Tuesday, March 12, 2019

Le chien dans le jeu de quilles


Son élection a d'abord de quoi surprendre dans l'Amérique de Donald Trump. Ilhan Omar est un véritable Ovni sur la scène politique américaine, l'élue démocrate du Minnesota est en effet l'une des deux femmes musulmanes à avoir été élu à la Chambre des représentants aux récentes élections de mi-mandat, l'autre étant Rashida Tlaib, démocrate du Michigan. L'élection de ces deux femmes démontrent l'évolution démographique de certains États américains. Ilhan Omar affirme sa différence en siégeant foulard islamique sur la tête. Son entrée en fonction a fait l'objet de débats. Quelle est la valeur de son serment de représentante sur la Constitution, quelle sera sa loyauté à cette Constitution, ses opposants les plus convaincus allant jusqu'à rappeler l'autorisation faite par la taqqiya  aux musulmans de prêter de faux serments à des Infidèles pour faire avancer la cause de l'Islam. La jeune élue n'a pas tardé à se faire remarquer.



Quelques semaines après son entrée en fonction, elle a, a deux occasions créées des polémiques qui ont secoué la classe politique américaine. Première salve, elle a affirmé que le puissant American Israel Political Action Comitee (AIPAC) finançait les responsables politiques américains pour être pro-Israël, pour Eliot Engel, président démocrate de la puissante commission des affaires étrangères de la chambre des représentants, cette déclaration s'inspire «d'une réthorique antisémite sur l'»argent juif» », deuxième salve, Ilhan Omar a affirmé que les militants pro-Israël « prônent l'allégeance à un pays étranger». Cette fois, l'élue démocrate a été accusé faire appel à la vieille réthorique de la « double loyauté » des Juifs et de leur absence de loyauté à l'égard de leurs pays d'accueil. Les propos d'Ilhan Omar rappellent curieusement les propos tenus il y a plusieurs années par le paléoconservateur Pat Buchanan polémiquant alors avec les néoconservateurs et qui affirmait que « le Congrès des États-Unis est un territoire occupé par Israël». Il faut ajouter que Ilhan Omar et Rashida Tlaib supportent le mouvement BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions) appelant entre autres à l'évacuations territoires palestiniens occupés par Israël.

Les déclarations d'Ilhan Omar ont causée une certaine commotion au sein du parti démocrate.  Nancy Pelosi, Le leader du parti à la Chambre des Représentants a fait adopter une résolution condamnant la «haine» , résolution jugée insuffisante par les républicains car elle ne condamne pas nommément Ilhan Omar et qu'elle ne prévoit aucune sanction à l'égard de cette dernière.  
Il aurait été étonnant que Donald Trump ne prenne pas position dans cette polémique. il n'a pas tardé à accuser le parti démocrate d'être devenu « anti-juifs»("Donald Trump accuse le parti démocrate d'être devenus «anti-juifs», Le Journal de Montréal, 8 mars), Ajoutant que les déclarations de Ilhan Omar sont une «honte ».  Difficile de savoir qui parle? Est-ce le président qui parle, le candidat à la réélection à l'élection présidentielles de 2020 ou l'homme? Le président américain le plus pro-Israël depuis la création d'Israël, a à son crédit: la promesse de transférer l'ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem, le retrait de l'Accord nucléaire iranien, le retrait américain du conseil des droits de l'homme l'ONU au motif du parti-pris anti-israélien de ce dernier, le blocage des fonds destinés à l'Autorité palestinienne jusqu'à ce que cette dernière accepte de reprendre les négociations avec Israël. Le candidat à la réélection à l'élection présidentielle de 2020. Le candidat n'ignore pas l'importance du vote juif dans des swing states comme l'État de New-York ou la Floride avec ses retraités juifs, à moins que se ne soit l'homme, dont la fille Ivanka s'est convertie au judaïsme et dont le gendre , Jared Kushner est présenté par la presse américaine comme un juif orthodoxe. Pour reprendre les propos de Pat Buchanan, il faut considérer que Donald Trump est à lui seul un territoire occupé par Israël. En accusant les démocrates d'être « anti-juifs» Donald Trump joue probablement sciemment sur l'ambiguïté entre antisionisme et antisémitisme. Les déclarations d'Ilhan Omar relève du premier. Dans sa volonté de dénoncer l'influence d'israël et du lobby pro-israélien aux États-Unis, Ilhan Omar en dépit de son foulard islamique se montre peut-être plus patriote américaine qu'un matamore comme Donald Trump.

Sunday, March 10, 2019

Il n'est jamais trop tard pour bien faire

Le crédit dont jouit encore la fédération des femmes du Québec (FFQ) surprend toujours, après la nomination du transgenre Gabrielle Bouchard à la tête de l'organisme et la résolution de la FFQ sur la prostitution lors de son l'assemblée générale extraordinaire à la tenue fin octobre 2018, («les élucubrations de la Fédération des Femmes du Québec », Le Harfang, Vol.7 no 1). Ainsi qu'une femme occupé comme l'analyste politique, Caroline Saint-Hilaire (ancienne députée bloquiste de la circonscription de Longueuil Pierre-Boucher et ex-mairesse de la Ville de Longueuil) ait du temps à consacrer à la FFQ, même si c'est pour s'en démarquer étonne («Caroline St-hilaire a «renié» la Fédération de Femmes du Québec», Journal de Montréal, 8 mars ). Elle affirme en effet «Je les ai officiellement reniées sur les réseaux sociaux parce qu'ils ont pris un virage pas juste à gauche , mais d'extrême-gauche.» Elle s'oppose au discours voulant que «les femmes ne sont plus juste un genre.» Elle rejette la position de la FFQ voulant que la prostitution résulte du libre choix des femmes » 
Il faut lire l'édifiante déclaration de principe de la FFQ sur son site, la FFQ y déclare:» À l'intérieur du mouvement des femmes: La FFQ s'inscrit dans le courant qui s'attaque aux systèmes d'oppression ou de domination que sont le patriarcat, le capitalisme, le racisme , l'impérialisme et l'hétorosexisme...» pour résumer, «l'ennemi , c'est l'Homme blanc hétérosexuel », articles disponibles sur le site de la FFQ: «la FFQ dit «oui »aux femme musulmanes «non «  à la fausse laïcité de la CAQ » et «L'Islamophobie: une forme de sexisme ». La FFQ ne doit guère compter comme membres des femmes professionnelles ou chefs d'entreprise. Caroline Saint-hilaire a raison de parler d'extrême-gauche. La prise de position de Caroline Saint-Hilaire doit nous rappeler qu'il faut toujours s'interroger sur la véritable représentativité de ces organismes qui prétendent parler, ici au nom des femmes, là au nom des minorités LBGTQ ou religieuses ou raciales. Combien de membres en règle à la FFQ, existe-t-elle d'ailleurs en dehors des apparitions de sa présidente sur les plateaux de télévision ou dans les studios de radio, Personnellement, je ne connais aucune femme membre de la FFQ et qui se présente comme telle.Sur son site, la FFQ privilégie visiblement les adhésions collectives ( parmi les membres collectives, orthographe d'origine, il y a l'Association des femmes iraniennes, le Centre communautaire des femmes sud-asiatiques, une étonnante Association des religieuses pour les droits des femme, le centre de solidarité Lesbienne, Le Réseau des lesbiennes du Québec, une panoplie de Comités de condition féminine des centrales syndicales (CSQ, CSN, FTQ), un aréopage de Table de concertation suffisant pour faire le tour du Québec(Lanaudière, Montérégie, Mauricie, Centre du Québec, Montréal et Gaspésie et les Iles). Souhaitons que toutes les femmes du Québec renient la FFQ, si cela n'est déjà fait .

Sunday, March 3, 2019

EXIT ECR


La sagesse populaire affirme que tout ce qui traîne se salit, les débats autour du cours éthique et culture religieuse (ECR) en donnent la preuve. Jouant son rôle d'opposition (même s'il ne s'agit que de la deuxième opposition),, le chef parlementaire du Parti québécois, Pascal Bérubé propose au gouvernement Legault d'abolir par souci de cohérence, dans le contexte plus large du débat sur la laïcité, le cours éthique et culture religieuse(Le PQ veut la fin du cours d'éthique et culture religieuse, Journal de Québec, 26 février). Proposition rapidement écartée par la CAQ, le PLQ et QS (101 voix contre 10), si la présence parmi les opposants des libéraux et des Solidaires ne surprend guère. celle des troupes deFrançois Legault étonne, la défense de l'identité québécois promise par la CAQ fondrait-elle au soleil? Les députés casuistes céderaient-ils déjà aux sirènes de la diversité et du politiquement correct. Dernière sottise en date, notre «brillant» ministre de l'Éducation, Jean-François Roberge qui est aussi visiblement inculte en matière de religion, estime: »Il y a une place (pour les athées dans le cours d'éthique et de culture religieuse (ECR)), mais elle n'est pas suffisamment grande, je pense que l'athéisme fait partie des courants de pensée » a-t-il soutenu lors d'un impromptu de presse sur la colline parlementaire, nous sommes impatients de voir comment le cours ECR amélioré abordera la question de la Franc-Maçonnerie, qui est aussi un courant de pensée, et de son Grand Architecte. 

Aux yeux de Monsieur Roberge, «il faut corriger ce cours-là , il faut améliorer ce cours-là.» (Jean-François Roberge veut remanier cours ECR, Le Devoir, 27 février). Il y a lieu de douter de la volonté du ministre de remanier le cours ECR, dans le même impromptu de presse, J.-F, Roberge affirme que « Le programme d'ECR prépare l'élève au « vivre ensemble « en l'outillant afin de « combattre les généralisations hâtives, les appels aux clans, les faux arguments. Dans un contexte de mondialisation de migrations massives, je trouve important de connaître les grandes religions (...) ». Pourquoi en si bonne route ne pas ajouter un cours sur le consumérisme et le centrecommercialisme (les centres commerciaux étant devenus de véritables cathédrales le dimanche dans les villes et banlieues québécoises). Plutôt que de se perdre en additions oiseuses et nécessairement tributaires des effets de mode, adoptons la solution proposée par Mathieu Bock-Côté dans sa chronique du 27 février(« Il faut abolir le cours d'ECR », Journal de Montréal, 27 février).Un cours qui pour le sociologue plutôt que de renseigner les élèves sur les grandes religions du monde assure plutôt :»la promotion active du multiculturalisme au nom de la «diversité».Supprimons le cours d'ECR et  en lieu et place, instaurons un véritable cours d'histoire des religions, avec des éléments objectifs (date de création, fondateurs, livres sacrés, grands principes, développement, croissance et expansion géographique, mention des différents courants les constituant, ex. le chiisme et le sunnisme pour l'Islam, le catholicisme, le protestantisme et l'orthodoxie par le christianisme). 



La suppression du cours d'ECR au niveau secondaire devrait avoir deux conséquences, l'instauration d'un cours d'instruction civique avec présentation de nos institutions politiques et juridiques et leur fonctionnement et réintroduction d'un cours d'histoire nationale (tant qu'à parler d'intégration des nouveaux arrivants); au niveau collégial, la suppression du cours d'ECR devrait conduire à un examen des cours de philosophie obligatoires au CEGEP. Ces cours devraient d'abord présenter les grands philosophes de la Grêce antique(Aristote, Platon, les stoïciens ) et de la culture occidentale (ainsi les enseignements d'un Constantin, du thomisme et du  cartésianisme feraient parti du cursus obligatoire).  Avec des étudiants plus mûrs, ces cours devraient être l'occasion de former les collégiens aux règles des débats d'idées, à l'analyse critique des idées à la mode et à l'analyse des média (procédés journalistiques les plus communs, etc.). L'objectif de ces cours de philosophie seraient de faire des collégiens, des « testes bien faites ».

Wednesday, February 27, 2019

Repasse-Partout


La nouvelle mouture de Passe-partout a pris l'antenne de Télé-Québec, le 25 février dernier.
 
 
 
Que penser de cette nouvelle mouture, la prudence est de mise, mais il faut constater que cette série « pédagogique », il ne faut jamais oublier que la première version avait été conçue en collaboration avec des fonctionnaires du ministère de l'Éducation et des représentants de Radio-Québec à l'époque, .Cette collaboration marquait la fin de l'imaginaire débridé et la folie douce qui marquaient les réalisations de Radio-Canada, telles que Bobino, La boîte à surprises, Sol et Gobelet, la Ribouldingue.En 1977, Passe-Partout inspiré du succès de Sesame Street outre-frontière était «destiné à l'éducation des enfants d'âge préscolaire avec une attention particulière au milieu défavorisé». La «nouvelle » mouture reprend les éléments les plus importants de la série initiale, Ainsi Passe-Partout, Passe-Carreau et Passe-Montagne sont de retour,  mais curieusement les costumes eux n'ont pas changé leurs interprètes ayant changé, les marionnettes, elles ont fait l'objet de changements cosmétiques, aussi sont de retour (Cannelle, Pruneau et leurs parents, etc). L'émission n'a pas échappé à une volonté de faire plus 2019 que les émissions de la première série, émissions ayant tout de même plus de quarante ans, Le critique du Devoir (« Passe-Partout »,»vintage» modernisé, Le Devoir, , 26 février) note : » Dire que le tout est moderne serait mentir.  (...) on sent que Passe-Partout s'est au moins modernisé.  Par exemple, De nouvelles marionnettes de Canelle et Pruneau (...) présentent des photos d'eux sur une tablette, balayage d'écran compris. Les enfants modernes swipent c'est bien connu(émission probablement conçue avant sans les mises en garde sur les temps d'utilisation des écrans par les jeunes Canadiens et les jeunes Québécois, lancées par les optométristes et pédiatres) . Biscuit , le jouet que Canelle croit avoir égaré, est en peluche et non pas en fourrure. Passe-Montagne , lui, fait semblant de conduire à travers les cônes orange une petite voiture électrique qui ne fait pas « forum vroum » mais « bzz bzz ».  Dans son souci de s'adresser à des « enfants modernes », combien de temps avant que l'un des personnages locavore ne passe à l'alimentation végane et sans gluten et n'abandonne la consommation de viande rouge afin de sauver la planète? Combien d'émissions faudra-t-il pour que l'on présente un personnage transgenre, humain ou marionnette, aux « enfants modernes », les paris sont ouverts. Passe-Genre s'intégrerait sans difficultés parmi les amis de Passe-Partout. Les vêtements des personnages sont déjà non-genrés, une difficulté est donc déjà réglée. 
 
Selon La Presse du lendemain, il y a eu plus de 700 000 auditeurs pour cette première diffusion de Passe -Partout, effet de nouveauté certes, combien seront-ils dans quelques semaines. Il y avait probablement plus de «Poussinots» trentenaires ou quadragénaires devant le petit écran au soir du 25 février que d'enfants d'âge préscolaire. Enfants pour qui Passe-Partout relève de la préhistoire de la télévision. Il faut noter que cinq minutes ne se s'était pas écoulées dans la première émission que Perline, la mère de Canelle, nous présente sa voisine,Madame Coucou visiblement issue de la diversité avec sa peau café au lait et ses cheveux frisés. Les «enfants modernes» de Passe-Partout doivent nécessairement apprendre à être inclusifs dès le plus jeune âge.Il convient de noter ici que la dans la première version, il y avait déjà un personnage eurasien, Passe -Midi.
 
 
La nouvelle mouture sent aussi le « pédagogisme » avec son insistance sur les apprentissages . Une insistance que le ministre de l'éducation, Jean-François Roberge ne peut qu'approuver, maternelles quatre ans, Passe-Partout, même combat?

Tuesday, February 12, 2019

Justice et vengeance

Le verdict est enfin connu dans l'affaire de la fusillade de la grande mosquée de Québec. Alexandre Bissonnette passera les quarante prochaines années à l'ombre avant d'être éligible à une libération conditionnelle. Ce qui est intéressant dans ce verdict, se sont les réactions de la communauté musulmane de Québec («Sentence d'Alexandre Bissonnette: Consternation dans la communauté musulmane », Journal de Montréal, 8 février). À la lecture de l'article , il y a lieu de se demander quelle peine souhaitait ou espérait ladite communauté. Le journaliste de La Presse, Yves Boisvert a probablement parfaitement résumé les souhaits de la communauté musulmane de Québec en titrant son article sur le verdict:»Entre la sévérité et la vengeance» (»Entre la sévérité et la vengeance, La Presse, 9 février), avec un parti-pris, pour la vengeance, Aymen Derbali qui depuis l'attentat doit demeurer en fauteuil roulant déclarait: «J'ai été très déçu et surpris, à un tel point (que j'ai failli) m'évanouir , a-t-il indiqué. J'aurais aimé que la justice soit rendue à toutes les victimes et que la sentence soit à la hauteur du crime perpétré. » Sans préciser ce qui lui apparaissait une « sentence à la hauteur du crime perpétré». Le juge Huot a tout de même infligé une peine sévère à Alexandre Bissonnette, une peine supérieure aux 25 ans prescrit par le Code criminel.


Source: La Presse

 Ce que le juge Huot a refusé, l'application de peines consécutives de 25 ans, jusqu'au 150 ans demandé par le ministère public. Ahmed Cheddadi ,un des rescapés de la tuerie déclarait lui que: » Je respecte la décision du juge,. (Mais dans 40 ans ) les orphelins pourraient rencontrer le tueur de leur père dans un supermarché. C'est ce qui me touche . C'est très dur. » Dans 40 ans, Alexandre Bissonnette aura 69 ans, s'il est toujours vivant , il ne sortira pas de prison, il sera simplement éligible à une libération conditionnelle, ce qui est très différent. À la lecture des déclarations des survivants de la fusillade de la grande mosquée, et de leurs proches, le sentiment que l'on acquiert est que ces derniers ne cherchaient pas la justice, mais la vengeance. Cette incompréhension du fonctionnement du système de justice canadien est un motif supplémentaire de souhaiter l'instauration du test des valeurs proposé par la Coalition Avenir Québec. Il est facile d'en arriver à la conclusion que les membres de cette « paisible » communauté si bien intégrée ne se serait contentée que d'une exécution au couteau, style État islamique. Une exécution combinant, sévérité et vengeance.

Wednesday, January 23, 2019

Une Assiette à la fois

Une Assiette à la fois
Publication et débats autour du nouveau Guide alimentaire canadien, controverses autour du gaspillage alimentaire. Le magazine l'Actualité titre en page frontispice de son édition de Février 2019, La révolution végane et en sous titre "Le procès de la viande ne fait que commencer". Au programme, réduction de notre consommation de viande rouge (Peut-on manger sainement sans détruire la planète, La Presse, 20 janvier). La journaliste Daphné Cameron écrit: « Un groupe mandaté par la prestigieuse revue médicale The Lancet, un groupe formé par une trentaine de sommités tente depuis trois ans , d'établir comment nourrir 2,2 milliards d'humains de plus tout en préservant les écosystèmes et en freinant les émissions de gaz à effet de serre responsables du réchauffement climatique. Ce n'est pas en Occident que ces campagnes doivent être menées, ce n'est pas l'Occident avec ces taux de natalités anémiques qui contribuera de façon significative à ces milliards d'humains supplémentaires. Après une série de calculs complexes, Les sommités de The Lancet ont accouché d'un guide concret qui recommande au gramme près les portions à consommer quotidiennement. Ils ont accouché d'un guide concret qui recommande au gramme près les portions à consommer quotidiennement pour chaque type d'aliments. Nous pouvons rire aujourd'hui des récits et des films de science-fiction des années 1950 qui annonçaient une ère de repas de pilules. Nous en sommes peut-être plus près que l'on pense: " ce guide concret qui calcule au gramme près les portions à consommer quotidiennement pour chaque type d'éléments », n'annonce-t-il pas la fin des gastronomies nationales et des terroirs, les artisans du ragoût de pattes et du cassoulet devront-ils envisager le passage dans un éventuel dans un maquis culinaire.
 Essentiellement, la consommation mondiale de fruits, de légumes, de légumineuses et de noix devra être haussée, tandis que la consommation de viande rouge et de sucre ajouté devra diminuer radicalement. En entrevue à La Presse, la nutritionniste Hélène Laurendeau, cette dernière déclare: «que c'est la première fois que la question environnementale est intégrée dans les recommandations nutritionnelles. » Ça va être une révolution alimentaire qu'il va falloir mettre de l'avant ici et certainement ailleurs en Amérique du Nord. ». Difficile de ne pas voir dans cette remarque une pointe contre le monde blanc grand consommateur de viande rouge. Cette croisade, Menace clairement nos libertés. Dans ces contributions calculées au gramme près afin de respecter environnement et nutrition, difficile de ne pas voir Big Brother aux fourneaux. La rencontre de ces deux vaches sacrées contemporaines, Les préoccupations environnementales et l'alimentation. Il est clair que nous ne sommes pas confrontés à un débat simplement nutritionnel ou diététique, mais à un vrai conflit idéologique, L'Actualité écrit: »Le véganisme n'est pas un simple régime alimentaire. C'est un mouvement social et politique. » un chercheur consciencieux y trouverait probablement aussi des aspects spirituels.
Bien que relativement jeune le véganisme (à ne pas confondre avec le végétarianisme) n'est pas dépourvu de fondements philosophiques cohérents. Ce fondement, c'est l'antispécisme (abordé rapidement dans le numéro d'octobre 2018 du Harfang sous le titre « avant le spécisme ». Ce courant de pensée voulant qu'il faille ne pas considérer l'espèce auquel appartient un animal (incluant l'homme) pour justifier une hiérarchie ou des différences de traitements, moral ou juridique. Apparu  aux États-Unis en 1975 avec la publication de La libération animale de Peter Singer. Pour Singer, les choses sont simples, puisque les animaux souffrent, ils ont des droits. Nous aurions tort le tout pour une aimable plaisanterie et ne pas tenir compte des progrès éventuels de l'antispécisme et de l'influence qu'il pourrait acquérir. La théorie du genre, née des gender studies développées dans certaines  universités américaines sans les années 1960 et 1970, s'est répandue par la suite comme un feu de broussailles, on peut en mesurer l'influence aujourd'hui, on peut aussi constater sa malheureuse diffusion. Certains lecteurs pourront nos objecter que les animaux n'ont pas de conscience que dès lors, la supériorité de l'homme est établie. Les antispécistes contournent le problème et évoque plutôt , la « sentience » c'est à dire la capacité pour un animal à ressentir une douleur physique ou un émotion psychique. La page d'accueil de l'une des associations antispécistes françaises (269 Life France, 269 Life est une association internationale) est explicite. Il y est écrit :» Les autres espèces ne sont pas des numéros sans visage, ils existent à la première personne. Ils ne sont pas « du poulet », « du cochon » ou « du poisson », mais chacun d'entre eux est un être unique ayant des intérêts propres. (la suite est encore plus intéressante): «Le rejet de la discrimination par l'espèce (spécisme) est un impératif même titre que le rejet du racisme ou du sexisme. » Pour demeurer dans cette logique, certains militants végans assimilent la production de viande à un crime de masse comme la Shoah. «Sur le plateau de Thierry Ardisson, Solveig Halloin, la porte-parole du collectif Boucherie Abolition, compare la consommation de viande à l'Holocauste - et même un « holocauste »: programmé dès la naissance. («Derrière le militantisme végan, la puissante idéologie antispéciste», Le Figaro, 1er décembre)


En France, les manifestations antispécistes ont d'abord pris la forme de manifestations symboliques avec militants couverts de sang mimant des animaux conduits à l'abattoir, certains antispécistes radicaux se sont même faits marqués au fer rouge (vidéos disponibles sur Youtube). L'activisme antispéciste a grimpé d'un cran au cours de l'été 2018 avec dégradations et vandalisme contre des boucheries, poissonneries, charcuteries, rôtisseries (déversement de sang contre les façades et pavés lancés dans les vitrines de ces commerces, « Antispécisme à Lille, les actes de vandalisme de commerces de viande se multiplient », Le Monde , 29 juin 2018). Au Québec, nous en sommes encore à des manifestations somme toute bénignes, Affiches du spectacle équestre Cavalia couvertes de graffiti disant « Spécistes cessons d'opprimer » et manifestations à Granby fin juillet 2018 avec des manifestants portant des pancartes représentants des animaux avec « prisonniers à vie » comme message.


Pour paraphraser une formule bien connue, nous pourrions dire: »tout le véganisme n'est pas spéciste, mais tout le spécisme est véganiste. »

Sunday, January 6, 2019

Le meilleur des mondes...

Il faudra, au Québec, se faire à l'idée que nous sommes entrés dans l'ère post-Slav ou post-Kanata à chacun de choisir. 
Le monde de la création artistique n'est plus régi par le talent ou l'imagination des créateurs ou le goût des spectateurs, mais par les diktats de minorités culturelles, mais surtout ethniques ou raciales.  Dernière manifestation de cette ère post-Kanata, des réactions au Bye Bye 2018,(Trudeau à Bollywood scinde l'opinion, Le Devoir, 5 janvier ), objet de cette manifestation un sketch de la dernière édition du Bye Bye, sketch revenant sur le voyage en Inde de Justin Trudeau et qui «montre, le premier ministre fumant de la marijuana pour se détendre pour se détendre avec ses conseillers  sur des enjeux tendus , Trudeau est transporté sur un plancher de danse du type Bollywood sur une musique indienne, ou l'on montre ensuite deux vaches - double symbole de la vache sacrée indienne et du conflit du lait avec les États-unis. » Sketch Facile et prévisible après l'abus de costumes nationaux par Justin Trudeau et sa famille lors de ce voyage. 
Le mouvement n'aura pas le retentissement des manifestations devant le Théâtre du Nouveau-monde, mais la voie est tracée. Il se limite pour l'instant à une entrevue au Devoir. « Interrogé par le Devoir, le directeur artistique du théâtre Teesri Duniya, Rahul Varma s'est dit en colère et a jugé le sketch hautement offensant. « Je ne dirais pas que c'est du racisme en soi, mais est-ce que ça ne vient pas d'une façon raciste de penser? Oui statue le créateur né en Inde. «Comme auteur ou comme concepteur , on attend de toi que tu sois meilleur. Particulièrement si tu ne parles pas de ta communauté. Il faut faire un meilleur travail pour mieux les représenter, tu ne peux pas juste utiliser les clichés visuels et dire que c'est une blague. » Anecdotique, la déclaration de Rahul Varma n'en contient pas moins tout l'esprit de la logique post-Kanata. Prudent, l'homme ne taxe pas Radio-Canada de racisme, pourquoi accuser lorsqu'il suffit de sous-entendre et de parler « d'une façon raciste de penser». Toute la logique post-Kanata est contenue dans son «Particulièrement si tu ne parles pas de ta communauté.» 
Alors, Pas d'Illiade, Homère n'étant pas Troyen et pas de Shylock, Shakespeare n'étant pas juif.  Rahul Varma se fait ici le chantre de cultures vivant en silo, culture s'ignorant superbement les unes les autres au nom d'un soit-disant respect qui est surtout une indifférence ne disant pas son nom. Une vision multiculturelle avec des cultures et des communautés superposées. Il n'est inintéressant de savoir que Teesri Duniya signifie Tiers Monde en Hindi. Pour le périodique de gauche Alternatives: «Aujourd'hui à la fois par son travail de création  et d'administration, la compagnie promeut une vision multiculturelle et multiraciale du Canada » on comprendra donc mieux la générosité des organismes subventionnaires, en effet, Teesri Duniya est « proudly supported by » (dixit le site de la troupe)  par Le Conseil des arts de Montréal, le Conseil des arts et des lettres du Québec, le Conseil des arts du Canada, Patrimoine Canada, Emploi Québec et la Brian Bronfman Family Foundation.  Il faudrait peut-être un jour que les organismes subventionnaires commencent à s'interroger sur cette générosité à l'égard d'organismes tentés par la censure. Il faudra peut-être un jour priver certains organismes et leurs animateurs de subventions au nom de la liberté de création artistique.  
L'esprit post-Kanata n'a pas encore gagné tous les intervenants communautaires, ainsi sur le même sketch, le président du Centre culturel Kabir, T.K. Raghunathan qui organise à Montréal plusieurs évènements liés à la culture indienne et de l'Asie du Sud considère que le clip du Bye Bye n'est pas choquant: « je pense que c'est quelque chose dont on peut rire , Ce n'est peut-être la meilleure vidéo du point de vue , comment dirais-je, du goût, mais ça n'a rien à voir avec les sensibilités des Indiens ou de la diaspora . Je pense qu'on perd son sens de l'humour en critiquant si rapidement. » Deux points de vue diamétralement opposés sur le même sujet.  T.k. Raghunathan a le sens de la mesure et le sens de l'humour, ce qui fait visiblement défaut à Rahul Varma. Nous devrons aussi réaliser qu'il deviendra de plus en plus difficile de rire et faire rire dans une société multiculturelle.