Friday, September 20, 2019

Éveil métapolitique



Nous avons déjà souligné ici ce qui nous semblait être une indifférence de François Legault à l'aspect métapolitique du politique (participation à la Marche de la Fierté et nouvelle subvention à l'organisme féministe Pour les droits des femmes et maintien de celle à la Fédération des femmes du Québec.

Assistons-nous à un éveil métapolitique de François Legault? Bien que sollicité de toutes parts, le Premier ministre ne sera pas de la marche pour le climat du 27 septembre à Montréal. »Je ne pense pas que c'est la place du premier ministre d'être là à Montréal» (Journée mondiale pour le climat: Legault rappelle aux enseignants qu'ils doivent travailler, Le Devoir, 18 septembre).Ce refus de marcher le 27 septembre et son invitation aux enseignants à être en salle de classe (la CSDM a décidé de faire du 27 septembre une journée pédagogique) montrent-ils que François Legault commencerait à saisir l'importance de ces symboles, alors que, curieusement, il en saisit parfaitement l'importance sur l'axe identitaire. «Le ministre de l'Environnement, Benoît Charrette, a pour sa part confirmé sa présence à la manifestation de Montréal. Le député de Bourget, Richard Campeau sera également présent. Plutôt que de suivre l'exemple de leur chef, ces deux « idiots utiles » ou « imbéciles heureux » (au choix), défileront probablement aux côtés des solidaires. François Legault se dit encore disposé à rencontrer Greta Thunberg en marge de de la manifestation pour le climat.  Encore un effort Monsieur Legault.
 
 

Wednesday, September 18, 2019

Un Harvey Weinstein d'ici et d'autrefois


Probablement lasse des histoires autour de Gilbert Rozon et des vagues suscitées par le #moi aussi, Odile Tremblay tourne son attention vers le frère Marie Victorin. Sous sa plume nous n'allons pas à la rencontre du célèbre botaniste, mais à la découverte d'un Harvey Weinstein d'ici et d'autrefois (Celle qui aimait le frère Marie-Victorin, Le Devoir, 14 septembre). C'est la publication de Lettres au frère Marie-Victorin. Correspondance sur la sexualité humaine (Éditions du Boréal), livre qui répond en fait à de Lettres biologiques, dans la mesure ou il offre les réponses de Marcelle Gauvreau aux missives du Frère Marie-Victorin, à elle adressée . Lettres biologiques paru en 2018 et consistant en fait la correspondance du frère Marie-Victorin à son assistante Marcelle Gauvreau: »Entre 1933 et 1944, le fondateur du Jardin botanique de Montréal avait entretenu avec son assistante Marcelle Gauvreau une correspondance sur la sexualité humaine. Phénomène quasi inouï dans le Québec puritain d'alors. Les tabous entourant la chose étaient d'autant plus aigus chez un homme voué à la vie religieuse. Pour les enfreindre, ça prenait toute la curiosité scientifique et la liberté d'esprit de l'auteur de Flore laurentienne. Un manque à combler aussi . En des termes très crus, il explorait sa génitalité, demandant à sa correspondante d'en faire autant: comptes rendus précis à l'appui.» Cette lecture, qui montrait en creux les affres d'une chasteté douloureuse à vivre par le frère botaniste , m'avait passionnée, mais rendue mal à l'aise. Non pas à cause de ses descriptions sexuelles, très cliniques au fait, mais parce que cet homme admiré de tous me semblait utiliser son pouvoir pour manipuler une jeune femme amoureuse de lui. Elle n'avait pas, de son côté, fait voeu de chasteté, s'y voyait contrainte de facto. tout rapport charnel leur était proscrit sous la pression sociale et religieuse de l'époque. Il n'auront jamais enfreint cet interdit. Si le botaniste voyageur se permettait quelques écarts auprès de prostituées cubaines, Marcelle Gauvreau n'avait personne avec qui partager son érotisme, explorant son corps à la demande Marie-Victorin, lisant les livres qu'il lui envoyait sur le sujet, enquêtant auprès de ces amies mariées, troublée et instrumentalisée par son supérieur, m'avait-il semblé.» À quoi rime ce procès d'intentions au frère Marie-Victorin. Sinon à diffamer un ecclésiastique hors du commun et belle illustration de ce que l'Église du Québec de la « Grande Noirceur » pouvait produire de mieux. Odile Tremblay change d'époque, mais le vocabulaire lui ne change pas, lorsqu'elle parle de Gauvreau, « troublée et instrumentalisée », elle puise à pleine mains dans le vocabulaire du #moi aussi. Combien de de temps, Les progressistes québécois souffriront-ils encore de leur anti cléricalisme primaire et combien de « Révolution tranquille » leur faudra-ils pour « en revenir »? Combien de temps encore nos Vandales considéreront-ils faire oeuvre utile à déboulonner nos rares monuments  scientifiques ou culturels?



Est-il nécessaire de défendre la mémoire de frère Marie-Victorin?
Probablement pas, il suffirait à la défense de déposer devant le juge, Flore Laurentienne et de rappeler au jury, l'existence du Jardin Botanique de Montréal pour obtenir le non-lieu.  Odile Tremblay n'a jamais entendu d'amour platonique. Sans vouloir excuser un ecclésiastique hors du commun, il n'est pas inutile de remarquer que s'il a rompu son voeu de chasteté, ce fut avec des prostituées cubaines(selon Wikipedia, la prostitution était alors légale à Cuba),  pour cela, il ne doit de compte qu'à son Créateur, gardien de son voeu de chasteté.

Tuesday, September 17, 2019

Le sale boulot


Les atermoiements de certains partis politiques canadiens sur la Loi 21 (notamment le Parti libéral du Canada(PLC) et le Nouveau parti Démocrate(NPD) n'étonneront pas les électeurs québécois. Dans une étrange valse-hésitation, Campagne électorale oblige, le PLC et le NPD refusent de faire savoir s'ils auront recours aux tribunaux pour contester la Loi 21. Hésitation qui ne trompe personne au Québec, Justin Trudeau doit se retenir à deux mains pour ne pas se précipiter lui-même à la Cour suprême et demander la contestation de la Loi 21. Qui croit-il tromper avec sa « défense» de la Charte canadiennes des droits et libertés.  Jagmeet Singh qui doit sauver les meubles néo-démocrates au Québec, pour sa part, « reconnaît qu'il est du ressort du Québec de légiférer en matière de laïcité. » 
 
 
 
Du même souffle « En entrevue à En direct avec Patrice Roy, il a déclaré qu'il revenait aux juges de trancher sur sa constitutionnalité. Évidemment, je suis contre une loi qui divise toute la population. Moi, toute ma vie, j'ai essayé de rassembler les gens. (Nous serions tentés de répondre à Monsieur Singh, who cares?) Interrogé  sur le passage du texte devant les tribunaux, il répond : »Ça, c'est une décision que les juges vont prendre. Je pense qu'il doit y avoir une séparation entre le politique et le juridique.» (Opposé à la loi 21, Jagmeet Singh reconnaît la compétence législative du Québec, Radio-Canada, 16 septembre). Les chances de Jagmeet Singh d'accéder au pouvoir sont minimes et, de ce fait, ses prises de position n'ont pas la portée de celles d'un Justin Trudeau. Battant le chaud et le froid, « Le premier ministre sortant et chef du Parti libéral du Canada (PLC) s'est engagé à ne pas prendre part « pour l'instant «  à la contestation de la loi 21, mais il n'a pas clairement écarté l'idée de le faire s'il était élu pour un second mandat.» (Trudeau ne contestera pas la loi québécoise sur la laïcité « pour l'instant», Radio-Canada, 12 septembre 2019).  Nous voilà rassurés « pour l'instant », nous sommes cependant  convaincus que les juristes du gouvernement canadien planchent actuellement sur les textes qu'ils déposeront devant la Cour suprême afin de contester la loi 21, ils doivent d'ailleurs y travailler depuis le 4 juin (jour même de l'adoption de la loi 21). Dignes représentants d'une certaine gauche multiculturaliste, Justin Trudeau et Jagmeet Singh ont sans surprises les mêmes pratiques politiques. Refusant de dire s'il auront recours aux tribunaux pour contester la Loi 21, ils conviennent qu'ils auront recours aux mêmes moyens détournés pour le faire.  Justin Trudeau, pour sa part, déclare: »Je suis très content que les Québécois eux-mêmes soient en train de contester la loi en cour [qu'ils] soient en train de défendre la Charte canadienne des droits et libertés a fait savoir le chef libéral. » (Trudeau ne contesteras pas[...] ( op. cité)".   Les Québécois de Justin Trudeau sont le Conseil national des musulmans canadiens (CNMC), l'Association canadienne des libertés civiles (ACLC) et Ichrak Nourel Hak, une étudiante en enseignement portant le hidjab.
Lui faisant écho, Jagmeet Singh : » Toujours au micro de Tout un matin , M. Singh qui a déjà dit soutenir la requête déposée en Cour suprême par une étudiante et deux associations, a aussi fait savoir qu'il ne mènerait de son côté aucune contestation contre la loi.»(Opposé à la loi 21, Jagmeet Singh reconnaît [...], op. cité).
Même terreau idéologique, même moeurs de gangsters. Ne souhaitant pas faire eux-mêmes la sale besogne, les deux hommes, laissant à d'autres le soin de faire le sale boulot,  ils confient à des tueurs à gages le soin d'exécuter la Loi 21.

Sunday, September 15, 2019

La politique de l'utérus


Justin Trudeau aime se présenter comme un politicien ardemment féministe. Il ne souhaite pas  que les Canadiennes oublient ce volet essentiel de son personnage. Dès le début de la campagne, il a fait en sorte d'accuser Andrew Sheer de vouloir réouvrir le débat sur l'avortement et les libéraux eux protégeraient le droit des femmes à l'avortement Prenant la parole devant des partisans libéraux lors de l'assemblée de nomination de l'écologiste Steven Guilbeault, candidat du parti libéral du Canada dans la circonscription montréalaise de Laurier-Sainte-Marie : «il a soutenu que son parti protégera « toujours » le droit des Canadiennes de choisir si elles mettent fin à leur grossesse ou non (qu'en termes choisis, les Canadiennes qui choisissent de mettre fin à leur grossesse ne font pas que mettre fin à leur grossesse, elles mettent aussi fin à celle du foetus.). « C'est à la femme-et à la femme seulement -de prendre les décisions qui concernent son corps et son avenir » a-t-il poursuivi sous un tonnerre de cris et d'applaudissements. » (Justin Trudeau revient sur l'avortement à Montréal, La Presse, 13 septembre).  Sans entrer dans le débat du «corps des femmes», disons simplement que nous ne sommes pas de ceux que cet argument  convainc. Il nous semble plus logique et scientifiquement défendable de considérer le foetus comme un être humain en gestation (ADN différente, organes destinés à fonctionner indépendamment de ceux de la mère dès la naissance). Biologiquement, pendant les neuf mois de la grossesse, la mère est un life supporting system pour le foetus. Les prises de position de Justin Trudeau conduisent à conclure que pour lui, les questions relatives aux femmes se résument à leur «santé reproductive», une santé reproductive vite réduite à la seule question de l'avortement. Les femmes n'existent et ne valent que par leur utérus. C'est à cette conclusion que nous conduit le discours réducteur du premier ministre. 
 
 
 
Comme tous les esprits simples, Justin Trudeau est inaccessible au doute et les questions éthiques sont exclues de son univers intellectuel: «Certains chroniqueurs ont notamment fait valoir que Justin Trudeau privera ses troupes de candidats qui seraient pro-choix, mais auraient des doutes éthiques sur le recours aux avortements sélectifs (avortements pratiqués dans certaines communautés notamment asiatiques et connu sous le nom de « foeticide féminin») ou tardifs quitte à laisser mourir des enfants nés vivants suite à avortements bâclés. (Trudeau défend le droit absolu des femmes à l'avortement, Le Devoir, 26 mai). Le féministe convaincu réduit ainsi les femmes à leur utérus, si pour De Gaulle « l'épée était l'axe du monde », nous avons aujourd'hui un Justin Trudeau pour qui « l'utérus serait l'axe du monde «pour les femmes.» Les Québécois accordent, croyons-nous, plus de valeur à leurs compagnes, à leur filles que leur seule valeur reproductive. L'erreur volontaire de Justin est de s'en tenir au seul point de vue de la femme et ne pas vouloir tenir compte de celui des enfants à naître.

Friday, September 13, 2019

Brèves en vrac

Brèves en vrac
L'actualité nous offre quotidiennement des informations représentatives des préoccupations et des valeurs de l'époque. Ces informations sans mériter un long développement, mérite néanmoins un bref commentaire.

Bonne épouse, mais mauvaise analyste
Caroline St-hilaire reproche au mouvement souverainiste de ne pas avoir suffisamment mis de l'avant son mari, Maka Kotto, lorsqu'il a été député du Bloc québécois (pour le comté de Saint-Lambert) et du parti Québécois (pour le comté de Bourget). Décrivant son mari comme un politicien «loyal»qui est là pour «servir», Caroline St-Hilaire est persuadée que les libéraux en auraient fait «une star» pour aller chercher pour « aller le vote des immigrants»(Caroline St-Hilaire croit que Maka Kotto n'a pas assez brillé au sein du mouvement souverainiste, Journal de Montréal, 12 septembre).

Difficile de croire que le couple Kotto St-Hilaire se soit contenté de ce rôle de noir de service faisant la tournée des circonscriptions québécoises à la pêche aux immigrants.  
Si le mouvement souverainiste avait utilisé ainsi Maka Kotto, Caroline St-Hilaire affirmerait probablement aujourd'hui que le mouvement souverainiste avait instrumentalisé Maka Kotto pour justement attirer le vote des immigrants. D'autre part, il n'est pas certain que les libéraux en auraient fait une « star», il n'ont pas besoin de telles «stars» pour racoler le vote des immigrants, leurs politiques suffisent à jouer ce rôle. La trajectoire météorique d'un Emmanuel Dubourg brièvement député de la circonscription de Viau à l'Assemblée nationale(2007-2013) aujourd'hui obscur (sans jeu de mot) député d'arrière ban du comté de Bourassa à la chambre des Communes montre bien que les libéraux provinciaux ou fédéraux n'ont pas besoin de « stars» Afro québécoises.  
 

Les deux discours 
Le parti libéral du Québec (PLQ) aura fort à faire pour reconnecter avec la majorité francophone du Québec, moins pour une question de programme que pour une question de mentalité, dernière illustration de cette mentalité, les propos de Pierre Arcand sur le « Bonjour Hi ». Le chef intérimaire du PLQ, Pierre Arcand, déclare sur cette question: »Si vous êtes au Lac Saint-Jean , ce n'est peut-être pas nécessaire [de dire Bonjour Hi], mais si vous êtes dans le West-Island [ce l'est peut-être un peu plus] a dit M. Arcand , alors que des clients se plaignaient récemment d'être servis avec un «Bonjour Hi»dans une SAQ de Montréal ».(Le « Bonjour Hi divise les libéraux, La Presse, 11 septembre). Il ne viendra pas à l'esprit d'un Pierre Arcand que c'est justement dans le West-Island que le seul Bonjour devrait régner. La député libérale de Westmount-Saint-Louis à Montréal, Jennifer Maccarone rappelle pour sa part qu'utiliser « Bonjour Hi » ne dénigre pas le français. C'est une façon de démontrer « qu'on peut desservir [la clientèle] dans la langue de votre choix si vous êtes en voyage, confession ou aveu amusant, faut-il en conclure que Mme Maccarone considère les Quebecers comme « en voyage» au Québec. S'il pouvait n'être que de passage, leur « voyage a déjà assez duré.
La nécessité de « reconnecter» avec la majorité francophone dépasse visiblement l'entendement de Dominique Anglade candidate à la direction du PLQ., les militants libéraux doivent réaliser que ce n'est pas d'elle que viendra ce travail de  redécouverte et de reconquête de la majorité francophone. Elle déclare en effet: «Une motion ce n'est pas une loi, c'est une suggestion. [...] Bonjour, on n'a rien contre ça, c'est bien, mais ça n'empêche pas les gens de dire marhaba, ni hao, Salaam Alaikum [...]. on a plusieurs façons d'accueillir les gens, c'est Montréal, c'est toutes le communautés culturelles », a poursuivi la députée ». On retrouve ici la mentalité et le discours de Pierre Arcand; le caractère étranger au Québec francophone du West Island ou de «Montréal, c'est toutes les communautés culturelles », des paroles qui doivent couler comme du miel dans les oreilles de Valérie Plante.  À Pierre Arcand et Dominique Anglade, nous voudrions dire »Adieu- Farewell».

Amnésie et Mesquinerie

Christine St-Pierre, députée libérale d'Acadie a une façon bien elle d'analyser la vie politique. Ainsi selon elle, Fatima Houda-Pepin doit sa récente nomination au poste de déléguée générale du Québec à Dakar à Philippe Couillard.  Le raisonnement (??) de la députée est pour le moins surprenant. Selon elle, c'est Philippe Couillard qui a décidé l'ouverture d'une délégation du Québec à Dakar, en vertu de ce curieux principe, faut-il considérer que c'est Jean Lesage qui a nommé l'actuelle délégué générale du Québec à Paris, Michèle Boisvert,  puisque c'est lui qui a décidé l'ouverture de cette Délégation générale à Paris.
  
 
Madame St-Pierre oublie un peu rapidement le coup de Jarnac réservé par Philippe Couillard à Fatima Houda-Pépin lors du débat sur la Charte des valeurs en 2014, Mme Houda-Pepin alors député de la circonscription de LaPinière avait alors manifesté son appui à l'interdiction des signes religieux aux fonctionnaires en position d'autorité, allant ainsi contre la position du PLQ, La sanction ne devait guère tarder, Philippe Couillard l'excluait du parti, elle devait ainsi terminer son mandat comme députée indépendante, elle ne reviendra pas comme candidate libérale en 2014, le PLQ préférant présenter Gaétan Barrette dans la circonscription. 
Mesquine et toute solidarité féminine bue, Christine St-Pierre déclare: » J'espère que quand elle va être assise dans son bureau à Dakar, au Sénégal, qu'elle va se souvenir que celui qui a décidé qu'on aurait une délégation du Québec en Afrique, c'est Philippe Couillard et c'est à lui qu'elle doit sa job.» a-t-elle déclaré sur un ton sans appel.» (Houda-Pepin doit son poste à Dakar à Couillard, souligne St-Pierre, La Presse, 12 septembre). Refusant de reconnaître des qualités à Mme Houda-Pepin, assise dans son bureau à Dakar, Mme Houda-Pepin pensera peut-être à sa carrière politique plombée par la décision de Philippe Couillard de l'exclure du caucus libéral.  Christine St-Pierre démontre aussi une  partisanerie étroite.

Wednesday, September 11, 2019

Retour à la case départ


 
Patricia Lattazio remplacera le « candidat idéal » (voir ce blogue, 29 mai) et portera la bannière libérale dans la circonscription de Saint-Léonard-Saint-Michel. Hassan Guillet avait causé la surprise en étant choisi par les militants du Parti libéral du Canada(PLC) pour représenter ce parti en octobre.  L'homme, ex-imam de la Grande mosquée de Québec, apparaissait comme le candidat idéal, ce n'est que quelques semaines plus tard que la bombe éclatera, Hassan Guillet se verra retiré l'investiture libérale à la demande du B'Nai Brith affirmant que l'ex-imam avait tenu des propos anti-sémites et anti-israéliens, plus anti israéliens qu'anti sémites en définitive (voir ce blogue, Qui dirige le Canada, 2 septembre). Toute cette agitation pour revenir au point de départ et présenter une candidate italophone dans cette circonscription habituellement attribuée à un candidat issu de la communauté italienne. Faut-il rire ou pleurer, après ce qu'il faut considérer comme une tentative de manoeuvre «inclusive» de la part du PLC avec ce candidat musulman étranger à la circonscription. Le PLC « post national » et multiculturaliste revient à une politique qui l'a toujours bien servie, celles des candidats ethniques dans des circonscriptions ethniques. Il n'y aura pas pas de candidats musulmans dans Ville Mont-Royal, mais des victoires assurées pour des poteaux issus de la communauté juive comme Sheila Finestone, Irwin Cotler et Anthony Housefather et des candidats italophones comme Alfonso Gagliano, Massimo Pacetti et Nicola Di Orio dans Saint-Léonard-Saint-Michel, pourquoi prendre des risques?
 
 
 
Une recherche exhaustive permettrait peut-être de découvrir des circonscriptions des Prairies ou une origine ukrainienne n'est pas un handicap. Une recherche du même type nous permettrait-elle de découvrir des circonscriptions réservées à des candidats d'origine chinoise dans la région de Vancouver? Hypothèse vérifiée, en vue des prochaines élections fédérales, un curieux incident s'est déroulée dans la circonscription britano colombienne de Burnaby-sud, circonscription dans laquelle compte se présenter Jagmeet Singh. La candidate libérale, Karen Wong, a tenu des commentaires sur les origines de ce dernier, se présentant comme la « seule candidate chinoise » contrairement à Jagmeet Singh qui serait de « descendance indienne » (La candidate libérale qui devait affronter Jagmeet se désiste, Radio-Canada, 17 janvier). Pour Madame Wong, une origine indienne ne suffisait pas, il fallait être « chinoise». En 2016, Burnaby Sud comptait une population à 38,7 % chinoise. 

Avec une telle logique, aurons-nous à terme des circonscriptions appelées à devenir autant de chasse gardées ethniques, la circonscription X sera réservée pour un candidat maghrébin alors que la circonscription voisine sera elle réservée pour un candidat d'origine asiatique. Au nom de la «diversité», il est loisible d'imaginer la multiplication de ces chasse gardées, pourquoi s'arrêter d'ailleurs aux seules minorités ethniques et ne pas étendre le procédé aux minorités sexuelles. Après tout la circonscription provinciale de Sainte-Marie Saint-Jacques dont les frontières ont varié au gré des réformes de la carte électorale, n'a-t-elle pas envoyé à l'Assemblée nationale au fil des ans, Claude Charron, André Boulerice et aujourd'hui, Manon Massé. La diversité sera ainsi représentée l'Assemblée nationale, une Assemblée qui dans les faits ne  serait plus vraiment nationale. Nous n'avons qu'à espérer que les « de souche » hétéros. disposeront de quelques sièges pour leurs réserves.

Tuesday, September 10, 2019

Dans les coins



Les amateurs de hockey connaissent l'expression voulant que les matches de hockey se gagnent dans les coins, c'est à dire par un travail obscur, mais acharné pour gagner les « batailles le long des bandes » batailles qui permettent de reprendre le contrôle de la rondelle et de  de ramener celle-ci devant le filet.
Cette curieuse introduction nous permettra de rappeler que le langage du sport comme celui de la guerre est d'une grande utilité pour décrire les activités politiques; des expressions comme les troupes sont « sur le pied de guerre » et  « en ordre de bataille »serviront à décrire l'état des partis politiques serviront alors que débute une campagne électorale. Les partis qui ne sont pas sur le « pied de guerre » iront à la bataille en « ordre dispersé » vers la défaite ou vers un Waterloo. Pour ces partis, cela ne « sentira pas la Coupe ».

Nous avons déjà noté ce qui apparaît comme une indifférence de la Coalition Avenir Québec (CAQ) à l'égard de la dimension essentiellement métapolitique du politique  (Le poids des mots, Le Harfang, Vol.7, No 6).

Nouvelle démonstration de cette indifférence l'appui apporté par le gouvernement caquiste au groupe Pour les droits des femmes (Le groupe féministe PDF obtient une aide gouvernementale, La Presse, 9 septembre), le groupe recevra à compter de l'exercice 2019-2020, la somme de 120 000$: « Une première pour ce regroupement féministe, qui ne recevait pas de subvention de la part du gouvernement du Québec, contrairement à la Fédération des femmes du Québec (FFQ). Montant qui n'apparaît pas avoir été déterminé de façon arbitraire: »La présidente de la FFQ, Gabrielle Bouchard, s'est dite peu étonnée du fait que PDF Québec ait reçu à son tour une subvention Certains verront dans cette subvention, un retour d'ascenseur, PDF Québec s'étant prononcé en faveur de la Loi21 contrairement à la FFQ.  La FFQ en reçoit depuis plusieurs années et celle de  2019-2020 sera du même ordre que celle de PDF Québec. certains verront dans la subvention à PDF Québec un retour d'ascenseur PDF Québec s'étant prononcé en faveur de la Loi 21 et de la laïcité contrairement à la FFQ. La présidente de la FFQ semble plus consciente de la dimension métapolitique de l'action politique: elle remarque:»Il est de bonne guerre que le gouvernement choisisse de financer des organismes tels que PDF Québec qui vont avoir des agendas similaires plutôt conservateurs », a commenté Mme Bouchard. 
 À notre humble avis, en bonne pratique métapolitique, ce n'est pas PDF qui aurait du recevoir une subvention, mais c'est la subvention à la FFQ qui aurait dû être supprimée. La CAQ fait la démonstration de son indifférence en matière métapolitique , non seulement elle subventionne PDF Québec pour la première fois, mais: »parmi les organismes qui recevront une subvention pour la première fois , on trouve la fondation Rivières, Vigilance OGM, la Coalition jeunesse montréalaise de lutte à l'homophobie, le Réseau d'action pour l'égalité des femmes immigrées et racisées.(dont certaines étaient peut-être dans la rue lors des manifestations contre la Loi 21)»  «[...] 12 organismes nationaux, régionaux ou locaux de défense des droits , qui se sont vu accorder une somme globale de 1,16 million en soutien à leur mission, et ce, pour la première fois.L'annonce a été faite lundi par le ministre du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet.» Il ne viendra pas à l'esprit de de Jean Boulet que sabrer dans ces subventions et réduire le fardeau fiscal des Québécois pourrait être une utile et bienvenue manifestation de solidarité sociale. 
 
 
 
J'étais de ceux qui espérait que l'accession de la CAQ au pouvoir se traduirait par une révolution conservatrice allant à contre courant de la gestion plutôt sociale libertaire des gouvernements précédents. indifférents à l'aspect métapolitique du politique, il n'en sera vraisemblablement rien. Est-ce que l'adoption de la Loi 21 et le débat peu la laïcité ont épuisé le gouvernement? nous souhaitons nous tromper, nous aimerions voir le gouvernement caquiste « aller dans les coins et abolir ces subventions, à commencer par celle à la FFQ, abolition défendable et justifiable par l'absurde position de cette dernière sur la prostitution.