Wednesday, November 4, 2020

Elle mérite mieux que cela

 

La liberté d'expression vaut mieux que le débat dont elle fait actuellement l'objet. Elle vaut mieux notamment que les caricatures de Charlie Hebdo, caricatures autour desquelles gravitent l'actuel débat. La liberté d'expression est un éléments fondamental de la démocratie et de la recherche, liberté essentielle, l'affaire de l'Université d'Ottawa le prouve. Il est triste que l'on appelle la liberté d'expression à la défense des caricatures de Mahomet de Charlie Hebdo. Elle vaut mieux que la défense des caricatures ordurières du journal qualifié de satirique. Caricatures d'abord conçues, sinon essentiellement conçues, pour choquer et provoquer. 
 
 
 
Les grands quotidiens du monde ont pour la plupart un caricaturiste oeuvrant dans la page éditoriale. Pourquoi seules les caricatures de Charlie Hebdo suscitent-elles ces réactions? Pour demeurer au Québec, pourquoi Chapleau (à La Presse), Godin (au Devoir) ne provoquent-ils pas de telles vagues? Peut-être parce qu'ils ont compris la raison d'être de la caricature, souligner d'un trait humoristique le ridicule d'une situation ou d'un individu. Ce que n'ont visiblement pas compris les incendiaires de Charlie Hebdo (plus récente manifestation de cette volonté d'allumer des feux, une caricature d'Erdogan, exacerbant les tensions entre La France et la Turquie. Interdire l'usage des caricatures de Mahomet relèverait moins de la censure que du bon sens civique et des impératifs de paix sociale; comparable au contrôle des armes à feu et à l'utilisation de substances dangereuses ou explosives dans certains lieux. Associer liberté d'expression et Charlie Hebdo comme le font trop de journalistes aide chroniqueurs revient à traîner la liberté d'expression dans la fange.  



Tuesday, November 3, 2020

De quel Canada s'agit-il?

 



«Les Canadiens se sentent à l'aise avec l'immigration. « à des niveaux jamais enregistrés» en quarante ans indique un récent rapport de l'Institut Environics. Le sondage effectué début septembre auprès de 2000 Canadiens révèle que 27% des citoyens considèrent qu'il y a trop d'immigration au Canada, une statistique en baisse de 7 points de pourcentage depuis l'an dernier. pas moins de 84% des Canadiens S'accordent aussi pour dire que l'immigration contribue à l'économie , un sommet jamais égalé dans l'histoire de l'Institut Environics. Dans la même veine, le nombre de Canadiens qui croient qu'il y a trop qu'»il y a trop d'immigrants qui viennent dans ce pays qui n'adoptent pas les valeurs canadiennes»des cent sous la barre des 50%, une première en quarante ans de sondage. [...]
 

 
 
Luc Turgeon, professeur spécialisé dans l'analyse de l'opinion  publique envers l'immigration, ne se surprend pas de ces données, lui qui parle « d'»exceptionnalisme canadien». »Le muticulturalisme est devenu un élément fondateur de l'identité canadienne » rappelle ce professeur à l'Université d'Ottawa. Puis, « la réalité, c'est que le discours autour de l'immigration un Canada est axé sur l'apport économique des immigrants . Le discours des élites[...] a des effets positifs en terme d'opinions publique. Il n'y a pas le discours qu'on trouve dans certains pays européens qui veut que les immigrants soient un fardeau sur les dépenses publiques. » (L'immigration toujours plus acceptée par les Canadiens, Le Devoir, 29 octobre)

Des résultats qui n'ont rien pour surprendre dans un Canada post-multicultariste.  et dont la démographie a bien changée depuis les années 1950, 1960.  À noter dans cet article, pas un mot sur la région du pays ou ce sondage a été mené, élément susceptible d'influencer les résultats de ce sondage. Retour sur les chiffres de ces sondages,  27 % des Canadiens considèrent encore qu'il y a trop d'immigration, ce qui constitue une bonne minorité(une minorité à laquelle personne n'accordera la moindre attention à une époque ou la moindre minorité voit se dérouler le tapis rouge devant elle, mieux vaut appartenir à une minorité allant dans le «sens de l'histoire» , si l'on tient compte du fait qu'aucun média canadien ne se fait l'écho de cette perception des choses et qu'aucun parti politique canadien n'intègre cet élément dans son programme à l'exception du petit Parti populaire de Maxime Bernier. Luc Turgeon a raison de souligner le rôle du multiculturalisme dans l'identité canadienne. Y en a-t-il encore une d'ailleurs dans le Canada post-national de Justin Trudeau? Une identité canadienne probablement jetée à la poubelle parce que trop européenne et trop blanche. Avant de conclure que les Canadiens acceptent plus l'immigration, il conviendrait de savoir, quel Canada parle, celui de Toronto, Vancouver et Montréal ou celui de Saguenay et Drummondville. Nous en sommes à l'heure non pas d'un Canada strong and free, comme dans leur hymne national, mais dans un Canada multiple et diversifié. Diversité chantée et exaltée sauf lorsque s'agit de celle du Québec francophone

Sunday, November 1, 2020

À chacun ses amis

 


L'attentat terroriste de Nice trouve un écho à la Chambre des communes ou chacun reprend son rôle après la condamnation de l'assassinat de Samuel Paty par un terroriste islamiste. LeBloc québécois déposant la motion condamnant l'agression, Justin Trudeau condamnant l'agression et affirmant sa solidarité avec la France.
Ce ballet bien règlé comporte cependant ses zones d'ombre; Justin Trudeau se montre ainsi incapable de défendre la liberté d'expression (incluant l'utilisation des caricatures de Charlie-Hebdo sur Mahomet). Autre zone d'ombre la position de Justin Trudeau sur l'Islam. Déjà ambiguë lors de la condamnation de l'assassinat de Samuel Paty; Justin Trudeau se montrant plus soucieux d'éviter d'attiser les tensions et se montre plus soucieux de vouloir profiter de l'occasion pour parler à des leaders. des leaders mondiaux, des leaders communautaires, des leaders de la communauté musulmane ici au Canada, pour comprendre leurs inquiétudes, leurs préoccupations , pour écouter et pour travailler pour réduire ces tensions», s'est-il empressé d'ajouter., il pousse le bouchon un peu plus loin cette fois en déclarant:»ces criminels, ces terroristes , ces meurtriers ne représentent d'aucune façon l'Islam ou les musulmans »(Trudeau évite de se prononcer sur le droit de caricaturer Mahomet, Le Devoir, 30 octobre). Justin Trudeau aurait-il profité des longues semaines pendant lesquelles la Chambre des communes n'a pas siégé pour se mettre à l'étude du Coran et des Hadîts et acquérir le titre d'uléma, il aurait mieux valu qu'il suive plutôt un cours Djihad 101. L'Islam de Justin Trudeau est un Islam bien sage; suffisamment sage pour constituer l'une des composantes du multiculturalisme canadien. Un Justin Trudeau qui pourra dire au monde, voyez comment le multiculturalisme canadien est efficace et peut permettre de venir à bout de l'islamisme bien mieux que le modèle républicain français. Nous laissons à Justin Trudeau à ses amis musulmans, ce ne sont pas les nôtres et croyons-nous pas non plus ceux des Québécois.
 

 

Notre liberté d'expression et «ses» limites


Justin Trudeau nous apprend que la liberté d'expression a ses limites (La liberté d'expression ses limites, Le Devoir, 31 octobre). «Selon M. Trudeau, la liberté d'expression doit s'exercer dans «le respect des autres» et avec le souci de «ne pas blesser de façon arbitraire et inutile». Ce qu'il faut retenir de cette déclaration c'est que blesser de «façon arbitraire et inutile» n'est pas défini par les premier ministre.  Nous entrons donc dans le domaine purement subjectif des sentiments et des impressions,  nos tribunaux peuvent dès maintenant se préparer à une avalanche de causes pour propos «racistes» et discriminatoire.  Ce que nous offre, Justin Trudeau, c'est une liberté d'expression proprement domestiquée et que les groupes d'intérêt ethniques ou religieux, groupes parmi lesquels ils faudra probablement compter sans trop attendre les homosexuels, les LBGTQ+ apprécieront en raison même de son imprécision. 
 

 
 
Les législateurs canadiens n'ont pas attendu Justin Trudeau pour encadrer la liberté d'expression; les notions de diffamation et de libelle diffamatoire sont déjà connues par les Québécois devant protéger leur réputation. De telles limites n'existent pas que pour les individus: les groupes ethniques, religieux ou «sexuels» (Homosexuels, LBGTQ+ peuvent de plus avoir recours aux dispositions des lois canadiennes sur la littérature haineuse contenues au Code criminel canadien ou sur la discrimination apparaissant à la Charte canadienne des droits et libertés (article 2 sur les libertés fondamentales). Toute tentative d'ajouter de nouvelles limites à ce cadre ne serait qu'une tentative de répondre à des crises ponctuelles et de satisfaire des groupes d'intérêt particulier et à enlever tout sens aux libertés historiques dont nous disposons encore. Nous connaissons «notre» liberté, nous ne connaissons pas «ses»limites. Nous connaissons surtout ses amis musulmans et son parti pris en faveur de l'Islam.

Saturday, October 31, 2020

Éthique à géométrie très variable

 



L'attitude de François Legault a l'égard de Pierre Fitzgibbon est à tout le moins curieuse. Pierre Fitzgibbon, ministre de l'Économie et de l'innovation, a fait l'objet d'une réprimande de la part de la commissaire à l'éthique de l'Assemblée nationale, Me Ariane Mignolet:«À la demande des péquistes . Me Mignolet avait amorcé en 2019 une enquête sur un possible conflit d'intérêt au dossier Move Protéine en relation avec la nomination de l'actuel président et chef de la direction d'Investissement Québec, Guy Leblanc. M. Legault a affirmé jeudi que M. Fitzgibbon aurait dû être plus prudent dans ses rencontres avec un ami lobbyiste» Difficile ici de ne pas penser que le vrai message de M. Legault avait pas en tête était, la prochaine fois ne te fais pas prendre plutôt que «il aurait dû être plus prudent»(Legault croit que son ministre doit être réprimandé» Journal de Montréal, 29 octobre).  Tout étonne dans cette histoire, en effet: » Le premier ministre François Legault suggère à ses députés de voter en faveur d'une réprimande recommandée par le commissaire à l'éthique de l'Assemblée nationale contre le ministre l'Économie Pierre Fiztgibbon. Qui peut croire à une réprimande votée par les députés caquistes à l'égard d'un collègue et d'un ministre senior, ce qui est habituellement le cas du ministre de l'Économie. Plutôt que je jouer à Ponce Pilate, Francois Legault devrait se souvenir que c'est au premier ministre à démettre un ministre, pour compléter le travail, M. Legault pourrait aussi expulser pierre Fitzgibbon du caucus caquiste et le contraindre à siéger comme indépendant, son actuelle majorité lui permet de poser ce geste sans crainte, à moins qu'il ne redoute le départ de Pierre Fitzgibbon et son retour au secteur privé dont il a visiblement conservé les moeurs, une démission qui signifierait une élection partielle; perspective peu menacante, compte tenu de la majorité de la Coalition Avenir Québec. Il est peu probable François Legault: pousse l'affaire plus loin, à ses yeux , en effet: » Il a eu sa leçon. Qu'on en parle dans les médias , c'est la pire réprimande qu'on peut pas souhaiter avoir» a conclut M. Legault.» pire réprimande ou non, Pierre Fitzgibbon demeure ministre de l'Économie en profitera-t-il pour démontrer son intérêt pour de «beaux projets» pour le Québec. Ce que constate aussi François Legault lorsqu'il affirme: «Il n'aurait pas dû rencontrer son ami. même si son ami avait de beaux projets pour le Québec, c'est assez évident que c'est plus facile de rencontrer un ministre que pour quelqu'un qui n'est pas un ami. Il y a un problème d'équité.» Tout à sa très variable éthique: «M.Legault est près à passer l'éponge et croit que cette erreur n'empêche pas M. Fizgibbon d'exercer ses fonctions. Selon le premier ministre, cette situation, survenue alors que plusieurs feux rouges avaient pourtant été déjà été allumés quant aux relations personnelles de M. Fitzgibbon, est due à son manque d'expérience en politique.» Dans cette histoire de copinage de Chambre de commerce,  François Legault se rend-il compte qu'il vient de donner la définition même du favoritisme? à



Le poisson pourrit ...

 



...par la tête. Ce vieil adage romain est toujours d'actualité. C'est la conclusion qui s'impose à la lecture d'une déclaration récente de l'ambassadeur français en Suède:»Un nouveau pas vient d'être franchi dans la dhimmitude de notre pays baptisé, jusque-là , la fille ainée de l'Église. Lors d'une émission télévisée , un journaliste de la chaîne suédoise SVT interrogeait Étienne de Gonneville sur le risque que la situation tourne au conflit dans ce contexte tendu entre le monde arabe et notre pays. Et l'ambassadeur de France en Suède d'affirmer, benoîtement:» «Tout d'abord, la France est un pays musulman. L'Islam est la deuxième religion de France. Nous avons entre quatre et huit millions de citoyens français qui ont un héritage musulman.» («La France est un pays musulman», dit-il, Boulevard Voltaire, 29 octobre). Difficile d'aller plus loin dans la veulerie; voilà un ambassadeur qui assure ses arrières et pose dès maintenant sa candidature à un poste d'ambassadeur de la République islamique de France; République qui ne devrait pas à voir le jour dans la logique d'Étienne de Gonneville. Combien de haut fonctionnaires français partagent cette conviction. on songera qu'»un, c'est déjà un de trop de trop NDA», l'héritage historique de la France est bien mal défendu par un tel homme, car :» Non, la France n'est évidemment pas un pays musulman et l'héritage de notre pays est avant tout antique (gréco-romainNDA) et judéo-chrétien,[...] «Certes, l'Islam est devenu la deuxième religion, avec huit millions de musulmans dans notre pays,[...] 38 millions de Français se considèrent encore chrétiens dans notre pays pourtant déchristianisé.»




Pour éviter qu'un jour un délégué du Québec ne profère une telle ineptie; il faut se montrer particulièrement attentif à l'immigration que nous recevons afin que l'Islam ne soit jamais la deuxième religion chez nous. Le Québec jusqu'à nouvel ordre demeure une terre  culturellement et spirituellement héritière d'Athènes, de Rome et de Jérusalem. La Mecque n'a jamais figuré dans notre ADN.

Friday, October 30, 2020

Dur à suivre

 

Dernière déclaration du pape François. Le successeur de Pierre rêve d'une «Europe sainement laïque» et «solidaire et généreuse» (Le pape François rêve d'une Europe «sainement laïque», Journal de Montréal,27 octobre). Qui au fil des déclarations intempestives du pape (déclarations faites à des journalistes en avion voilà plusieurs mois, déclarations plus ou moins trafiquées sur Les unions civiles et les homosexuels faites dans des documentaires) Dernière en date de ces déclarations;  une lettre rendue publiques mais initialement destinée à son cardinal-secrétaire d'État, Mgr Pietro Parolin). Une déclaration qui rend encore plus complexe la compréhension (S'il y a quelque chose à comprendre) de la pensée et la vision du pape sur l'Église catholique, son destin et son avenir. Pour le pape semble convaincu:«qu'une Europe sainement laïque, ou Dieu et César», c'est à dire l'Église et les gouvernements nationaux»soient distincts , mais pas opposés»: tel est le rêve confessé par le pape François(Une Europe «sainement laïque»: le pape François fait un rêve, Le Point, 27 octobre) .L'histoire de la laïcité en Europe occidentale c'est d'abord celle d'un laïcisme agressif et fondamentalement anti-catholique.  Le cas français est, à cet égard, particulièrement représentatif, pas question ici de «collaboration harmonieuse», mais plutôt une féroce «guerre de territoires», notamment autour de l'école. De Jules Ferry (franc-maçon) laïcisant agressivement l'école française à la loi de 1905, celle du petit père Combes (Émile combes, lui aussi franc-macon),  proclamant la séparation de l'Église et de l'État.  Nous ne sommes pas dans la «saine collaboration», mais  plutôt dans le «tasse-toi de là, que je m'y mette». Des affrontements acrimonieux ou l'on distingue sans peine la main de la franc-maçonnerie. Si c'est cela qu'envisage le pape, il faut conclure à sa naïveté (arrêtons-nous là pour demeurer poli). Peut-être ne faut-il pas chercher dans les propos de François, un grand dessein qui ne s'y trouve pas.  Cette dernière déclaration de François est peut-être qu'un couteau planté dans le dos de la catholique Hongrie de Viktor Orban et dans celui de la catholique Pologne d'Andrezj Duda. Si c'était le cas les catholiques seraient alors dirigés par un pasteur sans honneur. un pontife indigne d'occuper le siège de Saint-Pierre.