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Saturday, April 4, 2020

Le vieux mot



Verrons-nous le retour en faveur d'un vieux mot, devenu obsolète devant la mondialisation et la délocalisation. il semble que oui, même si le mot n'est pas prononcé, des années de désaffection semblent en rendre difficile l'utilisation. 

François Legault, sans avoir recours au mot, jonglait avec le concept au cours de sa conférence de presse quotidienne du 3 mars.



Évoquant la difficile recherche d'équipement médical face aux mesures protectionnistes de l'administration américaine, il a suggéré que le Québec et l'Ontario visent l'autonomie en ce domaine en envisageant la confection et la fabrication de masques de protection. Quête de L'autonomie dans laquelle il faudrait aussi inclure gants et blouses de protection. Objectif réaliste, il ne s'agit tout de même pas de produits de haute technologie, proposition empreinte de bon sens qui devrait être suivie de la constitution de stocks importants de ces produits afin de pallier à toute rupture de production. Continuant sur sa lancée, François Legault a ensuite évoqué la question de la fourniture de produits alimentaires. Encore là, l'objectif visé est celui de l'»autonomie». Le vieux rêve d'auto suffisance alimentaire de Jean Garon connaîtra-t-il une seconde jeunesse?  C'et à souhaiter.  

Le vieux mot que François Legault n'a pas prononcé, c'est celui d'autarcie. Mot bien honni dans les milieux mondialistes qui ne rêvent que de délocalisation et de lointains marchés à conquérir.
Le mot n'est qu'un accessoire dans le contexte alors va pour l'»autonomie» de François Legault. À défaut de pain, nous mangerons de la galette.

Tuesday, February 18, 2020

Avancez en arrière



Guy Nantel sera finalement candidat à la direction du Parti québécois(PQ). Son statut d'humoriste ne me dérange pas, comme citoyen, il a le droit de briguer la direction du PQ, le Québec s'est bien accommodé d'un neuro chirurgien comme Premier ministre pendant 4 ans, un neurochirurgien qui succédait à un avocat ex-ministre à Ottawa, pourquoi Guy Nantel ne sortant pas du sérail habituel des avocats et des hommes d'affaires, fera-t-il plus mal?


«M.Nantel préconise un référendum dans la première moitié d'un mandat péquiste, mais dit vouloir «éviter tous les sujets» qui rebuteraient les gens par rapport la tenue d'un vote sur l'avenir du Québec comme un débat sur une éventuelle monnaie québécoise. «Je trouve que ce sont des barrières inutiles» a-t-il affirmé lorsque Le Devoir lui a demandée qu'il pensait de la proposition de l'aile jeunesse qui débattra lors de son congrès en mars de la possibilité pour un Québec indépendant d'avoir son propre dollar.(Guy Nantel entre en scène, Le Devoir, 14 février) (Libre à Guy Nantel de croire qu'il peut «éviter tous les sujets » qui rebuteraient les gens», compte tenu de l' importance de l'enjeu, il n'est pas sur que les gens ne souhaiteront pas avoir  quelques réponses sur ces sujets qui rebutent. Guy Nantel ne pourra toujours s'en tirer par une pirouette. 
«Au cours de sa campagne pour la course à la direction, il en tend mettre la pérennité de la langue française au coeur de ces préoccupations. [Note: des générations de Canadiens français n'ont heureusement pas attendu l'apparition de Guy Nantel pour assurer la pérennité de la langue française, Guy Nantel se rend-il compte qu'avec une telle déclaration il grimpe sur les épaules de géants, nos ancêtres]. Poursuivant, il déclare à la presse; qu'il compte aussi prôner des valeurs telles que l'égalité hommes-femmes, la séparation entre le religieux et l'État, l'intégration des personnes issues des communautés culturelles et la protection de l'environnement. il n'y a qu'un pas à faire pour conclure que Guy Nantel est aussi probablement pour la vertu contre le vice. De ce programme très original aux indéniables accents d' »avancez en arrière», on conclura que rien ne changera au pays du Québec si jamais celui-ci devient justement un pays et pourquoi en faire un pays pour y mener des politiques qui sont justement celles menées depuis des années les gouvernements qui se sont succédés à Québec depuis des années. Guy Nantel devrait envisager de jouer sur deux tableaux et présenter sa candidature à la direction du Parti libéral du Québec. Avec les «valeurs» qu'il propose. Il y aurait sa place. 

«L'approche pressée de Guy Nantel est la meilleure façon pour le PQ «d'aller dans le mur»selon l'historien Frédéric Bastien, l'un de ses opposants dans la course à la direction. « C'est comme ce que proposait André Boisclair en 2007 a-t-il rappelé, «il allait faire un référendum dans la première moitié du premier mandat. Donc, il n'y aura pas de référendum dans la première moitié du premier mandat parce qu'il n'y aura pas de premier mandat comme André Boisclair qui avait fini dans la deuxième opposition». Après la dégelée d'octobre 2018, le PQ n'est guère en condition d'être quatre année de plus, la deuxième opposition, ce serait probablement le chant du cygne du PQ. (Guy Nantel se lance, op. cité). Guy Nantel dispose encore de quelques semaines pour développer un programme plus élaboré et surtout plus original. Saura-t-il les mettre à profit?   
Rien n'est moins évident, Nantel croit :» Il y a des choses qui peuvent être faites éventuellement même plusieurs années après qu'un Québec est souverain, mais moi de toute façon je proposerais une souveraineté-association avec le reste du Canada et il y aurait des choses qui pourraient être faites en commun comme une vraie Confédération comme l'Union européenne donc la monnaie pourrait être commune ... je ne sais pas, les chemins de fer, on peut discuter de pleine d'autres choses comme ça a-t-il ajouté.» Guy « Avancez en arrière » Nantel a-t-il réalisé que les Britanniques n'ont pas été convaincu par la Confédération européenne et qu'ils ont préféré les sirènes souverainistes du Brexit et l'appel du large. Libre à Guy Nantel de s'illusionner sur le confédéralisme de l'Union européenne, pour notre part, nous préférons le souverainiste dur d'un Nigel Farage et d'un Boris Johnson.

Wednesday, May 15, 2019

Ils partiront... pour ne plus revenir?


Les inondations inhabituelles du printemps 2019 auront touchées une partie significative du Québec habité.  De la Beauce à Laval, de la Montérégie à Gatineau, il y a peu de Québécois qui ont été en mesure de garder les pieds au sec. Les citoyens et services publics ont rapidement été débordés, Le réflexe, comme pour la crise du verglas a donc été de faire appel aux Forces armées canadiennes. Celles-ci ont déployé sur le territoire québécois, soldats, matériel lourd et véhicules blindés légers pour venir en aide aux sinistrés. Aide appréciée par les sinistrées et les municipalités touchées par la crue des eaux. 


 
Pour tout Québécois nationaliste, la présence des Forces armées canadiennes dans nos rues ne peut être vue que comme un irritant et rappeler les fâcheuses images d'octobre 1970 (Inondations: L'armée restera plus longtemps pour le nettoyage, Journal de Montréal,13 mai). Peut-être la crise des inondations de 2019 devrait nous conduire à une réflexion allant au-delà du rehaussement de certains digues. Peut-être pourrions-nous réfléchir à un « Maître chez nous » dans les situations d'urgence.  Est-il possible que le Québec puisse être autonome dans ces situations et ne plus recourir aux forces armées canadiennes?

Il faudrait à cette fin dresser d'abord un inventaire des éléments disponibles déjà à l'oeuvre sur le terrain, corps policiers, services d'incendie, cols bleus municipaux, Sécurité civile et Hydro-Québec et les placer dans de telles situations sous l'autorité d'un Ministère de l'intérieur à créer à partir du Ministère de la Sécurité publique. Il faudrait aussi à cette fin faire l'inventaire des véhicules nécessaires (béliers mécaniques, rétrocaveuses, camions lourds appartenant au gouvernement ou aux municipalités dans de telles circonstances et faire en sorte qu'ils constituent un seul parc automobile géré par le ministère de l'intérieur. Il est possible d'envisager l'acquisition d'hélicoptères qui pourraient être laissés à la Sureté du Québec en temps normal. La constitution de cette Force d'intervention rapide civile ne devrait pas provoquer de crise constitutionnelle. Seraient aussi mis à contribution, les étudiants en techniques policières et ceux de l'école nationale de police de Nicolet, mobilisables aussi les étudiants-pompiers  de l'Institut de protection contre les incendies  du Québec (à l'école Saint-Maxime de Laval). Dans un esprit national et sur le modèle des pompiers-volontaires des petites municipalités. Cette Task Force pourrait être placée à la disposition des municipalités sur demande en cas de catastrophes naturelles (inondations, verglas, feux de forêt). Task Force qui, dans un esprit de participation civique, devrait être ouverte aux volontaires civils désireux de mettre l'épaule à la roue, volontaires avec formation initiale (premiers soins, évacuations des sinistrés, etc.), période de rappel durant des week-end et des vacances estivales encadrés par les responsables de la Force d'intervention rapide ces volontaires n'auraient probablement pas de difficultés à démontrer leur utilité lorsqu'il s'agit de remplir des sacs de sable et de d'élever des digues autour des propriétés menacées. Ainsi organisé, nous pourrions être en mesure de ne pas les revoir dans nos rues les Forces armées canadiennes et les voir effectuer une opération de relations publiques à nos frais.

Sunday, March 31, 2019

Les crépusculaires


Les problèmes du Parti Québécois (PQ) sont une source d'inspiration pour les chroniqueurs, chroniqueuses et blogueurs, pas nécessairement pour le mieux, malheureusement, je m'inclus dans le nombre. À trop travailler sur le même sujet, ils et elles finissent pas donner l'impression de se plagier.  Josée Legault se penche ainsi sur les conséquences du départ de Catherine Fournier de PQ. Nous avons déjà parlé dans ce blogue du texte de Francine Pelletier (La lente agonie dans Le Devoir (voir, À gauche toute avec Francine Pelletier.).  Toujours sur un ton crépusculaire, Josée Legault préfère elle parler de traversée du désert, Journal de Montréal, 19 mars) Elle débute sa chronique en parlant certes de Catherine Fournier, mais aussi de Jean-Martin Aussant, autre réformateur ayant lui aussi quitté la Vieille maison. Après une flèche à Jean-François Lisée, elle poursuit en parlant de l'implosion du PQ. et écrit : » Ma conclusion : au fil des ans , la confiance de nombreux souverainistes envers le PQ s'est effritée. Elle s'est effritée parce qu'à de rares exceptions près et au gré des sondages , il a miné sa propre crédibilité en mettant de côté ses trois principaux piliers : souveraineté, défense de la langue française et sociale-démocratie.  (...) Son refus de renforcer la loi 101 lorsque nécessaire a beaucoup déçu. Son appui à l'obsession du déficit zéro a fait fuir ses alliés traditionnels, dont de puissants syndicats. Pourtant en dépit du fait de ce qu'elle vient d'écrire, ce n'est pas là que le bât blesse vraiment pour elle.  « Puis vint la division déchirante au sein même du mouvement souverainiste par la charte des valeurs, un énième substitut occupationnel d'une indépendance oubliée. Alors que faire? » Il est amusant de constater que Josée Legault pose le même diagnostic que Francine Pelletier, mais cette fois pour un lectorat populaire. Alors que faire? «À neuf députés seulement et un parti en déclin, les voies de passage s'annoncent rarissimes. 
 
 

 
 Pour survivre à leur hécatombe, les progressistes-conservateurs ont dû se fondre dans l'Alliance canadienne et les adéquistes dans la nouvelle CAQ. Ni les conservateurs ni les adéquistes n'ont pu s'en sortir seuls.» Faut-il rappeler ici à Josée Legault que les progressistes-conservateurs et les adéquistes ne s'en sont pas sortis, les deux ayant purement et simplement disparus de la scène politique suite à ces étreintes fatales. La solution à laquelle pense Josée Legault a des airs de déjà vu, elle écrit en effet: « Pour le PQ, c'est une leçon à méditer. Peut-être bien que l'idée de bâtir une nouvelle « tente » souverainiste, si tant est que ce soit possible, mérite au moins réflexion. L' idée d'indépendance mérite qu'aucune pierre ne soit laissée non retournée.» Madame Legault oublie un peu rapidement qu'il y a déjà un autre occupant dans sa « tente souverainiste » et que cet occupant a déjà opposé une fin de non-recevoir assez sèche au Parti Québécois. Lu avec son évocation des destins des progressistes-conservateurs et des adéquistes, il faut comprendre que le salut du PQ passerait par un véritable rapprochement avec Québec solidaire (QS), sous la nouvelle « tente » souverainiste. Nous sommes encore dans le « à gauche toute » de Francine Pelletier. Dans son souci de ne laisser aucune pierre non retournée, Josée Legault aux fins de son analyse pourrait retourner la pierre des électeurs « moins à gauche » ce qui n'est pas la même chose que des électeurs de droite. Ces électeurs « moins à gauche »sont peut-être aujourd'hui les gros bataillons de la Coalition Avenir Québec? comme les nationalistes mous, clientèle toujours ignorée lorsqu'elle n'est pas carrément méprisée par les analystes,  ce sont eux qui décident du résultats des élections au Québec et non les « purs et les durs » de chacun des camps. C'est pour avoir su les comprendre que Maurice Duplessis a gouverné le Québec pendant trois décennies. Ces nationalistes mous ne sont pas nécessairement réfractaires à la souveraineté, mais ils sont peut-être réfractaires aux projets de société post-souveraineté. Refuser de considérer leur existence comme le fond Mesdames Legault et Pelletier trahit un préjugé grave à l'égard de tout ce qui n'est pas gauche solidaire. Laissés ces électeurs dans un angle mort de l'analyse politique marque moins la volonté de ces deux chroniqueuses de ne pas participez à la refondation ou à la renaissance du PQ que de voir sa disparition au profit de Québec solidaire. Pour ces deux dames, le PQ semble surtout coupable de faire de l'ombre à QS.

Sunday, November 18, 2018

Idiots utiles


L'élection de la Coalition avenir Québec (CAQ) au soir du 1er octobre dernier a lancé le débat sur les seuils d'immigration que le Québec devraient adoptés.  Au 55 000 immigrants proposés par les libéraux, la CAQ répondait que 40 000 immigrants suffisaient.  Comme l'immigration est un champ de compétence partagé, il faut que Québec s'entende avec Ottawa sur un seuil annuel d'immigration, il est évidemment illusoire de penser à une fermeture de nos frontières, Ottawa jongle plutôt avec l'idée de hausser de façon significative ses seuils d'immigration au cours des années à venir.  Les Québécois et les partis politiques sont donc appelés à se déterminer et à prendre position sur la question.  Personnellement , je fais mien le sentiment du Général de Gaulle qui affirmait en mars 1959, dans le cadre de la guerre d'Algérie: «  C'est très bien qu'il y ait des Français jaunes, des Français noirs et des Français bruns. Ils montrent que la France est ouverte toutes les races et qu'elle a une vocation universelle . 
Mais à condition qu'ils restent une petite minorité. non la France ne serait plus la France  ne serait plus la France. Nous sommes quand même un pays européen, de race blanche , de culture grecque et latine et de religion chrétienne. » es propos se trouvent dans l'ouvrage C'était de Gaulle d'Alain Peyrefitte, recueillis par ce dernier, il ne figurent pas dans les Mémoires du général du dans ces notes. Une immigration francophone (France, Suisse, Belgique-Wallonie) et une politique nataliste devraient être les voies empruntées pour maintenir notre population, l'occupation du territoire et les besoins en main d'oeuvre. La dernière campagne électorale nous a permise de mieux connaître la position des formations politiques, le Parti libéral du Québec (PLQ) inclinait pour 55 000 immigrants annuellement, la CAQ proposait de ramener le plafond à 40 000 immigrants et le Parti Québécois(PQ) jonglait avec  de 24 000 immigrants.annuellement. Québec Solidaire (QS) était à l'aise avec les taux en vigueur en septembre 2018,  Ce qui faisait de QS un allié objectif du PLQ sur cette question.  
Les indépendantistes convaincus ont toujours mis en doute les convictions souverainistes de QS.  la dernière prise e position de QS ne les rassurera pas sur cette question, QS approuve les positions de Justin Trudeau sur la question de l'immigration (« QS en phase avec Justin Trudeau », Journal de Montréal, 13 novembre, « Québec Solidaire, s'aligne sur Ottawa sur le nombre d'immigrants, Le Devoir, 15 novembre), « Le député solidaire Gabriel Nadeau-Dubois (GND) a réitéré mercredi son opposition au projet au projet du gouvernement de réduire de 52 000 à 40 000 le nombre d'immigrants reçus à chaque année. Diminuer les seuils d'immigration , c'est une mauvaise solution et on est rarement d'accord avec Justin Trudeau (sauf sur les questions fondamentales- immigration, multiculturalisme, recul récent sur la laïcité et les signes religieux), mais de garder un nombre de réfugiés qui nous permet  de jouer notre rôle de solidarité envers les plus mal pris de la terre, c'est une bonne chose.  
À GND affectant des positions socialistes, nous lui rappellerons ces paroles de Michel Rocard, premier ministre socialiste de François Mitterand et premier secrétaire du Parti socialiste français qui affirmait le 6 juin 1989 à la tribune de l'Assemblée nationale: » La France ne peut accueillir la misère du monde », le Québec encore moins serions nous tentés de renchérir.
Selon GND, Le Québec et le Canada ont une responsabilité envers les gens qui cherchent à améliorer leur sort (charité bien ordonnée commence par soi, les sans-abri et les personnes âgées du Québec cherchent aussi à améliorer leur sort), fuir la guerre (alors pourquoi cette intransigeance à accueillir les Chrétiens du Moyen-Orient lors de la crise suscité par l'émergence de l'État islamique) ou les dérèglements climatiques (ce seul argument suffirait à rendre climatosceptique).  Avec de telles positions, QS et son porte-parole se comportent en parfaits « compagnons de route «des libéraux fédéraux, tenons les pour les « idiots utiles » de Justin Trudeau.