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Wednesday, January 20, 2021

Longue vie, Capitaine

 



Le capitaine Haddock file allègrement sur ses 80 ans. À une époque aseptisée par la rectitude politique et les progrès de l'idéologie woke, il n'est pas inutile de saluer le tonitruant et impulsif capitaine. Amateur de whisky devant l'Éternel, fumeur de pipe (les héritiers d'Hergé ayant eu l'intelligence et le courage de ne pas remplacer la pipe par un brin de paille, comme pour le pauvre Lucky Luke, colérique (mais au combien créatif dans ses colères, les lecteurs de Tintin se souviennent tous de ses bachi-bouzouks, Tonnerre de Brest et mille millions de mille sabords), grossier et si peu féministe, les lecteurs de Tintin devenus barbus avec l'âge se sont tous souvenus un soir de la question que lance le capitaine Allan à Haddock dans Le Crabe aux pinces d'or, lorsqu'il lui demande : «dors-tu avec la barbe sur les couvertures ou sous les couvertures». Il faut voir la place des femmes dans l'univers de Tintin et le traitement qu'il réserve à la Castafiore (dans le cas du Rossignol milanais, il ne faut peut-être pas exclure un soupçon de grossophobie chez Haddock. Né en janvier 1943 et apparu dans l'album Le crabe aux pinces d'or, Haddock est un homme du XXe siècle, ceux qui ne l'apprécient pas diront de lui que c'est un homme du XIXe siècle, si ce n'est des cavernes.
 
 

 
Au crédit du capitaine, la libération des esclaves noirs dans Coke en stock et un esprit aventureux démontré dans Objectif Lune et On a marché sur la Lune. L'accueil qu'il offre à Tryphon Tournesol à son château de Moulinsart dans L'affaire Tournesol. On ne peut que souhaiter que le Capitaine avec tous ces défauts\qualités échappent encore à la cancel culture et continue d'offrir à ces lecteurs le portrait d'un homme imparfait, mais brouillon et spontané, et surtout non-conformiste.

Saturday, October 24, 2020

Rire

 


Le soir du 31 décembre, aurons-nous le choix de rire? La question se pose car le ByeBye 2020 sera un Bye Bye à la mode du jour «L'Équipe du Bye Bye s'attelle depuis le mot d'août à concocter une cuvée 2020 qui promet d'être riche en actualités. Et pour la première fois dans l'histoire de la revue humoristique de fin d'année, l'équipe d'auteurs sera à la fois sous le signe de la parité, avec quatre autrices à bord, mais aussi de la diversité, grâce à un groupe d'auteurs et de comédiens noirs. (Diversité et parité pour le Bye Bye 2020, La Presse, 22 octobre). Frédéric Pierre a déjà participé trois fois à titre de comédien au Bye Bye, notamment en 2017 pour parodier l'ex-gouverneur générale Michaëlle Jean. «C'est la première fois que je collabore à l'aspect créatif. Je suis bien heureux , j'y vois une coche de plus. Il n'y a pas juste l'envie de traiter de diversité cette année: il y a aussi le souci des gens de la diversité traiter de la diversité», observe le comédien qui a fait appel à Bruno Ly, Eddy King, Garihanna Jean-louis, Preach, Dolino et Richardson Zéphir pour relever le défi.» il y a lieu de s'interroger sur cette logique voulant que les gens de la diversité traite de la diversité », comment concilier cette chasse-gardée et le «vivre ensemble». «Ce choix d'humoristes illustre l'une des difficultés auxquelles les sociétés (ici, Radio-Canada) et les producteurs qui font le choix de la diversité sont confrontées, quelle diversité choisir; Sans surprise, Frédéric Pierre a choisi la diversité afro-descendante. Au-delà de ce choix, quelle sera la suite, un Bye Bye comportant uniquement des scripteurs et des comédiens afro-descendants, un Bye Bye en créole; à moins que nous n'ayons droit à un Bye Bye axé sur la diversité asiatique ou latino.
 
 
 
 Si nous ne devions pas rire et que le lendemain la critique et l'opinion populaire aient la dent dure pour le Bye Bye; comme cela est habituellement le lot de l'émission (voir ce blogue, Bye Bye BYE BYE, 5 janvier 2020), serons-nous une fois de plus taxés de racisme. Il faut se souvenir ici de l'échec du Bye Bye 2008, confié à Louis Morissette et Jean-François Mercier , Radio-Canada et les auteurs avaient été dans l'obligation de présenter leurs plus plates excuses à la population , notamment pour une parodie d'entrevue entre Denis Lévesque et Barack Obama. Le Bye Bye 2020 navigue-t-il vers les mêmes écueils.

Friday, July 31, 2020

Mur à mur


Nous n'avons guère le choix de nous résoudre à l'»évolution» des moeurs que cela nous plaise ou non, pour ceux qui sont réticents, rien de mieux qu'un peu de rééducation à grands coups de bonnes doses d'»évolution» (selon la technique Jeannette Bertrand), rien de mieux pour cela que la Fée télévision utile cheval de Troie de toutes les «évolutions». Nous aurons ainsi droit en 2021 à un candidat gay à la populaire émission Le bonheur est dans le pré, diffusée sur les ondes de la chaîne V. Jusqu'ici, Le bonheur est dans le pré était la moins insignifiante des émissions de télé-réalité de la télévision québécoise., dans un genre éminemment discutable. L'objectif de l'émission est de permettre à des agriculteurs de «trouver l'amour».



L'émission se vante d'avoir permis la formation de plusieurs couples durables et de petites familles, plusieurs des couples ayant en effet des enfants (ce qui fait l'originalité de l'émission, les autres émissions de rencontre, du genre Occupation double, n'étant en définitive que des marivaudages de bas étage, se démarquant par la formation de couples éphémères, couples s'empressant habituellement de rompre dès que les caméras cessent de tourner et qu'ils et elles ont eu droit à une éphémère «heure de gloire». En ce sens, Le bonheur est dans le pré pouvait apparaître comme la plus saine des télé-réalités, dans un genre ne faisant par ailleurs que l'apologie des «rapprochements» (embrassades et rencontres épidermiques entre participants et participantes, nous devrions parler de partycipants) 

Le bonheur est dans le pré en est à sa neuvième saison et ses producteurs considéraient probablement que le temps était venu de relancer l'intérêt de l'émission en injectant des éléments neufs dans le concept. Jouant la carte de la facilité, ils ont choisi d'introduire un candidat homosexuel dans l'émission. En fait, il n'y s'agit pas tant de relancer l'intérêt pour l'émission, que d'éduquer encore un peu la population québécoise, «parmi les huit candidats présélectionnés pour l'édition 2021 du populaire dating show de V, on trouve Alex, un producteur laitier., avicole et porcin de Saint-Elzéar , en Beauce. «Sa fiche descriptive mentionne qu'il détient un baccalauréat en agroéconomie, qu'il adore les voyages, la lecture, le jardinage, la cuisine, et qu'il habite seul une maison qu'il espère rénover lorsqu'il aura rencontré l'homme de ses rêves»(Un premier agriculteur gai à l'Amour est dans le pré. Journal de Montréal, 24 juillet)  » Joint au téléphone , le producteur de l'amour est dans le pré, Martin Métivier d'Attraction Images, croit qu'Alex est «le candidat idéal pour ouvrir les yeux à l'ensemble du Québec» sur cette réalité.». Les producteurs de L'amour est dans le pré ont en effet choisi d'introduire un agriculteur homosexuel dans la distribution de la prochaine saison. Malgré leur apparente audace, l'équipe de production de L'amour est dans le pré traîne néanmoins de la patte. En effet, les producteurs d'Occupation double en Afrique du sud, avaient eux choisi, l'an dernier,  d'introduire une candidate transsexuelle. Sur cette pente glissante à quand les pédophiles. Pourquoi, se contenter d'un seul seul candidat homosexuel d 'ailleurs, pourquoi ne pas jouer à fond la carte de la diversité et mettre en ondes une émission consacrée entièrement aux homosexuels, quelque chose comme L'amour est dans le sauna, animée par Éric Salvail s'il n'est pas derrière les barreaux au moment de la réalisation. nous pourrions ainsi disposer d'une émission nous permettant de découvrir et de comprendre les méandres des affections homosexuelles. Pour ce qui est de L'amour est dans le pré le choix de la production qui ne doit pas nous surprendre, la production ayant déjà choisi une animatrice se présentant comme pansexuelle en la personne de Katerine Levac, prenant la place de l'hétérosexuelle, Marie-Ève Janvier.
Il y a déjà plusieurs années que cette campagne de promotion et de banalisation de l'homosexualité dure. Y aura-t-il un écoeurement chez la population. c'est à souhaiter afin d'être ce jour débarrassé des Joël Legendre et Simon Boulerice de notre  monde télévisuel. Parlant de Simon Boulerice, artisan du virage «diversité» de Passe Partout, c'est grâce à des «pionniers» comme lui que leQuébec peut profiter d''une télévision «diversitaire» mur à mur, de la petite enfance à la ferme.

Monday, June 1, 2020

Tout les prétextes sont bons



Tous les prétextes toutes les occasions sont bons et, lorsqu'ils n'y en pas qu'importe, on les inventera ou on les importera. Qui exploite ainsi tous les prétextes et toutes les occasions?
Les militants anti racistes ont pressé le citron de l'affaire George Floyd, cet Afro-Américain mort des suites d'une intervention policière à Minneapolis. L'évènement s'est déroulé à des centaines de kilomètres de Montréal, qu'importe, la solidarité raciale des Afro-Américains et de leurs cousins afro-québécois ne connaît pas les frontières.
Une manifestation s'est déroulée à Montréal, dimanche le 31 mai. «Des milliers de personnes manifestent dimanche soir à Montréal pour dénoncer le racisme et la violence policière, après la mort de George Floyd, cet homme afro-américain qui a péri lors d'une intervention policière à Minneapolis lundi dernier.» (Des milliers de Montréalais manifestent contre le racisme, Le Devoir, 31 mai).» Il faut examiner un peu les photos utilisées par les quotidiens montréalais pour constater la prépondérance des pancartes en anglais. Sur la photographie reproduite par Le Devoir, nous avons même droit à un»Latinos for Black lives», alors qu'une autre affiche en espagnol celle-là se termine par un «mobilisateur»:«Tu lucha es mi lucha». Impression confirmée par la photo retenue par La Presse et par les bulletins de nouvelles télévisées. Les bulletins sont intéressants à regarder car, aux pancartes, il faut ajouter les nombreux manifestants défilant le poing fermé, imitateurs consciencieux des pratiques outre-frontière, certains ont même poussé l'imitation jusqu'à poser un genou en terre comme Colin Kaepernick, ce footballeur américain connu pour sa protestation contre la violence policière aux États-unis dans la foulée du mouvement Black lives matter. Il faut conclure que cette manifestation est étrangère à la réalité de Montréal. Elle prouve que la «communauté» afro-québécoise préfère s'identifier à la réalité américaine et demeure étrangère à la majorité québécoise. Cette volonté d'isolement est acceptée sinon encouragée par certaines administration publique; il faut lire à cet effet le communiqué du Service de police de la ville de Montréal (SPVM) en date du 31mai. Il y est écrit :»nous respectons les droits et le besoin de chacun de dénoncer haut et fort cette violence et serons à vos côtés pour assurer votre sécurité.» Les dénonciations «haut et fort»sont rapidement devenues pillages et incendies dans plusieurs villes américaines, est-ce cela que cautionne ce communiqué mal rédigé et d'une navrante obséquiosité à l'égard de la «communauté noire». Servilité qui finalement n'aura servi à rien, la solidarité avec les manifestants américains contre la brutalité policière et la mort de George Floyd n'était visiblement pas suffisante pour certains manifestants qui sont passé sans trop de peine de la solidarité à l'imitation en se métamorphosant en vandales, en casseurs et en pillards. 
 
 
 
À garder en mémoire la désolante déclaration de François Legault, dans un tweet du 31 mai; toujours insensible à la dimension symbolique du politique, il écrit:»La mort de George Floyd est une tragédie d'une tristesse sans nom. Ça nous rappelle que le racisme est un mal qui existe encore. Tous les humains sont égaux peu importe la couleur de la peau, Continuons le combat pour enrayer le racisme.» Rangez violons et mouchoirs, les violences qui ont marqué la fin de la manifestation anti raciste du 31 mai à Montréal entrent-elles dans le « Continuons le combat pour enrayer le racisme» François Legault n'étant ni maire de Minneapolis, ni gouverneur de l'état du Minnesota, nous serions en droit de lui demander: De quoi j'mèle?