Tuesday, January 7, 2020

Diversité


Les Québécois découvrent peu à peu:» les charmes de la «diversité». Dernière manifestation en date de ces «charmes» , un incident révélateur se déroulant dans l'arrondissement Montréal-Nord:» Un délégué syndical des cols bleus de Montréal-Nord a été suspendu sans solde pour deux mois pour avoir dénoncé publiquement de la discrimination raciale alléguée dans la sélection des employés[...] Ce dernier a créé une page Facebook intitulée «le collectif des discriminés Montréal-Nord»(page Face book fermée lundi le 6 janvier, NDA). 
 
 
 
Sous le couvert de l'anonymat, des cols bleus racontent qu'un poste permanent été affiché et que c'est un employé blanc qui l'a obtenu. Un employé d'origine haïtienne avait lui aussi postulé pour le même poste, mais ne l'a pas obtenu. D'autres sources déplorent aussi la tenue de cet examen de conduite d'un camion avec remorque qui a été soumis à de nombreux cols bleus, mais plusieurs d'entre eux, notamment des Noirs, l'ont échoué. Plusieurs s'interrogent  d'ailleurs sur la pertinence de cet examen de conduite. La mairesse de l'arrondissement, Chantal Rossi, affirme qu'il n'y a pas de discrimination raciale. En entrevue télévisée, madame Rossi, expliquait la nécessité de cet examen par des raisons de sécurité, les camions doivent notamment circuler dans les parcs de l'arrondissement. Elle ajoute:»la fierté de Montréal-Nord, c'est sa diversité. Est-ce que vous pensez sérieusement qu'un employé noir peut-être traité différemment? La réponse pour moi est non» a fait savoir la mairesse. (Des cols bleus de Montréal-Nord se plaignent de discrimination, Journal de Montréal, 6 janvier). Tout à sa fierté et à sa diversité, Il a visiblement échappé à Mme Rossi que ce que semble souhaiter la diversité de Montréal-Nord, c'est justement d'être «traité différemment» et de bénéficier d'un régime de faveur en accédant à ces postes permanents sans examen, une voie royale pour la sécurité d'emploi en quelque sorte.  Difficile de ne pas se réjouir de voir «sa fierté et sa diversité» lui revenir en plein visage.Au chapitre de la « diversité », nous aimerions disposer de statistiques récentes sur la véritable composition ethnique du l'arrondissement, question de faire mentir les mauvaises langues montréalaises qui préfèrent parler de Montréal noir.

Sunday, January 5, 2020

Bye Bye BYE BYE


L'exercice revient à chaque début d'année, apparemment inutile d'une année à l'autre, puisque les choses changent peu. Les critiques du BYE BYE constituent un matériel dont les média écrits ne semblent pas être en mesure de se priver alors que l'actualité fonctionne au ralenti (congé parlementaire, accalmie sur le front des activités culturelles, etc.).  



Cette année, les média se sont particulièrement intéressés à la cuvée 2019 du BYE BYE. Curiosité d'autant plus surprenante que nous n'avons pas eu droit à une cuvée exceptionnelle. À défaut de sortir du lot, le BYE BYE 2019 était cependant révélateur de l'état de la société québécoise. Force nous est bien de constater l'importance de la télévision dans notre imaginaire, ou pour être plus précis, de la publicité télévisuelle:«[...] Tous les Québécois et toutes les Québécoises sont unis par au moins une chose. Laquelle ? Tous les Québécois et toutes les Québécoises sont unis par le dégout que leur inspire la tabarouette de publicité sur la mycose des ongles qui, a ce stade-ci, a probablement fait plus de ravages que la mycose des ongles elle-même.» (Bye Bye 2019: tous unis par la mycose des ongles , Le Devoir, 1er janvier).  Autre sketch ayant suscité un intérêt disproportionné celui de la chaîne A&W («On se demande bien, en tous cas, ce que le pauvre Michel Olivier Girard, l'acteur figurant dans les publicités de la chaîne de restauration rapide A & W a fait pour qu'on l'humilie à ce point (Le Devoir, idem. Et aussi, Sympathie pour le gars des burgers, La Presse, 3 janvier. S'érigeant en vigilant gardien de la rectitude politique, Le Devoir n'oublie pas de nous rappeller qu'il  est de mauvais ton de blaguer sur la «diversité», «Et il est temps que l'on cesse de penser que d'ajouter des lettres à l'acronyme LBGTQ-LGBTQR2D2, vraiment? génère miraculeusement ce qu'il convient d'appeler une blague.» Nous voilà prévenus sur les nouvelles vaches sacrées. Mention spéciale au trop bref sketch sur Madame Coucou de Passe-Partout et son homosexualité et la leçon qu'elle donne à Prunelle et  Pruneau sur L'hétérosexualité normative. Mention spéciale, aussi encore là au sketch trop bref, sur la visite de Greta Thunberg à Montréal et la Marche sur le climat, belle occasion de rire de Dominic Champagne et du Pacte de transition, présentant Dominic Champagne en véritable m'as-tu vu de la lutte aux changements climatiques), Amusant, mais encore un peu léger, le sketch sur la vedette américaine Céline Dion, une Céline Dion de plus déjantée. Au visionnement du BYE BYE 2019, force était de comprendre que l'actualité socio-politique, pourtant année d'élections fédérales et de réforme du droit de l'immigration et d'adoption de la Loi 21, rassemblait moins que les publicités sur la Mycose des ongles. Pauvre Québec. Devant cet état de choses, faut-il en conclure, qu'il n'y a plus vraiment de société québécoise, mais autant de sociétés québécoises qu'il y a d'écrans de télévision au Québec. Devrons-nous nous résoudre à dire adieu à tout projet collectif?

La formule des revues de fin d'année a-t-elle fait son temps, l'abondance des humoristes fait-elle qu'il est de plus en plus difficile de présenter une revue d'ensemble de l'année écoulée. Une réponse nous est-elle partiellement fournie par le sketch sur le black face de Justin Trudeau et la difficile réunion de production précédant sa production avec débat sur les questions de censure, de racisme,  et d'appropriation culturelle? Allons-nous vers des revues de fin d'année aseptisées?

Le BYE BYE a atteint l'âge vénérable de cinquante ans (sa diffusion ayant débuté en 1968), le temps est peut-être venu de passer à autre chose. Attendant peut-être son heure dans la coulisse, la formule malgré les difficultés annuelles du BYE BYE n'est pas sur le point de disparaître avec les Infoman de Jean-René Dufort, un Jean-René Dufort qui fait dans l'irrévérence facile de potache depuis des années avec ses cravates laides et sa garde-robe de vestons sciemment mal ajustés et de bas censément drôles, il faudrait probablement songer à   une date de péremption pour Dufort, il y a longtemps qu'il n'est plus drôle et qu'il fait montre d'une remarquable complaisance à l'endroit des hommes politiques en place: »On est tu ben juste en coton ouaté? Jean-René Dufort pourra désormais répondre mieux que quiconque à cette insignifiante question, le super-héros de l'information ayant mis à l'épreuve les limites du décorum prévalant à l'Assemblée nationale, en se présentant devant son président François Paradis vêtu d'un complet entièrement taillé en gros coton mou. Un François Paradis se prêtant complaisamment à l'exercice en s'affublant lui-même d'un coton ouaté gris. [Toujours sur Justin Trudeau] Par delà leur ton bon enfant, ces échanges auront encore une fois été révélateurs. Que Justin Trudeau ait exigé que l'animateur se présente devant lui avec une vraie cravate (pas une laide) en dit long sur la frayeur que provoquent maintenant les costumes au 24, Sussex. La preuve que l'obéissance, pour le fou du roi astucieux, est parfois moins un compromis , qu'une stratégie.» (Le Devoir, idem Nous ne croyons pas à cette frayeur, mais nous croyons volontiers à l'obséquité de Jean-René Dufort. Jean-René Dufort n'est pas un « fou de roi astucieux », mais un courtisan habile. Si le journaliste considère cela comme de la stratégie, nous lui signalons qu'il y a plusieurs stratèges à l'intersection montréalaise des rues Sainte-Catherine et Saint-Laurent. L'équipe de À la semaine prochaine, émission sur les ondes de Ici Radio Canada Première chaîne, nous offrait Un spécial intitulé pour l'occasion À l'année prochaine, un prétendant que son humour radio-canadien et nettement platoïde pourrait disqualifier.  Si les auteurs des revues télévisuelles de fin d'année doivent peser chaque mot et chaque séquence afin de n'offenser personne et se contenter de brocarder les publicités les plus diffusées au petit écran.  
Il faudra conclure que le temps de dire  Bye Bye BYE BYE est peut-être venu.

Thursday, January 2, 2020

Conclusion hâtive, mais bien utile


Pourquoi perdre du temps à attendre les résultats d'une enquête policière qui pourrait s'éterniser et ne pas au contraire battre le fer alors qu'il est chaud. C'est probablement ce qu'a pensé Andrew  Cuomo, le gouverneur de l'État de New York suite à l'attaques survenue dans la maison d'un rabbin de Monsey, dans la banlieue de New York alors qu'un forcené s'est introduit dans la maison au moment ou se tenait une fête religieuse juive pour la Hanouka.  Le forcené armée de ce qui semblait être une machette a blessé grièvement  5 personnes.  Pas besoin d'une enquête:«Le gouverneur de l'État de New York Andrew Cuomo a qualifié dimanche l'attaque:»d'acte terroriste». «Nous avons de dangereux crimes motivés par la haine que nous combattons, mais je pense que nous sommes maintenant au-delà de cela. Je pense que c'est un acte terroriste. Je pense que c'est du terrorisme intérieur. » at-il déclaré à son arrivée sur place.»(New York: un suspect inculpé après une attaque «terroriste » antisémite, La Presse, 29 décembre.   
 
 
 
Il faudra attendre quelques jours, sinon quelques semaines pour savoir de quel «terrorisme» relève l'attaque de Monsey.  L'assaillant identifié par la police est un certain Grafton Thomas, 37 ans. Au vu des photographies publiées, il y a au moins une chose d'acquise, Tomas n'est pas un suprémaciste blanc.  Les journalistes faisant leur travail, Il s'est plutôt avéré dans le jours suivant l'attaque que Grafton Thomas souffrait de maladie mentale.  Andrew Cuomo aurait mieux fait de se souvenir qu'il vaut mieux se taire et paraître idiot que de parler et d'en donner la preuve, mais il est vrai que ce n'est probablement pas la conviction de l'importante communauté juive qui vote dans l'État de New York. Mieux vaut crier « Au loup »sans raison que de perdre quelques votes.

Monday, December 30, 2019

Devoir de mémoire toujours le même



La mémoire est dit-on une faculté qui oublie, il faut à l'occasion rafraîchir la mémoire de la mémoire. Il y a des mémoires qui cependant ne se laissent pas oublier. La mémoire des génocides ne devrait pas faire l'objet d'amnésie, la mémoire des génocides, de tous les génocides, il va de soi. Notre siècle c'est illustré dans la barbarie et il nous a «donné» les génocides arménien et rwandais , sans oublier l'Holocauste. Difficile d'oublier la Shoah, tant Hollywood et la littérature sont prodiges d'oeuvres destinées à nous rappeler l'existence de l'Holocauste(Il n,y a pas que le grand écran à l'oeuvre, le petit écran s'active aussi, tout au long de l'automne 2019, nous avons eu droit sur les ondes de RDI, à la diffusion de la série en 13 épisodes, Chroniques d'un dictateur sur la vie de Hitler. Dernière illustration en date de cette réalité, le film Le chant des noms (The song of Names), réalisé par le Québécois, François Girard ( Le violon rouge, Hochelaga, terre des âmes). 
 
 
 
«Ce qui m'a attiré dans cette histoire, c'est qu'elle s'inscrit dans un devoir de mémoire» explique François Girard en entrevue au Journal. Il y a 50% des jeunes en bas de 30 ans qui ne savent pas ce que l'Holocauste veut dire. On vit dans une amnésie générale qui fait qu'on oublie et qu'on oublie et qu'on répète toujours les les mêmes erreurs. J'aimais aussi le fait que l'histoire est en toile de fond parce que le film reste très collé à la quête des deux personnages. C'était un angle original qui me plaisait, compte tenu du fait qu'il y a eu beaucoup de films sur l'Holocauste qui se déroulent dans les camps de concentration.» (Un devoir de mémoire, Journal de Montréal, 22 décembre) Pour comprendre le propos de François Girard, il faut dire présenter un bref résumé du film:» L'histoire du film s'amorce Londres, au début des années 1940, À la suite de l'éclatement de la guerre, , un jeune virtuose Dovidl, un jeune virtuose du violon d'origine juive polonaise, est hébergé par la famille de Martin, un garçon de son âge. Mais alors qu'il doit donner un concert important, Dovidl disparaît sans laisser de traces. Quelques décennies plus tard, alors qu'il est maintenant dans la cinquantaine, Martin (Tim Roth) tentera de retrouver Dovidl (Clive Owen) pour tenter de comprendre ce qui est arrivé ce jour là.» À François Girard et au journaliste Maxime Demers, nous voudrions demander combien de jeunes de moins de 30 ans ignorent complètement ce qu'est la Nakba et l'Intifada et surtout à quel moment Girard entend tourner un film sur des enfants pris dans la tourmente de la Nakba.

D'accord pour le « devoir de mémoire », mais le devoir de mémoire» de toutes les mémoires.

Saturday, December 28, 2019

Il y a voeux et voeux


 Les voeux de Noël officiels peuvent des formes très différentes selon les pays.  Premier postulat, les voeux de Noël n'ont vraiment de sens que dans les pays chrétiens ces voeux sont habituellement offerts par le chef de l'État ou le chef du gouvernement, la forme de ces voeux peut varier beaucoup dans leurs formes et leur «intensité». Un Justin Trudeau par exemple a préféré cette année faire dans le «service minimum» en se contentant de formuler des voeux génériques et assez insignifiants, il invite les Canadiens à bâtir un monde meilleur:»Que ce soit en donnant un coup de main à un voisin ou en faisant du bénévolat pour une cause qui nous tient à coeur, soyons généreux et incarnons ces valeurs qui nous unissent»(Justin Trudeau appelle chacun «à faire une différence» dans ses voeux de Noël, Radio Canada, 24 décembre).  Le «très catholique» Andrew Scheer ne fait guère mieux en souhaitant:» Joyeux Noël de Jill, Thomas, Grace. Madelyn, Henry, Mary ...et de Tori.» (Tori est le chien de la famille Scheer, NDA)». 
 
 
 
À ranger au registre insignifiant, les voeux de Noël de François Legault et de la Coalition Avenir Québec (CAQ), voeux prenant la forme d'une vidéo présentant lesdits voeux sous la forme d'un rigodon mentionnant le nom et la circonscription des 76 députés de la CAQ. Des voeux qui finalement n'en sont pas. La musique québécoise n'en sort pas gagnante. Retour à Justin Trudeau, dans la vidéo de ses voeux de Noël, il reconnaît que Noël marque la naissance de Jésus,  commentaire rapidement noyé par une remarque stupide voulant qu'il faille que les Canadiens n'oublient de « déneiger les toits pour l'arrivée des rennes du Père Noël. Intéressant de constater que Justin Trudeau semble mettre sur le même pied la figure de Jésus et cette pure création commerciale qu'est le père Noël.  Nous ne proposons pas l'établissement d'une théocratie catholique, mais nous croyons être en droit de souhaiter être représentés par une classe politique consciente des origines chrétiennes de notre pays et capable de les souligner lorsque nécessaire.  Les rennes du Père Noël ne font pas partie de ces traditions et ils ne sont pas à l'origine de notre pays. Les voeux des classes politiques canadienne et québécois sont à rapprocher de ceux de Boris Johnson, le premier ministre conservateur récemment élu Premier ministre britannique. [...]«Mais avec ces voeux, il frappe encore un grand coup, en fond sonore, le chant «Adestes fideles» au piano. Nous faisant face, la sympathique bouille de Boris Jonhson, ébouriffé, pâle et l'air de n'avoir pas dormi depuis quinze jours, comme à son habitude. Cependant , dès les premiers mots , il capte notre attention: Le «PM»nous appelle affectueusement «folks» et nous rappelle que « Noël est d'abord et avant tout la célébration la naissance de Jésus Christ» [Christmas Day is, first and foremost, a célébration of the birth of Jesus Christ, dans sa version originale] (Les voeux de Noël de Boris Johnson: décoiffant, Boulevard Voltaire, 25 décembre). Le Royaume Uni n'est pas moins multi-culturel que le Canada et l'on ne voit pas pourquoi Trudeau ou François Legault ne pourrait ainsi souligner les origines chrétiennes du Québec et du Canada.

Saturday, December 21, 2019

Vivre-ensemble et liberté d'expression



Alors qu'avec l'affaire Ward Jérémy Gabriel, les tribunaux montréalais s'interrogent sur les limites de la liberté d'expression, à l'autre extrémité de la 20, Régis Labeaume ne s'encombre pas de telles subtilités et c'est apparemment sans états d'âme qu'il a réglé la question du cimetière musulman de Québec. Ouverte lors des évènements de la grande mosquée de Québec en janvier 2017, la question d'un cimetière musulman à Québec avait fait son apparition en constatant que l'inhumation de certaines des victimes eu lieu dans des pays du Maghreb, devant l'impossibilité de les inhumer à Québec ou dans sa région, la question apparaît réglée avec la vente d'un terrain de 5 600 mètres carrés situé dans les limites de la ville de Québec, vente effectuée par la municipalité au Centre culturel islamique de Québec (CCIQ). Vente concrétisée par les signatures du maire de Québec, Régis Labeaume et Boufeldja Benabdallah, président du CCIQ.  Les deux signataires se fendant de déclarations destinées probablement à souligner le caractère solennel de l'évènement. Boufeldja Benabdallah y est allé d'un: »Nous ne sommes pas obligés de prendre les corps, puis de les envoyer à 6 000 km [...]. Si on meurt, on aura notre petite place au chaud, ici, sur cette terre qui nous a accueillis et qu'on va occuper pour l'éternité.(tant que l'occupation se déroule sous terre)». Plus pragmatique, Régis Labeaume a pour sa part déclaré: «Je voulais que cela se passe rapidement et qu'on n'en parle plus . Je n'avais pas le goût qu'on en discute. Je n'avais pas le goût de débats. J'avais promis et on livrait, tout simplement. 
 
 
 
Selon lui, «ce genre de débat là, ça peut être acrimonieux.  Les résultats sont inutiles. Je n'avais pas le goût que quelques-en rajoutent avec tout ce qu'on avait vécu en janvier [2017, au moment de l'attentat à la grande mosquée de Québec]. (Ville de Québec: Régis Labeaume ne voulait pas d'un «débat malsain» sur le cimetière musulman, Journal de Québec, 19 décembre). Il faut admirer l'aisance avec laquelle Régis Labeaume assimile un débat qui se serait peut-être avéré chaud avec l'attentat de la grande mosquée. Le maire de la deuxième plus grande ville au Québec est de ces hommes qui ont justement pour mission implicite la défense de la démocratie, entre ses mains, elle devient de synonyme de «débats malsains», en démocratie, vaut mieux un «débat malsain» que pas de débat. La conception de la démocratie entretenue par Labeaume soulève d'autres inquiétudes. Il ajoute en effet: »Québec va changer avec le temps . Dès aujourd'hui, il faut réfléchir à ce qu'on peut faire pour que dans notre communauté , on puisse vivre en harmonie et accepter les différences. Québec est une ville francophone, d'obédience judéo-chrétienne, blanche. La ville va se métisser avec le temps. C'est inévitable. Il faut réfléchir et se demander comment on peut vivre ça en harmonie.» « À la vieille du temps des Fêtes , M. Labeaume a invité ses concitoyens à «acceptez les différences» et à « s'aimer les uns les autres». Il les a prévenus que la ville de Québec sera appelée à changer au cours des  prochaines années, et qu'elle deviendra plus «métissée»Ce sera non seulement le cas à Québec, mais partout au Québec, a-t-il dit». ((Régis Labeaume y va d'un vibrant plaidoyer pour le vivre-ensemble , Huffpost , 19 décembre) Pour notre part, nous aimerions que Régis Labeaume soit moins convaincu de cet avenir multiculturel pour la ville de Québec et qu'il se contente d'être dans l'esprit de la Loi 21. Ce que souhaite et nous annonce Régis Labeaume, c'est une démocratie ballotée au gré des ambitions et des prétentions des «communautés culturelles»et des «minorités visibles», démocratie dont nous avons eu un avant-goût avec les débats autour de la Loi 21. Nous y avons vu à l'oeuvre le vivre ensemble à sens unique qui anime certaines communautés campant chez nous et y ayant trouvé «une petite place, qu'on va occuper pour l'éternité.»

Friday, December 20, 2019

Blanc bonnet bonnet blanc


Seuls ceux qui observent loin la scène politique de loin auront été surpris par l'annonce de l'intérêt de Jean Charest pour la direction du Parti conservateur du Canada(PCC). Les «virages de capot» de l'homme n'ont plus rien pour nous surprendre.  En 1998, il était passé sans état d'âme du Parti progressiste conservateur à la direction du Parti libéral du Québec(PLQ), pour «sauver le Canada».
Entendra-t-il encore cet appel à sauver le pays de ses divisions Est-Ouest, pour faire le chemin inverse.  Les conservateurs qui se sont offusqués de voir Andrew Scheer recourir à la caisse du PCC pour défrayer les coûts de la scolarité de ses enfants à Ottawa sont mieux de se préparer à se boucher le nez tout de suite, l'homme ne vient pas gratuitement, il avait fait le saut d'Ottawa à Québec en 1998 à condition de disposer d'un confortable parachute doré. Pour les partisans de Jean Charest, il faut souhaiter que les goussets du PCC soient très profonds. Les journalistes du ROC se passionneront pour l'histoire du «salaire» supplémentaire versé par le Parti libéral du Québec (PLQ) à Jean Charest alors même qu'il touchait déjà son salaire de premier ministre, une fois sur la piste, ils s'intéresseront aussi aux rumeurs voulant que le PLQ ait aussi remboursé une partie de l'hypothèque de la maison de Charest à Westmount (Parti libéral de Jean Charest: révélations troublantes sur une enquête inachevée, Journal de Montréal, 29 octobre). Pour un homme nouveau, Jean Charest a beaucoup de cadavres dans ses garde-robes. Il semble moins soucieux de servir, que de se servir. 



Contrairement à ce qu'affirment certains journalistes paresseux ou mal informés, Jean Charest n'a jamais dirigé le PCC, mais il a dirigé le Parti progressiste conservateur, un parti, certains s'en rappelleront qui ne fut jamais qu'une mauvaise copie du Parti libéral du Canada. Un parti capable de se donner comme chefs des personnages aussi faibles que Joe Clark ou Kim Campbell méritait les défaites qu'il a connu.
la rumeur de la candidature éventuelle de Jean Charest  a réjoui la presse québécoise: «Si la nouvelle est confirmée, il s'agirait d'une candidature remarquée à la succession d'Andrew Scheer. Elle répondrait notamment à plusieurs critères évoqués par certains élus et militants conservateurs du Québec, à savoir que l'on souhaite un chef bilingue, originaire de l'est du pays et en phase avec les enjeux sociaux qui ont nui à la formation politique durant la dernière campagne électorale (comprendre l'avortement, le mariage gay et le catholicisme d'Andrew Scheer, à ce chapitre, pas d'inquiétudes à y avoir, la seule religion que Jean Charest semble pratiquer est l'adoration du Veau d'Or).

Si les conservateurs pensent reprendre le pouvoir avec Jean Charest, c'est qu'ils sont bien naïfs. Que pensera l'électorat canadien de deux chefs issus du Québec, rien pour soulager le sentiment d'aliénation de l'Ouest. Les Canadiens sont intelligents et ils sauront choisir l'original, face à un bellâtre comme Justin Trudeau, Jean Charest et ses cheveux grisonnants et ses traits allourdis par l'âge ne fera pas le poids dans une ère de politique spectacle. Les journalistes du Canada anglais n'ignoreront pas longtemps les travaux de la Commission Charbonneau et les ratages de l'UPAC pour brosser des portraits peu flatteurs du nouveau chef conservateur. Avec Jean Charest, le PCC se choisirait d'abord un chef très intérimaire, à qui la suite, à Kim Campbell. plus largement, le passage éventuel de Jean Charest du PLQ au PCC montre bien que les grands partis, les partis de gouvernement en fait, sont interchangeables, leur alternance n'est qu'un trompe l'oeil. Les vrais dirigeants de nos sociétés, patrons de grandes entreprises, grands banquiers. etc. changent de marionnettes à l'occasion. mais ils conservent le contrôle en coulisse, Jean Charest n'est que l'une de ces marionnettes, plus vénales que les autres peut-être?