Monday, July 1, 2019

On s'est tenus debout


Justin Trudeau et le Parti libéral du Canada iront à la bataille d'octobre prochain avec « on s'est tenus debout, pour vous » comme slogan, comble de malheur pour l'électeur canadien, c'est Justin Trudeau lui-même qui d'une voix décidée tente de nous convaincre qu'il s'est tenu debout en rendant de l'argent à la classe moyenne canadienne et en imposant plus lourdement le 1% des Canadiens plus fortunés..Puisque sa diffusion débute en juin, mieux vaut se faire à l'idée que nous entendrons ce message ad nauseam jusqu'en octobre.



Justin Trudeau s'est-il tenu debout pour nous, la réponse que donneront les producteurs laitiers du Canada, et surtout du Québec, sur la protection de la gestion de l'offre dans le cadre de l'ACMEUC risque de rendre un son discordant et la majorité de ces producteurs murmureront probablement entre leurs dents: « Il s'est couché». Autre exemple d'une affaire ou il est de difficile de prétendre que Justin Trudeau s'est tenu debout, l'affaire Huawei.  Nous avons procédé à l'arrestation de la directrice financière et fille du fondateur de Huawei, Meng Wanzhou. L'affaire a suscité l'intérêt de la presse internationale: «Les autorités canadiennes ont annoncé, mercredi 5 décembre, avoir arrêté Meng Wanzou, également fille du fondateur du groupe, Pen Zhengfei. L'arrestation a eu lieu le 1er décembre à Vancouver (Canada) à la demande des autorités américaines, qui réclament son extradition. Selon le Globe and Mail, quotidien canadien qui ne cite pas ses sources , Washington accuse Mme Meng d'avoir « essayé de contourner l'embargo américain contre l'Iran».  (« L'arrestation d'une dirigeante de Huawei provoque des tensions entre Pékin et Washington », Le Monde, 6 décembre).  Nous nous tenons debout comme l'ont appris à leurs dépens deux Canadiens incarcérés en Chine et un troisième condamné à mort pour trafic de drogue.  Nous nous tenons tellement debout que c'est initialement à Donald Trump que Justin Trudeau a demandé d'intercéder auprès du président chinois Xi, au sommet du G20 qui se déroule à Osaka. Les Chinois peuple réputé pour avoir la mémoire longue font payer aux producteurs canadiens d'huile de canola, de viande de boeuf et de porc, notre intervention dans la cour des grands. Heureusement que nous nous sommes tenus debout devant les faucons et les va-t-en guerre que sont Donald Trump et Bolton, nous n'avions pas de contentieux avec la Chine, mais voilà qu'en nous tenant debout, nous sommes pris avec une patate chaude de belle taille, alors que nous sommes confrontés à une crise politico-économique, Justin préfère parler d' »une période difficile », que lui faudra-t-il pour parler d'une crise. Pour nous simplifier les choses, l' 'administration Trump exigera-t-elle que nous extradions Meng Wanzhou et la livrions à la justice alors qu'elle n'a commis aucun crime contre le Canada. Au chapitre des sanctions contre l'Iran, le Canada suit la parade sans vraiment faire de zèle Sur son site web, le gouvernement du Canada tient le langage suivant en ce qui a trait aux sanctions contre l'Iran: «Le Canada, de même que ses alliés et partenaires, impose aussi des sanctions à l'Iran qui vont au-delà de ce que prévoient les Nations Unies. L' objectif des sanctions imposées par le Canada en vertu de la Loi sur les mesures économiques spéciales (MES), est de continuer à exercer des pressions sur l'Iran afin que ce dernier respecte ses engagements internationaux et de s'assurer que l'Iran ne peut pas se procurer, par l'entremise du Canada, des articles qui pourraient contribuer à son arsenal militaire ou poser un risque de prolifération. » Ce qui apparaît suffisant, l'Iran respectant l'accord de Vienne de 2015 conclut avec le G5+1  (les cinq membres du Conseil de sécurités Nations-Unies plus l'Allemagne et l'Union européenne. Paradoxalement ce sont les État-Unis de Donald Trump qui se sont retirés de l' Accord de Vienne en mai 2018, au chapitre des accusations envers l'Iran son appui au terrorisme avancé par l'administration Trump ne convainc guère sans véritablement fournir de preuves cet appui semble se limiter au Hezbollah libanais, mouvement qui apparaît moins comme une menace terroriste pour l'Occident (la menace n'est jamais venu de l'Islam chiite, mais toujours de l'Islam sunnite) que comme une caillou dans le soulier d'Israël. La condamnation du programme nucléaire iranien apparaît plus comme un service rendu à Israël afin que ce dernier demeure une puissance régionale et le seul état de la région à posséder l'arme nucléaire. Les diplomates américains réalistes préférerait probablement une alliance avec l'Iran comme allié régional (comme à l'époque de l'alliance avec le Shah). 


Au vu de l'épisode Huawei, il faudrait suggérer aux libéraux de changer le slogan de leur campagne libérale, pour « Je me suis couché » en jouant le shérif pour les Américains. Le problème est que lorsque Justin Trudeau se couche, ce sont tous les Canadiens qui se trouvent couchés par la force des choses.

Friday, June 28, 2019

Qui a le droit


Qui a le droit d'écrire l'histoire du Québec?  Si la réponse peut apparaître simple , il n'en demeure pas moins que la question se pose suite à la parution d'un article du Devoir. Un article qui dit être lu intégralement pour en saisir la substantifique moelle. Le Devoir titre en effet: »Des anglophones ont demandé des modifications à un programme d'histoire (Le Devoir, 26 juin). « la communauté anglophone a demandé des modifications au programme histoire du Québec et du Canada de 3e et 4e secondaire, mais elle a obtenu un succès mitigé, a constaté Le Devoir après avoir parcouru des documents en vertu de la loi.
 


 
 
 Les « partenaires du réseau de l'éducation de la communauté anglophone » ont reproché au ministère de l'Éducation de relater l'histoire du Québec à travers «un cadre national».À leurs yeux, ce programme est «beaucoup , beaucoup centré sur l'évolution des Canadiens français au Québec. Ce faisant , le ministère de l'Éducation « propose une orientation qui sied mal à la diversité de la société et les diverses interprétations », ont-ils déploré durant la révision du programme à l'hiver 2017. [...] «L'Association provinciale des enseignants et enseignantes du Québec (APEQ)  (une recherche rapide sur l'APEQ, conduit au site de la Quebec Provincial Association of Teachers, ils ont tenu un congrès commun les 23 et 24 novembre 2017.  curieux et rare exemple de deux syndicats l'un anglophone et l'autre que l'on suppose francophone, logeant à la même enseigne, copains comme cul et chemise.  La Fédération des travailleurs du Québec (FTQ) est affilié au Congrès du Travail du Canada, mais elle conserve son autonomie. L'Association provinciale des enseignants et enseignantes du Québec (APEQ) regrette l'utilisation du vocable «guerre de la Conquête» pour désigner le conflit qui a mené à la chute de la Nouvelle-France (1754-1760). La guerre de Conquête terme rarement utilisé en anglais, n'est qu'un siège de la guerre de Sept ans (sic). Il ne s'agit pas d'une volonté de conquête envers les Canadiens, mais d'un conflit entre deux empires coloniaux.(Les Britanniques n'avaient pas de «volonté de conquête», c'est probablement pour cela qu'il ne sont jamais partis.
Le directeur exécutif de l'APEQ, Sébastien Joly, préconise une vision plus «nuancée» de l'affrontement ayant entraîné la déportation des Acadiens et la destruction d'une partie de la vallée du Saint-Laurent. « il y a différentes façons d'interpréter la chose, [autres] que [celle selon laquelle ] ce sont les méchants Britanniques qui ont conquis Les Français de la Nouvelle-France pour les assujettir.» souligne-t-il dans un entretien téléphonique avec Le Devoir. c'est un peu plus complexe que ça. Il y a différentes théorie sur chaque évènement historique, mais je pense  qu'on se rapproche davantage de la vérité historique.» La vérité historique de Sébastien est à l'image de la tour de Pise, elle penche toujours du même côté, un côté bon ententiste et assimiliationiste . Pour M. Joly, le malaise des Anglo-Québécois à l'égard du programme d'histoire de3e et 4e secondaire dépasse  le récit du changement de régime de 1760. Il souligne l'oubli des patriotes anglophones de 1837-1838 par le ministère de l'Éducation. «C'est un mouvement qui est plus démocratique que de libération des Canadiens français », mentionne-t-il à l'autre bout du fil (c'est probablement la raison pour laquelle, il n'y a aucun de ces Patriotes anglophones qui compte parmi les douze pendus condamnés suite aux Troubles, ils ne menaçaient en rien l'ordre anglais instauré par la Conquête) . L'association de quelques 8 000 membres a aussi sourcillé en lisant que « René Lévesque rentre bredouille «des conférences constitutionnelles précédant le rapatriement de l'Acte de l'Amérique du Nord britannique en 1982. »Le texte laisse entendre que le Québec n'a retiré aucun avantage au rapatriement de la Constitution », ce qui est faux selon elle.  Le ministère a réécrit le passage du programme. Les Québécois n'ont-il pas en effet gagné une Charte des droits et libertés (le Québec disposait déjà de la sienne depuis1975) assortie d »une disposition de dérogation? »Tout compte fait, la fameuse « clause dérogatoire » et la Charte des droits et libertés se sont plutôt avérées des cadeaux de Grec en regard des revendications historiques du Québec », répond l'historien Pierre Laporte. »
Parmi eux, le comité d'orientation pédagogique du réseau scolaire anglophone du Québec (COPRSAQ) s'est plaint d'une insuffisance de l'histoire du Canada (hors Québec) dans le programme provisoire ne suffit pas » a-t-il fait valoir selon un compte-rendu d'une rencontre organisée par le ministère de l'Éducation en janvier 2017. En se fiant à la chronologie des événements on peut supposer que le ministre de l'Éducation de l'époque était le libéral, Sébastien Proulx.



Toute l'impudence rhodésienne des Anglophones du Québec se retrouve dans cette opposition.

Jugeant probablement que la coupe n'est pas pleine avec les demandes formulées plus haut. la COPRSAQ et l'association des directeurs généraux des commissions scolaires anglophones  (ADGCSAQ) ont demandé que Mordecai Richler soit ajouté à une courte liste d'artistes francophones.  « Aux yeux de M. Laporte, cette demande d'ajout  pourrait « s'apparenter à de la provocation». « L'essentiel de son oeuvre est en anglais  et ses quelques (trop)célèbres remarques à propos des Canadiens français devraient suffire à le disqualifier », indique le chargé de cours et porte-parole de la Coalition pour l'histoire. »

Qui a le droit d'écrire notre histoire nationale? Des historiens québécois, il n'en manque pas.  Qu'ils soient mandatés pour rédiger une histoire qui rende compte sans concessions de notre survie et de luttes pour cette dernière sans maquiller notre histoire sous des fards bon ententistes et collaborationnistes.  Que la COPRSAQ, L'APEQ et de l'ADGCSAQ se consacrent à la rédaction d'une histoire du Canada , Le ministère canadien du Patrimoine prêtera sûrement une oreille attentive à tout projet mis de l'avant par ces organismes.  Ils pourront nous offrir leurs visions de la déportation des Acadiens, de la guerre de la Conquête, de la rébellion des Patriotes, de l'exécution de Louis Riel de la campagne du Nord-ouest, de la crise des écoles françaises de l'Ontario, des deux conscriptions et de la crise d'Octobre, ils pourront ainsi à loisir y ajouter Les « différentes théories sur chaque événement historique «  si chères à Sébastien Joly de l'APEQ.  La préparation d'un manuel d'histoire « nationale »est par ailleurs un excellent test pour vérifier si le ministre l'Éducation Jean-Francois Roberge a les courage de son chef et de son collègue Simon Jolin-Barrette lorsque vient le temps de défendre les intérêts du Québec.



Quelles seront les prochaines demandes des anglophones, exiger que les enseignants en histoire entrent en classe en saluant leurs étudiants par un Bonjour Hy. Nous pourrions ainsi boire la coupe jusqu'à la lie.

Tuesday, June 25, 2019

Si peu nationale

La fête nationale 2019 est désormais derrière nous, Elle a été accompagnée comme au cours des années précédentes par le traditionnel grand spectacle de la fête nationale. Il y a habituellement deux spectacles, celui de Québec, le 23 juin et celui de Montréal, le 24 juin. Spectacles sensés honorer la fête nationale. Alors que notre refus de faire l'indépendance, nous condamne à célébrer dès lors une fête provinciale. Qu'en est-il cette année de l'hommage montréalais à la nation? Que fêter dans un tel cadre? Le contenu des festivités montre d'ailleurs année après année, la difficulté d'être de ces spectacles privés de leur dimension politique Nous sommes donc année après année devant de vastes spectacles de variétés. Le grand spectacle de la fête nationale 2019 est représentatif à cet égard, malgré ses prétentions à être une fête nationale, quelques artistes, souvent les mêmes, chantonnent quelques ritournelles dont les paroles françaises cachent mal les mélodies rock. Le spectacle de la fête Nationale 2019 n'échappe pas à cette règle du spectacle de variétés provincial malgré ses prétentions à s'auto proclamer « fête nationale ».
En dépit de l'ambition des organisateurs d'organiser un spectacle pour tous les goûts et tous les âges (Pour tous les goûts au spectacle de la fête nationale à Montréal, Journal de Montréal, 23 juin), le spectacle s'adresse surtout à des jeunes.




inspirée par un enthousiasme qu'il est difficile de ne pas tenir pour un « enthousiasme de commande », la journaliste Marie-Josée R. Roy écrit: « Animé pour une troisième édition par Guillaume Lemay-Thivierge (...toujours les mêmes...), le grand rassemblement a commencé avec un pot-pourri de « chansons anciennes » offert par le choeur Expérience Gospel (y a-t-il encore au Québec des choeurs qui ne soient pas gospel?) et le violoniste Alexandre Da Costa. on y a reconnu les immortels titres À la claire fontaine, Partons la mer est belle et C'est l'aviron qui nous mène, entres autres, émaillé des incontournables petits drapeaux bleus et blancs qui fendaient l'air un peu partout (comme s'il suffisait d'agiter un petit drapeau, probablement fait en Chine, pour avoir un pays). Va pour le fait de chanter ces « chansons anciennes » qui ne vieillissent pas. Quel est l'intérêt d'interpréter Call Girl (reprise par Marie-Hélène Thibert) et les Boys par Éric Lapointe?Même question pour l'hommage rendu au hip-hop québécois par le rappeur Koriass. Pour en rester à Éric Lapointe, nous avons eu droit avec lui à une ouverture aux accents de J'ai le rock'n'roll et toé, Lapointe n'a jamais prétendu être un académicien, mais pouvons nous souhaiter un traitement moins cavalier de la langue française lors du grand spectacle de la Fête nationale? Encore tout à son « enthousiasme de commande », la journaliste poursuit en écrivant : « toute la bande (Jenny Salgado(une rappeuse d'origine haïtienne), Koriass, Marie-Michèle Desrosiers, Guylaine Tanguay) s'est ensuite unie au son de la réjouissante Gayé de Fouki. une chanson si réjouissante qu'il convient d'en citer les paroles du refrain. 
On est gayé
On est prayé
On est baté
On a fumé toute la journée
On est buzzé
On est poqué
On est gayé gayé
On est gayayayayé
On est gayayayayé
On est gayayayayé
Pour ceux qui ignoreraient le sens du mot gayé, le mot signifie simplement stone, il vient du créole et dérive du terme gayance, qui signifie gaité ou être emporté par la joie. Véritable apologie du pot et des paradis artificiels, on peut facilement imaginer l'intérêt d'interpréter une telle chanson dans le cadre la fête nationale.  
faudra-t-il appeler au secours Robert Charlebois et Pierre Bourgault dont le Entr' deux joints contient au moins une exhortation à sortir de l'apathie et de l'indifférence et à passer à l'action.
 
 
Le comité organisateur avait invité Mariana Mazza: « À cet égard, l'humoriste Mariana Mazza, maillot bleuet drapeau du Québec au dos a décliné un petit monologue sur « son » Québec multiculturel, avant de se commettre, de sa voix rauque, en duo avec Éric Lapointe sur N'importe quoi. Rien ne nous aura été épargné.
on ne demande de ressasser les chansons des Vigneault, Ferland et Claude Gauthier (Le grand six pieds) et Pauline Julien (avec cette ode superbe à l'hiver et à la femme canadienne-française qu'est À que l'hiver), mais nos auteurs compositeurs sont assez doués pour imaginer un répertoire  contemporain que nos concitoyens pourraient facilement mémoriser et fredonner collectivement. Plutôt que de payer pour des spectacles inutiles comme ceux du 24 juin, le comité organisateur de la fête nationale pourraient être l'initiateur d'un concours national pour susciter l'écriture de telle chansons.

Un chef national

À l'occasion de la Fête nationale,  François Legault visiblement à l'aise dans son rôle de chef national, a publié un message digne de mention, Pas de salut à ceux venus d'ailleurs et de partout pour n'être finalement de nulle part, mais un salut bien senti à nos racines: François Legault salue:»une nation qui a une identité, des valeurs qui vit en français depuis 400 ans.» Après l' hommage obligé, à nos entrepreneurs et nos sportifs. Le premier ministre ne se fera pas d'amis chez les multiculturalistes à la Philippe Couillard et Pierre Arcand. L'an dernier,Philippe Couillard, dans un tweet sibyllin nous appelait « à célébrer ensemble la belle nation unie que nous sommes tous », sans préciser s'il avait en tête la nation québécoise ou la nation canadienne.


Saturday, June 22, 2019

Réécrire l'histoire, une rue à la fois


Digne de prendre la succession de Denis Coderre, Valérie Plante entretient elle aussi des ambitions d' historienne. Après Denis Coderre qui a défiguré le drapeau de la ville de Montréal y ajoutant un pin blanc sensé représenter la contribution des Autochtones à la fondation de Montréal, l'administration Plante vient à cet effet de débaptiser la rue Amherst, accusé d'avoir distribué aux partisans du chef outaouais pro français, Pontiac, des couvertures ayant servi à des hommes souffrant de la variole et de ce fait pionnier de la guerre bactériologique. La rue Amherst devient maintenant la rue Atateken, « Atateken, un mot tiré de la langue Kanien'kéha (mohawk) qui signifie fraternité et sororité. « Le rapprochement , l'inclusion, le partage, la paix », a poursuivi Mme Plante. » Ça nous ramène également à comment on doit travailler ensemble pour se rappeler du passé , s'inscrire dans le présent et écrire le futur », a-t-elle souligné en marge de la Journée nationale des peuples autochtones.» (La rue Amherst devient la rue Atateken, Le Devoir, 21 juin). Pourquoi ne pas avoir choisi un terme en langue outaouaise, concrétisant un véritable hommage à Pontiac, impossible de rebaptiser la rue Amherst en rue Pontiac, il y a déjà une rue portant ce nom dans l'arrondissement du Plateau Mont-Royal.


Deux phénomènes sont ici décelables.  En parlant de «se rappeler le passé, s'inscrire dans le présent et écrire le futur » Valérie Plante s'est elle inconsciemment souvenue  des propos de George Orwell qui écrivait: « qui contrôle le passé contrôle l'avenir. Qui contrôle le présent contrôle le passé.» Mme Plante maîtrise visiblement cette réflexion aux accents totalitaires de l'auteur de 1984. Elle contrôle le présent aujourd'hui et entend bien contrôler le passé.  

Autre phénomène décelable dans le discours de Valérie Plante, phénomène propre à la gogauche, cette tendance à corriger les « erreurs» du passé en jouant avec les mots ne répare rien, mais donne bonne conscience à ceux qui perpétuent ces crimes contre l'histoire. À noter parmi les participants à la cérémonie de changement de nom, la présence de Manon Massé de Québec solidaire, autre figure de proue de cette gogauche bien intentionnée.  À noter la présence du grand chef de Kanesetake, Serge Simon, de Ghislain Picard, président de l'assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador et de Sylvie d'Amours, ministre responsable des affaires autochtones, preuve une fois de plus de l'indifférence des caquistes à la portée métapolitique des mots et des symboles. 
Probablement un peu égarée entre le passé, le présent et l'avenir, Valérie Plante oublie de se tenir au courant de l'actualité, Les Mokawks de Kanesetake  sont à couteaux tirés avec l'administration municipale d'Oka au sujet d'un développement immobilier (Bisbille entre les Mohawks et Oka, Journal de Montréal, 15 mars) Nous n'avons aucune admiration pour le général Amherst, mais le fait de débaptiser la rue Amherst ne changera pas le contenu des livres d'histoire. À moins que Valérie n'ait l'ambition ultime de réécrire l'histoire à la manière « politiquement correcte», Ce qui serait assez dans l'esprit de son totalitarisme hilare. Si c'est là son intention Nous lui suggérons de rebaptiser la rue Wolfe à Montréal, non pas dans un esprit de réconciliation avec les autochtones, mais dans un esprit d'hommage aux pionniers de la Nouvelle-France et à ceux qui ont combattu pour elle, s'il faut à tout prix demeurer dans l'esprit d'une réconciliation avec les autochtones, proposons la rue Louis-Riel, dont le combat réconcilie les luttes des autochtones des Prairies avec celle des Canadiens français des Plaines de l'Ouest,  il y a actuellement un parc Louis-Riel à Montréal, l'un n'empêche l'autre. Autre suggestion rebaptiser la rue Wolfe, rue Kondiaronk, un chef Huron Wendat, artisan de la Grand paix de Montréal (1701).

Au-delà de la langue

Toute la poussière n'est pas retombée suite à l'adoption de la loi 21 sur la « laïcité », retombera-t-elle d'ailleurs un jour?
Après les manifestations dans la rue, nous en sommes maintenant aux affrontements feutrés des tribunes libres des quotidiens, mais le fond du débat ne change pas nécessairement. Jetant le gant, Eric Mendelsohn, avocat inscrit au Barreau du Québec, au Barreau de l'Ontario et à celui de l'État de New York écrit: « Cette loi représente un désaveu de certaines prémisses juridiques , politiques et morales fondamentales de la Constitution de l'État québécois, (grâce à Me Mendelsohn nous découvrons que l'État québécois a une constitution) prémisses qui se voulaient, jusqu'à maintenant, des éléments constitutifs de ce qu'on appelle aujourd'hui « l'identité québécoise ». Ce faisant , la loi opère un virage idéologique sans précédent dans l'histoire constitutionnelle du Québec moderne. Quelle est la nature de ce virage idéologique? Après avoir fait appel à la Charte québécoise des droits et libertés de la personne et à la Charte de la langue française, pour Me Mendelsohn, la Charte de la langue française: «elle renonçait dès ses premiers mot, à identifier le «peuple québécois» avec la majorité francophone , et encore moins avec les Québécois « de souche ». Au contraire, elle confirmait que le « peuple québécois » comprend tous ceux et celles qui habitent le territoire du Québec. Elle abondait dans ce sens en déclarant que le rayonnement de la langue française se poursuivrait « dans un esprit de justice et d'ouverture , dans le respect des institutions de la communauté québécoise d'expression anglaise et celui des minorités ethniques «dont l'apport précieux au développement du Québec était reconnu.  Bref la Charte de la langue française énonçait on ne peut plus clairement l'appartenance des minorités ethniques au « nous » québécois, titulaire de tous droits collectifs. Qu'en est-il alors de la loi 21 qui se veut une «loi fondamentale» qui entend modifier les « assises constitutionnelles »sur lesquelles «est fondé l'État québécois ? La loi renonce d'emblée à la notion inclusive du « peuple québécois» , remplacée par celle de « la nation québécoise » définie par ses « caractéristiques propres », dont un « parcours historique spécifique (...). De toute évidence, ce parcours historique est celui des Canadiens français et de leur rapport à l'Église catholique, et non pas celui des anglophones du Québec et des minorités ethniques. Les minorités sont ainsi évincées du « nous « québécois ». » (Un virage constitutionnel sans précédent, le Devoir, 18 juin).
Cette ode au nationalisme civique a rapidement suscité une réplique de Roméo Bouchard, l'ex-fondateur de l'Union paysanne (la nation et le peuple Québécois ne sont qu'une seule et même chose, Le Devoir, 20 juin)  Prenant ses distances avec le nationalisme civique de Me Mendelsohn, Bouchard écrit: «Tout d'abord, la nation et le peuple québécois sont une seule et même chose chose: il s'agit de cette collectivité sociale et politique issue du peuplement français, aujourd'hui concentrée sur le territoire du Québec, qui parle français comme langue commune, à laquelle se sont jointes , au cours des ans, des vagues d'immigrants qui s'intègrent progressivement à la nation ou peuple québécois tout en conservant leur héritage d'origine. » (Ce sont de tels immigrants qui sont descendus dans la rue pour manifester contre la loi 21, on les sentait alors s'intégrer progressivement à la nation ou peuple québécois). On regrettera que Roméo Bouchard tout en polémiquant avec Me Mendelhson, participe de la même logique « inclusive » que l'avocat avec ces « vagues d'immigrants qui s'intègrent progressivement à la nation ou peuple québécois ». Au-delà du fait qu'il ait gaspillé son encre, il faudra un jour que les souverainistes à la Roméo Bouchard revienne de l'illusion « Loi 101 », pour importante qu'elle soit la langue ne peut être seule constitutive de l'identité nationale, combien d' »enfants de la loi 101 » parmi ceux qui ont manifesté contre le projet de loi 21? Roméo Bouchard ajoute: »Cette distinction entre nation (comprise au sens ethnique) et peuple québécois est une invention pure et simple de ceux qui tiennent absolument à opposer les minorités aux Canadiens français , à refuser le caractère distinctif de la société et de l'État québécoise à traiter les Québécois de racistes.»
N'en déplaise à Roméo Bouchard, l'une assises les plus solides de la nation est l'ethnie.  La langue et la culture pouvant être acquises.  Roméo Bouchard le reconnaît lorsqu'il écrit au sujet de la nation et du peuple québécois: «cette collectivité sociale et politique issue du peuplement français, aujourd'hui concentrée sur le territoire du Québec ».  C 'est une évidence qu'énonce Bouchard, la nation et le peuple québécois plongent leurs racines dans cette poignée de colons français demeurés ici après la Conquête. C'est une réalité ethno culturelle qu'il faut accepter et intégrer à notre combat politique si nous ne voulons pas que le Québec interculturaliste des Taylor-Bouchard(Gérard, dans ce cas) ne soit qu'un Canada bis. Un Québec post national non merci

Thursday, June 20, 2019

Une simple coïncidence


Les journaux québécois titrent qu'aussitôt adopté , le projet de loi 21 sur la laïcité fait l'objet de contestation devant les tribunaux.  Ainsi, une loi adoptée tôt dimanche matin se voit contestée dès le lundi matin. Il faut s'incliner devant un avocat aussi efficace, il faut ici parler d'une avocate, il s'agit de Me Catherine McKenzie , l'avocate qui il y a un an avait réussi à faire suspendre une partie de la loi 62 du gouvernement Couillard sur l'obligation voulant qu'il faille offrir ou recevoir « un service public à visage découvert ».  Dans le dossier de la loi 21, la plaignante est Ichrak Nourel Hak, une étudiante à l'Université de Montréal qui entend obtenir son diplôme d'enseignante en 2020 et comptait enseigner le français dans une classe d'accueil au secondaire ou enseigner au primaire dans une école anglophone.
« Ichrak Nourel Hak est « stupéfaite, blessée et insultée » à l'idée que le gouvernement lui « arracherait sa carrière tant désirée simplement parce qu'elle porte le hijab.» (Laïcité: une étudiante dépose sa poursuite contre Québec, La Presse, 17 juin) Mme Hak, d'origine marocaine, habite le Québec depuis 1994, sous quelle pierre était-elle terrée depuis 1994, pour ignorer les débats en cours sur le port des vêtements religieux au Québec.


Difficile de réconcilier la « stupéfaction » de Madame Hak avec le fait qu'elle contacte justement Me MacKenzie et que cette dernière soit disponible et en mesure de déposer sa poursuite lundi matin.  Difficile de concilier la « stupéfaction » de Mme Hak avec le fait qu'elle agit conjointement avec le Conseil national des musulmans canadiens  et l'Association canadienne des libertés canadiennes.  Dans de telles histoires, il n'y a pas de coïncidences, Le dossier de Me McKenzie était probablement monté depuis déjà quelques semaines et l'avocate n'attendait que l'adoption de la loi pour se précipiter au Palais de Justice. La Montreal Gazette toujours à l'écoute des minorités montréalaise ajoute pour sa part: » Amrit Kaur, who earned her teacher's certificate Sunday, says Bill 21 has made her considered leaving Québec for the first time in her life, Kaur wears the Sikh turban and would be forced to  remove it if she were to teach in a Quebec school. »   (Bill 21 challenged in court by the lawyer who faced down Bill 62, Montreal Gazette, 18 juin). La guerre pour défendre la validité de la Loi 21 est engagée, elle s'ouvre sur une escarmouche qui présente toutes les apparences d'une embuscade soigneusement préparée.