Sunday, January 15, 2023

À considérer - à creuser



Le départ surprise de Sophie Brochu de la présidence d’Hydro-Québec a fait des vagues. Mme Brochu a décidé de mettre un terme à son mandat deux ans avant l’expiration de ce dernier, . Elle quittera ses fonctions le 11 avril prochain, ce départ surprise apparaît d’ores et déjà comme le premier épisode d’une saga dont nous ne sommes pas prêt de voir la conclusion. Le deuxième chapitre de cette saga est la recherche des raisons du départ de Mme Brochu de son fauteuil présidentiel, le troisième sera celui de la nomination se son successeur ou de sa successeure.
 

 
 
Processus qui fait déjà l’objet d’une proposition de la part du chef du Parti québécois (PQ), Paul Saint-Pierre Plamondon (PSPP). Il «réclame que la personne qui succèdera à Sophie Brochu à la direction d’Hydro-Québec obtienne l’appui d’au minimum deux partis d’opposition l’Assemblée nationale. Le chef péquiste soutient que le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) doit aussi s’assurer que la nomination soit apolitique et qu’elle ait lieu au terme d’une audience accordée à chaque parti avec la personne candidate.» L’idée mérite considération, mais soulève des questions; quels devraient être les deux partis choisis et, surtout selon quels critères? (Le PQ veut impliquer les partis d’opposition, La Presse, 12 janvier).
La proposition de PSPP mérite considération, mais elle mérite surtout d’être creusée. Sachant que la nomination du président d’Hydro-Québec ne saurait être «apolitique» comme semble le croire PSPP, Pourquoi s’arrêter à un choix effectué par trois partis de l’Assemblée nationale, l’idée de PSPP mérite mieux. Afin d’être cohérent, pourquoi PSPP ne suggère-t-il pas que le ou la successeur de Sophie Brochu soit nommé par l’Assemblée nationale?
 
 

 
Compte tenu de l’importance politique et économique de l’Hydro-Québec, la proposition ne serait pas insensée. Après tout, des personnages dont le rôle est beaucoup moins déterminant dans la société québécoise que le président ou la présidente de l’Hydro-Québec sont ainsi nommés par l’Assemblée nationale, Le commissaire au lobbyisme, le commissaire à l’éthique et à la déontologie, le directeur général des élections, le Protecteur du citoyen, le Vérificateur général, le directeur général de la Sureté du Québec sont nommés par l’Assemblée nationale; il ne s’agit pas de minimiser le rôle de ces personnages, mais il faut convenir qu’ils n’ont pas l’importance du président de l’Hydro-Québec. 
La proposition de PSPP gagnerait en clarté et en efficacité si PSPP y allait pour «la totale» et non pour cette proposition alambiquée d’impliquer un ou deux partis d’opposition dans le processus du choix du prochain président de l’Hydro-Québec.

Wednesday, January 11, 2023

Les corps étrangers 

 



L’incident Sandro Grande, entraîneur chef de l’équipe de réserve du FC Montréal embauché par le FC Montréal puis congédié séance tenante lorsqu’il a été découvert qu’il avait écrit sur les réseaux sociaux suite à l‘attentat de 2012 contre Pauline Marois, Grande écrivait alors: "que la seule erreur que le tireur a commise la nuit dernière, c’est de rater sa cible! Marois! La prochaine fois mon gars! j’espère."
Cet incident nous rappelle que les organisations sportives professionnelles sont des «corps étrangers» vivant sur le corps des villes qui les accueillent. Le terme parasite est probablement celui qui convient le mieux; il importe peu que le FC Montréal soit une entreprise propriété de Saputo, une entreprise montréalaise ayant pignon sur rue dans la métropole depuis 1954. La nomination de Grande, montre que Joey Saputo, tout Montréalais qu’il soit, donne l’impression de vivre en marge du Montréal francophone et d’en ignorer l’histoire.


Le FC Montréal n’est pas une exception, l’organisation du Canadien de Montréal, la plus vieille des organisations sportives professionnelles montréalaises ne se conduit pas nécessairement  différemment. La plus vieille et, devrions-nous dire, la plus enracinée dans l’histoire du Québec (l’émeute du Forum en 1955 suite à la suspension de Maurice Richard annoncerait, selon certains historiens. le Révolution tranquille). Cette vieille organisation dont l’histoire se confond, depuis 1909, avec celle de la ville de Montréal a tout de même jugé bon de se donner un capitaine unilingue anglophone en la personne de Nick Suzuki. Afin de faire gober cette réalité aux amateurs; les organisations sportives professionnelles peuvent compter toujours compter sur des «Canadiens français de service», Daniel Gervais, au FC Montréal est l’un de ces «Canadiens français de service», chez le Canadien, ce rôle est, à l’heure actuelle, dévolu aux Martin Saint-Louis, Vincent Lecavalier et toute la petite mafia journalistique gravitant autour de la Sainte Flanelle et s’agitant quotidiennement à TVA Sports et au Réseau des sports (RDS) joue le même rôle pour le Canadien. Pour les Expos, il faut se souvenir que dans les dernières années des Expos à Montréal nous aurons vu le tandem Brochu- Ménard endosser les défroques des «Canadiens français de service» en se démenant beaucoup pour  obtenir la construction d’un nouveau stade de baseball au centre ville de Montréal; Leurs maîtres jugeant peut-être que le Stade olympique dans l’Est se trouvait en territoire trop «frog».
Les Alouettes de Montréal en dépit de leur nom francophone sont encore aujourd’hui la propriété d’un groupe financier dont le siège social est situé à New York.
 
 
 
Les Expos dont un éventuel retour excite beaucoup Denis Coderre et lui donne l’occasion de se frotter à Stephen Bronfman, fils du propriétaire des Expos première mouture, Charles Bronfman. Un propriétaire qui ne se reculait pas devant une occasion pour déverser son fiel sur les souverainistes; en 1976, il qualifiait les séparatistes d’anti sémites. Une organisation faisant largement appel tout au long de son existence à des Américains comme John McHale à titre de directeur-gérant de l’équipe) et Gene Mauch (entraîneur chef). Bronfman jugeant qu’aucun francophone n’était en mesure d’occuper ces fonctions.
 
Seule organisation sportive professionnelle méritant d’échapper à ce qualificatif de «corps étranger» au Québec, les regrettés, Nordiques de Québec, propriété de Marius Fortier, menée par Maurice Filion et dirigée par Michel Bergeron. Cette originalité explique peut-être en partie, le fait que la ville de Québec, malgré ses efforts (la construction du centre Vidéotron, l’implication du Gouvernement du Québec) n’est pas prête de revoir les Nordiques.  Merci Monsieur Bettman.
 

Les héros positifs

 

 


Il n’est probablement pas exagéré de penser que la majorité de nos contemporains ont connu et vécu la majorité de leur vie dans un Québec «pré diversité».
 De même, il n’est probablement pas exagéré de penser que le Québec «profond» (i.e.:Hors-Montréal) est lui aussi «pré-diversité».
Les politiques du gouvernement canadien font en sorte que les Québécois devront s’habituer à l’idée de cette diversité et développer des réflexes «inclusifs».
 
Diversity - Imgflip
 
Afin de s’assurer une transition harmonieuse, quoi de mieux que d’avoir recours, pour parler «soviétique»à quelques «héros positifs»? Nos dirigeants, avec la complicité de la gent journalistique, ont visiblement opté pour ce recours à des «héros positifs» afin de vaincre les réticences des récalcitrants qui hésiteraient à céder à la beauté et aux charmes de la «diversité». Le choix de ces héros peut s’avérer délicat, il faut pas que ces héros ne deviennent eux-mêmes par leur comportements des distractions ou des sujets irritants attirant l’attention sur un aspect discutable de la «diversité». Les héros à défaut de susciter l’unanimité devront, à tout le moins, être rassembleurs. Il ne faut pas chercher longtemps un thème rassembleur idéal dans les sociétés occidentales de 2023. Le sport apparaît comme ce thème rassembleur idéal. La récente Coupe du monde le prouve, Aux États-Unis, l’émotion autour  du malaise cardiaque de Damar Hamlin, demi de sureté des Bills de Buffalo le démontre aussi. Le sport gomme les divisions politiques et sociales.
 
Damar Hamlin est réveillé
 
Cette constatation posée, comment peut-elle trouver application au Québec. Il ne faut pas être grand clerc pour identifier certains héros positifs que nous a proposé  la gent journalistique au cours des dernières années. Trônant actuellement au sommet de ce palmarès; Les Félix Auger- Alliassime et Leylah Fernandez peuvent sans peine endosser la défroque de héros positifs. L’une et l’autre présentant de surcroit l’avantage d’être eux-mêmes issus de la diversité. 
Le tennis demeurant un sport élitiste, il faut donc proposer aux Québécois des héros exerçant leur art dans une discipline moins élitiste. Appelé à jouer ce rôle de héros; Benedict Mathurin, originaire de l’arrondissement de Montréal Nord, basketballeur pour les Pacers de l’Indiana de la National Basketball Association. Lui aussi, comme Félix Auger-Alliassime et Leylah Fernandez, issu de la diversité.
Ne manque à cet écumage du milieu sportif qu’un hockeyeur issu de la diversité quelque chose comme un P.K Subhan francophone. L’homme existe pourtant, il s’appelle Anthony Duclair, mais porte pour l’heure les couleurs des Panthers de la Floride.
 
What Your Team Is Thankful For: Ottawa Senators

La recherche de héros positifs n’est pas l’apanage du seul sport. La contagion a aussi gagné le milieu «artistique», comment interpréter autrement l’accession du chanteur, d’origine rwandaise, Corneille au titre de juge de la populaire émission La voix sur les ondes du réseau TVA. Nous n’avons plus , à moins de vouloir être mauvaise foi et de tenir à nos racines, aucune raison de ne pas goûter les charmes de la diversité.


Sunday, January 8, 2023

Les lunettes d’Éric

 



Nous posons sur le monde et la société un regard instruit par nos convictions sociales ou politiques. Ces «lunettes» induisent l’analyse que nous faisons du monde ou de la société. C’est sans problèmes, que je reconnais poser sur le monde un regard nationaliste et identitaire. Mes «lunettes» ne sont pas celles du voisin, elles ne sont pas non plus celles d’Éric Duhaime. Conscient du fait que j’observe et interprète l’actualité à travers le prisme de ces «lunettes», je dois donc diversifier mes sources d’informations et tenter de comprendre comment ceux qui ne sont pas de mon camp perçoivent, «eux» cette réalité, comment les convaincre un jour, si je ne sais pas d’ou ils partent, C’est la raison pour laquelle, je reçois et lit avec intérêt la «page publique» d’Éric Duhaime (en fait, la newsletter du Parti conservateur Québec (PCQ)) 
La «page publique» du 30 décembre dernier  correspond à l’ultime levée de fonds du PCQ pour 2022. Il y a plus cependant dans cette «page publique». Éric Duhaime y écrit: «J’espère que vous avez eu la chance de passer du temps en famille, pendant cette période de festivités et de réjouissance. Au fil des ans, plusieurs d’entre nous tiennent à conserver nos traditions familiales du temps des fêtes». Ayant «expédié» les inévitables voeux de l’époque de l’année, Éric Duhaime passe aux choses sérieuses. Ceux qui, parmi nous «tiennent à conserver nos traditions familiales du temps des fêtes.» À partir de cette volonté de conserver nos traditions familiales, Éric Duhaime extrapole et conclut que «les Québécois sont naturellement plus conservateurs» (les caractères gras sont dans le texte original de la «page publique»). Comment Éric Duhaime en arrive-t-il à cette conclusion? 
 

 
 
Pour Éric Duhaime, les Québécois sont naturellement plus conservateurs. «ils veulent … conserver leur pouvoir d’achat…conserver leurs liberté individuelles…conserver leur langue et notre culture…conserver les droits acquis des minorités visibles… conserver les employés dans les écoles et les hôpitaux …». 
À partir de ces cinq affirmations, dont aucune n’est spécifiquement conservatrice, Éric Duhaime conclue un peu rapidement que «les Québécois sont naturellement plus conservateurs». Plaise à Éric Duhaime de le croire. 
Je suis prêt à parier que je puis remplir le Centre Molson tous les soirs de l’année 2023, avec la promesse de «conserver le pouvoir d’achat» des Québécois. Des Québécois péquistes, libéraux et même solidaires, appâtés par la perspective de ne pas voir leur «pouvoir d’achat» plombé par l’inflation ou des taxes, des tarifs et des impôts abusifs. Il se pourrait même que certains Québécois alors présents au Centre Molson soient aussi des membres du PCQ d’Éric Duhaime.
 

 
 
L e jupon libertarien d’Éric Duhaime dépasse avec ses deuxième et quatrième affirmation, celles voulant que les Québécois veuillent «conserver leurs libertés   individuelles…» et«conserver les droits acquis des minorités visibles». Avec cette évocation des «libertés individuelles», il est facile de retrouver le Éric Duhaime courtisant les antivax et plus généralement, les antitout des deux dernières années. Par ailleurs on chercherait en vain quand et comment, les droits acquis des minorités visibles seraient menacés au Québec? Pour ce qui est de «conserver» les employés dans les écoles et les hôpitaux, difficile de ne pas y voir du mauvais sous-François Legault. 
Éric Duhaime conclue curieusement son analyse du conservatisme des Québécois en écrivant: «François Legault prône une idéologie nationaliste qui divise les Québécois et anéantit ce qu’on veut conserver.» Faut-il comprendre a contrario que l’idéologie d’Éric Duhaime n’est pas nationaliste, si c’est cas, son affirmation voulant que les Québécois veulent «conserver leur langue et notre culture…»n’a pas de sens et ne vaut pas le papier sur lequel elle est écrite. Qui Éric Duhaime veut-il convaincre en répétant que les Québécois «veulent conserver…leur pouvoir d’achat…leurs libertés individuelles…les droits acquis des minorités visibles»? qui, sinon lui-même, les vrais conservateurs québécois, n’ont pas besoin des mantras d’Éric Duhaime. Ils sont en mesure de se reconnaître sans la prose racoleuse d’Éric Duhaime et du Parti conservateur du Québec. Ils attendent aussi, n’en déplaise à M. Duhaime l’apparition d’un vrai parti conservateur québécois, un parti qui sera patriote, nationaliste et identitaire; un parti qui rassemblera les «Frères du Québec».

Tuesday, January 3, 2023

Allahu akbar et bonne année

 



Les années se suivent et se ressemblent, ainsi 2023 s’ouvre sous le signe d’une attaque terroriste islamiste: «L’auteur présumé de l’attaque à la machette qui a blessé deux policiers près de  Times Square lors des festivités du Nouvel An a été officiellement arrêté et accusé de tentatives de meurtre lundi, selon les autorités américaines. […]
une source des autorités américaines a confirmé à l’Associated Press que les enquêteurs se penchent sur l’hypothèse d’une attaque motivée par des motifs liés à l’islamisme radical.» (Accusations déposées contre l’auteur présumé de l’attaque à la machette, La Presse, 2 janvier). L’islamisme radical ne désarme pas, il démontre qu’il est capable de frapper autant sur le sol de la vieille Europe que sur celui du Nouveau continent. 
 

 
 
Ce qu’il faut noter avec cet article sur l’attentat de Times square, c’est que la mention «d’une attaque motivée par des motifs liés à l’islamisme radical.» est  prudemment enfouie dans le texte, comme s’il fallait soigneusement protéger le «vivre ensemble». Un «vivre ensemble»qui visiblement ne présente d’intérêt que pour les Infidèles que nous sommes. Bonne année!

Friday, December 30, 2022

Hirondelle et printemps

 



Une hirondelle ne fait pas le printemps, dit-on. Une hirondelle a rapidement traversé le ciel d’Ottawa, mais nous n’avons pas eu de printemps pour autant.

Cette hirondelle c’est le député de Chicoutimi-Le Fjord, le conservateur Richard Martel. «Au cours des derniers mois, plusieurs immigrants résidant à Chicoutimi disent avoir essuyé un refus de la part de leur député fédéral de Chicoutimi-Le Fjord, Richard Martel, après avoir cogné à sa porte pour obtenir de l’aide.» (Richard Martel refuse d’aider une famille menacée d’expulsion, Radio-Canada, 19 décembre). 
 

 

«C’est le cas notamment de deux ressortissants du Salvador, qui étaient menacés d’expulsion par le gouvernement fédéral. Appelé à réagir lundi, Richard Martel affirme qu’il n’était pas question pour lui d’aider, de quelque façon quelle soit, des réfugiés en situation irrégulière. «On parle de réfugiés illégaux, qui ont passé par le chemin Roxham, pendant qu’il y a des réfugiés légaux qui attendent! Ce cas-là, c‘est des réfugiés illégaux. Moi, je n’embarque pas là-dedans» a lancé le député conservateur en entrevue à Radio-Canada Devant le refus du député conservateur, ils se sont tournés vers le député de la circonscription voisine de Jonquière, Mario Simard, qui est intervenu auprès du ministère de l’Immigration. L’avis d’expulsion dont ils faisaient l’objet a été révoqué par la suite […].
 «Je vous l’ai dit , les réfugiés illégaux, on n’embarque pas là-dedans! Les autres? Eh bien on les traite toutes.»

La déclaration de Richard Martel a fait sourciller Mario Simard, qui n’a pas hésité à aider la famille Cruz pour éviter que celle-ci n’ait à retourner dans son pays.
«Il n’y a pas de bons ou de mauvais immigrants. À partir du moment ou ils n’ont pas de casier judiciaire , qu’ils soient passés par le chemin Roxham c’est une chose, mais ils sont ici depuis trois ans , ils travaillent ici, ils ont une famille ici , ils sont des actifs pour la société. […] Mon devoir à moi, c’est de leur donner un coup de main», a mentionné le bloquiste». Visiblement, Mario Simard n’a pas vraiment prêté attention aux propos de Richard Martel, ce dernier ne distingue pas entre bons et mauvais immigrants, ce n’est pas son rôle, il distingue entre immigrants légaux et illégaux, ce qui entre dans ses prérogatives de législateur.
 

 
 
Il faut souhaiter sans se faire trop d’illusions, que Richard Martel fasse école et qu‘il y ait plus de députés capables de faire la différence entre immigrants légaux et illégaux et ait l’intelligence et le courage de dire «on embarque pas là-dedans». Les chances que se souhait se réalise sont proches du zéro absolu, en effet: «Le député conservateur Richard Martel s’est attiré mardi les vives critiques d’élus bloquistes et néo-démocrates qui jugent qu’il devrait s’excuser d’avoir refusé d’aider des ressortissants salvadoriens installés dans sa circonscription et, surtout, d’avoir défini ces derniers comme étant des «réfugiés illégaux». (Bloquistes et néo-démocrates exigent que Richard Martel s’excuse, La Presse, 20 décembre). Pour sa part, le bloquiste Mario Simard reproche à M. Martel ses propos qui ont été rapportés par Radio-Canada et qui se veulent une explication du fait qu’il n’a pas offert son soutien aux nouveaux arrivants-alors qu’il étaient menacés d’expulsion-puisqu’ils sont arrivés irrégulièrement , en traversant le chemin Roxham, en Montérégie». Mario Simard ne se contente pas de reprocher ses propos à Richard Martel:«Ce député raconté avoir fait, avec succès, des représentations auprès du ministre de l’immigration, Sean Fraser, pour qu’il intervienne afin d’empêcher l’expulsion des ressortissants salvadoriens. Il a souligné avoir pu compter sur la collaboration gouvernement libéral de Justin Trudeau dans ce cas spécifique.» Heureux ressortissants salvadoriens qui demeurent au Canada grâce à cette collaboration bloquistes-libéraux. Ne voulant probablement pas être en reste avec son collègue bloquiste:«Le chef adjoint du Nouveau Parti démocratique (NPD), Alexandre Boulerice, estime lui que les propos et les agissements de M. Martel sont «dégoûtants».
Maudit par les bloquistes et les néo-démocrates, Richard Martel peut-il au moins compter sur l’appui de son parti; même pas. Enfin, pas sur celui de son collègue Pierre Paul-Hus (député conservateur de Charlesbourg \Haute Saint Charles) pour qui; «Nos députés aident les gens de tous horizons et soutiennent les Canadiens qui sont laissés pour compte par le gouvernement Trudeau[…]. M. Paul-Hus en a profité pour critiquer le gouvernement libéral de Justin Trudeau dans le dossier de l’immigration:Le Parti conservateur soutient que le Canada est un pays ouvert, inclusif et diversifié qui protège ses frontières, respectera primauté du droit et favorise la sécurité, a-t-il déclaré.». Critique bien timide, les propos de Pierre Paul-Hus pourraient sortir de la bouche d’un député libéral.
Conservateur pour conservateur, nous préférons Richard Martel à Paul-Hus, tout en étant conscients que c‘est très probablement Paul-Hus qui a l’oreille de Pierre Poilievre (Pierre Poilievre compte sur le vote des communautés culturelles pour gagner les élections, La Presse, 18 décembre). L’hirondelle est passée bien vite et, elle n’annonçait aucun printemps. Le chemin Roxham demeure ouvert et la complicité libéraux, bloquistes, néo-démocrates, conservateurs assure que le Canada demeurera pour reprendre les termes de Pierre Paul-Hus: «un pays ouvert, inclusif et diversifié».

Monday, December 26, 2022

Solution finale

 

J’écrivais, il y a quelques jours, que je croyais qu’après l’adoption d’une loi par le président Joe Biden légalisant le mariage homosexuel (voir ce blogue, «La prochaine frontière», 20 décembre). C’était oublier la prodigieuse imagination dont nos «amis» progressistes peuvent faire preuve dans la subversion. Ainsi, «il n’y aura plus de premier rôle féminin et masculin aux prix Gémeaux . La cérémonie abandonne les divisions selon le sexe au profit de catégories non-genrées. Ce changement qui concerne les trophées d’interprétation remis en télévision (premiers rôles et rôles de soutien) entrera en vigueur l’an prochain. Les catégories touchées pourront contenir jusqu’à huit finalistes chacune, pour «permettre à plus d’artistes , indépendamnent de leur genre, de rayonner» justifie l’Académie-section Québec. En d’autres termes , dans la catégorie du meilleur premier rôle dans une série dramatique, Evelyne Brochu pourrait affronter son partenaire dans Chouchou, Lévi Doré, de même qu’Éric Bruneau (Avant le crash) ou encore Patrick Hivon (La nuit ou Laurier Gaudreault s’est réveillé)» (Finies les catégories genrées aux Gémeaux, La Presse, 19 décembre). Les responsables de la remise des Prix Gémeaux (i.e., l’Académie du cinéma et de la télévision) croient probablement avoir trouvé la réponse à la rivalité homme-femme . 
 

 
 
«En entrevue, la directrice générale de l’Académie-section Québec, Mara Gourd-Mercado, indique qu’elle n’a reçu aucune revendication des principaux acteurs du milieu pour modifier les catégories. Elle estime toutefois qu’il s’agit d’une évolution «naturelle» […] parce qu’un nombre croissant de cérémonies adoptent cette approche non genrée. On pense notamment aux Grammy (depuis 2012) aux MTV Video Awards (depuis 2017)ainsi qu’aux Brit Awards (depuis février)». Heureux (heureuses) «qui sait prendre le vent».«L’annonce de l’Académie a reçu un accueil favorable-mais prudent- du milieu culturel. D’une part, la présidente de l’Union des artistes, la très genrée (NDA) Sophie Prégent, salue l’esprit inclusif des nouvelles règles de l’Académie, qui permettront aux personnes non binaires de soumettre leur candidature sans être forcées de choisir un camp(homme-femme). Au fait, Mme Prégent combien de membres de l’Union des artistes se présentent comme non binaires? Selon le recensement 20021 de Statistiques Canada, les non binaires compteraient pour 0,33% de la population canadienne. il faut saluer l’intérêt de Mme Prégent pour les minorités, même microscopiques. «D’évolution«naturelle»en «esprit inclusif»» Mmes Gourd-Mercado et Prégent oublient un peu rapidement que les interprètes féminines n’étaient pas en compétition avec les hommes, mais entre elles, les voilà en compétition avec des non binaires, difficile de ne pas songer à ces athlètes féminines qui n’étaient pas en compétition avec les hommes et qui se retrouvent aujourd’hui sur la même ligne de départ que des hommes transgenres. À moins de faire erreur la réponse de l’Académie du cinéma et de la télévision à la compétition homme-femme apparaît comme une «solution finale» gommant les unes et les autres au seul profit des non binaires de tout poil. 
 
 
 Donnons la parole à Mathieu Bock-Côté qui écrit: «C'était une décision idiote, et pourtant, elle était  prévisible: les Gémeaux ont décidé d’en finir avec les prix d’interprétation pour les hommes et es femmes. Désormais, ils décerneront des récompenses unisexes. Ou, comme on dit avec le jargon de l’époque , des prix «non genrées». Car tel est le sens de la décision des Gémeaux: les prix réservés aux interprètes et féminins ne seraient pas assez inclusifs. Ils ne seraient pas ouverts aux personnes «non binaires» et excluraient ceux qui voudraient se dérober au masculin et au féminin. Il s’agit d’une très petite minorité? Qu’importe! C’est à partir d’elle qu’il faut refaire la loi et les règles. Derrière cela, on trouve la grande obsession notre époque: pour fabriquer une humanité inclusive, il faudrait sacrifier les identités historiques et naturelles. il faudrait même en finir avec la référence avec l’homme et la femme, catégories trop contraignantes ne permettant pas à la « fluidité de l’identité de genre » de se déployer . L’humanité devrait être fluide: c ‘est ainsi qu’elle se libérera du passé. La libération humaine culminera dans la flaque finale, ou triomphera une humanité vaseuse, ou personne ne sera homme, femme, Occidental, Asiatique, Latino ou Africain, ou personne ne sera rien.» (Les Gémeaux contre les femmes, et contre les hommes , Journal de Montréal, 22 décembre).  Mathieu Bock-Côté se rend-il compte qu’il vient dans cette chronique de définir le sens même du combat identitaire: les Identitaires se dressent aujourd’hui contre cette humanité vaseuse constituée d’hommes Gris (certains lecteurs de ce blogue auront ici, reconnu une référence au roman Septentrion de l’incontournable Jean Raspail). Une humanité nécessairement métissée, personne n’ayant intérêt à demeurer fidèle à ses racines et à ses ancêtres tous et toutes s’empressant de plonger dans la vase pour ne pas se faire remarquer et trancher sur l’ensemble. Nous sommes d’ores et déjà dans une époque ou il n’est pas indiqué de «faire tache», surtout si elles blanche.