Sunday, April 10, 2022

De Charybde en Scylla

 

Nous sommes tous en mesure de constater les effets du délire woke, dans les universités  (L’affaire Vérushka Lieutenant-Duval l’Université d’Ottawa)  et dans le domaine des arts (l’affaire Slav au théâtre du Nouveau monde, à l’été 2018 )Comment répondre à ce délire? 
Faut-il faire notre la position de la chroniqueuse Sophie Durocher qui dans sa chronique d’aujourd’hui (8 avril) se range derrière l’humoriste Cathy Gauthier:«Après avoir assisté mardi à la première médiatique de Classique, je voudrais remercier publiquement l’humoriste Cathy Gauthier: […] 2. De continuer de faire des blagues pas du tout « politiquement correctes» à une époque particulièrement «politiquement correcte».Alors qu’une humoriste se fait gifler pour avoir fait «une blague de mauvais goût» que les curés de la justice sociale nous dictent les sujets dont on peut rire (ou pas), les mots qu’on a le droit de prononcer (ou pas) et les personnes qu’on peut critiquer (ou pas), ça fait du bien d’entendre une femme qui, s’assume et qui n’a pas froid aux yeux.»Cathy Gauthier ne mesure que cinq pieds, mais c’est une grande humoriste.». Dans son dernier spectacle, elle parle d’hémorroïdes, de graine, de vagin, de «pertes»  ou de se faire recoudre après un accouchement . Oui, c’est cru, c’est vulgaire. Ne venez pas me dire qu’une femme n’a pas le droit de parler en termes clairs de l’explosion de ses parties intimes provoquée par repassage d’un bébé[…].»

Ainsi pour la chroniqueuse, nous aurions le choix entre le wokisme et la vulgarité; La vulgarité étant la digue à dresser devant la montée du wokisme. Aucune des alternatives ne m’intéresse, peut-être puis-je avouer une très légère préférence pour la vulgarité qui laisse subsister des espaces de liberté. La vulgarité n’empêche pas la recherche scientifique libre. La vulgarité peut aussi se corriger avec un peu d’éducation et de manières.
Si ce choix entre wokisme et vulgarité est tout ce que Madame Durocher a à nous offrir, nous ne pouvons que lui répondre, «Sophie posez votre plume et demeurer dans votre jardin».
 

 

Friday, April 8, 2022

Le ver dans le fruit

 

C’est sans relâche que le travail de déconstruction des institutions publiques québécoises et montréalaises se poursuit. Dernière cible, la Commission de la Sécurité publique de Montréal. «L’opposition officielle à Montréal presse la Ville d’intégrer deux membres la société civile au sein de la Commission de la Sécurité publique , afin d’offrir plus de transparence en matière de lutte à la discrimination.» (Montréal: l’opposition veut que la société civile siège à la Commission de la Sécurité publique, Journal de Montréal, 6 avril).
Société civile, quésseéça, Personne ne s’est vraiment arrêtée à définir ce qu’est la société civile, c’est peut-être pour cette raison que la gauche semble vouer une affection particulière à l’idée de société civile. Qui peut parler au nom de cette société civile? En l’absence de définition de cette société civile, l’opposition officielle au Conseil municipal fait connaître ses préférences afin de choisir les représentants de cette nébuleuse qu’est la société civile; la description de éventuels ces porte paroles est en soi un programme:»Les représentants devraient avoir une certaine expertise en lien avec la sécurité publique ou les enjeux liés au profilage et être apolitiques.». Une description qui est un véritable appel à poser leur candidature aux Will Prosper et Max Stanley Bazin (de la Ligue des noirs) de ce monde. Avec de tels Montréalais pour parler pour la société civile il n’y a pas à douter que le ver ne soit dans le fruit.
 
 

 
Max Bazin

Will Prosper

 
Les lecteurs de ce blogue auront un portrait complet de l’initiative en sachant:« qu’il s’agissait d’une recommandation de l’Office de consultation publique de Montréal (OCPM) sur le racisme et la discrimination systémiques, qui avait été votée en 2020, sous la présidence de Dominique Ollivier, qui était alors à la tête de l’OCPM.Mme Ollivier est maintenant présidente du comité exécutif de la Ville, au sein de l’administration Plante.
C’est le conseiller Abdelhaq Sari, élu conseiller de ville pour l’arrondissement de Montréal-Nord, sous la bannière d’Ensemble Montréal, qui entend porter le ballon au conseil municipal.

Tuesday, April 5, 2022

L’Université en folie

 



Il fut un temps ou les principales raisons de voir le nom d’une université québécoise mentionnées dans les journaux étaient la construction d’un nouveau pavillon ou le fait de décerner un doctorat honoris causa à une personnalité publique.
Ce temps semble aujourd’hui bien loin, le nom des des universités québécoises apparaît aujourd’hui dans les médias pour des raisons à tout le moins discutables discutables. Nous avons en tête, l’affaire Vérushka Lieutenant-Duval (Le fameux «mot en N» à l’Université d’Ottawa et plus récemment l’affaire michael J.Carley à l’Université de Montréal (voir ce blogue, Liberté d’expression service minimum, 25 mars).  Après les Universités d’Ottawa et de Montréal, voilà que l’Université Laval fait à son tour les manchettes.
 

 
 
«Un appel de candidatures de l’Université Laval pour une chaire de recherche du Canada en biologie a beaucoup fait réagir sur les réseaux sociaux, à la suite d’une publication de l’humoriste Guy Nantel à ce sujet. Seules les candidatures de femmes, d’Autochtones, de personnes en situation de handicap et celles appartenant aux minorités visibles seront retenues afin d’accroître la représentativité de ces groupes parmi les titulaires des CRC l’université Laval indique t-on dans ce document.»(Des hommes blancs exclus s’appels de candidatures l’UL, Journal de Montréal, 29 mars). Journalistes et chroniqueurs ont peut-être rapidement conclu que les hommes blancs étaient exclues des CRC, si nous lisons bien l’article de Daphnée Dion-Viens qu’en est-il des hommes blancs en situation de handicap? Les hommes blancs qui ne seraient pas en situation de handicap ont peut-être cru être en mesure de trouver des cieux plus accueillants dans des universités québécoises épargnées par les délires racistes  et wokistes imposées pour l’accès aux chaire de recherche du Canada; ces hommes blancs doivent oublier cette possibilité; «La situation est la même dans d’autres universités québécoises, qui sont aussi soumises aux cibles en matière dÉquité , diversité et inclusion de ce programme fédéral. Un appel de candidatures semblable a été publié cet automne par l’UQAM. l’Université de Sherbrooke est même présentement à la recherche d’une femme pour pourvoir un poste de «professeure» en changement climatique, puisque seules les candidatures féminines seront retenues, peut-online sur son site Internet.» Devant le mutisme de l’article, devons-nous conclure que les chercheurs blancs devront se tourner vers les université anglophones du Québec (McGill, Concordia et Bishop), augmentant les chances de ces dernières de puiser dans un bassin élargi de chercheurs?






Il faut noter que les réactions de la classe politique québécoise se sont avérées empreintes de bon sens. «Québec juge «exagéré» l’exclusion des hommes blancs d’un appel de candidatures l’Université Laval en vertu des critères fixés par le fédéral qui vont « beaucoup trop loin » selon la vice première ministre Geneviève Guilbault,(Université Laval: l’exclusion des hommes blancs est «exagérée», dit Québec, Journal de Montréal, 30 mars). 
Les partis d’opposition sont également montés aux barricades . Selon Paul St-Pierre Plamondon, il s’agit d’une «idéologie qui nous vient du financement fédéral » qui risque de créer des tensions dans les universités tout en étant «inacceptable». Celui-ci plaide plutôt pour choisir les candidats en fonction de leur mérite. La cheffe du parti libéral du Québec, Dominique Anglade, juge également que cette méthode «va trop loin».
« tout en refusant de condamner la façon de faire de l’UniversitéLaval, le co-porte-parole de Québec solidaire. Gabriel Nadeau-Dubois, a plaidé qu’une approche «plus progressive»est préférable. 

Seul a faire bande à part, Gabriel Nadeau-Dubois songe-t-il à une approche «plus progressive» ou à une «approche plus progressiste», difficile à dire avec le personnage.

Les universités québécoises peuvent-elles se priver e des sommes venant des chaires de recherche du Canada? le gouvernement du Québec peut-il offrir des sommes équivalentes sans imposer les mêmes contraintes que les CRC?
Dernière pièce à verser à ce dossier «l’Université en folie», «L’université d’Ottawa a créé cinq postes réservés aux candidats racisés ou autochtones en 2021-2022, dans le but de «remédier à la sous-représentation de certains groupes au sein du corps professoral» a appris La Presse.Par courriel, L’Université d’Ottawa indique avoir créé cinq postes réservés aux candidats racisés ou autochtones 2021-2022. »[L’objectif est que] le corps professoral reflète la population étudiante qu’il est appelé à desservir et à qui sert de modèles» explique la porte-parole de l’établissement, isabelle Mailloux. (Université d’Ottawa Cinq postes réservés à des candidats racisés ou autochtones, La Presse, 2 avril). Quelle sera la qualité de la formation dispensée par ces professeurs recrutés au nom de la rectitude politique de leur origine ethnique ou raciale? La réponse visiblement n’intéresse pas les universités mentionnées plus haut.

Saturday, April 2, 2022

L’arbre qui cache la forêt

 



Le pape François a présenté ses excuses aux leaders autochtones s’étant rendus à Rome pour le rôle de l’Église catholique dans les pensionnats fédéraux au Canada. «Le souverain pontife s’est tenu devant près de 200 délégués autochtones, vendredi, et a demandé le pardon de Dieu pour la conduite déplorable de membres de l’Église catholique.» (Le pape s’excuse et promet de se rendre au Canada, La Presse, 1er avril).

Excuses attendues et ardemment souhaitées par les communautés autochtones. Excuses qui sont aux dires du premier ministre, Justin Trudeau, «une étape importante».
Excuses éminemment commodes car si elles mettent en lumière le rôle de l’église catholique, une histoire ou, de façon prévisible, l’Église catholique doit nécessairement porter le chapeau; pourquoi écrire de «façon prévisible» parce que depuis «l’affaire des orphelins de Duplessis», c’est l’Église catholique qui doit porter le chapeau pour les «bavures» de ces projets foireux ou l’État «libéral» (i.e.; l’État d’avant l’État providence) se débarrassait volontiers de ses responsabilités sociales sur les épaules des Églises. Les pensionnats autochtones faisaient parti de ces projets ou les Églises se trouvaient seules en première ligne. Il semble bien encore aujourd’hui quelles soient seules pour assumer la responsabilité des pensionnats autochtones. L’arbre des excuses papales ne doit pas faire oublier les responsabilités du gouvernement canadien. Au sujet des pensionnats autochtones, l’Encyclopédie canadienne à l’article Residential schools in Canada note que: »Residential schools were government sponsored religious schools that were established to assimilate indigenous children in Euro-Canadian culture.»




Stephen Harper (en juin 2008) et Justin Trudeau (en novembre 2017) se sont excusés pour les pensionnats autochtones, mais c’était avant la découverte des dépouilles de pensionnaires au pensionnat de Kamloops. Devant ce fait nouveau, il serait approprié que Justin Trudeau, au nom du gouvernement fédéral, s’excuse à nouveau et intègre dans ses excuses le souvenir des jeunes autochtones morts dans les pensionnats. Il pourrait le faire conjointement avec le pape François lors du passage de ce dernier au Canada. Les excuses de Justin Trudeau et du pape François permettraient peut-être de tourner la page sur ce triste épisode de notre histoire et remettraient en perspective le rôle des uns et des autres dans cette histoire.

Friday, April 1, 2022

Plus séparatiste, tu meurs


Plus séparatiste, tu meurs. Valérie Plante accentue sa campagne visant à «séparer» Montréal du reste du Québec: «La ville de Montréal a dévoilé mardi une série de mesures pour combattre le racisme et les discrimination systémiques au sein de ses institutions» (La ville de Montréal intensifie sa lutte contre le racisme systémique, Radio-Canada, 29 mars).  Confrontant ainsi le gouvernement Legault pour lequel la notion de racisme systémique ne peut s’appliquer au Québec. 




«À la suite du dépôt du rapport en juin 2020, «La Ville de Montréal avait reconnu par la voix de sa mairesse, l’existence de racisme et de discrimination systémiques» a appelé la présidente du comité exécutif, Dominique Ollivier. Depuis la Ville a embauché une commissaire à la lutte contre le racisme et les discriminations systémiques, Bochra Manaï.»

«Nous aspirons à bâtir une ville au sein de laquelle toutes et tous sont égaux, peuvent s’épanouir pleinement et vivre dignement. L’administration Plante rappelle que la métropole est de plus en plus diversifiée et que cette tendance démographique n’ira qu’en s’accentuant au cours des prochaines années. En effet, selon les projections de Statistique Canada, la population montréalaise sera composée de près de 56% de personnes nées à l’étranger ou descendants d’immigrants.» Ainsi sans surprise, Valérie Plante joue la carte de la diversité et prend ses distances avec le Québec profond blanc et francophone. Dans la perspective de la prochaine élection municipale, nous lui proposons d’abandonner le nom de Projet Montréal pour son parti  et de lancer Le RIM, le Rassemblement pour l’indépendance municipale.

Tuesday, March 29, 2022

La vie continue

 



Alors que nos regards sont braqués vers l’Ukraine et que nos gouvernements préparent mal semble-t-il l’accueil des réfugiés ukrainiens; force est de constater que la vie continue:»Des milliers de migrants ont traversé la frontière de manière illégale pour arriver au Québec au cours des derniers mois Jamais le chemin Roxham n’a connu une telle vague de migrants à cette période de l’année.Malgré le froid, la neige et les températures souvent glaciales, des milliers de migrants ont traversé irrégulièrement la frontière canada-américaine depuis le début de l’année.Selon de nouvelles données rendues publiques , plus de 4500 personnes ont demandé l’asile durant les mois de janvier et février, […].» (Record de demandeurs d’asile au chemin Roxham, Radio-Canada, 27 mars)
 

 
 
Alors qu’il faut déjà prévoir un parcours à obstacles bureaucratiques pour les réfugiés ukrainiens, le chemin Roxham demeure ouvert et semble faire destiné à faire le bonheur des passeurs au cours des mois d’été  à venir.

Sunday, March 27, 2022

Histoire et histoire



Il faut lire ce matin (26 mars) la chronique de Mario Dumont dans le Journal de Montréal. Mario Dumont ouvre sa chronique en traitant du cas du professeur Michael J. Carley et ses déclarations pro russes (voir ce blogue, Liberté d’expression service minimum, 25mars), puis change brusquement de sujet en notant:»Depuis quelques années, des gens du monde des sciences sociales se questionnent sur le fait que l’Université de Montréal n’ait plus de professeur spécialiste de l’histoire du Québec. Rien sur le parcours ‘un peuple parlant français contre vents et marées, des plaines d’Abraham jusqu’au Rapport Durham, de la Confédération jusqu’à aujourd’hui, » (toute une aberration à l’Université de Montréal, Journal de Montréal, 26 mars).
Mario Dumont a raison, il est aberrant que la plus importante université française au Québec n’offre pas un enseignement de l’histoire du Québec aux élèves qui fréquentent son département d’histoire.
 
 

 
Réfléchissons avec Mario Dumont, et si l’absence d’un professeur spécialiste de l’histoire du Québec nous interpellait sur l’état général du nationalisme québécois? L’apparente indifférence de l’Université de Montréal(U de M) ne reflète-t-elle pas l’indifférence des Québécois francophones à l’égard de leur propre destin national depuis l’échec du deuxième référendum.

L’histoire, ce n’est pas que la mémoire de quelques dates et de quelques grands faits. C’est d’abord et avant tout la mémoire d’une vie nationale. L’histoire a certes pour mission de se souvenir, mais elle peut aussi être le levain dans la pâte. Mario Dumont a raison de mentionner:»Pourtant, l’Université de Montréal a accueilli dans ses rangs plusieurs grands historiens du Québec. Des piliers comme Maurice Séguin et Michel Brunet, qu’ont documenté les effets de la Conquête  sur les Canadiens français. Ou Guy Frégault qui a scruté notre histoire nationale en plus de mettre la loupe sur le rôle des grands personnages de notre passé. L’homme existe pourtant et il n’est pas loin de l’université de Montréal. Le poste de professeur de notre histoire nationale au département d’histoire de l’U de M. Pourquoi ne pas le confier cette tâche a Frédéric Bastien? Un Frédéric Bastien qui, paradoxalement et tristement, enseigne aujourd’hui à l’anglophone Cegep Dawson.
 

 

Les Séguin et Brunet véritable levain dans la pâte, annonçaient l’effervescence nationaliste des années 1960. Des historiens de leur trempe ne pourraient que constater le coma dans lequel notre nation est plongée depuis 1985. Telle une moderne Princesse aux bois dormants, notre nation attend un Prince charmant qui la libérera de son sommeil et de la malédiction historique qui semble peser sur elle. Il nous importe peu que ce Prince charmant soit historien ou homme politique, En toute bonne logique, l’historien précédera l’homme politique. L’historien que nous appelons de nos voeux, il faudra qu’il enseigne, non seulement à l’Université, mais aussi à l’École secondaire et au Cegep.