Faut-il voir en Christine Fréchette, la «Dauphine» de François Legault à la tête de la Coalition avenir québec (CAQ)? C’est à tout le moins l’impression que pourrait donner lecture d’une information parue dans le Journal de Montréal: «Contrairement à Bernard Drainville, la ministre Christine Fréchette a été mise au parfum de la réflexion de François Legault et a pu recueillir des appuis en coulisse avant même la démission du premier ministre.[…]. Entourée de cinq ministres et d’une dizaine de députés à Trois-Rivières, Christine Fréchette a confirmé dimanche qu’elle se lançait officiellement dans la course à la chefferie de la CAQ pour devenir première ministre. Samedi, dans une courte vidéo, le ministre Bernard Drainville l’avait devancée, en expliquant qu’il se lançait à la chefferie afin de représenter le «vrai monde». Par contre, Fréchette était à l’oeuvre depuis plusieurs semaines, a-t-on appris. Pas Drainville. Elle a eu une rencontre avec le directeur de cabinet du premier ministre, Martin Koskinen, une semaine avant l’annonce, a confié Mme Fréchette. «Il m’a dit que c’était pertinent que j’y pense», a admis la ministre de l’Économie et de l’Énergie.(Succession de François Legault: la ministre Frenette mise au parfum une semaine avant la démission du premier ministre, Journal de Montréal, 25 janvier).
Depuis la création de la CAQ, François Legault et Martin Koskinen sont comme cul et chemise. Difficile de croire que le second ait pris l’initiative d’entrer en contact avec Christine Fréchette sans l’assentiment du premier. Si Koskinen a laissé entendre à Christine Fréchette que François Legault avait l’intention de quitter ses fonctions de chef de la CAQ. Il faut conclure que François Legault «pipe les dés» en faveur de la députée de Sanguinet, en lui permettant de prendre une appréciable longueur d’avance sur ses éventuels adversaires (recrutement d’appuis dans le caucus et le Cabinet, mobilisation en sa faveur d’organisateurs, levée de fonds, etc.). En jouant ainsi la «carte Fréchette», il est tentant de conclure que François Legault, qui a fait savoir depuis sa démission, qu’il souhaite la survie de la CAQ, entend d’abord favoriser la survie de la CAQ «économique», plutôt que celle de la CAQ «identitaire», si tel avait le cas, il aurait joué la «carte Jolin-Barette». Le ralliement de Jean-François Roberge , «le Monsieur Identité de la CAQ» a Christine Fréchette suffira-t-il à corriger cette impression? Si François Legault tient à voir une CAQ «économique», se perpétuer. nous n’aurons pas le choix de conclure que toute l’aventure «nationaliste-autonomiste» de la CAQ n’aura été qu’une supercherie
. Les électeurs québécois, sincèrement nationalistes, tireront les conclusions qui s’imposent, si ce n’est déjà fait.

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