Dans la foulée de la tuerie de Tumbler Ridge en Colombie-Britannique, faut-il craindre l’émergence d’une nouvelle forme de criminalité.
«Avant de se rendre à l’écoles secondaire, Jesse Van Rootselaar, 18 ans, a tué sa mère de 30 ans, Jennifer Strang et son demi-frère de 11 ans. Elle s’est suicidée. Plus tôt mercredi, Jesse Van Rootsellar a été présentée par la police comme une personne transgenre, garçon à la naissance, Van Rooselaar avait amorcé une transition il y a six ans et s’identifiait «personnellement et publiquement» comme une femme.
Sur ses réseaux sociaux, sa mère Jesse Strang dénonçait la transphobie: «Je sais que je ne peux tout contrôler ni protéger mes enfants de tout, mais bon sang, pouvez-vous vous ressaisir pour qu’on ait pas à élever nos enfants dans un monde plein de haine, avez-vous une idée du nombre d’enfants qui se suicident à cause de ça?» a-t-elle notamment écrit dans une publication Instagram, en juillet 2024. La résidence familiale de Jesse van Rootselaar a été liée ces dernières années à «un historique d’appels à la police pour des enjeux de santé mentale». a indiqué Dwayne McDonald, commandant de la GRC pour la Colombie -Britannique. La dernière intervention de la police à son domicile remonte au printemps dernier.»(« Une «grande famille» touchée en plein coeur, La Presse, 12 février).
Les quelques lignes qui précèdent méritent d’être lues attentivement. Anticipant peut-être sur les évènements, sa mère, Jennifer Strang, dénonçait la transphobie et «un monde plein de haine». Si Mme Strang était encore de ce monde; il n‘y a pas lieu de croire qu’elle tiendrait aujourd’hui des propos fondamentalement différents. Pour la mère de Jesse Van Roostelaar les choses apparaissent simples : pour elle, nous serions ultimement et collectivement, responsables du drame de Tumbler Ridge en raison de notre transphobie et de notre haine. Si Mme Strang était encore vivante, je serais prêt à faire l’effort de tenter de comprendre son désarroi de mère, mais pas au point d’accepter la culpabilité collective qu’elle dépose sur nos épaules.
Comment appréhender le geste de Jesse VanRoostelaar? Le moins serait d’appréhender ce phénomène avec la plus grande prudence: «Peu de détails ont filtré jusqu’ici sur Jesse Van Rooselaar. Mais quelques éléments laissent penser qu’elle pourrait avoir été isolée, en détresse, voire intimidée. Un cocktail explosif qui pourrait l’avoir poussé à l’acte. «Je ne peux pas vous faire une autopsie psychologique , ce serait long et compliqué», souligne Cécile Rousseau, titulaire de la haire de recherche du Canada en prévention de la radicalisation violente, en entrevue avec La Presse. Mais plusieurs éléments du profil de Jesse Van Rootselaar montrent qu’elle pourrait avoir été dans une position de grande vulnérabilité, ce qui pourrait l’avoir fait tomber dans des discours de glorification de la violence l’ayant poussée à passer à l’acte. «Selon Stéphane Wall, superviseur retraité du Service de police de Montréal (SPVM), il est «exceptionnel» qu’une femme ou une personne trans commette une tuerie. Selon les donnés du Violence Prevention Project, 98% des tueries commises entre les années 1970 et 2024 ont été perpétrées par des hommes. La base de données recense seulement 4 femmes qui ont pris part à des tueries, contre 196 commises par des hommes.
Pour les personnes trans, c’est encore plus rare. C’est arrivé le 27 mars 2023 dans une école primaire de Nashville, la Covenant School, et le 27 août 2025 dans une église de Minneapolis. Rare, mais pas impossible(NDA) quoiqu’il en soit, «ces personnes vivent plus de discrimination, de violence, d’intimidation, comparativement aux autres jeunes du même âge » indique Cécile Rousseau. « Cela peut créer de la détresse psychologique, mais également de la ajoute colère» ajoute MmeRousseau. Contacté par La Presse, un membre de la famille de celle qu’on soupçonne d’avoir perpétré la tuerie appréciés que « sa mère a essayé pendant des années de lui faire obtenir une aide psychologique, en l’emmenant à plusieurs reprises dans des services psychiatriques». (Une détresse potentiellement explosive, LaPresse,12 février) Peut-être pas si rare que cela finalement, si l’on se fie à une information nous provenant aujourd’hui (17 février) des États-Unis: «La personne qui serait responsable de la fusillade survenue lundi dans un aréna du Rhode Island, aux États-unis, lors de laquelle trois personnes sont mortes et trois autres blessées, a été identifiées par les policiers. La cheffe de la police de Pawtucket, Tina Goncalves, a révélé que la personne suspecte serait Robert Durgan, âgé de 56 ans, qui aurait transition et serait aussi connue sous le nom de Roberta Esposito, selon plusieurs médias américains.[…]Les archives indiquent également que la personne suspectée avait subi une chirurgie de réassignation sexuelle et présentantes caractéristiques de personnalité «narcissique» ainsi qu’un «trouble de la personnalité». […]Une source de Fox News rapporte qu’elle aurait abattu sa femme et ouvert le feu sur deux de ses enfants avant de se donner la mort. Elle aurait également tiré sur son troisième enfant, toujours hospitalisé au moment d’écrire ses lignes.» (Fusillade mortelle dans un aréna au Rhode Island: ce que l’on sait de la personne suspectée d’avoir ouvert le feu, Journal de Montréal, 17 février)
Devant l’instabilité potentielle de certains transgenres, la sagesse ne devrait-elle pas nous inciter à considérer chaque transgenre comme une «bombe en puissance» potentielle?
N’avons-nous pas comme société le devoir de nous protéger? Pourrions-nous, par exemple envisager la possibilité d’interner certains trans en institutions psychiatriques afin de protéger la société et de les protéger contre eux mêmes. Cet internement ne pourrait avoir lieu que suite à un examen judiciaire de chaque cas et l’internement aurait lieu uniquement si une tribunal statue que le trans entendu représente une menace pour lui ou pour la société. Avec un tel mécanisme, Jesse Van Rootsellar, sa mère, son demi-frère, huit écoliers et une aide-éducatrice seraient peut-être encore de ce monde.


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