Sunday, November 8, 2020

Les idiots utiles



La fin du XXe siècle et le début du XXIe siècle ont vu le capitalisme évoluer. Il nous a ainsi habitué à se délocaliser et à se mondialiser, soucieux de trouver de nouveaux marchés, mais surtout de trouver des travailleurs moins coûteux et plus malléables, même lorsque cela allait de pair avec des régimes plutôt autoritaires (par exemple dans le Sud-Est asiatique). Ce capitalisme volontiers nomade vient de frapper à nouveau: »L'acquisition de Convenience Retail Asia (BVI) Limited par Couche Tard n'est qu'une «première étape d'un long parcours» dans la région, a affirmé Brian Hannasch, son PDG, en entrevue à La Presse. Avec cet achat évalué à 470 millions de dollars canadiens annoncé mercredi , Couche-Tard devient propriétaire de 340 magasins de l'enseigne Circle K à Hong Kong en plus d'être responsable de 33 magasins franchisés à Macao.[...]  Malgré le contexte politique chargé et les relations tendues  entre le Canada et la Chine, M. Bouchard est «très à l'aise» de s'installer à Hong Kong.[...] «Même s'il y a eu beaucoup de manifestations politiques , les magasins ont perforé très bien avec une croissance de 5,9% l'an dernier et de 5,7% cette année. Les dépanneurs ont aussi l'étiquette de bien performer dans des situations économiques difficiles », renchérit Claude Tessier, chef de la direction financière.» («Une première étape» affirme le PDG de Couche Tard, La Presse, 5 novembre). Alain Bouchard est une belle, sinon la parfaite illustration d'un capitalisme sans scrupules. C'est le même homme qui dans la foulée de la légalisation de la marijuana au Canada, proposait de vendre le pot légal dans ses dépanneurs Couche-Tard, offre heureusement refusé par le gouvernement du Québec.  C'est le même homme qui à l'oeil fixé sur le taux de croissance des entreprises qu'il vient d'acquérir en mentionnant «qu'il y a eu beaucoup de manifestations politiques», apparemment indifférent au fait qu'il s'agissait de manifestations en faveur de la démocratie.
 

 
 
Avec cette attitude et cette acquisition, Alain Bouchard, Brian Hannasch et Claude Tessier peuvent désormais sans crainte solliciter leur admission dans le club des «idiots utiles» et proposer à la vente dans leurs Couche-Tard et Circle K, la fameuse corde de marque Lénine.

Thursday, November 5, 2020

L'arroseur arrosé


Nouvel épisode dans l'interminable saga de la COVID-19.  Après avoir décidé de passer La Communauté Montréalaise de Montréal (CCM)au rouge. Le temps est-il venu d'alléger ce traitement.  C'est du moins l'opinion de la direction de la santé régionale de santé publique de Montréal (DSPM) opinion exprimée dans un rapport par la directrice de la DSPM, La Dre Mylène Drouin. Un avis que ne partage pas le ministre de la Santé et des services sociaux du Québec, Christian Dubé, qui en bon bureaucrate: ««Ce n'est aucunement une recommandation qui a été faites au gouvernement », a commenté le ministre de la Santé,Christian Dubé. «Il n'y a pas eu d'avis formel qui a été fait par le Dr Arruda concernant des discussions qu'il y a eu lieu entre la Santé publique nationale et ce qu'on appelle la Santé publique Montréal», a-t-il ajouté. «Je demanderais d'arrêter de faire de la confusion avec de la documentation qui n'est qu'un échange entre experts» a déclaré le ministre de la Santé. » (Demandes d'allègements à Montréal:le ministre Dubé craint la confusion, Journal de Montréal, 5 novembre) Avec ses quelques mots, Christian Dubé confirme le rôle central que joue le docteur Arruda dans la gestion de la crise de la COVID-19 et la sujétion de son gouvernement à la Santé publique  Ces quelques mots confirme aussi que les mots proximité et subsidiarité sont aux antipodes de l'univers intellectuel de Christian Dubé,
 

 
 
Pourquoi entretenir des directions régionales de santé publique si c'est pour ignorer leur avis et balayer ces avis du revers de la main. Rationalisons et supprimons immédiatement ces «corps morts», puisqu'une direction nationale semble suffire. Ainsi les hommes qui ont entretenu la confusion sur le port ou non du masque lors des premières éclosions de COVID-19, craignent maintenant la confusion qui pourrait résulter d'un avis sur des allègements à Montréal.  La confusion sur le port ou non des masques est bien opportunément oubliée. Belle illustration de l'arroseur arrosé!

Wednesday, November 4, 2020

Elle a dit exclusion

 


Attendu et prévisible. La seule question qui demeurait en suspens était quand?

Nous y sommes, la Cour Supérieure (district de Montréal) entend la cause de la Loi sur la laïcité de l'État. Figure de proue de la contestation, l'enseignante Ichrak Nourel Ak. «Vêtue d'un hidjab noir, l'enseignante Ichrak Nourel Ak a détaillé au juge Marc-André ses convictions religieuses et les conséquences de la loi sur sa nouvelle carrière d'enseignante La jeune femme à l'origine de la contestation judiciaire a martelé qu'il lui était «inconcevable»d'enlever son hidjab pour travailler. Fraîchement diplômée du baccalauréat en enseignement de l'Université de Montréal, Ichrak Nourel Ak a dû se résoudre à pratiquer son métier dans une école privée cette année, puisque'il lui est interdit d'enseigner au public avec un hidjab.[...] » [...] »Ça me fait me sentir exclue de la société québécoise. Je suis une femme musulmane, mais je suis aussi une citoyenne québécoise. Je me sens à part...je me sens vraiment exclue »a-t-elle déploré. («Je me sens exclue de la société québécoise», témoigne une enseignant, La Presse, 2 novembre ). «L'enseignante déplore l'»image faussée»de la femme musulmane «soumise à l'homme» qui existe dans l'imaginaire collectif. Certes, il existe «malheureusement» des femmes musulmanes contraintes de porter le hidjab , concède-t-elle. [...].   Le cas de Ichrak Nourel Ak est intéressant, au-delà du sentiment d'»exclusion» qu'elle affirme vivre depuis l'adoption de la Loi sur la laïcité de l'État, force est de constater que la jeune enseignante fraîchement diplômée a trouvé un poste dans l'enseignement privé, en dépit de son sentiment d'»exclusion», elle a été en mesure d'exercer son métier au Québec. En quoi consiste l'exclusion, dont elle affirme être victime? Essentiellement à ne pouvoir enseigner dans le secteur public si elle veut y porter son hidjab.  Rien dans la Loi sur la laïcité de l'État ne l'empêche de pratiquer sa religion ou de fréquenter la mosquée, elle peut faire ses courses avec son hidjab,  pouvait probablement suivre ses cours à l'université tout en portant ce hidjab. Voilà en définitive une «exclusion» qui apparaît plutôt légère.  
Si «exclusion, il y a, elle est le seul fait d'Ichrak Nourel Ak et de sa religion; si elle retire son hidjab, elle pourra sans problèmes enseigner dans les écoles du secteur public au Québec. 





Les états d'âme d'Ichrak Nourel Ak ne doivent pas faire illusion, c'est bien autre chose que son droit d'enseigner dans le secteur public québécois, qu'elle porte sur ses épaules. Comme le souligne justement le journaliste Paul Journet, il y a bien plus en jeu: » Le débat sur l'interdiction des signes religieux devrait durer encore quelques années. Lundi. le procès de la Loi sur la laïcité de l'État commençait en Cour Supérieure. Peu importe la décision, elle sera contestée. L'affaire se rendra en Cour d'appel, puis en Cour Suprême. Par contre, le débat mute. Il ne se limite plus à la loi québécoise. Il commence aussi à porter sur le droit du Québec à adopter un modèle distinct du reste du pays. Cela provoque des alliances imprévues. Un bon exemple: Benoît Pelletier, ex-ministre libéral des Affaires intergouvernementales et professeur de droit constitutionnel à l'Université d'Ottawa. Il n'a pas pris position sur le fondement de la loi, mais il défend la capacité du Québec de choisir son propre modèle, en fonctionne son histoire et de ses valeurs, L'expert a rédigé un rapport de120 pages et témoignera pour le gouvernement , d'ici environ une semaine. «  (L'autre débat sur la laïcité, La Presse, le 3 novembre ).
La meilleure façon pour le Québec d'échapper au filets du pièges du multiculturalisme canadienmulticulturalisme canadien (car c'est bien de cela qu'il s'agit) et de choisir son propre modèle en demeurant fidèle à son histoire et ses valeurs, les nationalistes québécois la connaissent. C'est l'indépendance du Québec, une indépendance qui nous permettrait de laisser loin derrière nous les pièges du multiculturalisme canadian, peut-être pour mieux nous précipiter dans les bras de l'uniculturalisme.  Face à l'Islam, la seule solution valable est de fermer le robinet de l'immigration et lorsque la chose est possible commencer à parler de remigration. Les combats à la pièce comme celui autour de la Loi sur la laïcité de l'État sont nécessaires, mais ne sauraient suffire.
 


 

Elle mérite mieux que cela

 

La liberté d'expression vaut mieux que le débat dont elle fait actuellement l'objet. Elle vaut mieux notamment que les caricatures de Charlie Hebdo, caricatures autour desquelles gravitent l'actuel débat. La liberté d'expression est un éléments fondamental de la démocratie et de la recherche, liberté essentielle, l'affaire de l'Université d'Ottawa le prouve. Il est triste que l'on appelle la liberté d'expression à la défense des caricatures de Mahomet de Charlie Hebdo. Elle vaut mieux que la défense des caricatures ordurières du journal qualifié de satirique. Caricatures d'abord conçues, sinon essentiellement conçues, pour choquer et provoquer. 
 
 
 
Les grands quotidiens du monde ont pour la plupart un caricaturiste oeuvrant dans la page éditoriale. Pourquoi seules les caricatures de Charlie Hebdo suscitent-elles ces réactions? Pour demeurer au Québec, pourquoi Chapleau (à La Presse), Godin (au Devoir) ne provoquent-ils pas de telles vagues? Peut-être parce qu'ils ont compris la raison d'être de la caricature, souligner d'un trait humoristique le ridicule d'une situation ou d'un individu. Ce que n'ont visiblement pas compris les incendiaires de Charlie Hebdo (plus récente manifestation de cette volonté d'allumer des feux, une caricature d'Erdogan, exacerbant les tensions entre La France et la Turquie. Interdire l'usage des caricatures de Mahomet relèverait moins de la censure que du bon sens civique et des impératifs de paix sociale; comparable au contrôle des armes à feu et à l'utilisation de substances dangereuses ou explosives dans certains lieux. Associer liberté d'expression et Charlie Hebdo comme le font trop de journalistes aide chroniqueurs revient à traîner la liberté d'expression dans la fange.  



Tuesday, November 3, 2020

De quel Canada s'agit-il?

 



«Les Canadiens se sentent à l'aise avec l'immigration. « à des niveaux jamais enregistrés» en quarante ans indique un récent rapport de l'Institut Environics. Le sondage effectué début septembre auprès de 2000 Canadiens révèle que 27% des citoyens considèrent qu'il y a trop d'immigration au Canada, une statistique en baisse de 7 points de pourcentage depuis l'an dernier. pas moins de 84% des Canadiens S'accordent aussi pour dire que l'immigration contribue à l'économie , un sommet jamais égalé dans l'histoire de l'Institut Environics. Dans la même veine, le nombre de Canadiens qui croient qu'il y a trop qu'»il y a trop d'immigrants qui viennent dans ce pays qui n'adoptent pas les valeurs canadiennes»des cent sous la barre des 50%, une première en quarante ans de sondage. [...]
 

 
 
Luc Turgeon, professeur spécialisé dans l'analyse de l'opinion  publique envers l'immigration, ne se surprend pas de ces données, lui qui parle « d'»exceptionnalisme canadien». »Le muticulturalisme est devenu un élément fondateur de l'identité canadienne » rappelle ce professeur à l'Université d'Ottawa. Puis, « la réalité, c'est que le discours autour de l'immigration un Canada est axé sur l'apport économique des immigrants . Le discours des élites[...] a des effets positifs en terme d'opinions publique. Il n'y a pas le discours qu'on trouve dans certains pays européens qui veut que les immigrants soient un fardeau sur les dépenses publiques. » (L'immigration toujours plus acceptée par les Canadiens, Le Devoir, 29 octobre)

Des résultats qui n'ont rien pour surprendre dans un Canada post-multicultariste.  et dont la démographie a bien changée depuis les années 1950, 1960.  À noter dans cet article, pas un mot sur la région du pays ou ce sondage a été mené, élément susceptible d'influencer les résultats de ce sondage. Retour sur les chiffres de ces sondages,  27 % des Canadiens considèrent encore qu'il y a trop d'immigration, ce qui constitue une bonne minorité(une minorité à laquelle personne n'accordera la moindre attention à une époque ou la moindre minorité voit se dérouler le tapis rouge devant elle, mieux vaut appartenir à une minorité allant dans le «sens de l'histoire» , si l'on tient compte du fait qu'aucun média canadien ne se fait l'écho de cette perception des choses et qu'aucun parti politique canadien n'intègre cet élément dans son programme à l'exception du petit Parti populaire de Maxime Bernier. Luc Turgeon a raison de souligner le rôle du multiculturalisme dans l'identité canadienne. Y en a-t-il encore une d'ailleurs dans le Canada post-national de Justin Trudeau? Une identité canadienne probablement jetée à la poubelle parce que trop européenne et trop blanche. Avant de conclure que les Canadiens acceptent plus l'immigration, il conviendrait de savoir, quel Canada parle, celui de Toronto, Vancouver et Montréal ou celui de Saguenay et Drummondville. Nous en sommes à l'heure non pas d'un Canada strong and free, comme dans leur hymne national, mais dans un Canada multiple et diversifié. Diversité chantée et exaltée sauf lorsque s'agit de celle du Québec francophone

Sunday, November 1, 2020

À chacun ses amis

 


L'attentat terroriste de Nice trouve un écho à la Chambre des communes ou chacun reprend son rôle après la condamnation de l'assassinat de Samuel Paty par un terroriste islamiste. LeBloc québécois déposant la motion condamnant l'agression, Justin Trudeau condamnant l'agression et affirmant sa solidarité avec la France.
Ce ballet bien règlé comporte cependant ses zones d'ombre; Justin Trudeau se montre ainsi incapable de défendre la liberté d'expression (incluant l'utilisation des caricatures de Charlie-Hebdo sur Mahomet). Autre zone d'ombre la position de Justin Trudeau sur l'Islam. Déjà ambiguë lors de la condamnation de l'assassinat de Samuel Paty; Justin Trudeau se montrant plus soucieux d'éviter d'attiser les tensions et se montre plus soucieux de vouloir profiter de l'occasion pour parler à des leaders. des leaders mondiaux, des leaders communautaires, des leaders de la communauté musulmane ici au Canada, pour comprendre leurs inquiétudes, leurs préoccupations , pour écouter et pour travailler pour réduire ces tensions», s'est-il empressé d'ajouter., il pousse le bouchon un peu plus loin cette fois en déclarant:»ces criminels, ces terroristes , ces meurtriers ne représentent d'aucune façon l'Islam ou les musulmans »(Trudeau évite de se prononcer sur le droit de caricaturer Mahomet, Le Devoir, 30 octobre). Justin Trudeau aurait-il profité des longues semaines pendant lesquelles la Chambre des communes n'a pas siégé pour se mettre à l'étude du Coran et des Hadîts et acquérir le titre d'uléma, il aurait mieux valu qu'il suive plutôt un cours Djihad 101. L'Islam de Justin Trudeau est un Islam bien sage; suffisamment sage pour constituer l'une des composantes du multiculturalisme canadien. Un Justin Trudeau qui pourra dire au monde, voyez comment le multiculturalisme canadien est efficace et peut permettre de venir à bout de l'islamisme bien mieux que le modèle républicain français. Nous laissons à Justin Trudeau à ses amis musulmans, ce ne sont pas les nôtres et croyons-nous pas non plus ceux des Québécois.
 

 

Notre liberté d'expression et «ses» limites


Justin Trudeau nous apprend que la liberté d'expression a ses limites (La liberté d'expression ses limites, Le Devoir, 31 octobre). «Selon M. Trudeau, la liberté d'expression doit s'exercer dans «le respect des autres» et avec le souci de «ne pas blesser de façon arbitraire et inutile». Ce qu'il faut retenir de cette déclaration c'est que blesser de «façon arbitraire et inutile» n'est pas défini par les premier ministre.  Nous entrons donc dans le domaine purement subjectif des sentiments et des impressions,  nos tribunaux peuvent dès maintenant se préparer à une avalanche de causes pour propos «racistes» et discriminatoire.  Ce que nous offre, Justin Trudeau, c'est une liberté d'expression proprement domestiquée et que les groupes d'intérêt ethniques ou religieux, groupes parmi lesquels ils faudra probablement compter sans trop attendre les homosexuels, les LBGTQ+ apprécieront en raison même de son imprécision. 
 

 
 
Les législateurs canadiens n'ont pas attendu Justin Trudeau pour encadrer la liberté d'expression; les notions de diffamation et de libelle diffamatoire sont déjà connues par les Québécois devant protéger leur réputation. De telles limites n'existent pas que pour les individus: les groupes ethniques, religieux ou «sexuels» (Homosexuels, LBGTQ+ peuvent de plus avoir recours aux dispositions des lois canadiennes sur la littérature haineuse contenues au Code criminel canadien ou sur la discrimination apparaissant à la Charte canadienne des droits et libertés (article 2 sur les libertés fondamentales). Toute tentative d'ajouter de nouvelles limites à ce cadre ne serait qu'une tentative de répondre à des crises ponctuelles et de satisfaire des groupes d'intérêt particulier et à enlever tout sens aux libertés historiques dont nous disposons encore. Nous connaissons «notre» liberté, nous ne connaissons pas «ses»limites. Nous connaissons surtout ses amis musulmans et son parti pris en faveur de l'Islam.