Wednesday, February 27, 2019

Repasse-Partout


La nouvelle mouture de Passe-partout a pris l'antenne de Télé-Québec, le 25 février dernier.
 
 
 
Que penser de cette nouvelle mouture, la prudence est de mise, mais il faut constater que cette série « pédagogique », il ne faut jamais oublier que la première version avait été conçue en collaboration avec des fonctionnaires du ministère de l'Éducation et des représentants de Radio-Québec à l'époque, .Cette collaboration marquait la fin de l'imaginaire débridé et la folie douce qui marquaient les réalisations de Radio-Canada, telles que Bobino, La boîte à surprises, Sol et Gobelet, la Ribouldingue.En 1977, Passe-Partout inspiré du succès de Sesame Street outre-frontière était «destiné à l'éducation des enfants d'âge préscolaire avec une attention particulière au milieu défavorisé». La «nouvelle » mouture reprend les éléments les plus importants de la série initiale, Ainsi Passe-Partout, Passe-Carreau et Passe-Montagne sont de retour,  mais curieusement les costumes eux n'ont pas changé leurs interprètes ayant changé, les marionnettes, elles ont fait l'objet de changements cosmétiques, aussi sont de retour (Cannelle, Pruneau et leurs parents, etc). L'émission n'a pas échappé à une volonté de faire plus 2019 que les émissions de la première série, émissions ayant tout de même plus de quarante ans, Le critique du Devoir (« Passe-Partout »,»vintage» modernisé, Le Devoir, , 26 février) note : » Dire que le tout est moderne serait mentir.  (...) on sent que Passe-Partout s'est au moins modernisé.  Par exemple, De nouvelles marionnettes de Canelle et Pruneau (...) présentent des photos d'eux sur une tablette, balayage d'écran compris. Les enfants modernes swipent c'est bien connu(émission probablement conçue avant sans les mises en garde sur les temps d'utilisation des écrans par les jeunes Canadiens et les jeunes Québécois, lancées par les optométristes et pédiatres) . Biscuit , le jouet que Canelle croit avoir égaré, est en peluche et non pas en fourrure. Passe-Montagne , lui, fait semblant de conduire à travers les cônes orange une petite voiture électrique qui ne fait pas « forum vroum » mais « bzz bzz ».  Dans son souci de s'adresser à des « enfants modernes », combien de temps avant que l'un des personnages locavore ne passe à l'alimentation végane et sans gluten et n'abandonne la consommation de viande rouge afin de sauver la planète? Combien d'émissions faudra-t-il pour que l'on présente un personnage transgenre, humain ou marionnette, aux « enfants modernes », les paris sont ouverts. Passe-Genre s'intégrerait sans difficultés parmi les amis de Passe-Partout. Les vêtements des personnages sont déjà non-genrés, une difficulté est donc déjà réglée. 
 
Selon La Presse du lendemain, il y a eu plus de 700 000 auditeurs pour cette première diffusion de Passe -Partout, effet de nouveauté certes, combien seront-ils dans quelques semaines. Il y avait probablement plus de «Poussinots» trentenaires ou quadragénaires devant le petit écran au soir du 25 février que d'enfants d'âge préscolaire. Enfants pour qui Passe-Partout relève de la préhistoire de la télévision. Il faut noter que cinq minutes ne se s'était pas écoulées dans la première émission que Perline, la mère de Canelle, nous présente sa voisine,Madame Coucou visiblement issue de la diversité avec sa peau café au lait et ses cheveux frisés. Les «enfants modernes» de Passe-Partout doivent nécessairement apprendre à être inclusifs dès le plus jeune âge.Il convient de noter ici que la dans la première version, il y avait déjà un personnage eurasien, Passe -Midi.
 
 
La nouvelle mouture sent aussi le « pédagogisme » avec son insistance sur les apprentissages . Une insistance que le ministre de l'éducation, Jean-François Roberge ne peut qu'approuver, maternelles quatre ans, Passe-Partout, même combat?

Tuesday, February 12, 2019

Justice et vengeance

Le verdict est enfin connu dans l'affaire de la fusillade de la grande mosquée de Québec. Alexandre Bissonnette passera les quarante prochaines années à l'ombre avant d'être éligible à une libération conditionnelle. Ce qui est intéressant dans ce verdict, se sont les réactions de la communauté musulmane de Québec («Sentence d'Alexandre Bissonnette: Consternation dans la communauté musulmane », Journal de Montréal, 8 février). À la lecture de l'article , il y a lieu de se demander quelle peine souhaitait ou espérait ladite communauté. Le journaliste de La Presse, Yves Boisvert a probablement parfaitement résumé les souhaits de la communauté musulmane de Québec en titrant son article sur le verdict:»Entre la sévérité et la vengeance» (»Entre la sévérité et la vengeance, La Presse, 9 février), avec un parti-pris, pour la vengeance, Aymen Derbali qui depuis l'attentat doit demeurer en fauteuil roulant déclarait: «J'ai été très déçu et surpris, à un tel point (que j'ai failli) m'évanouir , a-t-il indiqué. J'aurais aimé que la justice soit rendue à toutes les victimes et que la sentence soit à la hauteur du crime perpétré. » Sans préciser ce qui lui apparaissait une « sentence à la hauteur du crime perpétré». Le juge Huot a tout de même infligé une peine sévère à Alexandre Bissonnette, une peine supérieure aux 25 ans prescrit par le Code criminel.


Source: La Presse

 Ce que le juge Huot a refusé, l'application de peines consécutives de 25 ans, jusqu'au 150 ans demandé par le ministère public. Ahmed Cheddadi ,un des rescapés de la tuerie déclarait lui que: » Je respecte la décision du juge,. (Mais dans 40 ans ) les orphelins pourraient rencontrer le tueur de leur père dans un supermarché. C'est ce qui me touche . C'est très dur. » Dans 40 ans, Alexandre Bissonnette aura 69 ans, s'il est toujours vivant , il ne sortira pas de prison, il sera simplement éligible à une libération conditionnelle, ce qui est très différent. À la lecture des déclarations des survivants de la fusillade de la grande mosquée, et de leurs proches, le sentiment que l'on acquiert est que ces derniers ne cherchaient pas la justice, mais la vengeance. Cette incompréhension du fonctionnement du système de justice canadien est un motif supplémentaire de souhaiter l'instauration du test des valeurs proposé par la Coalition Avenir Québec. Il est facile d'en arriver à la conclusion que les membres de cette « paisible » communauté si bien intégrée ne se serait contentée que d'une exécution au couteau, style État islamique. Une exécution combinant, sévérité et vengeance.

Wednesday, January 23, 2019

Une Assiette à la fois

Une Assiette à la fois
Publication et débats autour du nouveau Guide alimentaire canadien, controverses autour du gaspillage alimentaire. Le magazine l'Actualité titre en page frontispice de son édition de Février 2019, La révolution végane et en sous titre "Le procès de la viande ne fait que commencer". Au programme, réduction de notre consommation de viande rouge (Peut-on manger sainement sans détruire la planète, La Presse, 20 janvier). La journaliste Daphné Cameron écrit: « Un groupe mandaté par la prestigieuse revue médicale The Lancet, un groupe formé par une trentaine de sommités tente depuis trois ans , d'établir comment nourrir 2,2 milliards d'humains de plus tout en préservant les écosystèmes et en freinant les émissions de gaz à effet de serre responsables du réchauffement climatique. Ce n'est pas en Occident que ces campagnes doivent être menées, ce n'est pas l'Occident avec ces taux de natalités anémiques qui contribuera de façon significative à ces milliards d'humains supplémentaires. Après une série de calculs complexes, Les sommités de The Lancet ont accouché d'un guide concret qui recommande au gramme près les portions à consommer quotidiennement. Ils ont accouché d'un guide concret qui recommande au gramme près les portions à consommer quotidiennement pour chaque type d'aliments. Nous pouvons rire aujourd'hui des récits et des films de science-fiction des années 1950 qui annonçaient une ère de repas de pilules. Nous en sommes peut-être plus près que l'on pense: " ce guide concret qui calcule au gramme près les portions à consommer quotidiennement pour chaque type d'éléments », n'annonce-t-il pas la fin des gastronomies nationales et des terroirs, les artisans du ragoût de pattes et du cassoulet devront-ils envisager le passage dans un éventuel dans un maquis culinaire.
 Essentiellement, la consommation mondiale de fruits, de légumes, de légumineuses et de noix devra être haussée, tandis que la consommation de viande rouge et de sucre ajouté devra diminuer radicalement. En entrevue à La Presse, la nutritionniste Hélène Laurendeau, cette dernière déclare: «que c'est la première fois que la question environnementale est intégrée dans les recommandations nutritionnelles. » Ça va être une révolution alimentaire qu'il va falloir mettre de l'avant ici et certainement ailleurs en Amérique du Nord. ». Difficile de ne pas voir dans cette remarque une pointe contre le monde blanc grand consommateur de viande rouge. Cette croisade, Menace clairement nos libertés. Dans ces contributions calculées au gramme près afin de respecter environnement et nutrition, difficile de ne pas voir Big Brother aux fourneaux. La rencontre de ces deux vaches sacrées contemporaines, Les préoccupations environnementales et l'alimentation. Il est clair que nous ne sommes pas confrontés à un débat simplement nutritionnel ou diététique, mais à un vrai conflit idéologique, L'Actualité écrit: »Le véganisme n'est pas un simple régime alimentaire. C'est un mouvement social et politique. » un chercheur consciencieux y trouverait probablement aussi des aspects spirituels.
Bien que relativement jeune le véganisme (à ne pas confondre avec le végétarianisme) n'est pas dépourvu de fondements philosophiques cohérents. Ce fondement, c'est l'antispécisme (abordé rapidement dans le numéro d'octobre 2018 du Harfang sous le titre « avant le spécisme ». Ce courant de pensée voulant qu'il faille ne pas considérer l'espèce auquel appartient un animal (incluant l'homme) pour justifier une hiérarchie ou des différences de traitements, moral ou juridique. Apparu  aux États-Unis en 1975 avec la publication de La libération animale de Peter Singer. Pour Singer, les choses sont simples, puisque les animaux souffrent, ils ont des droits. Nous aurions tort le tout pour une aimable plaisanterie et ne pas tenir compte des progrès éventuels de l'antispécisme et de l'influence qu'il pourrait acquérir. La théorie du genre, née des gender studies développées dans certaines  universités américaines sans les années 1960 et 1970, s'est répandue par la suite comme un feu de broussailles, on peut en mesurer l'influence aujourd'hui, on peut aussi constater sa malheureuse diffusion. Certains lecteurs pourront nos objecter que les animaux n'ont pas de conscience que dès lors, la supériorité de l'homme est établie. Les antispécistes contournent le problème et évoque plutôt , la « sentience » c'est à dire la capacité pour un animal à ressentir une douleur physique ou un émotion psychique. La page d'accueil de l'une des associations antispécistes françaises (269 Life France, 269 Life est une association internationale) est explicite. Il y est écrit :» Les autres espèces ne sont pas des numéros sans visage, ils existent à la première personne. Ils ne sont pas « du poulet », « du cochon » ou « du poisson », mais chacun d'entre eux est un être unique ayant des intérêts propres. (la suite est encore plus intéressante): «Le rejet de la discrimination par l'espèce (spécisme) est un impératif même titre que le rejet du racisme ou du sexisme. » Pour demeurer dans cette logique, certains militants végans assimilent la production de viande à un crime de masse comme la Shoah. «Sur le plateau de Thierry Ardisson, Solveig Halloin, la porte-parole du collectif Boucherie Abolition, compare la consommation de viande à l'Holocauste - et même un « holocauste »: programmé dès la naissance. («Derrière le militantisme végan, la puissante idéologie antispéciste», Le Figaro, 1er décembre)


En France, les manifestations antispécistes ont d'abord pris la forme de manifestations symboliques avec militants couverts de sang mimant des animaux conduits à l'abattoir, certains antispécistes radicaux se sont même faits marqués au fer rouge (vidéos disponibles sur Youtube). L'activisme antispéciste a grimpé d'un cran au cours de l'été 2018 avec dégradations et vandalisme contre des boucheries, poissonneries, charcuteries, rôtisseries (déversement de sang contre les façades et pavés lancés dans les vitrines de ces commerces, « Antispécisme à Lille, les actes de vandalisme de commerces de viande se multiplient », Le Monde , 29 juin 2018). Au Québec, nous en sommes encore à des manifestations somme toute bénignes, Affiches du spectacle équestre Cavalia couvertes de graffiti disant « Spécistes cessons d'opprimer » et manifestations à Granby fin juillet 2018 avec des manifestants portant des pancartes représentants des animaux avec « prisonniers à vie » comme message.


Pour paraphraser une formule bien connue, nous pourrions dire: »tout le véganisme n'est pas spéciste, mais tout le spécisme est véganiste. »

Sunday, January 6, 2019

Le meilleur des mondes...

Il faudra, au Québec, se faire à l'idée que nous sommes entrés dans l'ère post-Slav ou post-Kanata à chacun de choisir. 
Le monde de la création artistique n'est plus régi par le talent ou l'imagination des créateurs ou le goût des spectateurs, mais par les diktats de minorités culturelles, mais surtout ethniques ou raciales.  Dernière manifestation de cette ère post-Kanata, des réactions au Bye Bye 2018,(Trudeau à Bollywood scinde l'opinion, Le Devoir, 5 janvier ), objet de cette manifestation un sketch de la dernière édition du Bye Bye, sketch revenant sur le voyage en Inde de Justin Trudeau et qui «montre, le premier ministre fumant de la marijuana pour se détendre pour se détendre avec ses conseillers  sur des enjeux tendus , Trudeau est transporté sur un plancher de danse du type Bollywood sur une musique indienne, ou l'on montre ensuite deux vaches - double symbole de la vache sacrée indienne et du conflit du lait avec les États-unis. » Sketch Facile et prévisible après l'abus de costumes nationaux par Justin Trudeau et sa famille lors de ce voyage. 
Le mouvement n'aura pas le retentissement des manifestations devant le Théâtre du Nouveau-monde, mais la voie est tracée. Il se limite pour l'instant à une entrevue au Devoir. « Interrogé par le Devoir, le directeur artistique du théâtre Teesri Duniya, Rahul Varma s'est dit en colère et a jugé le sketch hautement offensant. « Je ne dirais pas que c'est du racisme en soi, mais est-ce que ça ne vient pas d'une façon raciste de penser? Oui statue le créateur né en Inde. «Comme auteur ou comme concepteur , on attend de toi que tu sois meilleur. Particulièrement si tu ne parles pas de ta communauté. Il faut faire un meilleur travail pour mieux les représenter, tu ne peux pas juste utiliser les clichés visuels et dire que c'est une blague. » Anecdotique, la déclaration de Rahul Varma n'en contient pas moins tout l'esprit de la logique post-Kanata. Prudent, l'homme ne taxe pas Radio-Canada de racisme, pourquoi accuser lorsqu'il suffit de sous-entendre et de parler « d'une façon raciste de penser». Toute la logique post-Kanata est contenue dans son «Particulièrement si tu ne parles pas de ta communauté.» 
Alors, Pas d'Illiade, Homère n'étant pas Troyen et pas de Shylock, Shakespeare n'étant pas juif.  Rahul Varma se fait ici le chantre de cultures vivant en silo, culture s'ignorant superbement les unes les autres au nom d'un soit-disant respect qui est surtout une indifférence ne disant pas son nom. Une vision multiculturelle avec des cultures et des communautés superposées. Il n'est inintéressant de savoir que Teesri Duniya signifie Tiers Monde en Hindi. Pour le périodique de gauche Alternatives: «Aujourd'hui à la fois par son travail de création  et d'administration, la compagnie promeut une vision multiculturelle et multiraciale du Canada » on comprendra donc mieux la générosité des organismes subventionnaires, en effet, Teesri Duniya est « proudly supported by » (dixit le site de la troupe)  par Le Conseil des arts de Montréal, le Conseil des arts et des lettres du Québec, le Conseil des arts du Canada, Patrimoine Canada, Emploi Québec et la Brian Bronfman Family Foundation.  Il faudrait peut-être un jour que les organismes subventionnaires commencent à s'interroger sur cette générosité à l'égard d'organismes tentés par la censure. Il faudra peut-être un jour priver certains organismes et leurs animateurs de subventions au nom de la liberté de création artistique.  
L'esprit post-Kanata n'a pas encore gagné tous les intervenants communautaires, ainsi sur le même sketch, le président du Centre culturel Kabir, T.K. Raghunathan qui organise à Montréal plusieurs évènements liés à la culture indienne et de l'Asie du Sud considère que le clip du Bye Bye n'est pas choquant: « je pense que c'est quelque chose dont on peut rire , Ce n'est peut-être la meilleure vidéo du point de vue , comment dirais-je, du goût, mais ça n'a rien à voir avec les sensibilités des Indiens ou de la diaspora . Je pense qu'on perd son sens de l'humour en critiquant si rapidement. » Deux points de vue diamétralement opposés sur le même sujet.  T.k. Raghunathan a le sens de la mesure et le sens de l'humour, ce qui fait visiblement défaut à Rahul Varma. Nous devrons aussi réaliser qu'il deviendra de plus en plus difficile de rire et faire rire dans une société multiculturelle.

Wednesday, December 12, 2018

Enseignement de l'histoire: priorités et distractions


Heidi Berger milite pour que les élèves québécois du secondaire suivent une formation obligatoire sur le génocide durant leur scolarité. Elle a amorcé sa campagne, il y a deux ans et elle a été rejointe récemment par Rima Elkouri qui dans un article au titre accrocheur (« C'est qui, Hitler?, La Presse , 9 décembre) fait écho à la demande de Madame Berger. Selon Rima Elkouri, Madame Berger a constaté qu'il était possible de compléter son cours secondaire sans savoir qui est Hitler, sans savoir ce qu'est l'Holocauste, sans avoir appris quoi que ce soit sur les génocides qui se produisent encore aujourd'hui.Il faudrait aussi se demander combien d'élèves du secondaire complètent leur secondaire sans savoir qui sont Paul de Maisonneuve, Louis Joliet et le marquis de Montcalm.
 
 
 
 L' enseignement de l'histoire doit être valorisé, mais l'article de Rima Elkouri et la campagne de d'Heidi Berger doivent être mis en perspective.  Pourquoi titrer « C'est qui Hitler? » et non pas « C'est qui Staline? ou c'est qui Pol Pot? », pourquoi parler de l'Holocauste, celui avec le « H » majuscule, l'horreur industrielle a été inventé au Goulag bien avant les horreurs nazies. Lors de ses conférences au élèves du secondaire , Heidi Berger montre un témoignage vidéo de sa mère , elle entretient les élèves de racisme, de haine et d'intolérance, « Elle leur montre des photos de pancartes antisémites qu'elle se rappelle avoir elle-même vues au moins jusqu'à la fin des années 50 à Sainte-Agathe, ou elle a grandi. Des pancartes qui disaient « No Jews. No Dogs. »( Pas de juifs. Pas de chiens ), il y avait un antisémitisme terrible. Mes frères étaient toujours appelés «les sales Juifs « .  Ils faisaient toujours l'objet d'intimidation». 
 
 
 
Il faut noter qu'Heidi Berger nous parle de la fin des années 1950, sans rien dire de la situation actuelle ,  qu'en est-il de cette situation aujourd'hui à Sainte-Agathe, plus d'un demi-siècle plus tard? Si la situation a changé, tout ce que font Mmes Elkouri et Verger relèvent  de la culpabilisation et du salissage, voyez ce «Québec profond», ce Québec des régions, toujours aux prises avec ses démons racistes. Un Québec profond, auquel il faudrait probablement préférer  le diversifié et inclusif arrondissement Cote-des Neiges, arrondissement dont le conseiller de ville Lionel Perez, récemment promu chef d'Ensemble Montréal et par le fait même chef de l'Opposition officielle à l'hôtel de ville de Montréal, début novembre, Perez a suggéré, avec l'appui de la fondation d'Heidi Berger, que les écoles montréalaises inscrivent à leurs programmes un cours sur les génocides. Montréal serait ainsi sauvé.  Dans le contexte actuel, il faut craindre que ce cours ne serve en définitive qu'à culpabiliser les Québécois francophones, premier génocide à étudier, celui des autochtones, génocide dont nous ne sommes pas responsables, Le rêve de Champlain allait dans une toute autre direction et le fondateur de Québec rêvait plus à une fusion de la civilisation française-catholique et de la culture autochtone qu'à un génocide, le génocide fabulé d'Heidi Berger complétera et s'appuiera sur les fables des « territoires autochtones non-cédés », deuxième station sur ce chemin de croix de notre nation, la condamnation des mesures visant à abaisser les seuils d'immigration au Québec et au Canada, si nous réclamons moins d'immigrants, c'est que nous sommes racistes et intolérants. Nos efforts devraient porter sur l'enseignement de l'histoire nationale du Québec français, n'avons nous pas assez de difficultés avec cette dernière sans ajouter des distractions au parcours.

Wednesday, December 5, 2018

Alma Mother


La nouvelle est navrante.  La Presse nous apprend qu'un cours à la Faculté des études supérieures et post doctorales  de l'Université de Montréal a été donné en anglais.  (Le français à l''UdeM:  une « biliguisation » inquiétante, dit le PQ. », La Presse, 4 décembre), en fait c'est moins le PQ qui a réagi que Catherine Fournier, députée de Marie-Victorin.  Cette dernière réagissait à la publication dans La Presse du même jour d'une lettre publiée en Opinion: » Le recul du Français à l'Université de Montréal », sous la signature de Stéphanie Codsi, étudiante à la maîtrise en physique.  L'étudiante réagissait à une situation vécue, un de ses cours magistraux a été entièrement donné en anglais car deux étudiants unilingues anglophones de McGill y étaient inscrits en échange universitaire.  L'étudiante déclare, « Alors durant tout un trimestre , L'Université de Montréal une université francophone du Québec a donné un cours en anglais à une majorité d'étudiants francophones. »  Elle ajoute que le manuel était en anglais et que les notes de cours elles étaient en anglais et en français , la version française était bourrée de fautes et de surcroit n'était pas à jour.  Survenant quelques jours après la demande d'un comité d'historiens mandaté par English Montreal School Board  afin de retirer le manuel d'enseignement de l'histoire en secondaire III et IV car trop axé sur les expériences historiques du groupe ethnique\linguistique \culturel des Québécois francophones.  Difficile après de telles demandes de ne pas croire que le Québec n'est pas une Pays de Cocagne pour les Anglophones du Québec.  
 
 
 
Il faut saluer  la jeune députée de Marie-Victorin pour sa réaction rapide et Manon Massé doutée de Québec Solidaire déclarant: »C'est inacceptable.  Commentant l'affaire, Hélène David ex-ministre libérale de l'Enseignement supérieur déclare, elle: » il faut être vigilant dans ce genre de situation. Je pense que l'équilibre aurait pu être plus heureux qu'enseigner juste en anglais. L'effort aurait pu être des deux côtés» Son « équilibre » ce n'est toujours que du bilinguisme et « comme effort des deux côtés, il y a fort à craindre que nous n'attendions encore dans un siècle, il faut être deux pour danser. Au moment d'écrire ses lignes, pas de réactions de Jean-François Roberge, ministre de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur, trop occupé probablement à trouver des locaux et des enseignants pour les « maternelles 4 ans ».

Saturday, December 1, 2018

Pétard mouillé et fausse représentation



Télé-Québec avait annoncé la diffusion d 'un documentaire sur l'extrême -droite au Québec, documentaire intitulé La Bombe. Il y a eu diffusion d'une émission (il est impossible de parler de documentaire) qui aurait mieux convenu à la grille de Canal-Vie, émission portant essentiellement sur la trajectoire de Maxime Fiset, présenté comme un néo-nazi repenti reconverti dans la déradicalisation avec témoignage de la mère de Fiset pour ajouter un peu de human interest à l'émission et témoignage d'un enseignant en histoire de Fiset au secondaire, venant affirmer qu'il ne reconnaissait pas son ancien élève. L'extrême-droite au Québec se résumant pour le réalisateur de l'émission, Gabriel Allard Gagnon, et Télé-Québec à Maxime Fiset. L'auditeur n'aura rien appris sur l'histoire de l'extrême-droite québécoise ou sa sociologie, Maxime Fiset n'en connaissant visiblement rien, nous devons demeurer notre faim.  La Déradicalisation de ce dernier apparaît comme sa rédemption et son assomption, assomption, car il ne porte plus à terre en étant devenu une vedette médiatique. 
 
 
 
L'auditeur moyen aura conclu après quelques minutes d'écoute que Maxime Fiset est un un individu perturbé qui a besoin d'aide, il dit avoir été victime d'intimidation au secondaire et s'être toujours vu comme un marginal (dans une séquence il s'identifie à Alexandre Bissonnette lors de son interrogatoire, la séquence ou il fantasme sur la bombe qu'il comptait fabriquer et qui donne son titre à l'émission, bombe qu'il souhaitait faire exploser lors de la Fête du Canada car il s'agit d'une fête multiculturelle). Maxime Fiset avait moins besoin d'être déradicalisé que d'un bon suivi psychologique, Fiset est quelqu'un qui a visiblement besoin d'aide, ceux qui l'ont pris en mains et le manipulent en le promenant de plateau de télévision en plateau de télévision, son mentor semble être Benjamin Ducol, responsable de la recherche  au Centre de déradicalisation, ne l'aide pas il est ainsi apparu entre autres à Second regard et à Deux hommes en or, à ce chapitre, il faut écouter l'entrevue accordée à Sophie Durocher pour constater la confusion qui règne chez Maxime Fiset (QUB, Sophie Durocher, Maxime Fiset) Ces nouveaux amis et manipulateurs flattent peut-être sa mégalomanie (il déclare à un moment donné, « J'ai créé la Fédération des Québécois de souche (FQS)», «J'ai rempli un vide »,-en créant la FQS-, puis« Je me voyais comme un leader idéologique »,), mais il est douteux qu'il se soucie beaucoup de Maxime Fiset, l'individu. Ils devraient le laisser s'occuper de sa petite fille et de la mère de cette dernière. Documentaire sur l'extrême-droite au Québec, donné par un jeune trentenaire vaguement mégalomane dont la formation ne semble pas avoir dépassé le secondaire V et un cours d'électricien (honorable profession par ailleurs), il mentionne rapidement un retour aux études à l'Université Laval sans plus de précision. Il est vrai qu'il a fait un travail et un exposé sur le programme en 25 points du NSDAP en secondaire V, devant autant de science, nous ne pouvons guère que nous incliner, curriculum vitae qui ne donne aucun droit de s'auto-proclamer ou de se laisser proclamer « spécialiste de l'extrême-droite », l'auditeur devra se passer d'un véritable historique de l'extrême-droite au Québec, mais il aura droit à un bref et facile parallèle avec Donald Trump et en début d'émission de brèves images d'Adolf Hitler et d'une croix enflammée (il ne sera à aucun moment, mention du Ku Klux Klan dans l'émission, mais il s'agit de faire peur à l'auditeur, pas de le faire réfléchir). Il est vrai que Maxime Fiset prétend avoir lu Mein Kampf et The Turner Diaries, à mettre au compte de sa mégalomanie, lors de la préparation de sa bombe, Maxime Fiset se voyait en Timothy Mac Veigh , le responsable de l'attentat meurtrier d'Oklahoma, Fiset, encore sa mégalomanie, se voyait écrire les Carnets de Fiset. 
 
 
 
L'émission ouvre fort avec un amalgame entre nationalisme (Maxime Fiset viendrait d'une famille fortement nationaliste, sa mère affirme qu'elle ne voulait qu'il naisse le 1er juillet car c'est la fête de la Confédération et déclare adorer Ti-Poil, René Lévesque, Maxime Fiset est décidément né sous des jupons bien nationalistes) et racisme, c'est d'ailleurs le premier chapitre de l'émission, aucun des deux termes n'étant défini d'ailleurs, l'amalgame s'avérant constant tout au long de l'émission, le réalisateur  accompagne une manifestation de la Meute et de Storm Alliance (manifestation du 27 novembre 2017 à Québec contre le gouvernement Couillard), la réalisation insiste d'ailleurs sur la forêt de fleurdelisés et de drapeaux des Patriotes, une image valant mille mots, l'auditeur ne peut que sortir convaincu que le nationalisme québécois est nécessairement raciste, puisque les deux organisations sont elle-mêmes suspectées de racisme par Maxime Fiset. Sans grande surprise, l'extrême-droite au Québec est constitué des groupes déjà connus, les usual suspects étant La Meute, Storm Alliance et, pour faire bonne mesure, Atalante, les deux premiers se présentant comme des groupes citoyens.  Maxime Fiset qualifie aussi la Fédération des Québécois de souche (FQS) d'extrême-droite. Personne ne juge bon de nous expliquer pourquoi personne ne vient à la caméra nous présenter Atalante et la FQS, nous devons nous contenter de la parole de Maxime Fiset. Hypothèse personnelle n'a voulu risquer l'ostracisme personnel et professionnel ou même des violences physiques du fait des Antifas. Ces choses ne peuvent se passer chez, nous vivons en démocratie et dans une société de droit, nous avons le droit d'exprimer nos opinions, sans crainte de représailles. Ayant ouvert fort, l'émission se ferme aussi fort, la conclusion est que la Coalition Avenir Québec (CAQ) n'est pas un parti d'extrême-droite après avoir affirmé que les 40 000 Loups de La Meute ont hurlé de plaisir au soir du 1er octobre Les efforts de François Legault pour prendre ses distances avec La Meute sont visiblement passés inaperçus pour Maxime Fiset. Puisque nous sommes dans un société de droits, un huissier mandaté par l'avocat de la CAQ aurait dû au lendemain de la diffusion de l'émission déposé à la résidence de Maxime Fiset, à celle du réalisateur et au siège social de Télé-Québec, une poursuite au civil pour en diffamation.