Friday, March 13, 2020

Elle n'en manque pas une



La crise du coronavirus nous offre le spectacle, dans les média électroniques, d'un défilé interrompu de médecins et de microbiologistes (honorable occupation, habituellement discrète, mais comment résister à la notoriété accompagnant un passage à RDI ou à LCN) Médecins et microbiologistes disputent ces rares créneaux à des pharmaciens (chaque réseau à son pharmacien ou sa pharmacienne de service pour commenter l'état de la situation de la COVID-19). Ceux qui pourraient songer à s'insurger contre ce excès d'»informations» - se faire dire ad nauseam de se laver les mains et de tousser dans son coude, ce n'est pas de l'information à mon avis - sont taxés par certains d'imprudents, d'insouciants, de mauvais sujets. Alors que je tiens pour alarmistes , les journalistes qui «font» de la cote d'écoute sur les inquiétudes de la population (au moment - 12 mars- ou j'écris ses lignes, il y a treize cas reconnus de COVID-19 au Québec. Le faible nombre de Québécois atteints par la COVID-19 n'est pas un frein aux dérapages de certaines.  
 
 
 
N'en manquant pas une, Valérie Plante est à la manoeuvre: «Lors d'une réunion du comité exécutif, Mme Plante a critiqué les possibles - c'est nous qui soulignons- préjugés contre les communautés chinoises et italiennes de Montréal puisque ces deux pays font partie de ceux qui sont aux prises avec une épidémie de la COVID-19. La mairesse a demandé à ses concitoyens de ne pas «cibler certaines communautés, certaines populations en fonction d'ou le virus a émergé ou se propage» (Coronavirus: La mairesse de Montréal met en garde contre les préjugés, Le Journal de Montréal, 11 mars). Valérie Plante se rend-t-elle compte que c'est elle qui entretient ainsi un préjugé contre l'ensemble de la population montréalaise?  À bien y penser, cette déclaration s'inscrit parfaitement dans la ligne de la pensée générale de Valérie Plante qui depuis l'étude de la Loi 21, considère visiblement les Québécois comme d'indécrottables racistes. Valérie Plante s'insurge contre «les préjugés», mais la mairesse et le SPVM seraient bien en peine de mentionner un seul incident sinophobes ou italophobes à Montréal. Elle ne peut faire mieux que: [...] Mme Plante ira à la rencontre de citoyens dans le quartier chinois , ou des commerces sont affectés par une baisse d'achalandage.» Démarche qui nous apparaît raciste. Pourquoi éviter la Petite Italie?

Wednesday, March 11, 2020

Thermophyles 2.0



L'histoire repasse les plats et malheur à ceux qui insouciants préféreraient l'oublier. les incidents récents entre la Grèce et la Turquie sont là pour nous le rappeler.
«la guerre des mots et des images entre Athènes et la Turquie voisine a grimpé d'un cran cette semaine avec l'afflux massif de migrants lâchés aux portes de la Grêce. d'accusations en démentis, la surenchère de part et d'autre de la frontière n'a pas tari, jusqu'au plus haut niveau de l'état, depuis la décision de la turquie, le 28 février, d'ouvrir les vannes aux milliers d'exilés attirés par l'Europe [...]. alors que des milliers de personnes se ruaient vers la frontière terrestre bordée par le fleuve Evros, dans l'espoir d'entrer dans l'Union européenne, Athènes a rapidement musclé sa réponse sur le terrain et abandonné son langage diplomatique , sur fond de rivalité ancestrale. Ankara ripostait, à coup de vidéos, accusant Athènes de tirer sur les migrants (comment faut-il répondre à une invasion? NDA). «le mouvement est dirigé et encouragé par la Turquie», a fustigé le porte -parole du gouvernement Stelios Petsas, au sortir d'une réunion de crise dimanche dernier. «la Turquie, au lieu de réduire les réseaux de migrants et réfugiés, s'est transformée elle-même en trafiquant » a-t-il accusé.[...].(la guerre de mots entre la Grèce et la Turquie , l'Orient le Jour, 8 mars). 
 
 
 
Cette guerre de mots et d'images nous renvoient à des images déjà vues, esquifs fragiles et surchargés,  on nous a fait le coup avec les «réfugiés» lybiens, pour l'heure, il ne manque qu'un jeune réfugié noyé et dont le corps sans vie irait s'échouer sur les côtes grecques (les images du petit Aylan Kurdi sont encore dans toutes les mémoires), campements de fortune, tout pour impressionner les bonnes âmes occidentales et faire oublier à ces bonnes âmes que l'occident et l'Europe n'ont pas vocation à accueillir «la misère du monde». dans cette guerre entre orient et occident, la Grèce est une nouvelle fois, aux premières loges, c'est à une invasion qu'elle fait face , Mathieu Bock -Côté ne s'y trompe pas lorsqu'il écrit: « le vieux continent s'apprête à connaître à nouveau ce qu'il nomme pudiquement une «crise des migrants». et dans cette histoire, la Turquie ne se cache plus, longtemps, elle faisait chanter l'Europe. maintenant , elle veut la frapper, non seulement elle ouvre pour qu'y déferlent potentiellement des dizaines de milliers de migrants, mais elle masse à sa frontière des gendarmes pour empêcher la Grèce de les refouler. Le geste relève à la fois de la provocation et de l'agression. elle transforme malgré eux les migrants en troupe de choc et maquille en crise humanitaire une invasion en bonne et due forme. Erdogan, aujourd'hui , se joue de l'effondrement psychologique des européens. la crise humanitaire -bien réelle- est instrumentalisée pour déstabiliser une civilisation et la soumettre [...], (Mathieu Bock-Côté, «l'euphémisme de la « crise migratoire», Le figaro, 6 mars ). si de nombreux européens sont «effondrés psychologiquement», ils ne le sont pas tous, quelques européens veillent, ils sont encore marginaux, comme ceux de génération  identitaire qui appellent à manifester en appui à la grèce devant l'ambassade parisienne de la turquie(communiqué de génération identitaire, 9 mars). se trouvera-t-il encore des européens pour démontrer le courage et la résolution de Leonidas et de jean Sobieski. difficile de demeurer indifférents à cette Xième «crise migratoire». la mansuétude dont le gouvernement Trudeau fait preuve à l'endroit des migrants moyens-orientaux fera bien en sorte que nous ne finissions comme terre d'accueil de quelques uns de ces migrants

Saturday, March 7, 2020

Homme d'État et boutiquier


La stature d'homme d'état ne s'achète pas, pas plus qu'elle ne se trouve dans les boîtes de Crakers Jacks, elle ne vient pas non plus avec l'élection et le pouvoir. La crise ferroviaire que vient de connaître le pays nous a prouvé que nous avions peut-être des gouvernants pas d'hommes d'État. inutile de revenir sur l'impuissance de Justin Trudeau. Nous nous doutions que l'homme n'avait pas ce qu'il faut. La crise ferroviaire nous a montré que François Legault n'a pas non plus l'étoffe d'un homme d'État. Confronté à la barricade de Kahnawake, il nous a servi une curieuse déclaration: «Le premier ministre François Legault affirme que la présence d'armes «offensives, dangereuses» dont des AK-47, sur le territoire mohawk de Kahnawake explique en partie pourquoi «la Sureté du Québec n'est pas encore intervenue» pour démanteler le blocage ferroviaire malgré l'injonction obtenue par le Canadien Pacifique. (Blocage ferroviaire: Legault affirme qu'il y a des AK-47 à Kahnawake, La Presse, 26 février).  
 
 
Toujours sur le thème des AK-47, le Premier ministre a développé une curieuse argumentation.  «L'intervention policière est très délicate et c'est pour ça que je veux être prudent dans mes commentaires et laisser la Sûreté du Québec faire sa stratégie» a-t-il ajouté, affirmant que «ce n'est pas une solution facile» et qu'il «ne veut pas avoir sur [sa] conscience» des policiers blessés lors d'une intervention.On est prudent, je veux protéger la sécurité des policiers» S'étant ainsi drapé dans les vêtements d'un chef responsable et économe de la vie de ces hommes (bien que du même souffle il désavoue Les policiers et les officiers de la SQ). François Legault a ainsi laisser perdurer la barricade de Kahnawake. Les Québécois ne souhaitent probablement pas être dirigés par un foudre de guerre, assoiffé de sang, mais ils peuvent légitimement se demander ce que François Legault fait dans le fauteuil de Premier ministre.  À chaque jour des policiers provinciaux ou municipaux risquent leur vie lors d'interventions (prises d'otages dans des banques, etc.). Ministre de la Sécurité publique et maires quittent-ils pour autant leurs fonctions pour «assurer la sécurité des policiers», ils font face à leurs responsabilités, de même que les hommes et les femmes qui constituent ce que les Américains nomment respectueusement the thin blue line. La ligne bleue entre l'anarchie et une société de droit civilisée. Au delà du respect de la loi et de l'ordre,  il faut constater le manque d'envergure de François Legault, sa prudence n'est en définitive que de la pusillanimité, Avec des François Legault à la tête de la Grande-Bretagne et des État-Unis, l'Europe serait encore nazie car les Churchill et Roosevelt auraient déclaré «qu'ils ne voulaient pas avoir sur leur conscience des soldats blessés dans les opérations». La stature d'homme d'état se mesure dans les épreuves, François Legault a échoué son épreuve, il a l'étoffe d'un boutiquier.

Wednesday, March 4, 2020

De l'importance des symboles


Il ne faut jamais cesser de rappeler l'importance des symboles en politique.  La dimension métapolitique de l'action politique échappe manifestement à la Coalition Avenir Québec (CAQ). Dernière manifestation de cette indifférence, l'annonce de la désignation d'Olivier Lejeune à titre de personnage historique. «Olivier LeJeune est la première personne noire de l'histoire du Québec à avoir cette désignation officielle. C'était à la suggestion du rappeur Webster, a expliqué la ministre Nathalie Roy. Olivier Lejeune est le premier esclave africain qui est arrivé au Québec en 1629. Webster parle du jeune homme originaire de Madagascar dans son livre Le grain de sable. Olivier Lejeune est arrivé dans la ville de Québec à l'âge de 10 ans. Il est la première personne d'origine africaine qui a habité le Canada. Le nom d'Olivier Lejeune est maintenant au Registre du patrimoine culturel du Québec, qui sert notamment à choisir des noms de lieux publics, a expliqué la ministre Nathalie Roy à la foule réunie au théâtre Maisonneuve de la Place des arts, dimanche soir , pour le Gala Dynastie. Cette désignation «met en lumière la présence des Noirs sur le territoire québécois depuis près de quatre siècles, a souligné la ministre de la Culture et des Communications par communiqué. Ce geste nous rappelle un pan plus sombre de notre histoire qu'est l'esclavagisme à l'époque coloniale, et il nous permet de rendre hommage à cet homme pour ne jamais oublier son histoire.» De nombreux politiciens ont assisté au Gala Dynastie, dimanche sir, Nathalie Roy était accompagnée de ses collègues ministres Lionel Carmant et Nadine Giraut. La mairesse de Montréal Valérie était aussi présente.» (Une première personne noire désignée personnage historique, La Presse, 2 mars).  La ministre de la Culture et des Communications a visiblement tout faux, Il semble qu'Olivier Lejeune ne soit pas la première personne d'origine africaine au Québec, selon Postes Canada (Postes Canada lui a consacré un timbre en 2017) le titre reviendrait à Mathieu Da Costa, interprète pour Samuel de Champlain et Pierre Dugua de Mons, dès 1607-1609, donc 20 ans avant Olivier Lejeune. Curieusement, le nom de Mathieu da Costa n'apparaît pas au Registre du répertoire du patrimoine culturel du Québec. Qu'importe la vérité historique, Webster a réussi à assurer la promotion de son livre dans La Presse. Dans la course à la diversité, Nathalie Roy et les fonctionnaires de son ministère semblent jugé préférable de se fier à la suggestion d'un rappeur qu'à une entrée dans l'Encyclopédie canadienne, qu'importe Nathalie Roy avait son écot à apporter au mois de l'histoire des Noirs qui prenait fin le 29 février. On se demande ce que le ministre de délégué à la Santé et aux services sociaux et la ministre des Relations internationales et de la Francophonie faisaient dans un tel gala pour une telle occasion. Il faut garder en mémoire que Lionel Carmant et Nadine Giraut sont les deux seuls ministre Afro-Québécois du Conseil des ministres. Si la dimension symbolique du geste a échappé a Nathalie Roy, elle n'a probablement pas échappé à Lionel Carmant et à Nadine Giraut. Nous aimerions demandé à Mme Roy depuis combien de temps l'inscription au Registre du patrimoine culturel du Québec se fait sur la suggestion de rappeur? Il n'y a pas suffisamment d'historiens au Québec pour alimenter la réflexion de Mme Roy. Notons de plus qu'il faut conclure à la lecture de l'article d'Émilie Côté que le seul mérite d'Olivier Lejeune est d'être d'origine africaine, aucune mention d'une contribution culturelle significative à l'histoire de la Nouvelle-France.
À ce prix, pour demeurer dans la diversité, à quand l'inscription au Registre du patrimoine culturel du Québec, du premier homosexuel ayant vécu en Nouvelle-France.  Sur la question la lecture de La vie libertine en Nouvelle-France au XVIIe siècle de l'historien Robert-Lionel Séguin s'avèrera probablement plus instructive que les suggestions d'un rappeur.

Tuesday, March 3, 2020

Nationaliste ou post national?



Faut-il que les nationalistes québécois, ceux de la variété identitaire du moins, se prenne à souhaiter longue vie à François Legault et Simon Jolin-Barrette? Il faut le croire, car la relève caquiste a tout pour inquiéter. Dans une formation politique encore jeune et visiblement peu porté sur la réflexion, quelques slogans semblent contenter députés et ministres caquistes (les maternelles quatre ans, les maisons des aînés, En prendre moins et en prendre soin), Dans un tel vide intellectuel, les caquistes sont susceptibles d'aller dans toutes les directions et toutes les dérives. Les prises de position récentes de l'aile jeunesse de la Coalition Avenir Québec (CAQ) illustre bien ce propos. «Au lieu d'un enseignement des religions qui suscite «la division», le futur cours remplaçant Éthique et culture religieuse (ECR) doit porter sur les valeurs communes du Québec et son modèle d'intégration des immigrants, soutient l'aile jeunesse de la Coalition avenir Québec(CAQ). L'éducation à la citoyenneté et le développement de l'esprit critique doivent également faire partie du nouveau programme, selon elle.»(Les jeunes caquistes veulent un cours sur les «valeurs québécoises», La Presse, 27 février).
 
 
 
« Plutôt que d'enseigner le vivre-ensemble de manière clivante comme cela pouvait être le cas depuis 2008, l'aile jeunesse de la CAQ «appuie la mise en avant des valeurs québécoises de l'interculturalisme comme modèle d'intégration, des éléments qui rassemblent la vaste majorité des Québécois». Toujours selon son mémoire, l'interculturalisme «reconnaît le pluralisme qui compose la société québécoise , tout en valorisant les échanges et l'appartenance à une culture partagée , caractérisée par une langue, des institutions et une histoire commune. Ce modèle, qui permet à tous de trouver leur place au sein d'une culture nationale unique, rassemble les Québécois et doit servir de base à l'enseignement du vivre-ensemble. [...] Le nouveau cours doit également porter sur l'éducation à la sexualité. Le consentement sexuel et le harcèlement doivent être abordés dans les écoles, surtout «après la vague de #moi aussi» font valoir les jeunes caquistes». Faudra-t-il aussi parler de se laver les mains avant les repas, de manger la bouche fermée, etc. À la lecture de ces quelques lignes, difficile de ne pas conclure: Jeunes caquistes, Jeunes libéraux, Péquistes même combat (un petit rappel; Le candidat à la direction du parti Québécois, Guy Nantel ne déclarait-il pas lors de son entrée en lice: » qu'il compte aussi prôner des valeurs telles que l'égalité hommes-femmes, la séparation entre le religieux et l'État, l'intégration des personnes issues des communautés culturelles et la protection de l'environnement». Le paysage québécois devient de plus en plus plat et il faut prévoir que nos prochaines campagnes électorales seront des batailles de marketing politiques opposant, à défaut d'idées et de principes, les «gueules», les sourires et les cravates des chefs. Même adhésion au conformisme ambiant, adhésion qui se traduit notamment par l'utilisation des mots «valeurs québécoises» probablement réduite à la prépondérance du français (il faudra un jour sortir de cette croyance facile et dangereuse que la langue française représente et incarne la culture québécoise, la culture québécoise pour avoir un sens doit être et demeurer une culture fondamentalement européenne, n'en déplaise à toutes les «chances pour le Québec» qui débarque chez nous), au-delà de la langue française, l'égalité homme-femme, la protection de l'environnement, l'intégration des personnes issues de l'immigration et des communautés culturelles (de là, le recours à cette notion de «vivre-ensemble»). Les partis politiques québécois se dirigent vers une homogénéisation qui rend difficile de les distinguer les uns des autres. Personne pour rappeler aux jeunes caquistes que l'interculturalisme n'est toujours qu'un multiculturalisme à la sauce Taylor-Bouchard, il sera intéressant de voir comment il vont réussir à concilier cet interculturalisme avec leur souhait d'une «culture nationale unique». Nous nous dirigeons vers une standardisation de nos partis politiques que ne distinguerons plus bientôt que la tête de leurs chefs, la tête au sens de visage, mais pas d'idées. Il nous faut former avec nos faibles moyens, le camp des anti conformistes et des esprits libres. Le Québec des jeunes caquistes sera-t-il le deuxième état post-national après le Canada de Justin Trudeau ?

Friday, February 28, 2020

Chassé de l'Olympe


Ils ont réussi à le chasser de l'Olympe, Félix Leclerc. a été chassé de l'Olympe des poètes québécois, il y a d'ailleurs lieu de se demander comment on accède à cet Olympe? «Au début du mois , l'oeuvre bien connue du défunt chansonnier Les 100 000 façons de tuer un homme a été mise à l'index à l'école Saint-Enfant-Jésus, située à la limite du Mile-End. Les élèves de 3e et 4e années étudiaient le texte de Félix Leclerc dans le cadre de leurs cours d'art dramatique (??, NDA). Selon nos informations, certains parents n'ont pas apprécié le contenu de cette chanson des années 1970, qui condamne l'oisiveté à laquelle mènerait le filet de sécurité sociale.Devant la pression d'un parent, l'enseignante a changé l'oeuvre à l'étude «pour éviter une controverse». [...] La Commission scolaire de Montréal s'est contentée d'un courriel laconique. «Le texte a été jugé trop aride pour des élèves de ce niveau, a fait valoir le porte-parole Alain Perron. C'est pourquoi l'enseignante a préféré donner un autre texte.» Le relationniste a ajouté «que l'oeuvre de Félix Leclerc est largement étudiée dans nos écoles»(Un texte de Félix Leclerc banni dans une école, Le Journal de Montréal, 26 février).  Parmi les faits notables dans cette information, il faut retenir que c'est sur la plainte d'un seul parent que Les 100 000 façons de tuer un homme a été retiré du programme. Si c'est là, ce qu'entendait Jean-François Roberge, le ministre de l'Éducation, lorsqu'il parlait «des pouvoirs des parents»dans le cadre des débats sur la Loi 40 et l'abolition des commissions scolaires, il faut souhaiter l'adoption d'une loi visant à interdire l'intervention des parents dans la composition de programme. D'autre part, je ne suis pas pédagogue ou enseignant, mais la présence de cours d'art dramatique pour des écoliers de 3e et 4e année est peut-être prématurée, l'heure est peut-être alors plus à la maîtrise de la grammaire et à l'acquisition de vocabulaire. L'article est muet sur les motifs du parent mécontent, s'agit-il comme l'écrit la journaliste(Geneviève Lajoie) de la condamnation de l'oisiveté laquelle mènerait le filet de sécurité sociale(laissons cette interprétation à Mme Lajoie). Le prétexte serait un peu court (le poème ne contient que deux lignes qui vont très imparfaitement dans ce sens, Leclerc écrit; Non je crois, que la façon la plus sûre de tuer un homme c'est de l'empêcher de travailler en lui donnant de l' argent. La plainte portait-elle sur la violence du texte, texte présentant les différentes de tuer un homme (le coup de fusil, le coup de canon, la pendaison, la noyade, le poison, le gaz, le rasoir, la hache, le couteau, la scie, la collision. liste assez détaillée bien susceptible d'inquiéter certains parents bisonours? L'incident soulève d'autres questions, à quel âge, est-il possible de proposer une telle oeuvre aux étudiants. Les élèves du premier cycle du secondaire sont probablement à même de saisir l'ironie dans laquelle baigne le poème de Félix Leclerc. Assez mûrs aussi pour réaliser que l'aide sociale ne constitue pas une carrière et qu'elle ne peut constituer qu'un revenu de subsistance en cas de situation prolongée de non-emploi. Les propos de Leclerc sont à rapprocher de ceux d'un autre chanteur québécois, ceux de Robert Charlebois(sur des paroles de Pierre Bourgault) et de son «entre deux joints, tu pourrais te grouiller l'cul». Même appel à la fierté, à l'action, dans une perspective nationaliste dans les deux cas. Si la mise à l'index tient à la violence du texte, il y a là motif à initier une salutaire réflexion sur la violence dont peuvent être témoins les enfants de 3e et 4e années. Celle des jeux vidéo. Il faudrait aussi s'interroger sur le rôle de la télévision, est-ce que tous les films diffusés sont diffusés à des heures de grande écoute par des chaînes généralistes ont tous reçu le classement général du bureau de surveillance du cinéma. 
La multiplication des écrans complique aussi la tâche des éducateurs (parents et enseignants) pour ceux qui se sentent encore la force de jouer ce rôle.

Pour triste que soit l'incident, il n'en est pas moins intéressant sur l'état de notre classe politique. «L'enjeu n'est pas tellement qu'un parent demande une telle chose, c'est que l'on considère à tel point qu'on prive les élèves d'une oeuvre québécoise majeure (encore l'Olympe pour Félix Leclerc). Cette rectitude politique outrance ne cesse de gagner du terrain dans l'ensemble de notre société et ça suffit»a réagi le chef intérimaire du Parti Québécois, Pascal Bérubé. Bienvenue en 2020, Monsieur Bérubé. Devons-nous conclure que vous vous insurgerez contre la prochaine demande de censure réclamée par un groupe dénonçant le racisme ou le sexisme d'une oeuvre, d'une conférence ou d'un colloque, la rectitude politique loge aussi à cette insigne. 



« La députée solidaire Christine Labrie, elle-même enseignante et historienne, demande aux parents de respecter la liberté pédagogique des profs. «les enseignants, ce sont eux les experts , plaide l'élue de Sherbrooke. On ne peut commencer à arrêter d'étudier des oeuvres parce qu'ils [sic] ne sont pas consensuelles. Madame Labrie signale qu'il y a bien souvent un «deuxième degré» dans les oeuvres et que c'est justement le rôle du système d'éducation d'apprendre aux élèves à le découvrir et à la comprendre. (Texte de Félix Leclerc banni d'une école: la rectitude politique à outrance , ça suffit!, dit l'opposition, Journal de Montréal, 26 février ). Que faire? Remettre immédiatement au programme Les 100 000 façons de tuer un homme, déposer dans la corbeille les prochaines plaintes de ce parent et pour faire bonne mesure faire étudier L'alouette en colère et Bozo les culottes aux étudiants de l'école Saint-Enfant-Jésus.

Tuesday, February 25, 2020

Métastases et guerriers blancs



Dans les jours suivants la levée de la barricade de Belleville (nous nous refusons comme l'on fait certains média à utiliser le nom mohawk de Tiendinaga (cette utilisation étant une première capitulation devant l'activisme des Warriors). Des Mohawks d'Oka ont bloqué la route 344 avec des voitures (Des manifestants bloquent la route 344 à Kanesetake, Journal de Montréal, 24 janvier).  S'empressant de déployer des drapeaux des Warriors afin de bien marquera la nature de ce blocus et probablement d'inscrire leur initiative dans un mouvement plus large. La crise ferroviaire prendra fin un jour, encore lointain si l'on se fie à l'incurie démontrée par le gouvernement Trudeau, le Canada souffre et souffrira encore des revendications autochtones, souffre et souffrira, car écologistes radicaux et éléments anarchistes ont pris le train en marche (il suffit de voir la composition des participants à la barricade de Saint-Lambert), trop heureux de nuire à l'économie capitaliste colonialiste du Canada et de bénéficier d'une publicité à peu de frais. Ce qu'il faut craindre, ce sont les métastases, c'est à dire des initiatives ponctuelles plus ou moins spontanées à travers le Canada et le Québec. Pas de paralysie générale des systèmes ferroviaires routiers  canadiens, mais des blocages locaux de voies ou de route, du sable dans l'engrenage en quelque sorte. 
 
 
 
Ces initiatives destinées à «sensibiliser» les citoyens aux revendications autochtones conduiraient le pays dans une zone d'anarchie de faible intensité, susceptible de dégénérer (il ne faut pas oublier que la crise d'Oka a duré 2 mois, soit du 11 juillet au 15 septembre 1990, l'actuelle crise n'a pas encore un mois). Les citoyens albertains ayant tentés de leur propre chef de démanteler un barricade autochtone près d'Edmonton feront-ils école? (Crise ferroviaire: verra-t-on apparaître des «Guerriers blancs», Huffpost, 20 février). L'apparition de « Guerriers blancs » est très improbable, Canadiens et Québécois se comportent comme des carpettes depuis des années, les colonnes vertébrales apparaissent rarement par miracle chez les invertébrés.  Dans un tel climat de confrontation, il ne faudrait pas se surprendre qu'un contre manifestant ne soit tenté de faire sien les dérapages verbaux d'un Luc Lavoie (Luc Lavoie suggère «un coup de [de pistolet] entre les deux yeux» des autochtones,Le Devoir, 21 février). Si une telle situation devait se produire, ce sont les gouvernements qui auraient ce sang sur les mains. C'et à eux de faire respecter la loi. Souhaitons ne pas en arriver à une telle extrémité. Dans un état de droit, c'est justement à l'état à faire respecter la loi, lorsque le vigilantisme se développe c'est habituellement parce que l'état n'a pas été en mesure d'accomplir cette mission. Quelqu'un voudra-t-il rappeler à Justin Trudeau qu'il est élu pour faire respecter la Loi et non pour la «réconciliation» Blancs Autochtones.