Thursday, January 16, 2020

Meghan et Maurras



L'agitation autour de l'»affaire Harry-Meghan»a été à l'origine d'articles dans la presse québécoise. Articles dont la tonalité générale va de la condamnation du jeune couple et plus généralement de la monarchie (Sophie Durocher, «Harry et Meghan, restez chez vous!»,Journal de Montréal, 13 janvier; et Loïc Tassé, «Les parasites royaux», Journal de Montréal, 14 janvier, Réjean Parent, «En finir avec la monarchie»,Journal de Montréal, 15 janvier; Gilles Proulx,»Corruptrice de monarchie», Journal de Montréal, 16 janvier;Mathieu Bock-Côté, Les ados royaux du Canada, Journal de Montréal, 16 janvier) à une compréhension non dénuée de sympathie pour la Reine (Denise Bombardier,»Fin de règne misérable», Journal de Montréal, 13 janvier).Le texte de Sophie Durocher pour sa part est un désolant mélange de hargne et d'inculture. Elle écrit:»à mes yeux, la famille royale n'est qu'une bande d'enfants gâtés qui vivent au crochet de la société. Ils ne sont là ou ils sont que grâce au sang qui coule dans leur veine. Ils ne sont pas élus, ne représente personne d'autre qu'eux-mêmes et n'occupent aucun «emploi» réellement utile.» (Harry et Meghan, restez donc chez vous, op.cité)  Chacun des arguments soulevés par Sophie Durocher mérite une réponse.
(«enfants gâtés»«vivent au crochet de la société», relèvent purement et simplement de l'envie, Tient-elle à partager la vie des membres de la famille royale et telle que la Reine Elizabeth II, voir sa vie consacrée au service public et à la nation, une vie vécue de surcroit dans les objectifs des papparazzi),«Il ne sont pas élus, ne représentent qu'eux-mêmes» Les membres de la famille royale ne sont pas élus, chef d'État pour chef d'État, il est possible de comparer, Donald Trump et Emmanuel Macron aux membres de la famille royale britannique, la reine Elizabeth a parcouru l'Empire et le Commonwealth, le prince Charles et les autres enfants de la famille royale voyagent à travers le Commonwealth depuis des années; jamais ils ne se sont couverts, ou couverts leurs pays de ridicule comme Justin Trudeau lors de son voyage en Inde. «...Ne représentent personne d'autre qu'eux-mêmes. Ils ne représentent pas qu'eux mêmes, ils représentent, mieux, ils incarnent, la nation britannique et à travers eux, ce sont les heures glorieuses de l'Empire que voient probablement plusieurs britanniques lorsque la reine les saluent de la main assise dans son carosse royal. Pour plusieurs britanniques, ils représentent aussi à n'en pas douter, l'unité et la pérennité du Royaume-Uni. «N'occupent aucun «emploi» vraiment utile». Nous proposons à Sophie Durocher de suivre la reine Elisabeth II dans ses fonctions officielles pendant une journée , elle demandera grâce avant la fin de la journée. Rappelons à Mme Durocher, le service militaire du prince Harry en Afghanistan comme pilote d'hélicoptère de combat. Aucun observateur n'a aperçu un rejeton de la famille Bush en première ligne en Afghanistan, personne non plus, n'y a vu Justin Trudeau, peu désireux de se déguiser en soldat canadien. À comparer aussi, à un Donald Trump évitant soigneusement tout service militaire. Pour revenir à l'«emploi utile», il serait bon que Mme Durocher considére l'apport économique et touristique de la monarchie britannique à l'économie du Royaume-Uni. Finalement, «ils ne sont là que grâce au sang qui coulent dans leur veine», curieusement, je pense la même chose en voyant Justin Trudeau. Concluons en paraphrasant le comte de Chambord qui déclarait, en 1872 «Ma personne n'est rien, mon principe est tout», dans le cas des Sussex:»Leurs personnes ne sont rien, leur principe est tout».



Exactement Comme Philippe de Belgique et Harald V de Norvège représentent et incarnent leur nation. N'oublions pas que la monarchie peut aussi s'avérer une garantie de stabilité politique, la France ne s'est visiblement pas remise de l'exécution de Louis XVI. Que faire de Mme Durocher, un séjour en cellule d' isolement avec une collection complète des oeuvres de Charles Maurras.

Cap sur le guépier


Les conceptions géostratégiques de Donald Trump ont de quoi donner des cauchemars a un passionné  d'histoire ou en science politique. Irrationnelles, alimentées par ce qui apparaît comme une insondable ignorance de l'histoire.

Dernière tocade de Monsieur Trump, sa volonté d'élargir les cadres de l'OTAN au Moyen-Orient .La méfiance de Mister President à l'égard de l'OTAN est connue. L'organisation couterait chère aux contribuables américains et les partenaires européens exploiteraient littéralement les Américains depuis la création de l'organisation.
Alors qu'il aurait fallu que  l'Otan disparaisse  ou à tout le moins voit sa vocation radicalement modifiée avec la disparition du bloc soviétique du Pacte de Varsovie et l'entrée dans l'organisation d'anciens adversaires (Pologne, Hongrie, République tchèque, Bulgarie et celles d'anciennes républiques socialistes soviétiques (Esthonie, Lettonie et Lithuanie). Elle poursuit imperturbablement sa route veillant l'arme aux pied aux frontières d'une Russie qui ne représente plus une menace ailleurs que dans les esprits tordus d'une excitée comme Chrystia Freeland.
Alors même que la nouvelle réalité européenne devrait permettre de redéfinir le rôle de l'OTAN à la lumière de la montée en puissance de la Chine, Il semble que l'actuel locataire la Maison blanche n'ait rien de mieux proposer que de plonger l'Otan dans le guêpier du Moyen-Orient.



« Le président américain veut que l'Organisation duTraité de l'Atlantique Nord s'élargisse en incluant des pays du Moyen-Orient.Quitte à changer son nom. (Trump veut élargir l'OTAN(et lui a déjà un nouveau nom). Huffpost, 12 janvier).Formulée au début d'une année électorale américaine, il faut souhaiter que l'idée demeure clouée au sol, tant elle apparaît absurde.
«Sur fond de tensions exacerbées entre les États-Unis et l'Iran d'un côté et avec l'Irak et l'imbroglio sur le retrait des troupes américaines de l'autre, Donald Trump a estimé le 9 janvier que l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord devrait «s'impliquer beaucoup plus» au Moyen-Orient ou la présence américaine est controversée. Je pense que l'OTAN devrait être élargi et que nous devrions inclure le Moyen-Orient. Tout à fait».
«  US président Trump on Thursday said he supported expanding The North Atlantic Treaty Organization to include Middle Eastern nations, as the United States seek to limit its troop footprint globally.[...] Trump said Islamic State presented an international problem that other countries should help address. «We can come home , largely come home and use NATO, »Trump said. »We caught ISIS, we did Europe a big favor. « (Trump floats expanding NATO to add Middle East, The Jerusalem Post, 10 janvier). En quelques mots, le président montre le peu de considération qu'il a pour ses alliés, visiblement considérés comme des quantités négligeables corvéables au gré des intérêts américains. La proposition ne serait-elle en définitive qu'une confession de Donald Trump sur son impuissance à se sortir du guêpier moyen oriental autrement qu'en tirant des plans sur la comète. À bien y songer le plan pour absurde qu'il puisse nous apparaître charmera probablement ces chrétiens évangéliques qui sont aussi souvent des chrétiens sionistes. 

Nous n'avons pas aider le président américain à quitter le Moyen-Orient, après tout c'est lui et lui seul qui a annoncé prématurément son intention de retirer les troupes américaines de la région.

Que se produirait-il à plus long terme si les membres de l'OTAN devait acquiescer à cette proposition.  Première conséquence prévisible, cet élargissement signifierait probablement l'entrée de l'entité sioniste dans l'OTAN. Certains esprit chagrins pourrait penser que c'est là le véritable objectif de la proposition. Canadiens et Européens deviendrait ainsi complices de la politique israélienne dans les territoires occupés. Faisons un peu de politique fiction, cette «nouvelle» OTAN serait probablement partie prenante à la reconstruction de l'Irak et de la Syrie, des pays qui seraient ainsi étroitement inféodés aux intérêts américains et israéliens dans la région. À passer aux profits et pertes, la paisible Jordanie et le petit Liban. Quid du rôle de l'Arabie saoudite et des émirats du Golfe. Fini le rêve du panarabisme nassérien et du Baas, mais cap, par contre sur le Eretz Israël rêvé par les héritiers du sioniste révisionniste Ze'ev Jabotinski et les extrémistes du Likoud. Parlant du rêve nassérien, l'Égypte serait-elle incluse dans cet OTAN élargie, deviendrions-nous les gardiens et protecteurs des chrétiens Coptes du pays, plus largement serions appelés à jouer ce rôle pour tous les Chrétiens d'Orient. Préoccupation mineure chez Donald Trump, les persécutions anti-chrétiennes seraient probablement présentées comme des «affaires intérieures»des États membres. 
La prudence devrait nous conduire à balayer du revers de la main cette proposition, tenons nous à plonger la main dans le contentieux turco-kurde. Notre pays n'a rien à faire dans cette galère.

Sunday, January 12, 2020

Megxit , Pourquoi?


Il fallait y venir un jour, il est même surprenant que cette explication n'est pas fait les manchettes avant. Pourquoi, le Prince Harry et la duchesse de Sussex désirent-ils prendre du recul par rapport aux activités de la famille royale britannique et ne plus apparaître comme des seniors members de ladite famille.  Volonté d'autonomie et d'autonomie financière selon la grande presse mainstream. Explications qui valent ce qu'elles valent , il serait surprenant que des membres de la famille royale britannique nous dévoilent ce qui peut vraiment se passer dans les coulisses et les antichambres de Buckingham Palace, nous devrons demeurer aux rumeurs et aux ragots. Libre donc à chacun d'y aller de sa théorie; l'essayiste, journaliste et personnalité de la télévision britannique, Afua Hirsch, y va de la sienne dans une tribune du New York Times, (Black Britons Know Why Meghan Markle Wants out It's racism, New York Times, 9 janvier):«The British press has suceeded in its apparent project of Hounding Meghan, Duchess of Sussex. out of Britain. The part it perhaps didn't bargain for however, is the loss of Prince Harry- a much loved royal and key part of the family's global brand - along with her. From the very first headline about her [...] having «exotic» DNA, the racist treatment of Meghan has been impossible to ignore [...] A BBC host compared the couple's newborn to a chimpanzee.» 
 
 
 
Grâce à Afua Hirsch, Britannique née en Norvège d'un père britannique et d'une ère ghanéenne, il ne sera plus nécessaire de s'interroger sur les raisons qui mènent le jeune couple à prendre ses distances avec la famille royale. Ainsi, c'est pour échapper au racisme de la haute société britannique et de la famille royale que Harry et Meghan seraient prêts à se frotter aux rigoureux hivers canadiens, à ce prix cela doit bien être vrai.

Friday, January 10, 2020

Dans l'angle mort de Charlie



C'était il y a quelques jours, le cinquième anniversaire de l'attaque contre Charlie Hebdo.  Belle occasion pour Richard Martineau de saluer un hebdomadaire dont les caricatures anti religieuses et souvent ordurières réjouissent visiblement son athéisme rabique. Le chroniqueur écrit: «Dans les nombreux textes et reportages qui ont été publiés et diffusés un peu partout à travers le monde, on a beaucoup parlé de censure, d'autocensure et de liberté d'expression.» ( Charlie a le cancer, Journal de Montréal, 8 janvier) Curieusement, c'est à Paris même que la presse française nous fait découvrir un exemple de censure qu'un Richard Martineau ne prendra probablement pas le temps de relever. Le mouvement pro vie Alliance Vita (Proche de la « Marche pour tous»de 2012, contre le «mariage pour tous»et qui parraine cette année une «Marche enfants» (contre le projet de loi sur la bio-éthique qui permettra la PMA pour toutes, couples de femmes et femmes seules, en France) à Paris le 19 janvier à venir, sous le slogan Liberté, Égalité, Paternité) a lancé une campagne de publicité dans les gares de Paris contre l'IVG et la PMA. Les affiches sobres, photos noir et blanc, n'ont rien pour choquer, les affiches portent un simple message barrant l'affiche, « la société progressera à condition de respecter la maternité (avec photographie d'une jeune femme), slogan conjugué pour devenir, la société progressera  à condition de respecter la paternité (avec photographie d'un homme) et finalement, ...à condition de respecter la vie (avec ovule et spermatozoïdes) à condition de respecter la différence (avec photographie d'un enfant handicapé). Directs, mais sobres, trop directs et pas assez sobres cependant pour ne pas mécontenter la mairesse socialiste de Paris, Anne Hidalgo. Sur son compte Tweeter, elle écrit: »Je suis profondément choquée et indignée par cette campagne anti-IVG et anti-PMA à la Gare du Nord et dans plusieurs autres lieux de la capitale. Je demande à @ExtérionMedia FR et #Media transports (une filiale du groupe publicitaire Publicis, Mediatransports est une régie spécialisée dans l'affichage dans les gares ferroviaires, les stations de métro et arrêts de bus, NDA)que ces affiches soient retirées immédiatement.» 
 
 
 
Maxime Des Galets, conseiller à la région Ile-de- France et adjoint au maire du 2e arrondissement, a lui aussi estimé qu'Alliance Vita entravait le droit à l'IVG ne peut faire campagne dans dans l'espace public. Cette campagne «publicitaire» doit être immédiatement retirée.»(«Choquée et indignée, Anne Hidalgo demande le retrait de pubs «anti-IVG et anti-PMA» dans les gares de Paris, France Infos FR3, 3 janvier). Richard « Charlie" Martineau ne pipera probablement pas mot sur ce cas évident de censure. La justice française est plus vigilante:»Après quelques jours de polémique à Paris, la justice a ordonné samedi que soit réaffichée dans les gares franciliennes une campagne de l'association Alliance Vita. Une décision immédiatement critiquée par la maire de paris, Anne Hidalgo.»(La justice rétablit les affiches d'Alliance Vita, Le Figaro, 5 janvier), décision judiciaire qui ne marque pas nécessairement la fin des hostilités, Anne Hidalgo écrit sur son compte Tweeter:«Très grand étonnement face à cette décision de référé ordonnant la poursuite de la campagne anti-PMA et anti-IVG. J'encourage #Mediatransports à user de toutes les voies de droit possibles pour qu'il soit mis définitivement à cette campagne.».
 Après ce nouvel appel à la censure, n'étant décidément pas à cour d'une contradiction, Anne Hidalgo a, le 7 janvier, déposé une couronne de fleurs devant les anciens bureaux de Charlie Hebdo, accompagné d'un autre Tartuffe, l'ancien président François Hollande.

Tuesday, January 7, 2020

Diversité


Les Québécois découvrent peu à peu:» les charmes de la «diversité». Dernière manifestation en date de ces «charmes» , un incident révélateur se déroulant dans l'arrondissement Montréal-Nord:» Un délégué syndical des cols bleus de Montréal-Nord a été suspendu sans solde pour deux mois pour avoir dénoncé publiquement de la discrimination raciale alléguée dans la sélection des employés[...] Ce dernier a créé une page Facebook intitulée «le collectif des discriminés Montréal-Nord»(page Face book fermée lundi le 6 janvier, NDA). 
 
 
 
Sous le couvert de l'anonymat, des cols bleus racontent qu'un poste permanent été affiché et que c'est un employé blanc qui l'a obtenu. Un employé d'origine haïtienne avait lui aussi postulé pour le même poste, mais ne l'a pas obtenu. D'autres sources déplorent aussi la tenue de cet examen de conduite d'un camion avec remorque qui a été soumis à de nombreux cols bleus, mais plusieurs d'entre eux, notamment des Noirs, l'ont échoué. Plusieurs s'interrogent  d'ailleurs sur la pertinence de cet examen de conduite. La mairesse de l'arrondissement, Chantal Rossi, affirme qu'il n'y a pas de discrimination raciale. En entrevue télévisée, madame Rossi, expliquait la nécessité de cet examen par des raisons de sécurité, les camions doivent notamment circuler dans les parcs de l'arrondissement. Elle ajoute:»la fierté de Montréal-Nord, c'est sa diversité. Est-ce que vous pensez sérieusement qu'un employé noir peut-être traité différemment? La réponse pour moi est non» a fait savoir la mairesse. (Des cols bleus de Montréal-Nord se plaignent de discrimination, Journal de Montréal, 6 janvier). Tout à sa fierté et à sa diversité, Il a visiblement échappé à Mme Rossi que ce que semble souhaiter la diversité de Montréal-Nord, c'est justement d'être «traité différemment» et de bénéficier d'un régime de faveur en accédant à ces postes permanents sans examen, une voie royale pour la sécurité d'emploi en quelque sorte.  Difficile de ne pas se réjouir de voir «sa fierté et sa diversité» lui revenir en plein visage.Au chapitre de la « diversité », nous aimerions disposer de statistiques récentes sur la véritable composition ethnique du l'arrondissement, question de faire mentir les mauvaises langues montréalaises qui préfèrent parler de Montréal noir.

Sunday, January 5, 2020

Bye Bye BYE BYE


L'exercice revient à chaque début d'année, apparemment inutile d'une année à l'autre, puisque les choses changent peu. Les critiques du BYE BYE constituent un matériel dont les média écrits ne semblent pas être en mesure de se priver alors que l'actualité fonctionne au ralenti (congé parlementaire, accalmie sur le front des activités culturelles, etc.).  



Cette année, les média se sont particulièrement intéressés à la cuvée 2019 du BYE BYE. Curiosité d'autant plus surprenante que nous n'avons pas eu droit à une cuvée exceptionnelle. À défaut de sortir du lot, le BYE BYE 2019 était cependant révélateur de l'état de la société québécoise. Force nous est bien de constater l'importance de la télévision dans notre imaginaire, ou pour être plus précis, de la publicité télévisuelle:«[...] Tous les Québécois et toutes les Québécoises sont unis par au moins une chose. Laquelle ? Tous les Québécois et toutes les Québécoises sont unis par le dégout que leur inspire la tabarouette de publicité sur la mycose des ongles qui, a ce stade-ci, a probablement fait plus de ravages que la mycose des ongles elle-même.» (Bye Bye 2019: tous unis par la mycose des ongles , Le Devoir, 1er janvier).  Autre sketch ayant suscité un intérêt disproportionné celui de la chaîne A&W («On se demande bien, en tous cas, ce que le pauvre Michel Olivier Girard, l'acteur figurant dans les publicités de la chaîne de restauration rapide A & W a fait pour qu'on l'humilie à ce point (Le Devoir, idem. Et aussi, Sympathie pour le gars des burgers, La Presse, 3 janvier. S'érigeant en vigilant gardien de la rectitude politique, Le Devoir n'oublie pas de nous rappeller qu'il  est de mauvais ton de blaguer sur la «diversité», «Et il est temps que l'on cesse de penser que d'ajouter des lettres à l'acronyme LBGTQ-LGBTQR2D2, vraiment? génère miraculeusement ce qu'il convient d'appeler une blague.» Nous voilà prévenus sur les nouvelles vaches sacrées. Mention spéciale au trop bref sketch sur Madame Coucou de Passe-Partout et son homosexualité et la leçon qu'elle donne à Prunelle et  Pruneau sur L'hétérosexualité normative. Mention spéciale, aussi encore là au sketch trop bref, sur la visite de Greta Thunberg à Montréal et la Marche sur le climat, belle occasion de rire de Dominic Champagne et du Pacte de transition, présentant Dominic Champagne en véritable m'as-tu vu de la lutte aux changements climatiques), Amusant, mais encore un peu léger, le sketch sur la vedette américaine Céline Dion, une Céline Dion de plus déjantée. Au visionnement du BYE BYE 2019, force était de comprendre que l'actualité socio-politique, pourtant année d'élections fédérales et de réforme du droit de l'immigration et d'adoption de la Loi 21, rassemblait moins que les publicités sur la Mycose des ongles. Pauvre Québec. Devant cet état de choses, faut-il en conclure, qu'il n'y a plus vraiment de société québécoise, mais autant de sociétés québécoises qu'il y a d'écrans de télévision au Québec. Devrons-nous nous résoudre à dire adieu à tout projet collectif?

La formule des revues de fin d'année a-t-elle fait son temps, l'abondance des humoristes fait-elle qu'il est de plus en plus difficile de présenter une revue d'ensemble de l'année écoulée. Une réponse nous est-elle partiellement fournie par le sketch sur le black face de Justin Trudeau et la difficile réunion de production précédant sa production avec débat sur les questions de censure, de racisme,  et d'appropriation culturelle? Allons-nous vers des revues de fin d'année aseptisées?

Le BYE BYE a atteint l'âge vénérable de cinquante ans (sa diffusion ayant débuté en 1968), le temps est peut-être venu de passer à autre chose. Attendant peut-être son heure dans la coulisse, la formule malgré les difficultés annuelles du BYE BYE n'est pas sur le point de disparaître avec les Infoman de Jean-René Dufort, un Jean-René Dufort qui fait dans l'irrévérence facile de potache depuis des années avec ses cravates laides et sa garde-robe de vestons sciemment mal ajustés et de bas censément drôles, il faudrait probablement songer à   une date de péremption pour Dufort, il y a longtemps qu'il n'est plus drôle et qu'il fait montre d'une remarquable complaisance à l'endroit des hommes politiques en place: »On est tu ben juste en coton ouaté? Jean-René Dufort pourra désormais répondre mieux que quiconque à cette insignifiante question, le super-héros de l'information ayant mis à l'épreuve les limites du décorum prévalant à l'Assemblée nationale, en se présentant devant son président François Paradis vêtu d'un complet entièrement taillé en gros coton mou. Un François Paradis se prêtant complaisamment à l'exercice en s'affublant lui-même d'un coton ouaté gris. [Toujours sur Justin Trudeau] Par delà leur ton bon enfant, ces échanges auront encore une fois été révélateurs. Que Justin Trudeau ait exigé que l'animateur se présente devant lui avec une vraie cravate (pas une laide) en dit long sur la frayeur que provoquent maintenant les costumes au 24, Sussex. La preuve que l'obéissance, pour le fou du roi astucieux, est parfois moins un compromis , qu'une stratégie.» (Le Devoir, idem Nous ne croyons pas à cette frayeur, mais nous croyons volontiers à l'obséquité de Jean-René Dufort. Jean-René Dufort n'est pas un « fou de roi astucieux », mais un courtisan habile. Si le journaliste considère cela comme de la stratégie, nous lui signalons qu'il y a plusieurs stratèges à l'intersection montréalaise des rues Sainte-Catherine et Saint-Laurent. L'équipe de À la semaine prochaine, émission sur les ondes de Ici Radio Canada Première chaîne, nous offrait Un spécial intitulé pour l'occasion À l'année prochaine, un prétendant que son humour radio-canadien et nettement platoïde pourrait disqualifier.  Si les auteurs des revues télévisuelles de fin d'année doivent peser chaque mot et chaque séquence afin de n'offenser personne et se contenter de brocarder les publicités les plus diffusées au petit écran.  
Il faudra conclure que le temps de dire  Bye Bye BYE BYE est peut-être venu.

Thursday, January 2, 2020

Conclusion hâtive, mais bien utile


Pourquoi perdre du temps à attendre les résultats d'une enquête policière qui pourrait s'éterniser et ne pas au contraire battre le fer alors qu'il est chaud. C'est probablement ce qu'a pensé Andrew  Cuomo, le gouverneur de l'État de New York suite à l'attaques survenue dans la maison d'un rabbin de Monsey, dans la banlieue de New York alors qu'un forcené s'est introduit dans la maison au moment ou se tenait une fête religieuse juive pour la Hanouka.  Le forcené armée de ce qui semblait être une machette a blessé grièvement  5 personnes.  Pas besoin d'une enquête:«Le gouverneur de l'État de New York Andrew Cuomo a qualifié dimanche l'attaque:»d'acte terroriste». «Nous avons de dangereux crimes motivés par la haine que nous combattons, mais je pense que nous sommes maintenant au-delà de cela. Je pense que c'est un acte terroriste. Je pense que c'est du terrorisme intérieur. » at-il déclaré à son arrivée sur place.»(New York: un suspect inculpé après une attaque «terroriste » antisémite, La Presse, 29 décembre.   
 
 
 
Il faudra attendre quelques jours, sinon quelques semaines pour savoir de quel «terrorisme» relève l'attaque de Monsey.  L'assaillant identifié par la police est un certain Grafton Thomas, 37 ans. Au vu des photographies publiées, il y a au moins une chose d'acquise, Tomas n'est pas un suprémaciste blanc.  Les journalistes faisant leur travail, Il s'est plutôt avéré dans le jours suivant l'attaque que Grafton Thomas souffrait de maladie mentale.  Andrew Cuomo aurait mieux fait de se souvenir qu'il vaut mieux se taire et paraître idiot que de parler et d'en donner la preuve, mais il est vrai que ce n'est probablement pas la conviction de l'importante communauté juive qui vote dans l'État de New York. Mieux vaut crier « Au loup »sans raison que de perdre quelques votes.