Toute vérité…
…n’est pas bonne à dire. «Depuis jeudi soir, M. Bouazzi est vivement critiqué par ses adversaires pour avoir formulé cette déclaration dans un journal local de sa circonscription de Maurice-Richard à Montréal : « L’Assemblée nationale est un espace toxique où tout ce que je dis à mon fils de six ans de ne pas faire — mentir, manipuler, intimider — fait partie du quotidien. » Des propos « partagés par beaucoup de monde », dit Sol Zanetti (La Presse, 20 février). Le gouvernement caquiste demande depuis jeudi soir l’expulsion de M. Bouazzi du groupe parlementaire de QS, l’accusant de mépriser les élus de l’Assemblée et, par conséquent, le peuple québécois. Le Parti québécois (PQ) a également demandé son expulsion.
Vendredi, M. Bouazzi a publié un message sur le réseau social Bluesky pour préciser que ses propos ne « visaient ni l’Assemblée comme institution ni mes collègues personnellement, mais faisaient référence au climat politique ambiant ». La direction de QS estime qu’il n’y a pas lieu de présenter des excuses.
« Les propos de Haroun sur le climat politique sont partagés par beaucoup de monde dans la population », a argué M. Zanetti en point de presse à l’Assemblée nationale.
« Haroun a exprimé avec franchise son ressenti personnel sur la dureté du travail parlementaire », a commenté la cheffe parlementaire de QS, Ruba Ghazal. Selon elle, les propos du député de Maurice-Richard « ne visaient ni l’Assemblée nationale comme institution ni ses membres », mais portaient « plutôt un regard critique sur le climat politique ».
Je ne sais pas si les propos de Haroun Bouazzi portaient sur l’Assemblée nationale ou sur le climat de travail, pas plus que je ne sais si ses excuses sont sincères ou seulement de convenance. J’ai tendance à croire que le sujet de ses propos concernait bien l’Assemblée nationale et que Sol Zanetti et Ruba Ghazal, solidarité partisane oblige, ont choisi de serrer les rangs autour du député et de faire dévier les critiques inévitables d’une charge contre le climat régnant à l’Assemblée vers une dénonciation plus générale du « climat politique ».
Je suis donc d’avis que c’est de l’Assemblée nationale dont Haroun Bouazzi parlait.
Opinion partagée par le Journal de Montréal. Le journaliste Patrick Bellerose y écrit : « Son co-porte-parole, Sol Zanetti, a fait une déclaration en point de presse. « Il émet un commentaire sur la politique en général », a-t-il assuré. En conséquence, « ce n’est pas une chose qui nécessite des excuses ». Pourtant, la déclaration d’Haroun Bouazzi était sans équivoque et ne visait pas le « climat politique » en général : « L’Assemblée nationale est un espace toxique, où tout ce que je dis à mon fils de 6 ans de ne pas faire — mentir, manipuler, intimider — fait partie du quotidien », confiait-il au journal local » (QS défend les propos de son député Haroun Bouazzi selon qui l’Assemblée nationale est un espace toxique, Journal de Montréal, 20 février).
Déclaration qui donne toute sa saveur à la défense de M. Bouazzi proposée par Sol Zanetti. La sortie d’Haroun Bouazzi, venant d’un homme du sérail, est révélatrice et édifiante sur la qualité d’une classe politique « menteuse, manipulatrice et intimidatrice ». Dans ce contexte, « comme beaucoup dans la population », je crois moi aussi que les élus de l’Assemblée nationale carburent au mensonge, à la manipulation et à l’intimidation. Collectivement, nous méritons mieux. J’ajoute que le tout est souvent un triste et bien peu inspirant spectacle, notamment à la période des questions.
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