europe de la Renaissance et des Temps modernes, marquée par la Bible, la Grèce, Rome, doit aussi à l'apport de la brillante civilisation arabo-islamique.
 
 
 
- La médecine, les mathématiques et l'astronomie, la musique, l'architecture, la littérature ou la philosophie en portent la très forte empreinte. Il est peu de domaines où l'esprit de votre civilisation n'ait enrichi l'Europe. Par l'Espagne, la France et l'Italie, cet apport aura été l'un des ferments de la Renaissance. » Malgré ces exhortations de deux présidents, nous préférons demeurer fidèles à la part française de la France en n'oubliant pas l'avertissement de l'Action française voulant que « la République en France soit le règne de l'étranger. »

Friday, May 31, 2019

Une guerre de cent ans


Après l'attentat de Lyon, le  24 mai dernier, les Français et les Occidentaux sont en droit de se demander quand ils en auront fini avec l'État islamique .  
Le responsable de l'attentat de Lyon ayant déclaré avoir fait allégeance  à l'État islamique (Colis piégé à Lyon: le suspect avait prêté allégeance au groupe EI, Le Devoir, 30 mai).
 
 

La fin de l'État islamique a été annoncé triomphalement, et prématurément, par les Forces démocratiques syriennes ont annoncé la « totale élimination du soi-disant califat « alors qu'elles brisaient la résistance des dernières défenses de l'État islamique dans le village de Baghouz » (Trump et la Force djihadiste annoncent la fin de l'État islamique en Syrie, Le Figaro, 23 mars). Annonce reprise par Donald Trump et Emmanuel Macron.  Probablement trop heureux d'avoir réduit la manifestation la plus visible de l'islamisme radical.Trop heureux d'annoncer la « fin » de l'État islamique. Le président américain surtout semble ramener la lutte contre l'État islamique en Syrie à des affrontements de la Seconde guerre mondiale (toujours se demander si l'on est en retard d'une guerre, ce qui est le cas ici). Les combats de Syrie ne relèvent pas de la guerre conventionnelle, il s'agit d'une guerre idéologique, l'éradication de l'État islamique de la zone qu'il avait proclamé être le califat n'est qu'une étape de la guerre entre l'islamisme radical et l'Occident. Nous ne sommes peut-être pas engagés dans une Guerre de cent ans, mais il est certain que cette guerre n'a pas pris fin avec la phase syrienne de ce conflit et que nous vivrons encore quelques années avec la crainte d'autres attentats islamistes. Entrés en dormance l'État islamique se transformera et essaimera en métastates, prenant probablement la forme de  réseaux islamistes radicaux ou même d'individus radicalisées.Il encouragera un « terrorisme du pauvre » (attentats individuels, camion-béliers, etc.)  qu'il avait mis de l'avant en parallèle avec sa phase syrienne. 

Un cran au dessus de ce « terrorisme du pauvre », il ne faut pas pas oublier un groupe comme Boko Haram qui lui aussi recherche une implantation territoriale au Nigéria et se décrit lui aussi comme un califat et le terrorisme qui secoue le Sri Lanka. L'éradication de l'État islamique de ses bastions syriens ne doit pas faire illusion, pour paraphraser le général de Gaulle, l'Occident a gagné une bataille, mais il n'a pas gagné la guerre.