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Saturday, November 13, 2021

L'autre front


L'arrivée de migrants dans les îles grecques et en Sicile ne surprend plus. La présence de milliers d'entre eux aux frontières polonaise, lettone et lituanienne est une donnée nouvelle dans le grave problème des mouvements migratoires que connaît l'Europe . Campés sur le territoire biélorusse cherchent en vain, jusqu'ici, à «passer à l'Ouest», fait surprenant ces migrants ne sont pas des Européens de l'Est.
« Plusieurs milliers de migrants voulant se rendre en Europe, originaires principalement du Proche -Orient, sont bloqués dans des conditions difficiles à la frontière entre le Bélarus et la Pologne. Bruxelles s'efforce depuis plusieurs jours d'endiguer ces arrivées au Bélarus en contactant des pays proches du Moyen-Orient, pour les convaincre d'empêcher les personnes d'embarquer dans des avions à destination de Minsk. La Turquie a été le premier pays à prendre une telle mesure d'interdiction: les ressortissants irakiens, syriens et yéménites ne sont plus autorisés à prendre l'avion pour le Bélarus depuis son sol.» (Crise migratoire: progrès  «sur tous les fronts» selon la commission européenne, Radio-Canada, 12 novembre.). Le Bélarus n'ayant pas de frontières communes avec l'Irak, la Syrie ou le Yémen, comment ces migrants se sont-ils rendus à la frontière Pologne-Bélarus? «Une part très importante  du trafic l'aéroport de Minsk est constituée d'avions de la compagnie biélorusse Belavia [...]. Toutefois, une part du trafic moins importante, mais significative tout de même, est effectuée par diverses compagnies, dont certaines appartiennent aux pays de départ des migrants: la compagnie turque Turkish Airlines, la compagnie émilienne Flydubai et la compagnie syrienne privée Cham wings.» (Crise migratoire en Pologne; le jeu trouble de certaines compagnies aériennes, Boulevard Voltaire, 11 novembre) 
 

 
 
Faudra-t-il commencer à parler de la «perfide Turquie» comme l'on parle de la «perfide Albion»? Difficile de ne pas voir dans ces manoeuvres la main de cet «ami de l'Occident» qu'est Erdogan. À moins que nous assistions à un ballet complexe entre Minsk, Moscou et  Bruxelles; ces migrants sont peut-être en Bélarus pour déstabiliser l'administration Loukatchenko qui à son tour pousse les migrants vers la Pologne ce qui ferait bien l'affaire de la Communauté européenne (CE)), la Pologne étant le bonnet d'âne de la (CE)  pour ses politiques sociales-conservatrices et sa volonté de faire prévaloir ses lois sur celles de la CE. Une CE faisant d'une pierre deux coups; soutien nominal à la Pologne et dénonciations renouvelées du régime Loukatchenko. Un Loukatchenko qui menace de fermer le robinet du gaz l'UE. Une menace qui sous-entend l'appui de la Russie de Vladimir Poutine. Nous serions alors en présence « un affrontement UE-Russie par alliés interposés. Alors qu'il est possible de parler de «ventre mou» de l'Europe pour la Grèce et l'Italie, la présence de la main d'Erdogan étant incontestable dans le cas de la Grèce; il faut souhaiter que la Pologne tienne.

Sunday, August 30, 2020

Le plat de résistance et les hors-d'oeuvres


La crise biélorusse se poursuit et elle vient peut-être de passer à un niveau supérieur. En effet: "le président russe Vladimir Poutine s'est dit prêt jeudi à déployer des forces chez le voisin biélorusse si la contestation postélectorale devait y dégénérer, tout en appelant les parties à négocier  (Biélorussie: Poutine prêt à intervenir pour Lukachenko, La Presse, 27 août). « Dans un entretien avec la télévision publique russe, M. Poutine a expliqué que la Russie était disposé à intervenir chez son voisin, si nécessaire, dans le cadre d'accords sécuritaires et militaires existants. Alexandre (Loukachenko) m'a demandé de constituer une certaine réserve forces de l'ordre et je l'ai fait « , a-t-il déclaré , ajoutant immédiatement qu'il espérait ne pas y avoir recours. nous avons convenu que je n'utiliserais pas jusqu'à ce que la situation soit hors de contrôle et que des éléments extrémistes[...] franchissent certaines limites: qu'ils mettent le feu à des voitures, des maisons , des banques, tentent de saisir des bâtiments administratifs» a-t-il souligné. Les déclarations de M.Poutine ont ont aussi aussi été condamnées par la Pologne qui a appelé Moscou à «immédiatement renoncer à ses plans d'intervention militaire sous un faux prétexte.» «le secrétaire général de l'OTAN, Jens Stolenberg, a de son  côté appelé Moscou à ne pas « s'immiscer» en Biélorussie ». Une façon pour l'OTAN de «marquer son territoire» et de faire savoir que la Biélorussie était considérée comme une chasse gardée de l'OTAN, et que désormais, seule cette dernière pouvait prétendre «s'immiscer» en Biélorussie. Faisant écho aux propos de Stolenberg, Alexandre Loukachenko «a dénoncé jeudi une «guerre hybride» à la fois diplomatique et médiatique, pilotée par les voisins baltes et polonais de la Biélorussie (voir ce blogue Camomille,Dahlia, Muguet, Marguerite, 18 août) Personne ne sera dupe de cette affirmation (Lukachenko, le premier), les instructions pour cette «guerre hybride» ne viennent pas de Varsovie, Vilnius, Tallin ou Riga les instructions viennent de Bruxelles (le siège de l'OTAN) ou Washington. Il est difficile de ne pas réaliser que la Biélorussie post-Lukachenko sera peut-être démocratique, mais surtout rapidement «otanisée» de là la vigilance de Vladimir Poutine à l'égard de la situation  biélorusse. La Géorgie, l'Ukraine, la Biélorussie demain peut-être, ne sont que des hors-d'oeuvres, le plat de résistance de ces »révolutions de couleur» ne pouvant être que la Russie.
 

 

Tuesday, August 18, 2020

Camomille, Dahlia, Muguet,Marguerites...


Voyons-nous se dérouler les prémisses d'une « révolution de couleurs» devant permettre au Bélarus de se transformer au terme de cette révolution en démocratie pro-occidentale. Tous les ingrédients semblent réunis, un vieil autocrate, Alexandre Loukachenko, un régime politique usé par 26 années de pouvoir et tenu pour plusieurs pour corrompu, une élection contestée. Chacun mobilise ses partisans: « Après avoir marché le long de l'avenue de l'Indépendance, près de 100 000 personnes, selon les journalistes de l'AFP se sont ensuite réunies autour d'un monument dédié aux victimes de la Seconde Guerre mondiale.» (Biélorussie: immense défilé d'opposition, Lukachenko refuse de s'incliner, La Presse, 16 août ) «Avant le début de la marche de l'opposition à Minsk , M. Loukachenko , au pouvoir depuis 26 ans , a fait une apparition surprise, place de l'Indépendance, devant plusieurs milliers de ses soutiens.» »S'exprimant depuis une tribune, non loin de gardes du corps , Alexandre Loukachenko a dénoncé la volonté selon lui, d'imposer au pays «un gouvernement depuis l'étranger». Tout autocrate qu'il soit, Loukachenko, n'a peut-être pas tort, les éléments semblant en effet réunis pour l'imposition au Bélarus d'un gouvernement depuis l'étranger. Après la Géorgie. En 2003, voyant l'accession au pouvoir de Mikhaïl Saakachvili suite à la «révolution des roses», en 2004, c'est le tour de l'Ukraine, avec la «révolution orange» qui marque l'arrivée au pouvoir à Kiev de Viktor Iouchtchenko. Pays suivant à succomber à cette vague d'horticulture politique, le Kirghziztan, en 2005, avec la «révolution des tulipes».on regrettera le manques de curiosité des journalistes de l'AFP, visiblement peu intéressés à éclairer vraiment leurs lecteurs sur des questions comme le rôle de certaines ONG (à la botte de la CIA) ou d'un certain richissime Juif hongrois promoteur actif des «société ouvertes». 
 
 
 
La Géorgie, l'Ukraine, le Kirghizistan ne sont que des pions dans cette partie d'échec qui se joue à l'échelle d'un continent; une partie d'échec qui ne s'arrêtera vraisemblablement que lorsque le Roi sera échec et mat, un Roi qui ne saurait être que la Russie de Vladimir Poutine. Les précédentes «révolutions de couleurs» n 'étant que des répétitions visant à établir un «cordon sanitaire» autour de la Russie de Poutine. Il serait intéressant de savoir quelles sont les officines à l'oeuvre au sein de l'opposition russe et comment elles s'activent à préparer une «révolution des camomilles» naturellement démocratique et pro-occidentale en installant un pantin pro-américain au Kremlin.