Sunday, May 19, 2019

Nommer la chose


Il fallait bien en arriver là un jour à force de parler de racisme systémique et de diversité. La proposition vient de la « table sur la diversité (Table dont le nom est en fait la Table sur la diversité, l'inclusion et la lutte contre les discriminations) créée par l'administration Plante: »La Table sur la diversité souhaite prendre le taureau par les cornes pour assurer une meilleure représentation de la diversité montréalaise au sein de l'appareil municipal , réputé très blanc.» (Montréal: des mesures coercitives préconisées pour l'embauche des minorités, Huffpost Québec, 17 mai).Craignant peut-être que le message ne soit pas compris par ledit appareil municipal la Table « préconise des mesures coercitives et une plus grande imputabilité des gestionnaires lors d'embauches et de promotions , sans toutefois préciser des pénalités spécifiques.» Il ne manque que le mot quota dans cette proposition, car c'est bien de cela qu'il s'agit. La Table n'a pas osé le mot probablement parce qu'elle a compris que les Montréalais (et les Québécois) demeurent attachés à l'idée d'embauche sur la base du mérite et de la compétence et qu'ils tiennent aussi à ce que la fonction publique municipale demeure ouverte à la majorité « blanche » et quelle ne devienne pas la chasse gardée des minorités raciale ou sexuelles. Probablement pour éviter que la Ville de Montréal rate ses cibles de diversité et que les cadres municipaux saisissent mal le message, la Table s'assure de préciser de quels groupes il est question: ses groupes cibles sont les «minorités visibles , minorités sexuelles, personnes handicapées, autochtones». « La table soutient que des moyens coercitifs et incitatifs doivent être mis en place pour « éliminer les « blocages administratifs structurels ». 
 
 
 
Contactée par le Huffpost Québec, Mme Pierre précise qu'elle souhaite que l'atteinte des objectifs soit comprise dans l'évaluation annuelle des cadres. « Ça pourrait être une condition aux promotions», souligne-t-elle (Myrlande Pierre, , NDA). Placés sous un tel joug, les cadres municipaux devront bien comprendre qu'ils ont le choix entre demeurer au bas de l'échelle ou «faire dans la diversité». L'appétit venant en mangeant la Table aimerait jouer les Moïse conduisant le peuple élu vers la Terre promise, en effet: »La Table aimerait aussi que la Ville étende le bras en dehors de la fonction publique en demandant que les entreprises qui obtiennent des contrats se dotent de politiques favorisant la diversité. » Nous ne somme heureusement pas dans une économie centralisée ou une telle proposition trouveraient probablement preneur auprès des décideurs politiques. Ce que nous pouvons craindre toutefois c'est que certaines entreprises pour être bien vues plient le genou et fasse valoir qu'elles ont spontanément adhéré aux propositions de la Table. 
 
 
 
On peut aussi craindre que, par contagion, les mesures proposées par la Table ne gagnent la Communauté municipalité de Montréal (CMM) cet organisme de gestion régionale des services à la population de la région urbaine (aménagement du territoire, développement artistique et culturel, équipements, infrastructures, services et activités à caractère métropolitain). La CMM compte 82 municipalités et plus de 4 millions d'habitants, dont la patronne en est la très diversitaire et inclusive mairesse de la Ville de Montréal. La CMM étendant ses ailes bien au-delà de l'Île de Montréal, elle pousse ses tentacules vers la Montérégie (Boucherville, Brossard, Beloeil), les Basses-Laurentides (Mascouche, Lachenaie , Rosemère) et Lanaudière (Repentigny, Charlemagne, l'Assomption). Si un jour cela devait être acquis, il faut redouter un effet d'entrainement pour Laval et Longueuil déjà membres de la CMM, aussi bien dire que la majorité du Québec vivrait sous l'empire des mesures proposées par la Table. Il faudra avoir Mesdames Plante et Pierre à l'Oeil, alors que les travaux de la Consultation  montréalaise sur le racisme systématique se sont mis en branle, le 15 mai.     
 
 

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