Monday, October 28, 2019

Martineau brasse les cartes


Richard Martineau s'intéresse le temps d'une chronique à Martine Ouellet, ex-leader du Bloc Québécois, cette dernière a commenté la stratégie du Bloc québécois sous la gouverne de Yves-François Blanchet et du même souffle les résultats du Bloc, le 21 octobre (Campagne du Bloc: Martine Ouellet déplore un «retour aux anciennes stratégies », Radio-Canada, 25 octobre), réflexions qui lui ont valu les foudres du chroniqueur Richard Martineau (Martine et le Joker, Journal de Montréal, 26 octobre) se voulant probablement gouailleur, le chroniqueur écrit:»Dans la catégorie »Je ne me prends pas pour un Seven-Up flat », Martine Ouellet remporte la médaille d'or ». Pour ma part, à la lecture des chroniques Richard Martineau, il me vient à l'esprit des images de verre de lait oublié sur l'évier pendant la nuit et qui commence à tourner au yaourt. À chacun ses images.
Laissant l'alimentation pour le sport, Martineau écrit:» Mais faire la leçon quand tu as passé la saison à swinguer dans le vide? Quand le seul but que tu as réussi à compter était dans ton propre filet?» Quoique qu'il puisse écrire, Richard Martineau n'est toujours qu'un gérant d'estrade.
 
 
 
Après ce qu'il croit être l'exécution politique définitive de Madame Ouellet», il a recours a un acolyte pour enfoncer ce qu'il doit considérer être le dernier clou du cercueil de Martine Ouellet: » «Comme l'a écrit l'ex-ministre péquiste Pierre Duchesne:»Surprenant d'entendre le capitaine du Titanic donner, avec grande assurance, des cours de navigation sur la meilleure d'éviter les iceberg.»»
Idéalement, un parti politique doit pouvoir compter en son sein, des pragmatiques soucieux de stratégie et de résultats, il faut toutefois qu'ils soient accompagnés de passionnés brûlant pour la cause et tenant à ce que la flamme s'éteigne pas. Martine Ouellet fait partie de ces passionnées. Le jour ou l'indépendance du Québec se fera, Martine Ouellet entrera dans l'histoire comme la Pasionara de cette cause. 
«Parce que Madame Ouellet sait ce qu'il faut faire, oh oui!»Il faut souhaiter que Richard Martineau nous fasse profiter de sa science et de ses dons de devin politique en nous informant du moment exact ou il faudra reparler d'indépendance. 
Nous faisons confiance à Richard Martineau qui nous fera connaître, le jour et l'heure ce moment de notre vie national, pour cela, il lui faudra une tribune plus prestigieuse que sa chronique. Peu importe la tribune, Richard Martineau demeurera un 2 de pique.

Sunday, October 27, 2019

Odieux



Il n'y a pas d'autre terme pour décrire la plus récente chronique de Josée Legault dans le Journal de Montréal ( Andrew Scheer doit partir, 25 octobre).

La chroniqueuse ouvre fort en écrivant:»Derrière son visage juvénile de scout le jour et de servant de messe le soir , Andrew Scheer s'est révélé être un démagogue de premier ordre. Comme quoi les apparences sont parfois trompeuses. Le chef est un catholique pratiquant mais s'il passait par un confessionnal ces jours-ci , l'expérience lui serait peut-être moins agréable. Son recours répété à la désinformation et à l'insulte personnelle comme armes de combat électoral contre Justin Trudeau lui vaudrait sûrement un très long chapelet de prières à réciter en pénitence pour ses péchés politiques.»  "Depuis l'affaire SNC-Lavalin, Andrew Scheer s'en est en effet pris non pas au gouvernement Trudeau , non pas aux idées de Justin Trudeau , mais à la personne même du premier ministre. À répétition, il l'a traité de menteur compulsif, d'hypocrite et de faux féministe (les noms de Jane Philpot et de Jody Wilson-Raybould, ne disent visiblement  rien à Madame Legault) il s'en est pris à l'intégrité personnelle de M.Trudeau (les deux blâmes du commissaire aux conflits d'intérêts et à l'éthique de la Chambre des communes ne suffisent pas à Josée Legault).
À qui profite ce lynchage à la forte tonalité anti-catholique. («servant de messe le soir», «catholique pratiquant»). Son accès de rage anti catholique ne l'ayant visiblement pas calmée , elle passe à un registre plus laïc en écrivant : »Le Globe and Mail a aussi rapportée que le Parti conservateur du Canada aurait embauchée une firme privée pour «détruire» la réputation de Maxime Bernier, chef du Parti populaire du Canada et son ex-adversaire à la chefferie conservatrice. Andrew Scheer n'a pas nié la nouvelle. (phrase admirable sous la plume d'une journaliste d'expérience, le Parti conservateur « aurait», dans la soit-disant »affaire Maxime Bernier», Mme Legault est curieusement muette et bien peu curieuse sur le rôle du libéral Warren kinsella dans cette affaire qui a finalement toutes les apparences d'un coup fourré préparé dans les officines du parti libéral du Canada. N'ayant pas vidé son sac d'injures personnelles, elle traite encore Andrew Scheer de »Pinocchio de vaudeville », difficile pourtant de cacher un nez de Pinocchio dans un «visage de scout» ou dans celui d'un « servant de messe». Mme Legault afin d'être certaine de ne rien oublier nous ressert l'histoire de la double citoyenneté canado-américaine d'Andrew Scheer, une histoire susceptible d'avoir influencée de multiples électeurs. Peut-être a cours d'arguments ou épuisée par cette diarrhée anti-Scheer, elle ajoute:»Son français est terriblement faiblard. Ce qui, on n'en sort pas, confirme son peu d'intérêt pour le Québec. sa langue et sa culture[...].
 
 
 
 Personnellement, je considère que ces lignes pourraient être écrites pour le français personnel (et faiblard) de Justin Trudeau. Le portrait ne serait pas complet si Madame Legault avait oublié de mentionner : »son absence remarquée des grandes marches contre les changements climatiques. Pour ma part, j'ai noté et remarqué son absence lors de la marche de Fierté Montréal.
Pour ce papier qui pourrait être inscrit comme dépense électorale par le Parti libéral du Canadan(PLC) souhaitons que Josée Legault déclare ce revenu supplémentaire à l'agence du revenu du Canada et à Revenu Québec. 
Ne nous y trompons pas, nous somme d'hors et déjà en campagne électorale.  le départ d'Andrew Scheer que souhaite Mme Legault ne servirait que les intérêts du PLC. le parti conservateur devant se trouver un nouveau leader au milieu du gué et le faire rapidement connaître, tout en hypothéquant sa caisse électorale afin d'acquitter les frais d'une course à la direction pancanadienne. Difficile de ne pas considérer que, Mme Legault roule désormais pour le PLC, raison suffisante pour lui retirer sa tribune et lui indiquer le chemin à suivre pour se rendre au 81, rue Metcalfe, suite 600 à Ottawa, elle y sera en famille .

Saturday, October 26, 2019

Arriba Espana


Il faut plaindre ceux qui se fieront à la dépêche de presse de l'Agence France -Presse pour s'informer sur l'exhumation du Caudillo Franco et sa relocalisation dans un caveau familial (L'Espagne exhume le dictateur Franco de son mausolée monumental, Le Devoir, 24 novembre). ils liront un texte marqué par des approximations historiques et la mauvaise foi. La dépouille du général Franco n'a pas été exhumé de «son» mausolée monumental(ici, c'est le singulier qui est important ), mais du mausolée de la Vallée de Los Caidos, la Vallée des tombés. «Rassemblés près du cimetière , environ 200 nostalgiques du régime ont chanté l'hymne du parti fascisant de la Phalange , pilier du régime du dictateur qui a remporté la sanglante guerre civile espagnole(1936-1939) en faisant le salut fasciste, bras droit tendu en avant.» L'hymne du parti fascisant de la Phalange a un nom , il s'agit de Cara al Sol, «Face au soleil » des traductions sont disponibles sur Internet. Autrement, il faut lire Face au soleil dans la superbe traduction faite par Robert Brasillach. Publiée d'abord dans Les sept couleurs, le texte du poème composé par le chef de la phalange, José Antonio Primo de Rivera est magnifiquement traduit par un autre poète. Cara al sol est aussi disponible sur Youtube. Abattu sommairement dans les premiers jours de la guerre alors qu'il est détenu dans une geole républicaine,. Erreur politique car, José Antonio, deviendra le martyr dont la cause nationaliste avait besoin.
pourtant, seul un ignorant et un paresseux peut encore écrire aujourd'hui que la Phalange était le pilier du régime. Franco, militaire de carrière, s'est en fait appuyé sur l'armée et l'Église, toutes deux organisations aux assises beaucoup plus larges que la jeune et frêle Phalange constituée seulement deux ans avant que n'éclate le conflit et qui ne pouvait prétendre au statut de parti de masse avant 1936,  Le monument de la Vallée de Los caidos, monument érigé en souvenir des morts de la Gerre civile espagnole.
 
 
 Le général Franco y était donc inhumé avec des milliers d'Espagnols des deux camps, le régime franquiste voulait ainsi marquer la réconciliation dans la mort des Républicains et des Nationalistes qui s'étaient violemment affrontés pendant trois ans. Ce qui devient sous la plume du journaliste: » Au nom d'une prétendue «réconciliation nationale», Le Caudillo y avait fait transférer les corps de 30 000 victimes de la guerre civile - des franquistes, mais aussi des républicains - sortis de cimetières et de fosses communes sans que leurs familles en aient été informées. Ainsi, le redoutable dictateur d'extrême-droite, était prêt à dormir pour l'Éternité aux côtés de dépouilles de milliers de Républicains. La «réconciliation nationale» apparaît comme une préoccupation des socialistes (peut-être car ils n'ont pas su maintenir l'unité de la société espagnole sous la Première république, 1931-1936), C'est le premier ministre socialiste Zapatero qui le premier a fait adopter une « loi sur la mémoire historique » en 2004. C'est aujourd'hui Pedro Sanchez qui joue les «réconciliateurs », sans faire illusion pourtant: »À moins de trois semaines des législatives du 10 novembre, les détracteurs de M. Sanchez , à droite comme gauche , l'accusent d'en faire un argument électoral, alors qu'une semaine de manifestations violentes en Catalogne ont mis le socialiste en difficultés.» À suivre, est-ce que cette polémique surgie du passé, va favoriser les résultats électoraux du petit parti nationaliste Vox?

Thursday, October 24, 2019

Division, oui, non, peut-être



Le terme division est à la mode depuis que les résultats de l'élection fédérale du 21octobre sont connus. Ils ont entre autres inspiré la chroniqueuse Francine Pelletier , du Devoir, et Mathieu Bock-Côté, du Journal de Montréal, 
La première s'intéresse au Canada dans sa chronique du 23 octobre (Trois Canada, Le Devoir,). Francine Pelletier écrit : »Oui, les libéraux ont mieux performé que prévu et sauvé la mise in extremis. Seulement, contrairement à ce qu'affirmait leur chef, tard dans la nuit, le pays a rarement été aussi divisé. Au bloc bleu acier que forment à nouveau les provinces des Prairies, il faut ajouter celui du Bloc québécois sous la férule d'Yves-François Blanchet et son « Mêlez-Vous de vos affaires» est tout sauf une « vieille pantoufle». Le pays se réveille aujourd'hui bordé par deux murs de Chine, en fait: un à l'ouest de l'Assiniboine et un autre à l'est de l'Outaouais. Une division plus prononcée encore que ne l'avait connue Trudeau père, lors de son règne». «Le Canada est désormais un pays de trois solitudes. D'abord, Andrew Scheer a raison de rappeler qu'à défaut des sièges convoités, les conservateurs ont remporté le vote populaire: 33,4% contre 33,1% pour les libéraux. Ce serait une erreur de rejeter ce bloc conservateur simplement parce que M. Scheer n'a pas su, lui, s'imposer. Cet électorat-là n'est pas sur le point de disparaître, même si l'actuel chef risque de le faire de le faire d'ici peu. Jason Kenney aiguise ses couteaux au moment ou l'on se parle[...].».
Quoiqu'en pense Madame Pelletier, je demeure de cette veille école qui considère qu'il n'y a que deux solitudes au Canada et qu'il est prématuré de supposer l'existence d'une troisième solitude à partir des résultats de l'élection du 21 octobre. Nous continuerons de penser que les conservateurs des Prairies et les libéraux de l'Ontario et des provinces de l'Atlantique forment bien une seule nation, une seule communauté linguistique, politique et culturelle et que les prochains mois nous montrerons probablement qu'un peu de Quebec bashing à l'occasion de l'examen de la loi 21 par les tribunaux canadiens gommera vite les différences qui pourraient exister entre les «solitudes» du Rest of Canada. 
 
 
 
Publiée le même jour, la chronique deMathieu Bock-Côté (MBC) attire l'attention sur une division plus profonde et substantielle et qui s'avèrera plus durable. Illustrée par une carte éloquente de la région montréalaise, les Îles de Montréal et Laval sont rouges (deux circonscriptions ont échappé au Parti libéral du Canada (PLC), Rosemont-La petite-Patrie est demeurée dans le giron du NPD, ce qui du point de vue identitaire ne nous éloigne guère des positions du PLC, la circonscription de la Pointe de l'île est, elle, demeuré entre les mains du bloquiste, Mario Beaulieu. la chronique montre la division existant entre Montréal et le reste du Québec. Division plus profonde qui peut-être assimilée à un divorce entre le Québec et sa métropole, car elle est doublée d'une division ethnique, division plus profonde division Division, oui, non, peut-être

Le terme division est à la mode depuis que les résultats de l'élection fédérale du 21octobre sont connus. Ils ont entre autres inspiré la chroniqueuse Francine Pelletier , du Devoir, et Mathieu Bock-Côté, du Journal de Montréal, 
La première s'intéresse au Canada et sa chronique du 23 octobre (Trois Canada, Le Devoir,). Francine Pelletier écrit : »Oui, les libéraux ont mieux performé que prévu et sauvé la mise in extremis. Seulement, contrairement à ce qu'affirmait leur chef, tard dans la nuit, le pays a rarement été aussi divisé. Au bloc bleu acier que forment à nouveau les provinces des Prairies, il faut ajouter celui du Bloc québécois sous la férule d'Yves-François Blanchet et son « Mêlez-Vous de vos affaires» est tout sauf une « vieille pantoufle». Le pays se réveille aujourd'hui bordé par deux murs de Chine, en fait: un à l'ouest de l'Assiniboine et un autre à l'est de l'Outaouais. Une division plus prononcée encore que ne l'avait connue Trudeau père, lors de son règne». «Le Canada est désormais un pays de trois solitudes. D'abord, Andrew Scheer a raison de rappeler qu'à défaut des sièges convoités, les conservateurs ont remporté le vote populaire: 33,4% contre 33,1% pour les libéraux. Ce serait une erreur de rejeter ce bloc conservateur simplement parce que M. Scheer n'a pas su, lui, s'imposer. Cet électorat-là n'est pas sur le point de disparaître, même si l'actuel chef risque de le faire de le faire d'ici peu. Jason Kenney aiguise ses couteaux au moment ou l'on se parle[...].».
Quoiqu'en pense Madame Pelletier, je demeure de la veille école qui considère qu'il n'y a que deux solitudes au Canada et qu'il est prématuré de supposer l'existence d'une troisième solitude à partir des résultats de l'élection du 21 octobre. Nous continuerons de penser que les conservateurs des Prairies et les libéraux de l'Ontario et des provinces de l'Atlantique forment bien une seule nation, une seule communauté linguistique, politique et culturelle et que les prochains mois nous montrerons probablement qu'un peu de Quebec bashing à l'occasion de l'examen de la loi 21 par les tribunaux canadiens gommera vite les différences qui pourraient exister entre les «solitudes» du Rest of Canada. 
Publiée le même jour, la chronique deMathieu Bock-Côté (MBC) attire l'attention sur une division plus profonde et substantielle et qui s'avèrera plus durable. Illustrée par une carte éloquente de la région montréalaise, les Îles de Montréal et Laval sont rouges (deux circonscriptions ont échappé au Parti libéral du Canada (PLC), Rosemont-La petite-Patrie est demeurée dans le giron du NPD, ce qui du point de vue identitaire ne nous éloigne guère des positions du PLC, la circonscription de la Pointe de l'île est, elle, demeuré entre les mains du bloquiste, Mario Beaulieu. la chronique montre la division existant entre Montréal et le reste du Québec (RDQ). Division plus profonde qui peut-être assimilée à un divorce entre le Québec et sa métropole, car elle est doublée d'une division ethnique, division plus profonde  alimentée par une certaine intelligentsia progressiste qui alimente la thèse d'un Montréal inclusif et diversifié opposé par cette intelligentsia à un Québec des régions soupçonné d'être xénophobe sinon raciste (une intelligentsia dont Valérie Plante serait la plus visible des illustrations). Cette division intellectuelle et affective entre ces deux Québec alimente et approfondit la division que constate MBC. Pour l'avenir du Québec, la division que constate MBC est beaucoup plus dramatique que celle que plaque Francine Pelletier sur le Canada.Étrange et surprenant écho à la thèse de Francine Pelletier, le chroniqueur du Journal de Montréal, Mathieu Bock-Côté renchérit sur ses propos dans sa chronique du du 24 octobre (Les Canadas désunis, Le Journal de Montréal, 24 octobre)

Parler fort , mais de quoi?


Au soir de sa victoire (ou de sa demi défaite, au choix) du 21 octobre , Justin Trudeau a clamé qu'il avait entendu le message des Québécois et qu'il comptait être une voix forte pour eux à Ottawa.
La question est donc maintenant une voix forte pour dire quoi?

Certains sous-fifres de Justin sont plus explicites que leur chef sur ce que dira cette voix. souhaitant visiblement faire assaut de modestie, les réélus libéraux conviennent qu'ils doivent maintenant faire preuve d'humilité:» la poussière retombée, Jean-Yves Duclos ( ministre sortant de la Famille, des Enfants et du Développement social et réélu dans la circonscription Québec admet qu'il faudra à partir de maintenant améliorer « le travail de connexion» avec les Québécois. «Je pense que c'est une leçon d'humilité très importante, a-t-il expliqué [...]» («une leçon d'humilité », La Presse,23 octobre).  
 
 
 
«Réélu dans la circonscription de Louis-Hébert , Joël Lightbound prend lui aussi les résultats avec « humilité». Il estime que la population demande en fait au gouvernement de poursuivre dans la même voie mais de faire preuve de «plus d'audace» sur la question des changements climatiques ou de la lutte à la pauvreté.  L'humilité de Joël Lightbound commence bien mal et laisse volontiers penser  qu'au-delà de ce service minimum de la lutte aux changements climatiques et à la pauvreté. Le gouvernement Trudeau bis n'a rien compris) et ne voudra rien comprendre. Les Duclos et Lightbound sont visiblement incapables de parler aux Québécois de déclaration de revenus unique et nous assurer qu'ils ont abandonné toute velléité de contester judiciairement la Loi 21. C'est à de telles prises de position qu'une véritable humilité devrait les conduire pour le mandat qui a débuté, Justin Trudeau et sa clique parleront d'une voix forte, mais prêchera néanmoins dans un désert politique jusqu'à la chute selon gouvernement minoritaire.  Souhaitons que cette absence de véritable humilité annonce une défaite lors de la prochaine élection. Nous pensons plutôt que  cette "'humilité » redécouverte ne débouche simplement sur une nouvelle publicité électorale, de nouveaux slogans et quelques photos bien léchées de Justin et de Sophie, le Parti libéral du Canada ne changera ps ses fondamentaux et il demeurera le vaisseau amiral d'un fédéralisme dominateur et Chartiste, d'autant plus que gouvernement minoritaire oblige nous nous retrouverons peut-être en plein coeur des contestations juridiques de la Loi 21.

Wednesday, October 23, 2019

Une lecture politique du Joker



Les films inspirés par les comics colonisent les écrans, au point qu'il est devenu commun aujourd'hui de parler de l'univers Marvel (Spiderman, Capitaine America, Les Avengers, Black Panther, Hulk, etc,) et de l'univers DC (Batman, Superman, Wonder Woman, Aquaman. etc.), expressions faisant directement référence aux maisons d'éditions propriétaires des droits sur les super-héros qui dominent aujourd'hui les écrans nord américains. Ces films engrangent des millions en revenu et le public ne semble pas vouloir se lasser.

L'acronyme MCR (pour Marvel Cinematographic Universe) est en voie de passer dans le vocabulaire familier des cinéphiles Les super héros des comics sont considérés par plusieurs comme une sous-littérature pour adolescents en quête de lecture facile, une littérature fast-food en fait. Grave erreur, il est possible de trouver une dimension mythologique au genre, un Olympe de demi-dieux (dimension mythologique confirmée par l'annexion du Valhalla par le MCR avec l'intégration de Thor dans cet univers, un Thor trahi, diversité hollywoodienne oblige, par l'apparition d'un Heimdal interprété par le comédien d'origine ghanéenne, Idriss Elba), cette pléthore de demi dieux s'efforce de protéger l'humanité contre les exactions d'un nombre non moins significatif de villains, l'anglicisme généralement utilisé pour décrire les méchants dans cette littérature, méchants dont les pouvoirs dépassent les moyens des autorités en place. Nous sommes tentés de penser que les super-héros se sont développés suite à la mort de Dieu annoncée par certains philosophes du XIXe siècle. Les super-héros dans cette hypothèse seraient des divinités mineures protectrices et rassurantes, quelque chose comme les lares de l'Antiquité. Les super-héros ne se déplacent pas pour rien, ils luttent contre des super-méchants et ne s'intéressent pas à la petite criminalité (vols, violences, évasion fiscale, etc.). Les super-héros n'ont pas qu'une dimension mythologique ne serait-ce qu'accidentelle. Ils ont aussi une dimension politique, il suffit de lire pour s'en convaincre, Super-héros une histoire politique(1). Les super-héros ont fait la Seconde guerre mondiale et la Guerre froide avec les États-Unis, mobilisés comme le plus vulgaire des G.I.'s. Luttant d'abord contre les nazis, puis contre les communistes, ils devaient convaincre leurs jeunes lecteurs de s'associer aux combats pour la liberté et l'American way of life. Le fait que les créateurs des premiers super-héros soient des citoyens américains d'origine juive l'un des créateurs de Batman, Bob Kane , était Canadien (Joe Shuster pour Superman, le grand-père des super-héros, et Bob Kane et Bill Finger pour Batman n'est probablement pas étranger au fait que les super héros soient même entrés en guerre avant l'entrée en guerre officielle des États-Unis. Cette omniprésence de créateurs d'origine juive parmi les créateurs de super-héros a fait dire à certains que les Superman et Batman étaient peut-être des Golem modernes.
En l'absence de grands ennemis clairement identifiables, la période de la coexistence pacifique a vu les super-héros se consacrer à la lutte contre les villains faisant oublier un peu leur dimension politique. Assistons-nous à un retour de cette dimension politique avec Joker. Par un curieux renversement de situation, c'est un méchant qui pourrait marquer le retour de cette dimension. 
« Tant Todd Philipps (le réalisateur, NDA) que Joaquin Phoenix (L'interprète du Joker,NDA) se sont défendus , lors de la présentation du film Venise ou ils ont raflé le Lion d'Or du meilleur film, de vouloir faire du «Joker » une oeuvre politique. Mais le parallèle entre le destin du Joker et celui de la génération X est évident. Dans ce Gotham croulant sous les ordures - au sens littéral et figuré du terme - l'espoir n'est pas de mise, Wall Street a fait ses premiers ravages et le Joker ne commence a devenir lui-même qu'en tuant trois employés de la compagnie d'»investissements des entreprises Wayne ». Évidemment , la révolte des 99% - traités de «clowns» par les riches - est brûlante d'actualité tout comme cette foi en un avenir meilleur et cette violence omniprésente, prête à éclater en un instant sous un prétexte fallacieux ou non.»(«Joker: un grand film, Le Journal de Montréal, 3 octobre). Propos que rejoint Angie Landry lorsqu'elle écrit:»C'est un film qui n'a aucune lumière , aucune joie, qui est égoïste et très angoissant. Il y a de la violence gratuite , parce que le Joker n'a aucune ambition sociale ou politique. C'est presque un film nihiliste» Eugénie Lépine-Blondeau» (Joker ou le miroir plutôt troublant d'une société malade, Radio-Canada d'une société malade, 4 octobre).
 
 
 
Ouvrons ici une parenthèse, le film contient des scènes de violence certes, mais avec ces cinq meurtres, on pourrait cyniquement considérer que Joker est loin de la moyenne des morts violentes dans un film d'action hollywoodien. Joker est moins violent qu'un film comme Terminator ou qu'un épisode de la série Le Trône de fer. Le problème de Joker est que la « violence du film s'enracine dans le quotidien du personnage et ne résulte pas de l'abus d'effets pyrotechniques.
Eugénie Lépine-Blondeau brûle lorsqu'elle parle d'un film nihiliste, mais il faut revenir aux déclarations du réalisateur et de Joaquim Phoenix affirmant «ne pas vouloir faire du «Joker»une oeuvre politique ». À l'appui de leur intention de ne pas faire une oeuvre politique, il faut garder en mémoire que «Joker»n'est pas un militant ou un activiste, il n'a pas de message politique à offrir, les trois courtiers de Wall Street qu'il abat ne le sont pas parce qu'ils oeuvrent dans une entreprise active sur Wall Street, mais parce qu'ils le passent à tabac. C'est la presse qui plaque un message politique sur le geste du Joker en titrant «Kill the riches» (intégré dans le film grâce au vieux procédé cinématographique des plans utilisant des pages frontispices de journaux) et en lançant ainsi le mouvement des émeutes violentes qui marqueront le dernier tiers du film, ce n'est pas le Joker qui les initie ou les anime. Ces émeutes résultent de la colère de ceux qui sont traités de «clowns»par le richissime patron des entreprises Wayne et employeur des trois hommes abattus dans le métro.

Arthur Fleck l'homme qui va se transformer en Joker est au début du film un ancien patient psychiatrique, habitué des services sociaux de la ville de Gotham. Vivant en marge de la société de Gotham, solitaire vivant encore avec sa mère et gagnant péniblement sa vie en tentant de devenir humoriste et en donnant des spectacles de stand-up comic peu courus. Pour parvenir à une lecture politique de Joker, il faut creuser la «piste nihiliste». Certaines critiques ont voulu assimiler, le Joker a un incel (un involuntary celibate) comme Alex Minassian, l'auteur de l'attentat au camion-bélier de Toronto, le 23 avril 2018, dans ce cas, nous assistons à une révolte qui demeure fondamentalement individuelle et prend racine dans une culture du ressentiment. Le Système et les critiques à sa solde entendent bien nous convaincre que toute dissidence est impossible et que s'il y en une , elle ne pourrait être que le fait d'individus psychiatrisés et éventuellement aux prises avec des instincts meurtriers suivre de tels prophètes de malheur ne peut que se terminer, dans un cul-de-sac et mener finalement à des émeutes et de l'anarchie.
Il ne manque au film que des références aux déplorables d'Hillary Clinton en 2015 et plus récemment , aux Gillets jaunes en France. 

Les dernières scène du film sont sans équivoque. Ayant confessé ses crimes à la télévision, le Joker est montré arpentant le couloir d'un hôpital psychiatrique. La boucle est bouclée, retour à la case départ. 

Message politique pour le Bon peuple: ne pensez surtout pas à changer le Système, ceux qui entendent le changer ne sont que des illuminés qui vous conduiront dans des cul-de sacs, demeurez dans le rang, la sagesse le veut, écoutez vos Maîtres et ne prêtez pas l'oreille à des trublions de gauche ou de droite. S'ils n'y sont pas déjà, ils finiront tôt ou tard là ou ils doivent être, internés à l'hôpital psychiatrique. Le système semble prêt à s'inspirer de ce qui se faisait en Union soviétique.

Message pour les dissidents; quoique vous pensiez, quoique vous fassiez , une cellule capitonnée vous attend. Les cinéphiles amateurs de film de science-fiction pourront penser que la suite du Joker existe déjà et qu'elle a été tourné, il y a quelques années politiquement parlant la suite du Joker, c'est La Matrice (1999)réalisée par les frères Wachowski. 
Rock Tousignant   

  1. William Blanc; Super-héros une histoire politique, Paris, Éditions Libertalia, 2018, 357 p

Le dos large


Les Québécois ont le dos large, la dernière preuve en date en date de cette difformité nous vient d'une personne familière avec la physiologie humaine.  Pour Régine Laurent, ci-devant présidente de la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse.  Créée après ce qu'il est convenu d'appeler le « drame de Granby » qui avait vu une fillette de sept ans décédée suite à des mauvais traitements reçus entre les mains de sa famille, notamment de sa belle-mère.
« À la fin de son allocution d'ouverture , Mme Laurent était émue , avait la voix enrouée en évoquant en créole « Tililly », cette fillette « martyre de Granby ». »Ma chérie , je le fais pour toi, Dès ton décès , je t'ai donné un surnom. Tu aurais pu être ma petite-fille. Tu aurais eu 8 ans il y a une semaine » lui a dit Mme Laurent. L'infirmière de carrière et ancienne présidente syndicale a invité tout le monde a pensé à «Tililly».
« Comme société, on a failli à notre principale responsabilité, celle de protéger nos enfants les plus vulnérables; être ici est un constat d'échec, mais il faut le faire. » ( Commission sur le droit des enfants; « on a failli comme société », dit Régine Laurent , Le Devoir, 22 octobre).



Nous voudrions dire à Mme Laurent de garder son créole pour elle, nous épargner son mauvais théâtre, de même que son sentimentalisme de pacotille. Voilà pour l'accessoire, pour l'essentiel, Mme Laurent  va un peu vite en affaires en accusant la société québécoise d'avoir failli, si dérapage, il y a, c'est celui de la Direction régionale de la protection de la jeunesse (DPJ) de l'Estrie qui a décidé de remettre la fillette à sa belle-mère. La société québécoise n'a rien à voir dans cette histoire qui est d'abord et avant tout un drame familial et une erreur bureaucratique.  Il ne s'agit pas de s'en laver les mains et de faire comme si rien ne s'était passé, mais le travail de Mme Laurent commence bien mal son travail si elle considère que les Québécois sont collectivement responsables de cette triste histoire.