Notre époque est en délicatesse avec le dictionnaire. L’affaire venezuélienne nous en fournit chaque jour la preuve.
Ainsi la gent journalistique ne cesse depuis le 3 janvier dernier de nous parler de la «capture» de Nicolas Maduro. Si les mots ont encore un sens, il ne s’agit pas d’une «capture», mais il s’agit bel et bien d’un rapt. Autre exemple: « Le gouvernement américain a annoncé la saisie d’un autre navire, cette fois dans les Caraïbes, accélérant ainsi sa lutte contre la flotte fantôme liée auVenezuela, pays aux immenses réserves de pétrole dont Washington veut prendre le contrôle après avoir capturé son président, Nicolas Maduro. Lors d’une opération militaire menée mercredi matin entre l’Islande l’Écosse (donc en haute mer, dans les eaux internationales), des garde-côtes américains, aidés par les Britanniques, ont intercepté et le contrôle d’un pétrolier, aux cuves vides, qu’ils pourchassaient depuis le 21décembre. Selon le droit international, a rappelé Moscou, «aucun État n‘a le droit d’employer la force a l’encontre de navires dûment immatriculés dans la juridiction d’autres États.
Le nom et le statut exact du navire-et donc la légalité de l’opération-font l’objet de désaccords. Moscou le nomme Marinera et dit qu’il a obtenu une «autorisation provisoire» de naviguer sou pavillon russe. Mais pour Washington, il s’appelle le Bella I et n‘a pas de pavillon. «Il s’agit d’un navire de la flotte fantôme vénézuélienne qui a transporté du pétrole visé par les sanctions américaines. Ce navire été déterminé comme étant sans pavillon après avoir navigué sous un faux drapeau, et l’était visé-et une ordonnance judiciaire de saisie. C’est pour cette raison que l’Équipage sera poursuivi», a déclaré à la presse la porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt. Le gouvernement russe a au contraire demandé à Washington d’assurer le «retour rapide» chez eux des membres d’équipage russes.[…] (Washington annonce avoir «saisi» un pétrolier «sans pavillon», La Presse, 7 janvier). Les membres d’équipage russes du Marinera \Bella I ne sont pas victimes d’une «ordonnance judiciaire de saisie. Si les mots ont encore un sens; ils sont victimes d’un acte de piraterie perpétré par les gardes-côtes américains en haute mer à des milliers de kilomètres des côtes américaines.

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