Wednesday, December 12, 2018

Enseignement de l'histoire: priorités et distractions


Heidi Berger milite pour que les élèves québécois du secondaire suivent une formation obligatoire sur le génocide durant leur scolarité. Elle a amorcé sa campagne, il y a deux ans et elle a été rejointe récemment par Rima Elkouri qui dans un article au titre accrocheur (« C'est qui, Hitler?, La Presse , 9 décembre) fait écho à la demande de Madame Berger. Selon Rima Elkouri, Madame Berger a constaté qu'il était possible de compléter son cours secondaire sans savoir qui est Hitler, sans savoir ce qu'est l'Holocauste, sans avoir appris quoi que ce soit sur les génocides qui se produisent encore aujourd'hui.Il faudrait aussi se demander combien d'élèves du secondaire complètent leur secondaire sans savoir qui sont Paul de Maisonneuve, Louis Joliet et le marquis de Montcalm.
 
 
 
 L' enseignement de l'histoire doit être valorisé, mais l'article de Rima Elkouri et la campagne de d'Heidi Berger doivent être mis en perspective.  Pourquoi titrer « C'est qui Hitler? » et non pas « C'est qui Staline? ou c'est qui Pol Pot? », pourquoi parler de l'Holocauste, celui avec le « H » majuscule, l'horreur industrielle a été inventé au Goulag bien avant les horreurs nazies. Lors de ses conférences au élèves du secondaire , Heidi Berger montre un témoignage vidéo de sa mère , elle entretient les élèves de racisme, de haine et d'intolérance, « Elle leur montre des photos de pancartes antisémites qu'elle se rappelle avoir elle-même vues au moins jusqu'à la fin des années 50 à Sainte-Agathe, ou elle a grandi. Des pancartes qui disaient « No Jews. No Dogs. »( Pas de juifs. Pas de chiens ), il y avait un antisémitisme terrible. Mes frères étaient toujours appelés «les sales Juifs « .  Ils faisaient toujours l'objet d'intimidation». 
 
 
 
Il faut noter qu'Heidi Berger nous parle de la fin des années 1950, sans rien dire de la situation actuelle ,  qu'en est-il de cette situation aujourd'hui à Sainte-Agathe, plus d'un demi-siècle plus tard? Si la situation a changé, tout ce que font Mmes Elkouri et Verger relèvent  de la culpabilisation et du salissage, voyez ce «Québec profond», ce Québec des régions, toujours aux prises avec ses démons racistes. Un Québec profond, auquel il faudrait probablement préférer  le diversifié et inclusif arrondissement Cote-des Neiges, arrondissement dont le conseiller de ville Lionel Perez, récemment promu chef d'Ensemble Montréal et par le fait même chef de l'Opposition officielle à l'hôtel de ville de Montréal, début novembre, Perez a suggéré, avec l'appui de la fondation d'Heidi Berger, que les écoles montréalaises inscrivent à leurs programmes un cours sur les génocides. Montréal serait ainsi sauvé.  Dans le contexte actuel, il faut craindre que ce cours ne serve en définitive qu'à culpabiliser les Québécois francophones, premier génocide à étudier, celui des autochtones, génocide dont nous ne sommes pas responsables, Le rêve de Champlain allait dans une toute autre direction et le fondateur de Québec rêvait plus à une fusion de la civilisation française-catholique et de la culture autochtone qu'à un génocide, le génocide fabulé d'Heidi Berger complétera et s'appuiera sur les fables des « territoires autochtones non-cédés », deuxième station sur ce chemin de croix de notre nation, la condamnation des mesures visant à abaisser les seuils d'immigration au Québec et au Canada, si nous réclamons moins d'immigrants, c'est que nous sommes racistes et intolérants. Nos efforts devraient porter sur l'enseignement de l'histoire nationale du Québec français, n'avons nous pas assez de difficultés avec cette dernière sans ajouter des distractions au parcours.

Wednesday, December 5, 2018

Alma Mother


La nouvelle est navrante.  La Presse nous apprend qu'un cours à la Faculté des études supérieures et post doctorales  de l'Université de Montréal a été donné en anglais.  (Le français à l''UdeM:  une « biliguisation » inquiétante, dit le PQ. », La Presse, 4 décembre), en fait c'est moins le PQ qui a réagi que Catherine Fournier, députée de Marie-Victorin.  Cette dernière réagissait à la publication dans La Presse du même jour d'une lettre publiée en Opinion: » Le recul du Français à l'Université de Montréal », sous la signature de Stéphanie Codsi, étudiante à la maîtrise en physique.  L'étudiante réagissait à une situation vécue, un de ses cours magistraux a été entièrement donné en anglais car deux étudiants unilingues anglophones de McGill y étaient inscrits en échange universitaire.  L'étudiante déclare, « Alors durant tout un trimestre , L'Université de Montréal une université francophone du Québec a donné un cours en anglais à une majorité d'étudiants francophones. »  Elle ajoute que le manuel était en anglais et que les notes de cours elles étaient en anglais et en français , la version française était bourrée de fautes et de surcroit n'était pas à jour.  Survenant quelques jours après la demande d'un comité d'historiens mandaté par English Montreal School Board  afin de retirer le manuel d'enseignement de l'histoire en secondaire III et IV car trop axé sur les expériences historiques du groupe ethnique\linguistique \culturel des Québécois francophones.  Difficile après de telles demandes de ne pas croire que le Québec n'est pas une Pays de Cocagne pour les Anglophones du Québec.  
 
 
 
Il faut saluer  la jeune députée de Marie-Victorin pour sa réaction rapide et Manon Massé doutée de Québec Solidaire déclarant: »C'est inacceptable.  Commentant l'affaire, Hélène David ex-ministre libérale de l'Enseignement supérieur déclare, elle: » il faut être vigilant dans ce genre de situation. Je pense que l'équilibre aurait pu être plus heureux qu'enseigner juste en anglais. L'effort aurait pu être des deux côtés» Son « équilibre » ce n'est toujours que du bilinguisme et « comme effort des deux côtés, il y a fort à craindre que nous n'attendions encore dans un siècle, il faut être deux pour danser. Au moment d'écrire ses lignes, pas de réactions de Jean-François Roberge, ministre de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur, trop occupé probablement à trouver des locaux et des enseignants pour les « maternelles 4 ans ».

Saturday, December 1, 2018

Pétard mouillé et fausse représentation



Télé-Québec avait annoncé la diffusion d 'un documentaire sur l'extrême -droite au Québec, documentaire intitulé La Bombe. Il y a eu diffusion d'une émission (il est impossible de parler de documentaire) qui aurait mieux convenu à la grille de Canal-Vie, émission portant essentiellement sur la trajectoire de Maxime Fiset, présenté comme un néo-nazi repenti reconverti dans la déradicalisation avec témoignage de la mère de Fiset pour ajouter un peu de human interest à l'émission et témoignage d'un enseignant en histoire de Fiset au secondaire, venant affirmer qu'il ne reconnaissait pas son ancien élève. L'extrême-droite au Québec se résumant pour le réalisateur de l'émission, Gabriel Allard Gagnon, et Télé-Québec à Maxime Fiset. L'auditeur n'aura rien appris sur l'histoire de l'extrême-droite québécoise ou sa sociologie, Maxime Fiset n'en connaissant visiblement rien, nous devons demeurer notre faim.  La Déradicalisation de ce dernier apparaît comme sa rédemption et son assomption, assomption, car il ne porte plus à terre en étant devenu une vedette médiatique. 
 
 
 
L'auditeur moyen aura conclu après quelques minutes d'écoute que Maxime Fiset est un un individu perturbé qui a besoin d'aide, il dit avoir été victime d'intimidation au secondaire et s'être toujours vu comme un marginal (dans une séquence il s'identifie à Alexandre Bissonnette lors de son interrogatoire, la séquence ou il fantasme sur la bombe qu'il comptait fabriquer et qui donne son titre à l'émission, bombe qu'il souhaitait faire exploser lors de la Fête du Canada car il s'agit d'une fête multiculturelle). Maxime Fiset avait moins besoin d'être déradicalisé que d'un bon suivi psychologique, Fiset est quelqu'un qui a visiblement besoin d'aide, ceux qui l'ont pris en mains et le manipulent en le promenant de plateau de télévision en plateau de télévision, son mentor semble être Benjamin Ducol, responsable de la recherche  au Centre de déradicalisation, ne l'aide pas il est ainsi apparu entre autres à Second regard et à Deux hommes en or, à ce chapitre, il faut écouter l'entrevue accordée à Sophie Durocher pour constater la confusion qui règne chez Maxime Fiset (QUB, Sophie Durocher, Maxime Fiset) Ces nouveaux amis et manipulateurs flattent peut-être sa mégalomanie (il déclare à un moment donné, « J'ai créé la Fédération des Québécois de souche (FQS)», «J'ai rempli un vide »,-en créant la FQS-, puis« Je me voyais comme un leader idéologique »,), mais il est douteux qu'il se soucie beaucoup de Maxime Fiset, l'individu. Ils devraient le laisser s'occuper de sa petite fille et de la mère de cette dernière. Documentaire sur l'extrême-droite au Québec, donné par un jeune trentenaire vaguement mégalomane dont la formation ne semble pas avoir dépassé le secondaire V et un cours d'électricien (honorable profession par ailleurs), il mentionne rapidement un retour aux études à l'Université Laval sans plus de précision. Il est vrai qu'il a fait un travail et un exposé sur le programme en 25 points du NSDAP en secondaire V, devant autant de science, nous ne pouvons guère que nous incliner, curriculum vitae qui ne donne aucun droit de s'auto-proclamer ou de se laisser proclamer « spécialiste de l'extrême-droite », l'auditeur devra se passer d'un véritable historique de l'extrême-droite au Québec, mais il aura droit à un bref et facile parallèle avec Donald Trump et en début d'émission de brèves images d'Adolf Hitler et d'une croix enflammée (il ne sera à aucun moment, mention du Ku Klux Klan dans l'émission, mais il s'agit de faire peur à l'auditeur, pas de le faire réfléchir). Il est vrai que Maxime Fiset prétend avoir lu Mein Kampf et The Turner Diaries, à mettre au compte de sa mégalomanie, lors de la préparation de sa bombe, Maxime Fiset se voyait en Timothy Mac Veigh , le responsable de l'attentat meurtrier d'Oklahoma, Fiset, encore sa mégalomanie, se voyait écrire les Carnets de Fiset. 
 
 
 
L'émission ouvre fort avec un amalgame entre nationalisme (Maxime Fiset viendrait d'une famille fortement nationaliste, sa mère affirme qu'elle ne voulait qu'il naisse le 1er juillet car c'est la fête de la Confédération et déclare adorer Ti-Poil, René Lévesque, Maxime Fiset est décidément né sous des jupons bien nationalistes) et racisme, c'est d'ailleurs le premier chapitre de l'émission, aucun des deux termes n'étant défini d'ailleurs, l'amalgame s'avérant constant tout au long de l'émission, le réalisateur  accompagne une manifestation de la Meute et de Storm Alliance (manifestation du 27 novembre 2017 à Québec contre le gouvernement Couillard), la réalisation insiste d'ailleurs sur la forêt de fleurdelisés et de drapeaux des Patriotes, une image valant mille mots, l'auditeur ne peut que sortir convaincu que le nationalisme québécois est nécessairement raciste, puisque les deux organisations sont elle-mêmes suspectées de racisme par Maxime Fiset. Sans grande surprise, l'extrême-droite au Québec est constitué des groupes déjà connus, les usual suspects étant La Meute, Storm Alliance et, pour faire bonne mesure, Atalante, les deux premiers se présentant comme des groupes citoyens.  Maxime Fiset qualifie aussi la Fédération des Québécois de souche (FQS) d'extrême-droite. Personne ne juge bon de nous expliquer pourquoi personne ne vient à la caméra nous présenter Atalante et la FQS, nous devons nous contenter de la parole de Maxime Fiset. Hypothèse personnelle n'a voulu risquer l'ostracisme personnel et professionnel ou même des violences physiques du fait des Antifas. Ces choses ne peuvent se passer chez, nous vivons en démocratie et dans une société de droit, nous avons le droit d'exprimer nos opinions, sans crainte de représailles. Ayant ouvert fort, l'émission se ferme aussi fort, la conclusion est que la Coalition Avenir Québec (CAQ) n'est pas un parti d'extrême-droite après avoir affirmé que les 40 000 Loups de La Meute ont hurlé de plaisir au soir du 1er octobre Les efforts de François Legault pour prendre ses distances avec La Meute sont visiblement passés inaperçus pour Maxime Fiset. Puisque nous sommes dans un société de droits, un huissier mandaté par l'avocat de la CAQ aurait dû au lendemain de la diffusion de l'émission déposé à la résidence de Maxime Fiset, à celle du réalisateur et au siège social de Télé-Québec, une poursuite au civil pour en diffamation. 

Wednesday, November 28, 2018

In English please


Hydro-Québec enverra désormais des factures unilingues anglophones aux 4000 000 consommateurs qui en ont fait la demande.  Hydro-Québec envoyait des factures bilingues è ses clients depuis 25 ans.  Le porte-parole de la société d'État, Louis-olivier Batty affirme qu'Hydro a réalisé un sondage auprès de 1 141 personnes et que « 52 % des répondants ont dit que c'était parfait d'avoir une facture unilingue anglaise pour ceux qui parlent anglais. » (Hydro-Québec: 400 000 factures in English only, Journal de Montréal, 22 novembre). Nouvelle d'autant plus choquante qu'elle survient quelques jours après l'annonce de la suppression du commissariat aux services en français et du projet d'université francophone aux Franco-Ontariens, il ne devrait y avoir qu'une seule politique possible, la facture d'hydro-Québec n'est pas un traité de philosophie et seules de factures en français devraient être acheminées aux clients anglophones ou « bilingues » de la société.  Québec français ne doit pas être une expression creuse.  Maxime Laporte du Mouvement Québec français déclare: « Ils sacrifient l'esprit de la Charte pour des raisons de marketing, pour des raisons d'expérience client. C'est tout à fait à condamner. On pense que tous les services de l'État et des sociétés publiques devraient être faits en français. Autrement , on nage en plein bilinguisme institutionnel. »
 
 
 
Le gouvernement Legault a là une belle occasion de manifester sa volonté identitaire sans se heurter aux Chartes  comme cela risque d'être le cas avec les signes religieux. La nouvelle politique d'Hydro-Québec devrait servir à réviser toutes les factures émises par le gouvernement du Québec et s'assurer qu'elles soient en français, le terme « Total » qui apparaît sur la plupart de ces factures est compréhensible même pour l'anglophone le plus mal intentionné qui doit bien savoir qu'il doit renouveler son immatriculation et son permis de conduire. 
À peu de frais et sans grand efforts, François Legault peut démonter à ses électeurs francophones qu'il est autre chose qu'un « nationaliste de papier »

Tuesday, November 27, 2018

Donnez un pied...


Il suffit de donner un pied aux progressistes pour qu'il veuillent immédiatement s'emparer d'une verge. Cette propension devient véritablement triste lorsqu'elle vient de « conservateurs » visiblement mal assumés.

Une modernisation du droit de la famille est dans l'air au Québec, la fameuse cause Éric c. Lola et des décisions plus récentes ont soulevé la question des droits des conjoints de fait ouvrant plus largement la question des enfants issus de ces unions. Enfants pour lesquels le Code civil du Québec est muet sauf pour la survie d'une obligation alimentaire pour ces enfants suite à la séparation de leurs parents conjoints de fait. Si la volonté de protéger les enfants de telles unions est légitime, 40% des couples québécois vivent en union de fait et plus de 60% des enfants québécois naissent ainsi hors-mariage, créant de ce fait deux catégories d'enfants au Québec.
 
 
 
La question a intéressé le notaire et professeur titulaire à la Faculté de droit de l'Université de Montréal Alain Roy qui a été le coprésident de la commission citoyenne ,créée et soutenue par la Chambre des notaires. Selon Radio-Canada (12 septembre):» Droit de la famille: le gouvernement a manqué de courage, dénonce un juriste », la commission citoyenne (commission citoyenne n'ayant aucun statut officiel) a entendu 150 personnes et organismes reçu 50 mémoires, Me Roy souhaite la réforme du droit de la famille, un droit qui n'a pas été réformé depuis une réforme du Code civil du Québec qui date de 1980. Une réforme qui selon lui ne répond plus « aux nombreuses configurations familiales qui cohabitent maintenant », il mentionne les famille en union de fait, les familles reconstituées, les couples ayant recours à la procréation assistée et toutes ces familles qui ne correspondent pas au modèle traditionnel « ne trouvent pas écho », on peut penser ici aux familles homosexuelles ou composées de membres transgenre. Me Roy sous des dehors sérieux, met de l'avant ses titre de notaire et de professeur d'université, mais se comporte surtout en contempteur de la famille traditionnelle composé d'un père, d'une mère et d'enfants, les formes de nuptialité peuvent varier, Mariages religieux ou civils, unions civiles ou union de fait, ce qui importe c'est la stabilité du couple et de la cellule familiale. Me Roy s'était prononcé pour la triparentalité au printemps dernier.
 
 
 Alors que le rapport de la commission citoyenne s'intéressaient au nouveaux rapports de conjuguait et les rapports économiques des ex-conjoints et de leurs enfants en cas de rupture, c'est visiblement à une toute autre lecture qu'en a faite  la nouvelle ministre de la Justice caquiste, Sonia LeBel.  Désireuse d'entamer la réforme du droit de la famille « sans se traîner les pieds », « une réforme du droit de la famille qui pourrait inclure remplacement des termes « mère » et « père »par l'appellation de parents (Sonia LeBel pourrait changer les termes « père «  et mère » pour « parents » dans la réforme du droit de la famille, Huff post édition Québec, 21 novembre),  selon elle, « Je sais, je conçois et je pense qu'il y a des choses qui font consensus » les Québécois ont voté pour la Coalition Avenir Québec (CAQ) dans l'espoir de cette réforme du droit de la famille.  la véritable raison de la mesure proposée par Sonia LeBel est plus prosaïque: »On parle de changer les mots « père » et mère «  pour le mot « parents » (...) pour aller avec la réalité familles homosexuelles ou les familles qui ont d'autres liens de filiation. » Avec l'élection de la CAQ, nous espérions avoir droit à une trêve de changements sociaux inspirés par l'idéologie libérale-libertaire (le projet farfelu et rapidement oublié de Manon Massé de remplacer remplacer le mot patrimoine par matrimoine). Faut-il considérer les caquistes comme des conservateurs honteux qui a défaut de principes continuerons sur le plan social de pratiquer la « politique du chien crevé au fil de l'eau » des libéraux désireux de satisfaire tous les lobbies marginaux.
 
 

Thursday, November 22, 2018

Une espèce en voie de disparition


Le fonctionnaire montréalais  non racisé appartient-il à une espèce en voie de disparition? On peut le croire à la lecture de « Minorités visibles et ethniques: augmentation des embauches à la Ville de Montréal (Journal de Montréal , 21 novembre). Dans la dernière année écoulée, la Ville de Montréal a embauché plus de pompiers, de cols bleus, de brigadiers scolaires, de professionnels scientifiques et cadres administratifs, des «emplois payants » comme aime à le dire François Legault qui échappe à des Québécois de souche. Dans un article probablement volontairement écrit pour conduire les lecteur vers des cul de sacs, article par ailleurs muet sur les embauches éventuelles de pompiers ou de cols bleus transgenre ou LBGTQ. La journaliste (Sarah Daoust-Braun) ne fournit que des pourcentages d'embauche, probablement à partir de données fournies par la Ville elle-même. Elle nous apprend que chez les pompiers le nombre d'embauche est monté de 9,3 % d'octobre 2017 à septembre 2018, alors que ce taux n'était que de  3% pour la même période l'année précédente (...).«Au total, plus de 30% des embauches dans la dernière année représentaient des personnes issus de ces groupes, soit 794 personnes sur 2 577, a précisé Josée Lapointe, directrice de la dotation, des talents et du développement organisationnel au Service des ressources humaines. (...) Madame Lapointe répondait au conseiller municipal Richard Deschamps qui aurait aimé que des chiffres relatifs à l'embauche, et pas seulement des pourcentages, soient indiqués pour mieux cerner cette augmentation.
 
 
 
Le conseiller municipal a raison, il serait préférable  que la Ville indique le nombre total de pompiers ou de cols bleus et le nombre de ces derniers issus des « minorités visibles et ethniques, les contribuables étant capables de calculer un pourcentage et de voir comment le pourcentage des Québécois de souche diminue dans la Fonction publique municipale. Il ne faut pas se lasser de répéter que l'embauche dans les Fonctions publiques (Municipale et provinciale) doit se faire uniquement par voie de concours et selon des critères de compétence et que cette embauche n'a pas pour but de refléter la «diversité" de la Ville.

Le début de la sagesse


Revenant sur sa défaite de 1er octobre, le Parti Québécois (PQ) commencerait-il à entendre raison. Les propos de Pascal Bérubé, député de Matane-Matapédia et chef par intérim du Parti  le laisse espérer.  Il affirme « Qu'il soit de droite , du centre ou de gauche, tout indépendantiste doit se sentir à la maison au Parti Québécois (Parti Québécois: appel à un virage à droite pour se rencentrer, Le Devoir, 19 novembre). Cette hospitalité nouvelle pourrait réjouir les hommes et les femmes de droite au Québec, mais l'invitation faite aussi aux indépendantistes du centre et de gauche pourrait donner l'impression aux indépendantistes de droite, que dans toute cette histoire, ils seront comme à l'habitude les cocus de l'histoire. Depuis les militants du Ralliement national du docteur René Jutras passé avec armes et bagages au Parti Québécois lors de la fusion avec le Mouvement Souveraineté-Association en 1968, les hommes de droite ayant rejoint le PQ ont du au fil des ans se faire à l'idée d'avaler des couleuvres. Ils peuvent chercher en vain une grande idée de droite devenue projet de loi puis adopté et transformé en mesure législative.  
 
 
 
 
 
La loi 101,  la Loi sur la protection du territoire agricole celle sur le financement des partis politiques ont peut-être des accents vaguement droitistes, mais la première après les charcutages de la Cour suprême apparaît aujourd'hui bien timide.  Il aura fallu une cuisante défaite pour ramener à la raison députés et responsables péquistes, pour l'heure ce ne sont encore que des mots, mais les constatations donnent espoir. « Les ex-députés Nicolas Marceau (Rousseau) et Alain Therrien ( Sanguinet) ont attribué, en partie,  la débâcle électorale aux tassements vers la gauche effectués par le PQ afin de favoriser une convergence avec Québec solidaire , puis pour séduire les sympathisants de QS. Ce faisant , le PQ s'est aliéné un grand nombre de centristes , à commencer par ceux penchant vers la droite, selon eux. « quand on a tendu la main à Québec solidaire . on a perdu beaucoup de gens qui étaient au centre et au centre-droit. Il y a des gens qui nous ont dit : « On n'accepte pas que vous vous rapprochiez autant de la gauche radicale que ça » a relaté M.Therrien. Un véritable virage à droite susciterait probablement les mêmes réactions chez les centristes du PQ, « on n'accepte pas que vous vous rapprochiez autant de la droite radicale ».  Le PQ a mis du temps à comprendre , en 2014 , Martin Lemay ancien député péquiste de la circonscription de Sainte-Marie Saint Jacques, dans son livre L'Union fatale: comment l'union entre la gauche et l mouvement indépendantiste compromet l'indépendance du Québec dénonçait déjà cette proximité que semblait rechercher l'establishment du PQ, avec la gauche québécoise.  La dénonciation n'a pas été entendu et le navire péquiste a continué à se diriger vers les récifs qu'il a rencontré au soir du 1er octobre.  Les propos de Pascal Bérubé, Nicolas Marceau et Alain Therrien demandent une lecture attentive.  Le titre de l'article du Devoir résume bien l'attitude du PQ, le virage a droite n'aurait que pour seule fin que de recentrer le parti. Alain Therrien est plus clair, « le PQ s'est aliéné un grand nombre de centristes à commencer par ceux penchant vers la droite », Alain Therrien n'a visiblement guère de sympathies pour les hommes et les femmes de droite, ils ne nous aime que centristes.» et, visiblement partisan de la thèse que Canadiens et Québécois tiennent à être gouverné au centre, il ne souhaite  que le retour des centristes de droite, que feront les nationalistes plus à droite? Se sentant ainsi désirés, il devraient demeurer à la maison ou à la Coalition Avenir Québec, un peu plus à droite, mais finalement bien peu nationaliste avec son autonomisme. Pascal Bérubé déclarait au cours de ce week-end:  «  la véritable coalition, c'est le Parti québécois. Alors, que cet esprit de coalition nous anime pour la suite et qu'on accueille tous les indépendantistes. »  Le problème avec cette déclaration d'Alain Therrien est qu'il n'y a qu'un autre pôle indépendantiste hors le PQ et ce pôle est très à gauche.  Alain Therrien semble dire, pour paraphraser le George Orwell de La ferme des animaux: « Tous les indépendantistes sont les bienvenus, mais certains sont plus bienvenus que d'autres».