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Sunday, January 8, 2023

Les lunettes d’Éric

 



Nous posons sur le monde et la société un regard instruit par nos convictions sociales ou politiques. Ces «lunettes» induisent l’analyse que nous faisons du monde ou de la société. C’est sans problèmes, que je reconnais poser sur le monde un regard nationaliste et identitaire. Mes «lunettes» ne sont pas celles du voisin, elles ne sont pas non plus celles d’Éric Duhaime. Conscient du fait que j’observe et interprète l’actualité à travers le prisme de ces «lunettes», je dois donc diversifier mes sources d’informations et tenter de comprendre comment ceux qui ne sont pas de mon camp perçoivent, «eux» cette réalité, comment les convaincre un jour, si je ne sais pas d’ou ils partent, C’est la raison pour laquelle, je reçois et lit avec intérêt la «page publique» d’Éric Duhaime (en fait, la newsletter du Parti conservateur Québec (PCQ)) 
La «page publique» du 30 décembre dernier  correspond à l’ultime levée de fonds du PCQ pour 2022. Il y a plus cependant dans cette «page publique». Éric Duhaime y écrit: «J’espère que vous avez eu la chance de passer du temps en famille, pendant cette période de festivités et de réjouissance. Au fil des ans, plusieurs d’entre nous tiennent à conserver nos traditions familiales du temps des fêtes». Ayant «expédié» les inévitables voeux de l’époque de l’année, Éric Duhaime passe aux choses sérieuses. Ceux qui, parmi nous «tiennent à conserver nos traditions familiales du temps des fêtes.» À partir de cette volonté de conserver nos traditions familiales, Éric Duhaime extrapole et conclut que «les Québécois sont naturellement plus conservateurs» (les caractères gras sont dans le texte original de la «page publique»). Comment Éric Duhaime en arrive-t-il à cette conclusion? 
 

 
 
Pour Éric Duhaime, les Québécois sont naturellement plus conservateurs. «ils veulent … conserver leur pouvoir d’achat…conserver leurs liberté individuelles…conserver leur langue et notre culture…conserver les droits acquis des minorités visibles… conserver les employés dans les écoles et les hôpitaux …». 
À partir de ces cinq affirmations, dont aucune n’est spécifiquement conservatrice, Éric Duhaime conclue un peu rapidement que «les Québécois sont naturellement plus conservateurs». Plaise à Éric Duhaime de le croire. 
Je suis prêt à parier que je puis remplir le Centre Molson tous les soirs de l’année 2023, avec la promesse de «conserver le pouvoir d’achat» des Québécois. Des Québécois péquistes, libéraux et même solidaires, appâtés par la perspective de ne pas voir leur «pouvoir d’achat» plombé par l’inflation ou des taxes, des tarifs et des impôts abusifs. Il se pourrait même que certains Québécois alors présents au Centre Molson soient aussi des membres du PCQ d’Éric Duhaime.
 

 
 
L e jupon libertarien d’Éric Duhaime dépasse avec ses deuxième et quatrième affirmation, celles voulant que les Québécois veuillent «conserver leurs libertés   individuelles…» et«conserver les droits acquis des minorités visibles». Avec cette évocation des «libertés individuelles», il est facile de retrouver le Éric Duhaime courtisant les antivax et plus généralement, les antitout des deux dernières années. Par ailleurs on chercherait en vain quand et comment, les droits acquis des minorités visibles seraient menacés au Québec? Pour ce qui est de «conserver» les employés dans les écoles et les hôpitaux, difficile de ne pas y voir du mauvais sous-François Legault. 
Éric Duhaime conclue curieusement son analyse du conservatisme des Québécois en écrivant: «François Legault prône une idéologie nationaliste qui divise les Québécois et anéantit ce qu’on veut conserver.» Faut-il comprendre a contrario que l’idéologie d’Éric Duhaime n’est pas nationaliste, si c’est cas, son affirmation voulant que les Québécois veulent «conserver leur langue et notre culture…»n’a pas de sens et ne vaut pas le papier sur lequel elle est écrite. Qui Éric Duhaime veut-il convaincre en répétant que les Québécois «veulent conserver…leur pouvoir d’achat…leurs libertés individuelles…les droits acquis des minorités visibles»? qui, sinon lui-même, les vrais conservateurs québécois, n’ont pas besoin des mantras d’Éric Duhaime. Ils sont en mesure de se reconnaître sans la prose racoleuse d’Éric Duhaime et du Parti conservateur du Québec. Ils attendent aussi, n’en déplaise à M. Duhaime l’apparition d’un vrai parti conservateur québécois, un parti qui sera patriote, nationaliste et identitaire; un parti qui rassemblera les «Frères du Québec».

Monday, November 30, 2020

Les libertariens, combien de divisions ?


La Presse publie aujourd'hui (27 novembre) un curieux papier, ni article, ni chronique, le texte est plus proche de la tribune libre et apparaît dans la rubrique débats du quotidien. Il est de Joanne Marcotte, qui se présente comme coauteur du programme électoral de l'Action démocratique du Québec en 2007 et cofondatrice du Réseau liberté-Québec.

Elle se demande si nous avons vraiment besoin d'un
Parti conservateur du Québec, question soulevée par l'annonce de la candidature de l'animateur Éric Duhaime à la direction du Parti conservateur du Québec (PCQ) suite à la démission d'Adrien Pouliot. Le PCQ est demeuré depuis sa création une affaire marginale; Duhaime croit peut-être transformer ses auditeurs en électeurs, s'il y parvient, le PCQ risque de demeurer un phénomène cantonné dans la région de Québec.
 

 
 
La cofondatrice du Réseau Liberté-Québec, la frange activiste du mouvement libertarien au Québec, annonce la couleur; «Après deux ans de gouvernance  on peut le reconnaître: les quelques éléments de centre droit économique, ceux hérités notamment de la fusion de l'Action démocratiques du Québec (ADQ) avec la CAQ se sont soumis. D'autres se sont ajoutés plus tard et provenaient du Réseau Liberté-Québec (2010-2013) clairement positionné au centre droit sur le plan économique, mais en harmonie avec le reste de la population québécoise sur les questions sociales. 
À la base de ce regroupement, une philosophie politique qui reposait sur la liberté et la responsabilité individuelle (plutôt que sur un «gouvernemaman»), la concurrence (plutôt que les monopoles d'État, et l'équité intergénérationnelle. L'ADQ, comme le Réseau Liberté-Québec (RLQ)prônait la liberté entrepreneuriale, dénonçait l'intervention de l'État en toutes matières avait une sensibilité toute particulière pour les PME. Quant à cette obsession pour un amincissement de l'État , et bien elle se justifiait par cette notion que les individus, les familles et les entrepreneurs sont les mieux placés pour décider de leur avenir. Qu'il n'appartient pas à des étatistes de choisir les gagnants dans une économie ouverte sur le monde. Ni de redistribuer une manne fiscale chèrement confisquée vers des fleurons mourants. Ni de subventionner des cimenteries, des Cirque du Soleil ou des Bombardier. Cette obsession d'un État aminci n'est as idéologique . Il y a bien une relation mesurable entre la prospérité d'un État et la liberté économique qui y est exercée. Plus le fardeau fiscal est élevé, plus les lois du travail sont contraignantes, plus il y a de réglementation....plus la prospérité en souffrira. A-t-on vraiment besoin d'un parti conservateur au Québec, d'une voix à l'Assemblée nationale qui représenterait une solution de rechange réelle ? À mon avis, la réponse est oui, parce que l'État déçoit, étouffe et est lui-même à bout de souffle. Et parce que la solution ne réside pas dans le dirigisme économique de François Legault. Cette semaine, Éric Duhaime, que je connais bien, a annoncé son intention de briguer la chefferie du Parti conservateur du Québec(PCQ). Je le trouve courageux...et un peu fou. Parce que le pire ennemi de la droite est la droite elle-même; en ce sens, il n'y a pas plus critique des chefs conservateurs que les conservateurs eux-mêmes.[...] Dans le concert d'unanimisme étatiste, si Éric Duhaime devient chef du PCQ, ses questions surprendront et choqueront. Mais a-t-on besoin de voix discordantes au Québec ? Absolument ! Surtout face à un gouvernement de la CAQ qui, par les temps qui courent, est allergique à la critique, allant même jusqu'à accuser ses opposants d'encourager la désobéissance(difficile de faire mieux en terme d'appel du pied aux anti masques de tout poil au Québec, (voilà pour «la philosophie politique qui repose sur la liberté et la responsabilité individuelle de Mme Marcotte NDA)» (Parti conservateur du Québec En a-t-on vraiment besoin?, La Presse, 27 novembre) Pour la gouverne de Mme Marcotte, elle devra se faire à l'idée que le RLQ n'est pas de droite et que les critiques sont donc permises, le RLQ est un ennemi de la droite.

Le PCQ de Johanne Marcotte n'aura de conservateur que le nom et ne sera pas autre chose qu'un parti libertarien. Nous n'avons pas besoin d'un parti conservateur fiscal, mais nous avons plutôt besoin d'un parti conservateur social. Stratégiquement, un le PCQ de Johanne Marcotte et Éric Duhaime ne pourrait ne pourrait que marcher sur les terres de la CAQ et faire le jeu du Parti libéral du Québec S'il n'est que cela, nous n'en avons pas vraiment besoin. De ce PCQ, nous pensons qu'il devrait nous parler d'identité nous attendre à ce qu'il nous parle de rigueur budgétaire (qui n'est pas nécessairement  synonyme d'austérité), de protection de la famille (il y a encore quelques années, j'aurais osé parler de famille traditionnelle, pour l'heure, je ne peux que souhaiter que le gouvernement mette un terme aux dérives de la théorie du genre et qu'un éventuel éventuel gouvernement conservateur n'avalise pas les idées à la mode comme celle des mères porteuses (les grossesses pour autrui) au nom de la liberté individuelle. Les libertaires ont-ils vraiment d'un parti politiques, les vraies divisions des libertariens au Québec ne doivent pas se compter dans l'arène politique,  elles retrouvent plutôt dans les médias avec des hommes comme Mario Dumont et Richard Martineau, distillant discrètement la bonne parole libertarienne sur les ondes.