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Saturday, May 28, 2022

Savoir raison garder

 



La décision était attendue, elle est maintenant connue; Alexandre Bissonnette devra attendre 25 ans avant de pouvoir présenter une demande de libération conditionnelle.

Elle suscite des réactions qui appellent des commentaires. Réaction prévisible, celle des leaders de la Grande mosquée de Québec qui sont déçus de la décision:«La peur des familles des victimes, c’est de voir leurs enfants grandir et qui, dans 25 ans, vont croiser le tueur de leur père dans les rues de Québec» a lancé Mohamed Labidi, président duCentre culturel islamique du Québec (CCIQ). (Déception à la Grande mosquée de Québec, La Presse, 27 mai). Ce que ne veulent probablement pas dire les leaders e la Grande Mosquée de Québec est que la seule conclusion qui aurait fait leur bonheur aurait été la peine de mort pourAlexandre Bissonnette.
 
C’est une avenue que la majorité des Canadiens ne veulent pas emprunter, reste donc, l’emprisonnement  plus ou moins long et son corollaire, la réhabilitation. Réaction échevelée chez les conservateurs Rob Moore et Pierre Paul-Hus qui par, communiqué, déclarent:«Cette décision signifie que des meurtriers de masse comme Alexandre Bissonnette, un homme qui a assassiné sans raison six personnes dans leur lieu de culte, peuvent être libres de circuler dans les rues.» (Peine réduite de Bissonnette: des réactions mitigées à Ottawa, Journal de Montréal, 27 mai). Député d’une circonscription de la région de Québec, Pierre Paul-Hus tente-il de racoler l’électorat musulman de sa circonscription de Charlesbourg Haute Saint-Charles avec cette déclaration?
 
 

 
 
Aux uns et autres, il faut dire qu’il faut dire et apprendre «savoir raison garder». À Mohamed Labidi, nous dirons qu’il serait surprenant qu’après 25 ans d’incarcération (plus en fait car Bissonnette est incarcéré depuis 2017),  Alexandre Bissonnette se mette à la recherche des enfants ses victimes, si tant que ces derniers résident encore à Québec, les victimes de Bissonnette ayant pour la plupart choisis d’être inhumés dans leur pays d’origine.À Pierre Paul-Hus, il faut rappeler que Bissonnette est incarcéré pour les 25 prochaines  années et que ce n’est pas demain qu’il sera «libre de circuler dans le rues», Alexandre Bissonnette a aujourd’hui 32 ans, s’il obtient une libération conditionnelle dans 25 ans, c’est un homme âgé de 57 ans qui quittera la prison, en 2047, Alexandre Bissonnette sera-t-il un homme réhabilité, l’avenir seul pourra nous le dire. Réhabilité ou non, M. Bissonnette sera un homme «institutionnalisé». par sa longue détention.

Tuesday, April 26, 2022

Le sens des priorités



Les canadiens pourront s’interroger  sur le sens des priorités d’Anita Anand , ministre de la Défense du Canada.

«La ministre de la Défense nationale, Anita Anand, a présenté lundi un rapport très attendu reprochant aux forces militaires canadiennes de ne pas en avoir fait assez pour lutter contre le racisme dans leurs rangs au cours des 20 dernières années. Ce rapport est le fruit d’une année de travail d’un panel de membres retraités des Forces armées canadiennes. Le rôle du groupe était de trouver des manières efficaces de contrer le racisme et la discrimination au sein des forces. Le groupe consultatif a été mis en place en décembre 2020 en raison d’allégations de racisme systémique dans l’armée et de présumés liens entre des membres des forces et des groupes d’extrême-droite et de suprémacistes blancs. Les préoccupations concernant le racisme dans les forces armées et les liens entre certains militaires et les groupes haineux  se sont multipliés à la suite d’une série d’incidents indiquant que certains groupes d’extrême droite recrutent activement des membres des forces armées. Ces incidents comprennent un groupe de marins associés aux Proud Boys qui ont perturbé une cérémonie mi’k maw à Halifax en 2017. Des articles journalistiques ont aussi révélé que d’autres membres s’associent à des groupes néonazis comme la division Atomwaffen. Un rapport de renseignement militaire publié en 2018 a aussi indiqué que des responsables étaient au courant que 30 membres actifs faisaient partie d’un groupe haineux ou qu’ils avaient fait des déclarations discriminatoires ou racistes.» (Un rapport critique l’inaction l’armée dans sa lutte interne contre le racisme, Radio-Canada, 25 avril). «30 membres actifs» des forces armées canadiennes faisaient partie d’un groupe haineux, devant ce chiffre et afin de prendre conscience de l’importance de la menace, il faut garder en mémoire que les forces armées canadiennes compte 68 000 membres dans les forces régulières et 27 000 dans les forces de Réserve, voilà 
 

 
 
Alors que les militaires canadiens doivent «faire avec» des équipements vétustes (avions, sous-marins ), il est rassurant de savoir que les Forces armées canadiennes «laveront plus blanc» grâce au sens des priorités d’Anita Anand.  Faut-il encore parler des forces armées canadiennes et ne plus parler que des forces armées de Justin Trudeau?

Wednesday, March 2, 2022

La première victime de la guerre,

 



c’est la vérité affirmait Rudyard Kipling ,

La guerre Russie-Ukraine donne à Mélanie Joly, notre ministre des Affaires extérieures, l’occasion de confirmer cette affirmation. Pour elle, l’invasion russe de l’Ukraine est «injustifiée et non-provoquée»(Le point des autorités fédérales, TVA Nouvelles, 27 février. disponible sur internet. Ainsi pour Madame Joly, l’invasion de l’Ukraine est «injustifiée et non-provoquée». Malheureusement pour elle et pour la vérité, il y a des années que la Russie fait savoir à l’Occident que l’expansion de l’OTAN était inadmissible et que cette expansion était considérée comme une menace à l’existence même de la Russie.  Voilà pour le «injustifiée et le non provoqué». Au chapitre du «injustifié et non provoqué», Mélanie Joly devrait se souvenir de l’agression par l’OTAN de la Serbie en, et ne pas oublier les bombardements avec des projectiles à l’uranium appauvri. Les Américains et leurs alliés, dont nous sommes, n’ont jamais manifesté de regrets pour ces gestes, il est vrai que les «bombardés» étaient des Slaves chrétiens, espèce qui n’a pas la cote dans la presse occidentale, et que les bombardements servaient les intérêts des Kossovars constituant alors le Kossovo, petit État mafieux.
 

 

Thursday, November 18, 2021

Le dos large

 


L'Église catholique du Québec a le dos large et rien ne lui sera épargnée. Plus récente accusation, l'Église catholique canadienne était sous influence nazie; c'est du moins ce que prétend «l'historien» Pierre Anctil dans son plus récent ouvrage Antijudaïsme et influence nazie au Québec (Presses de l'Université de Montréal).
«Comment l'Église catholique a-t-elle servi de messager à certaines idées corrosives qui continuent par ailleurs, croit l'historien Pierre Anctil, d'irriguer la société depuis les profondeurs de temps reculés?» «dans un livre qui vient de paraître, Antijudaïsme et influence nazie au Québec , le professeur de l'Université d'Ottawa, s'est penché sur le cas du journal L'Action catholique de l'époque des années 1930, l'un des principaux diffuseurs de l'enseignement de l'Église romaine aux pays des érables. L'ouvrage permet de mieux comprendre les sources historiques des réticences de certains milieux à l'égard d'une immigration non chrétienne sur les rives du Saint-Laurent.» (Quand l'Église catholique canadienne était sous influence nazie, Le Devoir, 12 novembre) 
Pierre Anctil tout à sa mission de faire de l'Église catholique du Canada une antenne du Welt-Diesnt et une officine nazie néglige de mentionner le fait que l'Église catholique adhérait encore à cette époque à la conviction des juifs «peuple déicide». idée qui ne sera abandonnée qu'en 1965 lors de Vatican II avec l'encyclique Nostra Aetate, encyclique pour laquelle les Juifs ne peuvent être considérés comme responsables de la mort du Christ. Tout à sa fixation nazie, Pierre Anctil minimise le fait qu'au Québec, bien plus que le nazisme, c'est le fascisme italien qui trouva des oreilles attentives au Québec. 
Pour présenter l'Église catholique du Canada comme soumise à l'influence nazie, Pierre Anctil doit faire l'économie des relations tendues entre l'Église catholique allemande, puis universelle, tensions qu'il expédie en une phrase: «Avant que l'Allemagne nazie dirigée par Hitler ne s'acharne aussi sur des catholiques, le clergé canadien-français voit plutôt d'un bon oeil, du moins jusqu'en 1937, son action musclée à l'encontre des juifs,». Relations qui très tôt seront conflictuelles, en effet, dès juillet 1933, le régime nazi procèdent à la dissolution du Zemtrum (le parti catholique allemand) et du parti populaire bavarois. Tout à la promotion d'un «christianisme positif», le régime procède à la mise au pas des organisations catholiques, en 1936, il procède à la mainmise de l'État sur les organisations de jeunesse. La Hitler Jugend devient l'organisation unique de la jeunesse allemande. En 1937, c'est par l'encyclique Mit Brennender Sorge (avec un souci brûlant) que le Vatican condamne les violations incessantes du Concordat et les persécutions antireligieuses. Pour aller de l'avant avec sa thèse d'une Église du Canada à la botte du régime nazi, il doit faire peu de cas de la volonté des nazis de mettre sur pied une Église nationale allemande et de la tentation du né-paganisme chez certains nazis, notamment chez Himmler et dans certains cercles de la SS. 





Pierre Anctil n'est pas qu'historien, il peut aussi se montrer idéologue. «Le raidissement qui gagne une partie du monde social lorsqu'il est question de s'envisager par rapport aux autres est très ancien, affirme Anctil. «il survit et surnage» jusqu'à nous va jusqu'à affirmer l'historien, tout en remettant en question la façon dont a pu être envisagée la question de l'identité nationale. Pour lui , il ne fait pas de doute que les constats destiné à magnifier la différence «sont restés affirmés par un discours basé sur des perceptions religieuses , même si on se dit laïques». Bien entendu, les temps changent. «Ce n'est plus la même chose, il y a un monde entre nous et les années 1930. et ce ne sont plus les juifs qui sont pris pour cibles dans de tels discours identitaires , mais plutôt les musulmans.»[...] Bien conscient qu'»en histoire on ne peut pas administrer une preuve absolue», 


Pierre Anctil n'en conçoit pas moins qu'il existe dans nos sociétés «une peur obsessive de celui n'est pas chrétien, qui nous vient du passé», qu'il s'emploie à étudier. Ce passé oblitéré, laissé de côté, continue néanmoins et de se pointer [...] Il existe, sous la Seconde Guerre mondiale, un tunnel qui fait traverser  des idées de l'autre, de ce côté-ci de l'histoire. La droite catholique n'a pas disparu à cause de la Révolution tranquille. Nous avons asphalté par-dessus, mais elle continue de pousser, de percer à travers les craques de notre société. Plusieurs signes nous le montrent, en ce moment même». «[...] «fin connaisseur de l'histoire juive canadienne, Pierre Anctil paraît avoir une dynamo au coeur tant il publie  depuis trente ans sur ces sujets.». Le temps est peut-être venu pour Pierre Anctil de poser sa plume, le temps semblant avoir fait son oeuvre sur la réflexion de Pierre Anctil. Pourquoi croire que les Québécois de 2020-21 se comporteront comme les Canadiens-français des années 1930 (des Québécois saisis par un timide printemps identitaire et ce qu'il faut probablement conclure des propos de pierre Anctil, les Québécois gouvernés par la Coalition Avenir Québec.). parlant de «tunnels passant sous la seconde  guerre mondiale», Anctil semble s'être égaré dans l'un d'entre-eux, et sans  aucune rigueur historique il s'amuse à assimiler la CAQ au NSDAP. «Fin connaisseur de l'histoire juive canadienne», Anctil veut peut-être nous convaincre que les juifs des années 1930 ne représentait pas une menace pour le Québec français, pas plus que les musulmans ne représentent aujourd'hui une menace pour le Québec français. Les musulmans ne représentent pas une menace, mais la droite catholique oui. Nous laissons Pierre Anctil se «faire peur»avec sa droite catholique!

Wednesday, October 23, 2019

Une lecture politique du Joker



Les films inspirés par les comics colonisent les écrans, au point qu'il est devenu commun aujourd'hui de parler de l'univers Marvel (Spiderman, Capitaine America, Les Avengers, Black Panther, Hulk, etc,) et de l'univers DC (Batman, Superman, Wonder Woman, Aquaman. etc.), expressions faisant directement référence aux maisons d'éditions propriétaires des droits sur les super-héros qui dominent aujourd'hui les écrans nord américains. Ces films engrangent des millions en revenu et le public ne semble pas vouloir se lasser.

L'acronyme MCR (pour Marvel Cinematographic Universe) est en voie de passer dans le vocabulaire familier des cinéphiles Les super héros des comics sont considérés par plusieurs comme une sous-littérature pour adolescents en quête de lecture facile, une littérature fast-food en fait. Grave erreur, il est possible de trouver une dimension mythologique au genre, un Olympe de demi-dieux (dimension mythologique confirmée par l'annexion du Valhalla par le MCR avec l'intégration de Thor dans cet univers, un Thor trahi, diversité hollywoodienne oblige, par l'apparition d'un Heimdal interprété par le comédien d'origine ghanéenne, Idriss Elba), cette pléthore de demi dieux s'efforce de protéger l'humanité contre les exactions d'un nombre non moins significatif de villains, l'anglicisme généralement utilisé pour décrire les méchants dans cette littérature, méchants dont les pouvoirs dépassent les moyens des autorités en place. Nous sommes tentés de penser que les super-héros se sont développés suite à la mort de Dieu annoncée par certains philosophes du XIXe siècle. Les super-héros dans cette hypothèse seraient des divinités mineures protectrices et rassurantes, quelque chose comme les lares de l'Antiquité. Les super-héros ne se déplacent pas pour rien, ils luttent contre des super-méchants et ne s'intéressent pas à la petite criminalité (vols, violences, évasion fiscale, etc.). Les super-héros n'ont pas qu'une dimension mythologique ne serait-ce qu'accidentelle. Ils ont aussi une dimension politique, il suffit de lire pour s'en convaincre, Super-héros une histoire politique(1). Les super-héros ont fait la Seconde guerre mondiale et la Guerre froide avec les États-Unis, mobilisés comme le plus vulgaire des G.I.'s. Luttant d'abord contre les nazis, puis contre les communistes, ils devaient convaincre leurs jeunes lecteurs de s'associer aux combats pour la liberté et l'American way of life. Le fait que les créateurs des premiers super-héros soient des citoyens américains d'origine juive l'un des créateurs de Batman, Bob Kane , était Canadien (Joe Shuster pour Superman, le grand-père des super-héros, et Bob Kane et Bill Finger pour Batman n'est probablement pas étranger au fait que les super héros soient même entrés en guerre avant l'entrée en guerre officielle des États-Unis. Cette omniprésence de créateurs d'origine juive parmi les créateurs de super-héros a fait dire à certains que les Superman et Batman étaient peut-être des Golem modernes.
En l'absence de grands ennemis clairement identifiables, la période de la coexistence pacifique a vu les super-héros se consacrer à la lutte contre les villains faisant oublier un peu leur dimension politique. Assistons-nous à un retour de cette dimension politique avec Joker. Par un curieux renversement de situation, c'est un méchant qui pourrait marquer le retour de cette dimension. 
« Tant Todd Philipps (le réalisateur, NDA) que Joaquin Phoenix (L'interprète du Joker,NDA) se sont défendus , lors de la présentation du film Venise ou ils ont raflé le Lion d'Or du meilleur film, de vouloir faire du «Joker » une oeuvre politique. Mais le parallèle entre le destin du Joker et celui de la génération X est évident. Dans ce Gotham croulant sous les ordures - au sens littéral et figuré du terme - l'espoir n'est pas de mise, Wall Street a fait ses premiers ravages et le Joker ne commence a devenir lui-même qu'en tuant trois employés de la compagnie d'»investissements des entreprises Wayne ». Évidemment , la révolte des 99% - traités de «clowns» par les riches - est brûlante d'actualité tout comme cette foi en un avenir meilleur et cette violence omniprésente, prête à éclater en un instant sous un prétexte fallacieux ou non.»(«Joker: un grand film, Le Journal de Montréal, 3 octobre). Propos que rejoint Angie Landry lorsqu'elle écrit:»C'est un film qui n'a aucune lumière , aucune joie, qui est égoïste et très angoissant. Il y a de la violence gratuite , parce que le Joker n'a aucune ambition sociale ou politique. C'est presque un film nihiliste» Eugénie Lépine-Blondeau» (Joker ou le miroir plutôt troublant d'une société malade, Radio-Canada d'une société malade, 4 octobre).
 
 
 
Ouvrons ici une parenthèse, le film contient des scènes de violence certes, mais avec ces cinq meurtres, on pourrait cyniquement considérer que Joker est loin de la moyenne des morts violentes dans un film d'action hollywoodien. Joker est moins violent qu'un film comme Terminator ou qu'un épisode de la série Le Trône de fer. Le problème de Joker est que la « violence du film s'enracine dans le quotidien du personnage et ne résulte pas de l'abus d'effets pyrotechniques.
Eugénie Lépine-Blondeau brûle lorsqu'elle parle d'un film nihiliste, mais il faut revenir aux déclarations du réalisateur et de Joaquim Phoenix affirmant «ne pas vouloir faire du «Joker»une oeuvre politique ». À l'appui de leur intention de ne pas faire une oeuvre politique, il faut garder en mémoire que «Joker»n'est pas un militant ou un activiste, il n'a pas de message politique à offrir, les trois courtiers de Wall Street qu'il abat ne le sont pas parce qu'ils oeuvrent dans une entreprise active sur Wall Street, mais parce qu'ils le passent à tabac. C'est la presse qui plaque un message politique sur le geste du Joker en titrant «Kill the riches» (intégré dans le film grâce au vieux procédé cinématographique des plans utilisant des pages frontispices de journaux) et en lançant ainsi le mouvement des émeutes violentes qui marqueront le dernier tiers du film, ce n'est pas le Joker qui les initie ou les anime. Ces émeutes résultent de la colère de ceux qui sont traités de «clowns»par le richissime patron des entreprises Wayne et employeur des trois hommes abattus dans le métro.

Arthur Fleck l'homme qui va se transformer en Joker est au début du film un ancien patient psychiatrique, habitué des services sociaux de la ville de Gotham. Vivant en marge de la société de Gotham, solitaire vivant encore avec sa mère et gagnant péniblement sa vie en tentant de devenir humoriste et en donnant des spectacles de stand-up comic peu courus. Pour parvenir à une lecture politique de Joker, il faut creuser la «piste nihiliste». Certaines critiques ont voulu assimiler, le Joker a un incel (un involuntary celibate) comme Alex Minassian, l'auteur de l'attentat au camion-bélier de Toronto, le 23 avril 2018, dans ce cas, nous assistons à une révolte qui demeure fondamentalement individuelle et prend racine dans une culture du ressentiment. Le Système et les critiques à sa solde entendent bien nous convaincre que toute dissidence est impossible et que s'il y en une , elle ne pourrait être que le fait d'individus psychiatrisés et éventuellement aux prises avec des instincts meurtriers suivre de tels prophètes de malheur ne peut que se terminer, dans un cul-de-sac et mener finalement à des émeutes et de l'anarchie.
Il ne manque au film que des références aux déplorables d'Hillary Clinton en 2015 et plus récemment , aux Gillets jaunes en France. 

Les dernières scène du film sont sans équivoque. Ayant confessé ses crimes à la télévision, le Joker est montré arpentant le couloir d'un hôpital psychiatrique. La boucle est bouclée, retour à la case départ. 

Message politique pour le Bon peuple: ne pensez surtout pas à changer le Système, ceux qui entendent le changer ne sont que des illuminés qui vous conduiront dans des cul-de sacs, demeurez dans le rang, la sagesse le veut, écoutez vos Maîtres et ne prêtez pas l'oreille à des trublions de gauche ou de droite. S'ils n'y sont pas déjà, ils finiront tôt ou tard là ou ils doivent être, internés à l'hôpital psychiatrique. Le système semble prêt à s'inspirer de ce qui se faisait en Union soviétique.

Message pour les dissidents; quoique vous pensiez, quoique vous fassiez , une cellule capitonnée vous attend. Les cinéphiles amateurs de film de science-fiction pourront penser que la suite du Joker existe déjà et qu'elle a été tourné, il y a quelques années politiquement parlant la suite du Joker, c'est La Matrice (1999)réalisée par les frères Wachowski. 
Rock Tousignant   

  1. William Blanc; Super-héros une histoire politique, Paris, Éditions Libertalia, 2018, 357 p

Saturday, December 1, 2018

Pétard mouillé et fausse représentation



Télé-Québec avait annoncé la diffusion d 'un documentaire sur l'extrême -droite au Québec, documentaire intitulé La Bombe. Il y a eu diffusion d'une émission (il est impossible de parler de documentaire) qui aurait mieux convenu à la grille de Canal-Vie, émission portant essentiellement sur la trajectoire de Maxime Fiset, présenté comme un néo-nazi repenti reconverti dans la déradicalisation avec témoignage de la mère de Fiset pour ajouter un peu de human interest à l'émission et témoignage d'un enseignant en histoire de Fiset au secondaire, venant affirmer qu'il ne reconnaissait pas son ancien élève. L'extrême-droite au Québec se résumant pour le réalisateur de l'émission, Gabriel Allard Gagnon, et Télé-Québec à Maxime Fiset. L'auditeur n'aura rien appris sur l'histoire de l'extrême-droite québécoise ou sa sociologie, Maxime Fiset n'en connaissant visiblement rien, nous devons demeurer notre faim.  La Déradicalisation de ce dernier apparaît comme sa rédemption et son assomption, assomption, car il ne porte plus à terre en étant devenu une vedette médiatique. 
 
 
 
L'auditeur moyen aura conclu après quelques minutes d'écoute que Maxime Fiset est un un individu perturbé qui a besoin d'aide, il dit avoir été victime d'intimidation au secondaire et s'être toujours vu comme un marginal (dans une séquence il s'identifie à Alexandre Bissonnette lors de son interrogatoire, la séquence ou il fantasme sur la bombe qu'il comptait fabriquer et qui donne son titre à l'émission, bombe qu'il souhaitait faire exploser lors de la Fête du Canada car il s'agit d'une fête multiculturelle). Maxime Fiset avait moins besoin d'être déradicalisé que d'un bon suivi psychologique, Fiset est quelqu'un qui a visiblement besoin d'aide, ceux qui l'ont pris en mains et le manipulent en le promenant de plateau de télévision en plateau de télévision, son mentor semble être Benjamin Ducol, responsable de la recherche  au Centre de déradicalisation, ne l'aide pas il est ainsi apparu entre autres à Second regard et à Deux hommes en or, à ce chapitre, il faut écouter l'entrevue accordée à Sophie Durocher pour constater la confusion qui règne chez Maxime Fiset (QUB, Sophie Durocher, Maxime Fiset) Ces nouveaux amis et manipulateurs flattent peut-être sa mégalomanie (il déclare à un moment donné, « J'ai créé la Fédération des Québécois de souche (FQS)», «J'ai rempli un vide »,-en créant la FQS-, puis« Je me voyais comme un leader idéologique »,), mais il est douteux qu'il se soucie beaucoup de Maxime Fiset, l'individu. Ils devraient le laisser s'occuper de sa petite fille et de la mère de cette dernière. Documentaire sur l'extrême-droite au Québec, donné par un jeune trentenaire vaguement mégalomane dont la formation ne semble pas avoir dépassé le secondaire V et un cours d'électricien (honorable profession par ailleurs), il mentionne rapidement un retour aux études à l'Université Laval sans plus de précision. Il est vrai qu'il a fait un travail et un exposé sur le programme en 25 points du NSDAP en secondaire V, devant autant de science, nous ne pouvons guère que nous incliner, curriculum vitae qui ne donne aucun droit de s'auto-proclamer ou de se laisser proclamer « spécialiste de l'extrême-droite », l'auditeur devra se passer d'un véritable historique de l'extrême-droite au Québec, mais il aura droit à un bref et facile parallèle avec Donald Trump et en début d'émission de brèves images d'Adolf Hitler et d'une croix enflammée (il ne sera à aucun moment, mention du Ku Klux Klan dans l'émission, mais il s'agit de faire peur à l'auditeur, pas de le faire réfléchir). Il est vrai que Maxime Fiset prétend avoir lu Mein Kampf et The Turner Diaries, à mettre au compte de sa mégalomanie, lors de la préparation de sa bombe, Maxime Fiset se voyait en Timothy Mac Veigh , le responsable de l'attentat meurtrier d'Oklahoma, Fiset, encore sa mégalomanie, se voyait écrire les Carnets de Fiset. 
 
 
 
L'émission ouvre fort avec un amalgame entre nationalisme (Maxime Fiset viendrait d'une famille fortement nationaliste, sa mère affirme qu'elle ne voulait qu'il naisse le 1er juillet car c'est la fête de la Confédération et déclare adorer Ti-Poil, René Lévesque, Maxime Fiset est décidément né sous des jupons bien nationalistes) et racisme, c'est d'ailleurs le premier chapitre de l'émission, aucun des deux termes n'étant défini d'ailleurs, l'amalgame s'avérant constant tout au long de l'émission, le réalisateur  accompagne une manifestation de la Meute et de Storm Alliance (manifestation du 27 novembre 2017 à Québec contre le gouvernement Couillard), la réalisation insiste d'ailleurs sur la forêt de fleurdelisés et de drapeaux des Patriotes, une image valant mille mots, l'auditeur ne peut que sortir convaincu que le nationalisme québécois est nécessairement raciste, puisque les deux organisations sont elle-mêmes suspectées de racisme par Maxime Fiset. Sans grande surprise, l'extrême-droite au Québec est constitué des groupes déjà connus, les usual suspects étant La Meute, Storm Alliance et, pour faire bonne mesure, Atalante, les deux premiers se présentant comme des groupes citoyens.  Maxime Fiset qualifie aussi la Fédération des Québécois de souche (FQS) d'extrême-droite. Personne ne juge bon de nous expliquer pourquoi personne ne vient à la caméra nous présenter Atalante et la FQS, nous devons nous contenter de la parole de Maxime Fiset. Hypothèse personnelle n'a voulu risquer l'ostracisme personnel et professionnel ou même des violences physiques du fait des Antifas. Ces choses ne peuvent se passer chez, nous vivons en démocratie et dans une société de droit, nous avons le droit d'exprimer nos opinions, sans crainte de représailles. Ayant ouvert fort, l'émission se ferme aussi fort, la conclusion est que la Coalition Avenir Québec (CAQ) n'est pas un parti d'extrême-droite après avoir affirmé que les 40 000 Loups de La Meute ont hurlé de plaisir au soir du 1er octobre Les efforts de François Legault pour prendre ses distances avec La Meute sont visiblement passés inaperçus pour Maxime Fiset. Puisque nous sommes dans un société de droits, un huissier mandaté par l'avocat de la CAQ aurait dû au lendemain de la diffusion de l'émission déposé à la résidence de Maxime Fiset, à celle du réalisateur et au siège social de Télé-Québec, une poursuite au civil pour en diffamation.